Un Salon du Livre 2008 sous très haute tension

Inauguration aujourd'hui du Salon du Livre, avec Israël en invité d'honneur, sur fond de boycott et de polémiques.

Auteurs et couvertures (DR).

Au Salon du Livre qui sera inauguré ce soir, Israël est le pays invité d'honneur. Suite au boycott de certains éditeurs arabes, aux polémiques, et en pleine visite de Shimon Peres à Paris, cette vingt-huitième édition risque d'être la plus chaude. Malgré l'engagement des écrivains invités contre leur propre gouvernement. Un Salon aussi tendu qu'attendu.

Comme chaque année, en mars, se tient le Salon du Livre de Paris. Comme chaque année, le Salon met à l'honneur un pays. Cette année, ce pays s'appelle Israël, à l'occasion du soixantième anniversaire de la création de l'Etat hébreu.

Souvent, le pays invité pour cet événement culturel a engendré la polémique : l'Italie en 2002, la Chine en 2004, la Russie en 2005. Mais, à quelques heures de l'inauguration de l'édition 2008 -par Christine Albanel et Shimon Peres-, jamais les auteurs invités n'avaient bénéficié d'autant d'attentions. De toutes sortes, les attentions.

Des faits

C'est le poète qui alluma la mèche. En décembre dernier, Aaron Shabtaï, un des plus éminents poètes israéliens contemporains, adresse une lettre aux organisateurs du Salon du Livre de Paris. Il décline ainsi l'invitation :

 » Je ne pense pas qu'un Etat qui maintient une occupation, en commettant quotidiennement des crimes contre des civils, mérite d'être invité à quelque semaine culturelle que ce soit. Ceci est anticulturel. » « 

Dans la foulée, il refuse l'invitation pour la Foire du Livre de Turin (8-12 mai) qui a également eu l'idée d'inviter… Israël. Des quarante auteurs invités à Paris, Shabtaï sera le seul à refuser.

Son refus ouvre le match de la polémique. Qui prend en quelques jours des allures de typhon diplomatico-culturel. En janvier, le Liban, pièce capitale de la francophonie dans le monde arabe, annonce son boycott du Salon. Suivi par l'Egypte. Dans la foulée, le président de l'Union des écrivains palestiniens déclare :

“Il n'est pas digne de la France, le pays de la Révolution et des droits de l'homme, d'accueillir dans son Salon du livre un pays d'occupation raciste.”

Tunisie, Algérie, Maroc et Iran se rallient au boycott. Début février, la tension est à son comble. Le Quai d'Orsay intervient, trouvant le boycott » extrêmement regrettable » . Puis le Syndicat national de l'édition (SNE), organisateur du Salon, pour qui c'est » la littérature israélienne qui est invitée, et non l'Etat d'Israël en tant que tel » .

Le Salon du Livre devient aussi celui du paradoxe. Tariq Ramadan, qui s'est invité dans la polémique, annonce qu'il s'y rendra quand même, faisant la distinction entre l'Etat d'Israël et les romanciers israéliens. L'écrivain égyptien Alaa el-Aswani viendra, mais prévient qu'il distribuera » des photos d'enfants palestiniens ou libanais victimes de la politique israélienne » . L'Algérien Yasmina Khadra, auteur d'un » Attentat » (2005) pourtant au cœur de la question, et auteur prisé lors des dédicaces, a finalement choisi » le boycott à titre personnel » . L'écrivain et directeur du Centre culturel algérien de Paris expliquait hier :

 » Inviter Israël n'est pas un acte culturel, c'est un acte politique. Or, je ne veux pas que les politiques se mêlent de la littérature, seul havre de paix qu'il nous reste. »

Peu après les récentes incursion de Tsahal à Gaza, le conflit israélo-palestinien sera de tous les débats.

Des chiffres

Résultat : les procédures de sécurité ont été très renforcées (portiques, contrôles et fouilles à tous les accès du Salon), pour les visiteurs, mais aussi pour les auteurs, les éditeurs, et les exposants. Même pendant le montage, ces procédures systématiques ont été appliquées. Du jamais vu.

