
Rentrée littéraire : moins de romans mais plus de passion
Au menu des librairies cet automne, 676 romans (contre 727 l'an dernier). Hubert Artus fait l'état des lieux et des affaires.
Beaucoup de pays ont une rentrée, seule la France a une rentrée littéraire. Un plaisir de lecteurs et de journalistes, un haro sur les prix et sur les bourses. Comme nous l« avions fait l'an dernier, nous attaquons la saison littéraire par la présentation des forces, des surprises, des tendances et des enjeux de cette rentrée 2008.
Cette année, comme la précédente, a été marquée par les transferts : Christine Angot passe de Flammarion au Seuil, et descend, à nouveau, plusieurs crans littéraires d'un coup : “ Le Marché des amants ”, conte de femmes et d'amants où elle raconte son idylle avec Doc Gynéco, est une arnaque trop visible. Même pas risible.
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En 2000, c'est au Seuil que Catherine Millet avait offert sa vie sexuelle. Elle arrive chez Flammarion pour un roman longtemps sous embargo : “ Jour de souffrance ”.
Alice Ferney avait voulu, à ses débuts, être éditée par Albin Michel. Après six romans chez Actes Sud, la voici chez Albin pour décortiquer le sentiment amoureux (“ Paradis conjugal ”).
Après Gallimard et Albin pour des livres écrits avec son frère, Olivier Poivre d'Arvor revient chez Grasset : “ Le Voyage du fils ” s'inspire de l'histoire de la défenestration, l'an dernier, d'une Chinoise en situation irrégulière, pour échapper à la rafle. Nous avons beaucoup aimé.
Comme nous avons intensément aimé le nouveau virage romanesque de Régis Jauffret : “ Lacrimosa ” (Gallimard) voit un homme parler avec son amante… décédée. Jauffret est un des tout meilleurs romanciers français vivants.
Autres têtes de gondole annoncées : Elie Wiesel (Grasset), l'annuelle Amélie Nothomb (Albin Michel), Jean-Paul Dubois pour les revigorants “ Accommodements raisonnables ” (L'Olivier), Yasmina Khadra et son étude de la double culture franco-algérienne (“ Ce que le jour doit à la nuit ” Julliard), Olivier Rolin (Seuil), François Valléjo (Viviane Hamy), Laurent Gaudé (Actes Sud), Faïza Guène (“ Les Gens du Balto ”, Hachette).
Par ce que leur nom pèse en gage de qualité, et par la qualité de leur opus 2008, les romans des grands auteurs étrangers sont de très somptueux romans, et certains devraient vous retourner l'esprit. Parmi nos plus gros coups de cœur :
- Les 1 200 pages de “ Contre-Jour ” de l'invisible yankee Thomas Pynchon (Seuil), comme une version moderne de Jules Verne.
- “ Arbre de fumée ”, le grand roman des années Vietnam par Denis Johnson (Christian Bourgois, par ailleurs National Book Award 2007).
- >L'impressionnant “ Beijing Coma ”, de Ma Jian, la Chine moderne avec pour héros un étudiant plongé dans le coma après Tiananmen (Flammarion).
- Les neuf traités de l'allumé argentin Rodrigo Fresan (“La Vitesse des choses”, Passage du Nord-Ouest).
- “ L‘état des lieux ’ du géant Richard Ford (L'Olivier) : dix ans après, enfin des nouvelles de son héros Bascombe.
- La lune de miel sixties de l'Anglais Ian McEwan (‘ Sur la plage de Chesil’, Gallimard).
- Le strident ‘ Jérusalem ’ de la star portugaise qui arrive enfin en France, Gonçalo M. Taavares (Viviane Hamy), dont nous reparlerons vite.
- Le retour du conteur togolais Kossi Efoui : sept ans après ‘ la fabrique de cérémonies ’, voici ‘ Solo d'un revenant ’.
- L'implacable chant de l'enfant-soldat de ‘ Bêtes sans patrie ’ de l'Américain d'origine nigérianne Uzodinna Iweala (L'Olivier).
- Le naturaliste ‘ Homme qui marchait sur la Lune ’ du yankee Howard McCord (Gallmeister).
