
Pascale Clark entre rupture intime et rupture sarkozyste
Après quelques pamphlets (Rambaud) et essais (Mona Chollet, Howlett, Léotard), le Cabinet de lecture continue son voyage dans le livre en Sarkozie, avec une étape romanesque : le troisième livre de la journaliste télé Pascale Clark est un subtil déhanché entre l'omniprésence du président Sarkozy et l'hyperabsence d'un ancien amoureux. Entre roman intimiste pur french touch, cinéma d'auteur et triomphe de la vulgarité masculine. Rencontre.
En fait, pour Pascale Clark comme pour nous, ça tombe encore mieux que prévu : « Après, Fred Chichin est mort » est arrivé en rayonnages à peine quelques jours avant. Avant quoi ? Avant le nouveau come-back de celui qui, en Italie, est le modèle de Sarkozy en vulgarité à talonnettes.
Aussi, comme « Chronique du règne de Nicolas 1er » il y a quelques mois, le troisième livre de la journaliste télé nous a hautement intéressés. Dans une « France d'après » où, décidément, l'actualité est vendue comme une « grande fiction inspirée de faits réels », l'espace fictionnel est à redéfinir (voir nos précédents articles sur Lola Lafon ou Emmanuel Pierrat ). Pour la littérature, l'époque est géniale.
Un livre construit en allers-retours entre rupture intime et rupture politique
« Jude Law est derrière moi. On joue dans le même film : “La cérémonie d'ouverture.” Décidément. Nicolas Sarkozy a été élu président de la République il y a dix jours, Jacques Chirac lui a passé les pouvoirs il y a huit heures, je t'aime depuis six ans. »
Dès les premières lignes, tout est exposé. Le 16 mai 2007, à 19h55, à Cannes, va être projeté « My Blueberry Nights », le nouveau Wong Kar-Waï. L'histoire d'une jeune femme qui doit chercher une vie après l'amour. La narratrice d » « Après, Fred Chichin est mort » aura la même tâche. Car bientôt, celle qui a laissé son amoureux à Paris va se faire larguer. En silence, à la lâche : plus de nouvelles, pas de réponse aux messages.
Une rupture moins tranquille que celle que le nouveau numéro un français avait martelée dans sa campagne. Un nouveau président dont notre femme suit la prise de pouvoir, ce 16 mai 2007. Plus tard, il y aura des SMS…
Tout le livre sera ensuite construit en cut-ups, en allers-retours entre la rupture amoureuse et la rupture de slogan. Entre le clinquant de Cannes et la machine à leurres Sarkozy : les premiers signaux de la nouvelle vulgarité.
Par la suite, le roman devient une relecture des premiers gestes visibles de Sarkozy : le yacht de Bolloré, Brégançon, le divorce, Kadhafi, Carla Bruni. C'est alors que Pascale Clark gagne le pari de son propre roman : le récit se distancie des faits, révélant l'espace entre le visible (la caresse de Nicolas sur l'oeil de Cécilia lors de la passation) et l'inconscient des actes (la vulgarité des hommes, parfois, dans l'acte de rupture) : « ces arrangements avec la matière première humaine, ce cynisme du savoir-faire, ces mauvaises manières sans vergogne ».
On ne verra pas Fred Chichin, ni l'amoureux lâcheur de la narratrice
« Après, Fred Chichin est mort » est un roman purement français (un récit intime, assurément autofictionnel) qui prend son intérêt et son émotion quand il se lie à la fois avec l'histoire même du film de Wong Kar-Waï et avec le film des premiers gestes de Sarkozy. (Voir la vidéo.)
Ainsi donc, il est question de Fred Chichin. Le défunt auteur-compositeur-interprète des géniaux Rita Mitsouko symbolise à lui seul la métaphore à l'oeuvre ici : outre le titre du livre et quelques passages de chansons des Rita, on ne verra pas Chichin ici…
On ne verra pas non plus l'amoureux lâcheur de notre narratrice. Des absents que l'écriture transforme pourtant en personnage omniprésents de ce roman… Classique ? Peut-être, mais ce qui est réussi, c'est l'équilibre entre hyperprésence d'un personnage non voulu (Sarkozy) et hyperabsence de l'homme perdu :
« Depuis ton départ, ton absence prenait toute la place. Plus Sarkozy envahissait l'espace, moins je supportais ta disparition. Je m'étais légèrement fait avoir dans l'histoire. Lui tout le temps toi plus jamais. »
Une « sarkose obsessionnnelle s'attaque à notre inconscient collectif »
Le travail littéraire dont fait preuve Pascale Clark doit être saisi à sa bonne mesure : il s'agit ici de participer au défrichage. Pour un espace fictionnel qui puisse être à la hauteur, au moment où l'omniprésident se montre comme un personnage qui étale son conte de fées.