Cette année, vous laisserez vos objets encombrants dans des consignes, comme à la gare. Et vous sortirez vos papiers d'identité autant que votre carnet de dédicaces. D'une centaine d'agents de sécurité les années précédentes, on passe cette année à deux cent ( » visibles, et non visibles » , ajoute le responsable de la question au Salon, qui admet n'avoir » voulu prendre absolument aucun risque » ). L'exemple fera-t-il jurisprudence pour les années à venir ? Des langues

Le cœur du problème, c'est la langue. Que le choix du pays invité ne soit pas totalement indépendant de questions politiques, c'est une hypothèse sérieuse. Mais c'est par sa décision de n'inviter que des auteurs israéliens écrivant en hébreu que le SNE s'est attiré les foudres. Ecartant ceux qui écrivent en arabe, en russe, en français. Ce faisant, le Salon ouvrait la porte au débat » culture nationale ou culture identitaire ? » . Le président du SNE, Serge Eyrolles, dénonçant » la politique de la chaise vide » des éditeurs qui boycottent, déclarait hier :

 » Le choix du pays a été fait par le Quai d'Orsay, le ministère de la Culture, et l'ambassade israélienne à Paris. Quant au choix des auteurs et de la langue, il a été mûrement réfléchi. »

Jean Mattern, responsable des acquisitions de littérature étrangère chez Gallimard -et éditeur d'Amos Oz, entre autres auteurs invités-, invoque Cioran ( » Un écrivain n'habite pas un pays, il habite une langue » ) pour fustiger une » non-question » :

 » Quand les Pays-Bas et la Belgique étaient les pays invités (en 2002, NDLR), seuls les auteurs néerlandophones étaient invités, et ça n'a pas crée de problème ! »

Un écho complété par Liana Levi, fondatrice des éditions du même nom, maison en pointe sur la question israélo-palestinienne :

 » Il y a des auteurs Arabes israéliens invités (un seul en fait : Sayed Kashua, Arabe israélien qui écrit en hébreu, et qui s'est lui aussi demandé s'il devait venir, NDLR). Ils écrivent en hébreu, et c'est leur choix. Pourquoi ne pas se réjouir, au contraire, que les auteurs arabes se sentent à l'aise dans la langue du pays dans lequel ils vivent ? N'est-ce pas là l'amorce d'existence d'une communauté pluriculturelle, seule porte de sortie de ce conflit ? »

Olivier Cohen, patron des éditions de L'Olivier (éditeur d'Appelfeld et Kashua) conclut :

 » L'absence presque totale d'écrivains arabes israéliens s'explique par le nombre infime de publications dues à ces auteurs et à l'absence (regrettable) de traductions de leurs ouvrages en France. »

Des lettres

Amos Oz avait, au début, menacé de boycotter le Salon si aucun auteur palestinien et arabe israélien n'y était invité. Il sera finalement présent. Avec les grands noms (Grossman, Appelfeld, Yehoshua), avec la jeune génération (Leshem, Hilu, Keret, Zaidman…), avec Zeruya Shalelv, Alona Kimhi, et tous les autres. Soit, au total, une quarantaine de noms très fermement opposés à la politique du gouvernement israélien. Et qui ne s'en cachent pas. Traductrice et directrice de la collection » Lettres hébraïques » chez Actes Sud, Rosie Pinhas-Delpuech tonne ainsi :

 » On ne peut boycotter des auteurs qui se sont engagés de façon si radicale ! Songez que Grossman a perdu son fils au Liban deux jours après avoir été porter à Olmert une lettre exigeant la fin des combats (au début favorable à l'intervention de Tsahal au Liban, l'écrivain s'était ensuite rangé dans les opposants à l'invasion ; en août 2006, son fils cadet, sergent dans l'armée, trouve la mort au Sud-Liban quand son tank est touché par un missile du Hezbollah, NDLR). Les gens qui boycottent ne savent pas ce qu'ils boycottent. »

Il est, certes, important de souligner le manque de vision globale dont témoigne cette » affaire israélienne » . Pour autant, n'est-ce pas le rôle d'une manifestation culturelle d'inviter des pays qui sont, à cause de certains de leurs dirigeants, » à risques » ? Dans un clin d'œil politique autant que culturel, Olivier Cohen conclut :