Autres auteurs confirmés à ne pas rater : le prix Niobel 2007 Doris Lessing (l'autobiographique ‘ Alfred et Emily ’, Flammarion), David Lodge (Rivages), Alice Munro (L'Olivier), le Yankee Richard Russo (La Table Ronde), Joyce Carol Oates (Philippe Rey), Brian Evenson (‘ La confrérie des mutilés ’, Cherche-Midi).
Signalons aussi la méga-enquête de l'écrivain américain William T. Vollmann, qui est allé poser à des dizaines de démunis cette question : ‘ Pourquoi êtes-vous pauvres ? ’ pour mesurer toute les dimensions de la pauvreté (Actes Sud).
Comme l'an dernier, l'Histoire est un personnage phare de la rentrée. ‘ Un traître ’ de Dominique Jamet (Flammarion) poursuit le travail de l'auteur sur la France de la Collaboration, et sur son propre père, qui fut collabo. La question de la collaboration, il en est question dans le premier roman d”Olivia Elkaïm, qui organise une chorale de trois générations autour d'un réseau de résistants pour les “ Les Graffitis de Chambord ” (Grasset).
Quand Michel Le Bris, big boss des Etonnants Voyageurs redonne vie aux pionniers du cinéma animalier, il redonne à voir le regard colonialiste que l'Occident avait sur “ l'autre monde ” début XXe : “ La Beauté du monde ” est un de nos coups de cœur.
Tout comme les complémentaires “ Zone ” de Mathias Enard (Actes Sud) et “ Le Premier principe, le second principe ” de Serge Bramly (Lattès). Le premier est notre roman français préféré, dans cette rentrée, nous vous en parlions dès le 14 juillet. Mais les deux sont deux grandes entreprises littéraires pour donner corps à l'Histoire de l'ombre, qui fait l'Histoire. On en reparle très bientôt ici.
Le cabinet de lecture a également beaucoup aimé :
- “ Le Juif et la métisse ”, le très boboïquement incorrect roman de Fabrice Pliskin (Flammarion)
- “ Le Silence de Mahomet ” de Salim Bachi (Gallimard), où quatre intimes du Prophète le racontent tel qu'ils l'ont connu
- Le très slamé et marseillais “ Corniche Kennedy ” de Maylis de Kérangal (Verticales)
- L'énorme “ Là où les tigres sont chez eux ” de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma)
- Le rock-électro-nerveux “ New Wave ” d »Ariel Kénig et le -scénariste- Gaël Morel (Flammarion)
- « Pour vous » de Dominique Mainard (Joëlle Losfeld)
- « Le Messager » d »Eric Bénier-Bürckel (L'Esprit des Péninsules)
- « Inassouvies, nos vies » de Fatou Diome (Flammarion).
C'est à la qualité des premiers romans d'une rentrée qu'on jauge ladite rentrée. Cette année, on est très bien servi. Et pour les premières expériences françaises, Gallimard et Grasset (nous évoquions Olivia Elkaïm plus haut) font très fort. « L'Inachevée » de Sarah Chiche (Grasset) débute par un sirupeux « Et puis, très tranquillement, j'ai choisi de vivre » qui lui sert d'élan pour désincarner la violence d'une mère pour sa fille, et mieux faire naître l'amour -des hommes- et la force -de vivre et d'écrire. Un roman pas dupe, strident et rassurant. Grand coup de cœur.
Comme « Une éducation libertine » de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard), roman historique (la France bourgeoise du siècle des Lumières) et très osé récit d'apprentissage (homosexualité, prostitution masculine, libertinage) porté par une écriture sexuée.
Une écriture sexuée, version plus luxuriante, sera à l'œuvre chez Frédéric Ciriez dans « Des néons sous la mer » (Verticales), qui présente un sous-marin devenu un bordel.
Avec « La Meilleure part des hommes », Tristan Garcia radiographie les années 80 parisiennes et l'arrivée du sida (on y remarquera deux personnages très inspirés de Didier Lestrade et Guillaume Dustan) pour mieux pointer nos trahisons d'aujourd'hui.
Pas de trahison pour Tristan Jordis : ce qui devait être un reportage dans le quartier de la porte de la Chapelle, à Paris, est devenu un brillant roman, dont le titre dit tout (« Crack », Le Seuil).