Des témoignages récents ont montré que des gens rêvaient de Sarkozy, lisaient compulsivement tout ce qui s'écrivait sur lui, ne parlaient que de lui. Une « sarkoze obsessionnelle » (titre d'un livre dont nous reparlerons très bientôt ici) s'attaquant à notre inconscient collectif. On en est là…
Aussi, le roman de Pascale Clark se lit comme une fiction/miroir. Qui cherche, in fine, à définir quel personnage réel et fictif est Sarkozy. Une entreprise en cela parallèle à celle de Patrick Rambaud, l'intime et l'amour en plus. (Voir la vidéo)
Ce roman est un diagnostic. Que l'on complètera en lisant d'autres essais récemment parus (Serge Hefez, Thierry Desjardins, Jean-Marie Rouart, etc) dont le Cabinet vous reparlera très bientôt.
A la lecture de « Après, Fred Chichin est mort », on pense beaucoup à « Quoi », cette si belle chanson écrite par Alain Souchon pour Jane Birkin : « le choix des armes / ou celui des larmes… ». Quand un livre invoque des notes chez son lecteur, c'est que le pari est gagné…
► Après, Fred Chichin est mort de Pascale Clark - éd. du Seuil - 186p., 15€.
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De in girum
11H23 | 24/04/2008 |
diagnostic avec un c, hubert …
De petit pain
11H39 | 24/04/2008 |
.
Elle a bonne mine.
.
De TARPON
11H39 | 24/04/2008 |
C'est le livre de l'année ,que dis je ,du siecle.Jouer à la fois dans le politique et le reel,le quotidien et l'immateriel.Sarkozy meritait une messe ,on le retrouve dans nos reves.Il est là parmi nous poussant le caddie ,en tenue de missionnaire ,que de bonheur.Rever deSarko,il faut le faire.
De Gevrey
11H43 | 24/04/2008 |
cet artcile est au journalisme ce que le gros sel est au sel !
@tchoum….
à Gevrey
De marmotte64
Super héros | 13H21 | 24/04/2008 |
Cher Gevrey, votre véhémence est inexplicable.
à marmotte64
De déluge
menuisier | 14H17 | 24/04/2008 |
C'est peut être parceque c'est la première fois que vous le lisez.
Ceci dit, pour filer la métaphore de Gevrey, je ne sais pas si il a essayé de dégeler une route à la fleur de sel de Guérandes, toujours est-il qu'il est prouvé que dans ce cas, le gros sel est très nettement plus efficace.
à déluge
De compte supprimé 24
| 15H51 | 24/04/2008 |
Salut La Menuise,
Marmotte se posait cette question :
« Cher Gevrey, votre véhémence est inexplicable. »
Si, c'est tout à fait explicable : un caractère de cochon plus une grosse couche de frustration.
Et le gros sel est très efficace dans un calibre 12 juxtaposé, à la place des chevrotines.
à compte supprimé 24
De déluge
menuisier | 20H05 | 24/04/2008 |
Gourmet, va !
à déluge
De Julos
ex E.N | 17H22 | 24/04/2008 |
Hep hep hep !
« Guérande » sans S, s'il vous plait. Je certifie, étant né là, du temps où il y avait encore une maternité.
Sinon, vous avez « Ingrandes », avec un S, dans le Maine et Loire ou dans la Vienne, au choix. Mais vous n'y trouverez pas de fleur de sel, ou alors en boite au Super U ; -)
La fleur de sel de Guérande pour dégeler la route ! Non mais sans blague, y en a qui s'mouche dans la soie ma parole !
C'était le grain de sel de Julos DE Guérande.
; -))
à Julos
De déluge
menuisier | 20H18 | 24/04/2008 |
Toutes mes obscéquiositées pour ce blaSphème. : -))
à déluge
De Julos
ex E.N | 20H58 | 24/04/2008 |
Que voulez-vous : la ville de Guérande, c'est pour ainsi dire « sel que gemme ! »
; -)
*******************
Plus sérieusement, il y a une chose qui m'intrigue depuis longtemps chez Pascale Clark : ce choix de l'absence/présence dans ses 2 émissions « En aparté » puis dans « Un café, l'addition ». Qu'est-ce que cette invisibilité à l'image (mais présence au son) signifie ? D'autant qu'on retrouve ce même thème de l'absence/présence dans son roman, semble-t-il. Et elle n'a pas toujours fait ce choix (cf arrêt sur images). Alors quoi ?
à Julos
De zénon denon 84
Bonne | 08H55 | 25/04/2008 |
EN effet ,tres attirante Pascale ,
Dans le propos ,dans la recherche et
le questionnement
La meilleure ,c'est que j'ai le souvenir
bien précis de ses premières apparitions
« radiophoniques “ à france -inter
Ah ses revues de presse de 08h30
Qu'elle merveille .OUI .
C'est cela l'avantage de la radio ….
Elle suggère tout connement ,elle invite ;
comme un livre aussi .Elle ,IL parle à
l'un et à tous en meme temps .
Et quand le sujet est ,voire le fond
est ‘bon’ alors basta ? Chapeau l'artiste ;
ET d'artistes on en manque pas mal
en cette époque ‘merdique’ …
Merci Pascale .