 » On ne voit pas pourquoi Israël serait la seule nation à ne pas bénéficier de la légitimité à laquelle elle a droit, alors que nous accordons généreusement cette légitimité à un certain nombre de régimes non démocratiques, qu'ils soient militaires, islamiques ou ex-communistes. »

Les écrivains sont les premiers critiques de la société israélienne, et les opposants les plus fidèles au pouvoir. 2008, c'est, peut-être, au Salon du Livre, l'année où la notion d'universalité de la littérature sera poussée à son plus haut degré de réflexion et de mise à l'épreuve. Le Cabinet de lecture vous proposera des entretiens avec de nombreux auteurs israéliens invités à Paris (Amos Oz dès ce week-end). Et pourra ainsi vous donner la température d'un Salon du Livre bien spécial. Où la littérature aura plus que jamais son rôle.

Boualem Sansal : « Je fais de la littérature, pas la guerre. »
Retrouvez le Cabinet de lecture au Salon du Livre
► Pour tout renseignement sur le Salon du Livre (dédicaces, rencontres, accès, etc) : www.salondulivreparis.com

118 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de leconcombrevert

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 12H10 | 13/03/2008 | Permalien

« L'article sur l'appel au boycott du Salon par Benny Ziffer, le directeur du supplément littéraire d'Haaretz qui signalait pour les auteurs l'existence d'un contrat avec l'ambassade d'Israel est impossible à retrouver sur le site. Et il est dommage qu'Hubert Artus n'en fasse pas ici mention. »

Cher Prolo, rue89 a dévancé vos souhaits ici :

http://www.rue89.com/2008/03/10/pourquoi-cet-appel-au-boycott-des-ecriva…

Portrait de Pascal Riché

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Pascal Riché

Rue89 | 08H34 | 14/03/2008 | Permalien

L'interview de Benny Ziffer dans nonfiction.fr :

http://www.nonfiction.fr/article-781-polemique_sur_la_presence_disrael_a…

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 12H01 | 13/03/2008 | Permalien

Outre le boulot de Hubert, je signale POUR CELLES ET CEUX QUI N'HABITENT PAS PARIS ou qui disposent de davantage de temps qu'il y a ceci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/03/le-lib-des-criv.html
en kiosques et à la télé, et sur Internet pendant une semaine.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de Leokaj

De Leokaj

Vermine estudiantine | 12H01 | 13/03/2008 | Permalien

C'est être naïf que de penser que l'on puis s'extraire de tout contexte politique dans un salon consacré à la littérature. Qu'il s'agisse de poésie ou sous une autre forme, écrire n'est pas un geste annodin et léger, et reste un acte pour moi eminemment politique. Ou alors, si l'on cherche à se dégager de l'histoire dans l'écriture (et de l'histoire de l'écriture), l'on est écrivant plutôt qu'écrivain…

Portrait de Imbert

à Leokaj Portrait de Leokaj De Imbert

14H04 | 13/03/2008 | Permalien

Vous avez raison, écrire est un geste politique, et chaque écrivain vit un contexte politique particulier qui influence son écriture (forcément).
Mais est-ce parce que l'on est contre la politique de tel ou tel état qu'il faut boycotter ses écrivains libres ?

Portrait de patrick114

De patrick114

psychiatre à st anne | 12H14 | 13/03/2008 | Permalien

libérer SALAH HAMOURI franco palestinien détenus depuis bientot 3 ans dans les geoles israeliennes pour motif très très flou

Portrait de alex75

De alex75

12H19 | 13/03/2008 | Permalien

J'irai au Salon du Livre. Parce que j'aime la littérature et aussi pour protester contre ce boycott absurde. J'irai donc en partie pour des motifs politiques et je l'assume. Quand des gouvernements arabes, hautement démocratiques, appellent au boycottent, ça me fait sourire. Israel est le seul pays démocratique de cette zone. Oui il faut faire progresser la paix mais ce n'est pas en niant ce pays qu'on le fera. Car il faut ouvrir les yeux : ceux qui appellent au boycottent appellent indirectement à la négation de l'Etat d'Israel. Car boycotter une littérature, une langue, c'est nier un pays et un territoire.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 12H27 | 13/03/2008 | Permalien

C'etait completement previsible qu » il allait forcement etre sous haute tension, non ?