Deux très forts romans étrangers chez Stock. Tous deux autobiographiques. A partir du départ forcé de la famille du narrateur pour l'Allemagne, « Le Soldat et le gramophone » du jeune Sasa Stanisic (mère bosniaque et père serbe) organise un patchwork de récits (légendes, marxisme, football) pour « tout transformer en histoire ». Quitte à être cruel et montrer les limites de la fiction. Chez Nami Mun, Américaine d'origine sud-coréenne, c'est l'adolescence de la narratrice qui est recomposée. « La Cosmopolite » sent la rue et la zone, mais surtout l'émotion et le courage.
Autres saines découvertes de ce cabinet : Rawi Hage (« De Niro's Game », Denoël), Aude Walkee (« Saloon », Denoël), « Les Liens du sang » de la Sud-africaine Ceridwen Dovey (Eds Héloïse d'Ormesson), « Décomposition » de J. Eric Miller (Le Masque)
Les livres « recensés » dans ce panorama constituent une liste non exhaustive des lectures dont le Cabinet vous rendra compte dans les semaines à venir. Suite à ce panorama, nous commencerons la rentrée en allant voir… des libraires.
Nous sommes allés à Marseille, suivre un livre de sa livraison jusqu'à sa mise en rayon, et avons découvert les critères d'attribution des places. Ensuite, les premiers dont il sera ici question sont Jean-baptiste del Amo, Mathias Enard, Richard Ford, Olivier Poivre d'Arvor, Régis Jauffret, Sasa Stanisic, Sarah Chiche, Eric Bénier-Bürckel et Rodrigo Fresan.
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De Lfdpirate
inter-chom | 09H37 | 21/08/2008 |
Un nouvel auteur prometteur qui fait elle aussi sa rentrée
http://www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp ? idOuvrage=1144…
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 10H01 | 21/08/2008 |
Question de candide : pourquoi y-a-t-il une rentrée littéraire ? Je ne connais rien au monde de l'édition et je ne lis quasiment jamais de livre qui n'ait pas été écrit depuis au moins deux ans.
Les français n'achètent des livres qu'en septembre ?
Si les 700 bouquins évoqués sortaient régulièrement au fil de l'année, ils auraient vraisemblablement plus de chance d'être traités médiatiquement.
à BrunoC
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 10H05 | 21/08/2008 |
Comme je l'écris, la rentrée littéraire est une exception française. Elle est dûe à une tradition : les Prix Littéraires de l'automne. Et à un fait global : le triomphe de l'économie.
à Hubert Artus
De BrunoC
( ° ) ( ° ) | 10H30 | 21/08/2008 |
Sur les 700 bouquins, combien ont une chance décente de décrocher un Prix qui révolutionnera la carrière commerciale du livre ? Probablement très peu.
Faut-il voir dans cet archarnement à vouloir sortir son livre en septembre, un optimisme démesuré pour une oeuvre ou une incapacité à imaginer une autre politique commerciale (suivisme) ?
Il me semble que chaque année beaucoup d'observateurs du monde littéraire se plaignent en septembre du trop grand nombre de livres édités et à l'automne critiquent le système des Prix.
Est-ce que sortir un livre en dehors de la fenêtre de tir estampillée « rentrée littéraire » est totalement suicidaire ?
J'y vois une analogie avec le festival d'Avignon qui regroupe 1000 troupes de théatre sur 3 semaines. Les visiteurs, à raison d'un rythme soutenu de trois spectacles par jour durant toute la manifestation ne pourront voir que 6% des productions. Même économiquement n'a plus beaucoup de sens.
à BrunoC
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 10H39 | 21/08/2008 |
« Sur les 700 bouquins, combien ont une chance décente de décrocher un Prix qui révolutionnera la carrière commerciale du livre ? “ : une centaine environ.
‘Faut-il voir dans cet archarnement à vouloir sortir son livre en septembre, un optimisme démesuré pour une oeuvre ou une incapacité à imaginer une autre politique commerciale (suivisme) ? ’ : plutôt la deuxième piste. C'est la politique du moloch : pour faire croire que ça marche, on produit on produit on produit. L'économie se moque que cela se vende ou pas, du moment que cela se voit.
‘Est-ce que sortir un livre en dehors de la fenêtre de tir estampillée rentrée littéraire ’ est totalement suicidaire ? ” : Non… Il s'agit, quand même et quoi qu'on en dise, de littérature. Les éditeurs sont des personnes responsables, de goût et de culture, et il s'agit quand même de porter les couleurs de la culture dans un monde à présent sous le joug de l'économie.
à BrunoC
De compte supprimé 13
19H29 | 21/08/2008 |
BrunoC
problème annexe : ces 700 livres ne sont QUE pour la rentrée, des milliers d'autres paraissent au cours de l'année.
De Anthropia
10H04 | 21/08/2008 |
Ouf, mon sport favori de la rentrée va pouvoir commencer. Faire mon choix et découvrir les livres que je lirai, au milieu de tous ces avis de critiques, en allant notamment sur les tables de librairies et en lisant des extraits juste pour entendre la voix.
Merci en tout cas pour cette première sélection.
http://anthropia.blogg.org
De C-dâv
11H48 | 21/08/2008 |
Y-aura-il un nouveau Pelot cet année ?
Pour Werber ce seat le 1° octobre…
De Frère Maxence
Demandeur d'emploi | 12H22 | 21/08/2008 |
Angot ou le degré zéro de la littérature.
Elle a écrit un roman intéressant, son premier je crois, sur le drame de sa vie (un inceste), puis elle aurait dû s'arrêter.
Après, toute son « oeuvre » n'est qu'un journal intime où il ne se passe rien d'intéressant (banalités à gogo) et qui est très très mal écrit en plus.
Elle donne l'impression de se souvenir qu'elle doit rendre un texte à son éditeur une semaine avant le terme, alors elle raconte très vite tout ce lui passe par la tête. J'espère qu'elle procède ainsi, car si ses romans sont construits, réécrits plusieurs fois, sont le fruit de plusieurs mois de labeur, là, c'est absolument tragique.
Quand je pense que des critiques sérieux lui l'ont encensé. Ce n'est pas possible. Ils ont touché un chèque… lol !
Le plus triste, c'est qu'elle prend la place d'auteurs cent fois plus talentueux qu'elle.
Je conseille, quand vous êtes déprimé, la lecture de l'inénarrable « Pourquoi le Brésil ». Poilade assurée !
à Frère Maxence
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 13H05 | 21/08/2008 |
Il est faux de dire que C. Angot est le degré zéro de la littérature, quand même…
De Honnecourt
| 16H56 | 21/08/2008 |
Même si son style peut être déconcertant et loin des critères conventionnels de la bonne syntaxe, surtout celle des prépositions, C. Angot livre son meilleur ouvrage avec le« Marché des amants ».
Elle analyse avec pertinence et sensibilité les préjugés tenaces que notre société entretient au sein des milliers de petits microcosmes qui la constituent. Avec eux le cortège des hypocrisies, des coups bas et des avantages de castes.
Elle reprend avec brio les thèmes de Bourdieu dans les « Héritiers » ou « le bal des célibataires ».
C.Angot nous délivre un message simple : A bas les préjugés.
De Coldo
pas là | 12H43 | 21/08/2008 |
Hélas, comme d'habitude dans ce genre d'article, on passe la Bande Dessinée sous silence.
Et pourtant… non seulement la bande dessinée se vend généralement plus que la plupart des romans cités ci-dessus, mais en plus, il y a en BD des oeuvres remarquables, qui valent largement le détour.
Mais apparemment, il est honteux pour un critique littéraire de parler de BD.
Dommage…
à Coldo
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 13H07 | 21/08/2008 |
Je ne passe rien sous silence, simplement je travaille dans mon domaine de compétence. Un journaliste, surtout culturel, est forcément spécialisé. Et je le suis en fictions et en documents, mais pas en BD, ni en ciné, ni en des tas de choses…
la culture est un de nos chantiers à venir, et la BD devrait y avoir sa place.
à Hubert Artus
De Coldo
pas là | 14H49 | 21/08/2008 |
Non mais je regrette juste qu'un chroniqueur littéraire considère que la Bande Dessinée ne fasse pas partie de son domaine de compétence.
à Coldo
De Tyb
(par ici, par là) | 16H15 | 21/08/2008 |
ça me semble tout à fait normal, la bande dessinée est un art à part entière, et je ne vois pas pourquoi elle devrait apparaitre dans une chronique à part entière
à Coldo
De Lewlill
végéteuse | 09H15 | 23/08/2008 |
Je ne pense pas qu'il existe encore des critiques litteraires pour penser qu'il est honteux de lire de la bande dessinée. Mais, comme vous, je trouve regrettable qu'elle ne fasse pas partie de la « rentrée litteraire », et je ne comprends pas bien en quoi elle serait un art à part (comme le cinéma.. ? ? ). Quand je vais à la biblio et que je prends un bouquin de SF, un roman italien, une autobiographie et une BD : à aucun moment je me dis « ça c'est de la litterature, ça s'en est pas » !