Ils esperaient quoi ?

Portrait de Camille D

De Camille D

www.tsubaki.ouvaton.org | 12H28 | 13/03/2008 | Permalien

J'entends dire et je lis que l'invitation de la Chine et celle de la Russie au Salon du livre n'avaient pas fait l'objet de boycott ou d'appel au boycott : est-ce exact ?

Portrait de Hubert Artus

à Camille D Portrait de Camille D De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 12H40 | 13/03/2008 | Permalien

C'est vrai pour la Russie, et faux pour la Chine

Portrait de leconcombrevert

De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 12H51 | 13/03/2008 | Permalien

À lire aussi :

Israël au Salon du livre, le non-sens d'un boycottage (10/03/2008) par David Chemla
réponse de David Chemla à l'article de Tariq Ramadan intitulé « Le sens d'un boycottage »

http://www.lapaixmaintenant.org/article1769

Mon boycott français (26/02/2008) par Sayed Kashua
Sayed Kashua, les Arabes et les Juifs en Israël, l'écriture et le boycott éventuel d'Israël au prochain Salon du Livre à Paris. Sur le mode de l'absurde et de l'ironie, comme (…)

http://www.lapaixmaintenant.org/article1764

Portrait de FabiendeMénilmontant

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 13H09 | 13/03/2008 | Permalien

@ le concombre pas en rondelles,
c'est exactement ce que je mettais plus haut :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/03/le-lib-des-criv.html
pour signaler les choses à lire et à voir… à la télé comme sur la Toile.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de leconcombrevert

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 13H11 | 13/03/2008 | Permalien

C'est bien connu, cher Fabien, que deux fois valent mieux qu'une !

Entièrement vôtre

Portrait de Anthropia

De Anthropia

13H14 | 13/03/2008 | Permalien

Ecoeurée que cette question ne se pose que pour Israël, et pas pour la Chine, qui n'est pas un parangon de vertu en matière de droits humains.

Ce qui est valorisé dans un Salon du Livre, ce n'est pas un gouvernement et sa politique, c'est la culture, c'est le contexte culturel, la richesse de pensée d'une langue. Penser en hébreu moderne, c'est tisser des liens avec une langue ancestrale et en même temps s'inscrire dans une contemporanéité teintée d'orient et d'occident, dans une sorte de symphonie dynamique.

Lire Appelfeld quand il raconte son enfance, ses sensations d'enfant abandonné dans la forêt, une langue d'avant la langue justement, une langue des perceptions, d'une nouveauté splendide. Ou Zeruya Shalelv, qui nous emmène dans la complexité des relations. Enfin Amos Oz, cet auteur magistral, une poésie quasi biblique pour parler de la ville, de la famille, de l'amour.

Alors nous permettre une ballade dans la culture hébraïque, oui c'est un bonheur.

Comme cela le sera quand on nous proposera une ballade dans la poésie ou la prose de tel ou tel pays, du Maghreb au Moyen Orient ou à l'Extrême. Pourquoi nous mettre en situation de choisir, d'exclure, de refuser ?

La culture est précisément cet espace où tous les esprits se rencontrent, sans ostracisme. Ne nous laissons pas menacer par les oukazes d'où qu'ils viennent.

Portrait de déluge

à Anthropia Portrait de Anthropia De déluge

menuisier | 13H30 | 13/03/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec vous. On boycote (quel mot affreux) des oranges, pas des écrivains, en tous cas pas en raison de leur nationalité. Un salon de la littérature est un lieu d'échange, en exclure tel ou tel pour la politique mené par son gouvernement ne fait que scléroser un peu plus une situation dramatique.

Portrait de alzaz

De alzaz

13H50 | 13/03/2008 | Permalien

Si selon Cioran la préoccupation de l'écrivain est la langue et non le pays qu'il habite alors il faut admettre que c'est l'hébreu et non Israël qui est l'invité. Rien à voir non plus avec la religion juive puisque des arabes israëliens se produisent. La polémique est réductrice et empêche les évolutions.

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 15H56 | 13/03/2008 | Permalien

Petite suggestion aux organisateurs de ce salon « sous haute tension », pourquoi ne pas installer un mur autour ?

http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de rahil

De rahil

14H04 | 13/03/2008 | Permalien

ce qui me rends perplexe c'est que tous les articles de presse semblent insinuer que le boycott est stupide, entre aytres, parce que les auteurs sont critique de leur gouvernement.
parfois j'ai l'impression que tous les israelens veulent la paix, aiment les palesteniens, veulent faire des compromis. alors je me demande, qui fait la guerre ? qui construit des colonies ? qui fait des barrages, financent le Mur, etc.

bientot on va me faire croire que les seuls fans de peres sont Sarkozy et Delanoe….

Portrait de kdb

De kdb

14H12 | 13/03/2008 | Permalien

je me souvient que Alain Soral a eu aussi ce genre de probleme avec BHL donc (aussi)avec le monde du livre…..

Portrait de andriouchka

à kdb Portrait de kdb De andriouchka

23H46 | 13/03/2008 | Permalien

heueueu, il ne faudrait pas trop parler d'Alain Soral, plutôt brun sur lui …

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H15 | 13/03/2008 | Permalien

Il faut tout de même être assez candide pour imaginer un seul instant que l'ivitation d'Israël et de sa littérature (en tout ou partie) ne déclencherait pas de telles polémiques.
Le problème est vicié dès l'origine : en choisissant d'inviter Israël au motif de l'anniversaire de la création de l'Etat, on ne peut manquer dès le départ de mêler culture et politique (à supposer qu'on puisse si aisément les démêler le reste du temps).
Quand, par surcroît, c'est Pérès (qui n'est pas tout à fait rien dans l'histoire politique israélienne et qui représente moins que rien dans son histoire littéraire) qui se charge de l'inauguration, il me paraît que nous avons là aussi une exploitation politique du Salon du Livre.

Qu'on choisisse d'inviter Israël, fort bien, on peut être ou ne pas être d'accord, il reste que c'est un droit absolu des organisateurs.
Mais qu'on ne s'étonne pas après, compte tenu des passions qui se déchaînent de part et d'autre sur le sujet, que l'occasion soit saisie au vol.

Portrait de parousnik

De parousnik

14H18 | 13/03/2008 | Permalien

Tout écrivain israélien devrait, au fond de sa conscience, boycotter le salon du livre de Paris. Benny Ziffer

http://www.ujfp.org/modules/news/article.php ? storyid=366

Aaron Shabtaï ne semble pas être le seul intellectuel israelien à boycotter ce salon…

http://www.egaliteetreconciliation.fr/index.php ? option=com_content&task=…

Portrait de Hubert Artus

à parousnik Portrait de parousnik De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 14H54 | 13/03/2008 | Permalien

J'ai été voir le second lien que vous donnez. Intéressant, très intéressant, forcément. Mais je ne vois cependant pas le lien avec le Salon du Livre… Je vous confirme que, des auteurs invités par le SNE dans la délégation officielle, Shabtaï est le seul à avoir refusé.

Portrait de parousnik

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De parousnik

18H14 | 13/03/2008 | Permalien

@ Hubert Artus (Rue89)
Réduire l'appel au boycotte du Salon du livre à Mr Shabtaï ne me semble pas très objectif surtout après avoir lut l'article de Mr Benny Ziffer. Quant au second lien dont l'auteur n'est pas non plus invité au Salon du Livre mérite un débat et Rue 89 pourrait lancer un débat sur le sujet… Le livre, la culture et l'information sont liés. La vérité historique m'interresse bien plus que les propagandes car entre le réel et la réalité il y a demain…

http://www.republique-des-lettres.fr/10342-salon-du-livre.php ? gclid=CM3S…

Portrait de thierry reboud

à parousnik Portrait de parousnik De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H22 | 13/03/2008 | Permalien

« Quant au second lien dont l'auteur n'est pas non plus invité au Salon du Livre mérite un débat et Rue 89 pourrait lancer un débat sur le sujet ».
Enfin, Parousnik, vous le faites exprès ou quoi ? Tom Segev est un historien et n'a publié que des essais historiques. Sont invités des romanciers et des poètes.