à Lewlill
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 11H22 | 23/08/2008 |
Tout cela est un faux débat. Nommer les choses, appeler la BD une BD, le cinéma cinéma, les romans romans, la SF SF, ce n'est pas établir des hiérarchies entre elles. C'est, simplement, nommer les choses. Quand on parle d'un pull à col en V et d'un pull à col rond, on ne dit pas que l'un est mieux que l'aitre, on dit simplement que ce sont deux pulls différents. Oui, la BD est une littérature à part entière, un art : ses codes ne sont ni ceux du ciné ni ceux du roman. La BD n'est pas de la littérature, c'est un art à part entière. Je n'établis pas de hiérarchie lorsque je dis ça.
A présent, cessons ici ce débat. Non qu'il soit vain, pas du tout, mais ça n'est pas le sujet… Merci.
De hippog
Lycéen | 12H58 | 21/08/2008 |
Une belle rentrée littéraire avec de belles nouveautés, je vous en conseil un qui est sorti aujourd'hui même : « Les pages roses » de Teodoro GILABERT édité chez Buchet Chastel.
De andrew toney
étudiant à Dijon | 13H49 | 21/08/2008 |
Je suis les conseils d'Hubert Artus et je vais acheter puis lire Zone de Mathias Enard, puis je pense que je me pencherai sur le livre de Régis Jauffret.
Le film de Michel Houellebecq sort le 10 septembre, son éditrice annonce un inédit pour le mois d'octobre : très bonne nouvelle. Le film n'est pas bon apparement… on verra bien.
à andrew toney
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 20H52 | 21/08/2008 |
Simplement préciser qu'aucune éditrice n'a annoncé un livre de Houellebecq… Lire à ce sujet ma brève du jour.
De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
14H53 | 21/08/2008 |
Trop de publicité sur cette rentrée littéraire qui, me semble-t-il, n'est pas un bon cru selon les échos entendus ici et là.
Bon, je préfère attendre. Aller en librairie simplement après la découverte de ces livres par des amis.
http://allainjulesblog.blogspot.com/
De Tesla
yesmen | 15H11 | 21/08/2008 |
Et sinon l'enquête sur la mort de deux jeunes percutés par une voiture de la police a villier-le-bel ? On en est ou ?
à Tesla
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 08H25 | 22/08/2008 |
Ce n'est pas au bout de cet article sur la rentrée littéraire qu'il faut poser cette question.
De Phil2922
Retraite invalidité | 15H41 | 21/08/2008 |
Il ne fait pas partie de la rentrée littéraire, il est sorti ce printemps et je vous le recommande fortement : « Notre usine est un roman » de Sylvain Rossignol aux éditions la Découverte.
C'est l'histoire d'une grande entreprise (Roussel Uclaf) du point de vue de ses salarié(e)s. Ils racontent leur histoire collective des années 1960 à nos jours, quand l'entreprise est devenue Sanofi-Aventis. Ils se sont regroupés en association et ont confié leurs témoignages à l'écrivain Rossignol qui a conçu le livre comme un roman…
En reprenant une partie du verso du livre, on voit le parcours des salarié(e)s pendant un demi-siècle d'histoire. On connaît leurs conditions de travail héritées du paternalisme industriel, de l'occupation de l'usine en mai 68, de l'élection de Mitterrand, de la vie syndicale au quotidien, du féminisme, des conséquences de la mondialisation, des fractures du mouvement ouvrier…C'est le portrait d'une génération avec ses joies, ses espoirs et aussi ses désillusions qui est brossé de manière vivante et imagée…
Si vous avez lu et apprécié « Les vivants et les morts » de Gérard Mordillat, vous aimerez le bouquin de Rossignol, car là l'histoire est encore plus forte, parce-qu'elle est issue du témoignage direct des principaux intéressés…c'est MAGNIFIQUE…. ! !
http://phil195829.overblog.com
De quetzal2012
enseignant précaire | 16H26 | 21/08/2008 |
Ce qu'il y a de regrettable dans ce déferlement de bouquins que les grandes maisons d'edition mettent en tête de gondole c'est que restent sur le carreau non seulement toutes les petites maisons mais encore nombre d'auteurs latino-américains de nouvelles…
En effet si il y a moins de romans, c'est que les auto-fictions et autres témoignages où le style est si rare on fait main basse sur le « marché » du livre, mais aussi parce que depuis toujours, en France on n » accorde aucune considération à l'écriture de nouvelles et de contes (ce qui laisse pour compte une très grande partie de la littérature dans le monde)…
Alors tous ces livres qu'il faudrait avoir lu pour les dîners mondains du snobisme intelectuel sont peut-être très bon mais les sélections du mois ou de l'année en général ne me plaisent pas beaucoup… ni les « rentrées » d'ailleurs !
De plus cela tend à faire oublier tous les livres sortis depuis le début d'année qui sont pour certains tout simplement excellents :
L'archange et le Procureur de Chrisophe Bigot chez Gallimard : L'histoire du révolutionnaire amoureux Camille Desmoulins… par exemple !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
à quetzal2012
De Ashel
écrivain | 19H38 | 21/08/2008 |
Bonne remarque. Je suis auteur de nouvelles. Un premier recueil a été publié en Italie, puis en édition bilingue russe-française à Moscou. Malgré cela,impossible d'être publié en France sans être passé par lécriture préalable d'un roman.Tradition oblige et confirmée à maintes reprises par la plupart des éditeurs auxquels j'ai juste posé la question ou soumis un manuscrit.
à Ashel
De brigadoon
ouf!!! | 21H25 | 21/08/2008 |
C'est idem pour les romans, si on ne connaît pas un proche de l'éditeur…. J'ai publié aussi quelques trucs mais pour les romans rien. Alors j'ai posé la question à des amis journalistes qui m'ont signifié qu'avec le nombre de romans que reçoivent les éditeurs, ils ne peuvent tout lire, alors ils font des choix…. J'entendais un gars récemment dans un salon du livre dire « je vais être publié chez untel… Je n'ai pas encore écrit mais j'ai un contrat pour un bouquin, je connais quelqu'un » et l'éditeur à côté affirmer « je vais le publier, pas qu'il écrive bien, mais c'est un copain et il ma casse s pieds depuis longtemps ».
Bon OK…
à brigadoon
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H16 | 21/08/2008 |
Désolé de vous donner tort là-dessus, mais ce genre de propos n'est rien d'autre qu'un des poncifs les plus éculés qu'on entend sur l'édition.
Les éditeurs ne sont pas particulièrement vertueux, je vous l'accorde, mais ils craignent tous de passer à côté du gros truc. Ils peuvent se tromper, oui. Ils peuvent accorder aux manuscrits une première lecture rapide, oui (mais elle leur sert surtout à purger les manuscrits ni faits ni à faire). Mais ils lisent les manuscrits, tout bêtement parce que c'est avec eux qu'ils gagnent du fric.
Que, par ailleurs, des bouquins ni faits ni à faire soient effectivement publiés, c'est encore autre chose : ça en dit surtout long sur le goût du public s'ils ont du succès, ou sur la compétence de l'éditeur s'ils n'en ont pas.
Vous savez, quand je disais d'éviter d'envoyer un livre de cuisine chez Gallimard, ça paraît être un blague. Sauf que ça leur arrive tous les jours…
à thierry reboud
De brigadoon
ouf!!! | 22H27 | 21/08/2008 |
Vous avez certainement raison Thierry pour quelques éditeurs et certains auteurs qui ne chechent pas les lignes éditoriales conséquentes. Je me dis aussi que c'est ridicule de risquer de perdre de l'argent en tant qu'éditeur en passant à côté d'une perle ou d'un bouquin qui peut se vendre bien. Pourtant les exemples que je citais sont bien réels. Les seuls qui m'aient renvoyé une note de lecture et un refus motivé pour un roman c'est Dilettante, après ils font le choix ou non de publier mais en tout cas j'ai eu un commentaire motivé interessant.
à Ashel
De brigadoon
ouf!!! | 22H09 | 21/08/2008 |
Ashel
je précise que moi aussi je suis curieux de Russie et des cultures du Caucase à plus d'un titre…