Parousnik, si vous arrêtiez d'écrire des sottises ? D'un autre côté, si vous faisiez ça, vous ne seriez plus tout à fait vous-même…

A propos, je suis curieux : le site de l'Alain-Soral-marxiste-qui-soutient-le-Front-National, vous le fréquentez avec assiduité ? Parce que, l'article de Segev, vous pouviez le trouver plus directement sur Haaretz, il me semble.

Portrait de parousnik

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De parousnik

19H19 | 13/03/2008 | Permalien

Quelle sottises ? Comme vous Le Pen soutient « la version sans preuve mais officielle » de Bush et alors je ne vous condamne pour ça ? Mais puisque vous détenez la culture universelle dites moi donc ou se trompe le professeur Zand et les archéologues qui valident sa thése « le peuple juif une invention » ? Et puis l'article de Sagev est sur de nombreux sites…

Portrait de Gevrey

à parousnik Portrait de parousnik De Gevrey

19H30 | 13/03/2008 | Permalien

Mais vous êtes en plein délire… En quoi y a t'il un lien entre Le Pen, Bush, et une version officielle de quoi ? ? ?

Avez vous envisagé de vous faire aider car il me semble que votre haine des USA à un côté pathologique .. ?

Portrait de leconcombrevert

à parousnik Portrait de parousnik De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 20H05 | 13/03/2008 | Permalien

Éffectivement, des sottises.

Et pour rester « dans le vrai » il s'agit d'un article de Tom Segev relatant dans le journal israélien Haaretz les trouvailles supposées d'un historien israélien nommé Shlomoh Zand (qui m'est strictement inconnu) qui le conduiraient à la conclusion que les Juifs seraient en quelque sorte majoritairement pas vraiment si juif que ça.

http://www.haaretz.com/hasen/spages/959229.html

Bon, c'est sans doute passionant. Mais je dois admettre que le lien avec le salon de la littérature ne s'impose pas à première vue d'oeuil à la lectrice profane que je suis.

Si vous voulez débattre de la validité de la thèse de Zand, faîtes donc, mais ne le faîtes donc pas ici, par ce que c'est on ne peut plus hors sujet.

Pour terminer, je vous propose de contribuer à la science en nous préparent un petit papier prouvant l'existence du peuple français !

Le peuple français une invention ?

Portrait de thierry reboud

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H04 | 13/03/2008 | Permalien

Salut à toi, Concombre.
Tu sais que, grâce à toi, je suis en train de me refaire H2G2 en totalité ? Rien que pour ça… des paquets de bésitos qu'un bloggueur mulhousien m'a cédé en vrac rien que pour toi.
Par ailleurs, bien content que tu aies rajouté de l'entièreté à ta situation. Je m'inquiétais un peu quand même.

Bon, revenons à nos moutons israélo-palestiniens.
Je suppose que le Shlomoh Zand auquel fait allusion l'inénarrable Parousik est le même que Shlomo Sand qui est l'auteur de « Les Mots et la terre » publié aux éditions Fayard.
Si tel est le cas, il est sans doute contestable, mais ce n'est certainement pas un imbécile. Mon hypothèse de départ serait plutôt que notre Parousnik à tous n'a pas vraiment tout compris (genre les complexités trop fines ou suavités du même tonneau).

Si tu veux qu'on en vienne à causer de la fiction que représenterait la notion de « peuple », quand tu veux… mais ça sera long !

Portrait de déluge

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De déluge

menuisier | 22H43 | 13/03/2008 | Permalien

Dites moi thierry reboud, lorsque vous écrivez « grâce à toi, je suis en train de me refaire H2G2 en totalité “, parlez vous du guide du routard galactique ? Si oui, vous rappelez-vous les Vogons et leur gracile gazelle ? Leur poésie ? l'origine de l'homme sur terre, nos ancêtres seraient des laveurs de téléphonne, pour l'élite, et des commerciaux en pub, pour la piétaille, (Par ailleurs, la terre, construite sur Mégrathmoilà ? ), un livre (ou plutot une trilogie en cinq tomes) qui me fait rire comme aucun autre.

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