à Gevrey
De Anthropia
18H49 | 24/04/2008 |
Non, pas d'accord, moi, ça m'a plutôt donné envie de le livre, alors.
à Gevrey
De snipoza
décroissant sang d'Angers antipyram... | 23H03 | 24/04/2008 |
moi qui cuisine régulièrement au gros sel de Guérande suis confit qu'on l'secoue pour assaisonner une daube. Et puis la spatule à claques, à ne pas confondre avec la chantante fécule à clark, s'adapte à merveille à la frite-et-rature. Félicitons Hubert pour sa ratatouille spécial copinage, il n'a vraiment pas peur du vide. Autant de talent pour détecter un goût sucré dans une endive, il est mûr pour les ménages !
à snipoza
De déluge
menuisier | 13H17 | 26/04/2008 |
Après ce qu'il s'est appuyé sur le salon du livre et les écrivains russes, un petit peu d'air du temps n'est pas nuisible. Même si en ce qui me concerne P Clarke m'indifère.
De freestyler
12H25 | 24/04/2008 |
C'est comme son émission sur canal, c'est juste surfer sur le buzz médiatique du moment avec un panel de journalistes qui se veut représenter le métier….et ça blablate de sarko et sa cour sur le ton de l'émotion comme d'hab, c'est pas du journalisme, on dirait un salon littéraire de bas étage ou le discours est bien convenu et les idées sont insipides et sans relief, du gaspillage de papier en somme.
à freestyler
De marigae
16H37 | 24/04/2008 |
Exactement…c'est entre Sophie Fontanelle et un Edito de Gala. Ce n'est pas désagréable, évidemment, mais cela manque de corps, cela se lit en moins de deux heures et je l'avais déjà oublié sauf à revoir sa couverture sur Rue 89. Est-ce que cela peut vouloir dire que j'oublierais Sarko aussi vite ? Hélàs non car quelquefois je suis malade, tu travailles,il s'associe, nous participons, vous étudiez, ils s'amusent.
De julienm2
12H29 | 24/04/2008 |
c'est abominable, ces branleurs de mouche. Il faut agir maintenant
à julienm2
De compte supprimé 24
| 15H53 | 24/04/2008 |
Oui : sauvons les pauvres mouches !
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 12H46 | 24/04/2008 |
Oui, mais, cette Pascale Clark, c'est de la famille de Pétula Clark ? …
à Waldeck
De Route64
14H07 | 24/04/2008 |
Ouais, et Jean Moulin, c'est de la famille du Commissaire Moulin.
à Waldeck
De enrico
17H54 | 24/04/2008 |
, je n'en sais rien et je m'en fous . Elle est dans la lignée des journalistes peeple que quelqu'un avait appelé journaleux ou journaliers. . L'auteur du papier incriminé n'est guère plus brillant , j'avoue ne rien avoir compris à ces anglicismes dont on nous rabat les oreilles .pourtant , il me semble que la langue française est suffisamment riche pour qu'on nous lâche avec ces termes de bobo dont la demoiselle est certainement friande . Vous devriez vous inspirer de Michel Serres capable d'écrire 300 pages sans employer un truc englich , langue qu'il connaît parfaitement . Quant à Sarko , je ne vois pas ce qu'il y a encore à apprendre sur lui .
à Waldeck
De Quijote
09H15 | 29/04/2008 |
Non, je crois qu'elle est plutôt de la famille de Pascale Sevran !
De sweetsmoke
bouddhiste | 12H49 | 24/04/2008 |
Ah la voie bobo des émissions caca de c+.
Quand on voit la façon dont elle à traité Le pen dans l'émission « en apparté », on à de serieux doutes sur les compétences de cette pseudo romanciere-journaliste animatrice vocale d'émissions tricatel pour spectateurs endormis.
De Xa_chan
(nippon ni mauvais) | 13H04 | 24/04/2008 |
Encore un bel exemple de pourquoi la « littérature française » ne pourra jamais sortir de France…
à Xa_chan
De compte supprimé 13
13H52 | 24/04/2008 |
je préférerais qu'elle ne sorte pas des stylos !
je comprends mal cet acharnement à parler de daubes alors que tant d'ouvrages de qualité sont publiés !
La presse s'auto-alimente, s'auto-congratule, s'auto-critique…
mon nombril, ma bataille… et moi et moi et moi
ps : il faudra que l'on m'explique un jour pourquoi les gens de radio ou TV cèdent à ces mots parasites qui émaillent leur discours.
je l'avais remarqué chez Calvi, je le retrouve chez cette dame : « VOILA », pas moins de 15 fois répété dans ces courtes vidéos ?
« gens de communcation » n'oubliez pas les règles de base.
De Phil2922
Retraite invalidité | 13H39 | 24/04/2008 |
Scandaleux, quand Pascale Clark dit à la fin en « rigolant » : « il va nous manquer… ». Oui, il va manquer aux riches à qui il ne pourra plus donner de cadeau fiscal, mais il ne manquera certainement pas aux plus faibles qu'il enfonce de plus en plus avec sa politique anti-sociale
Pascale Clark nous dit qu'elle na pas voulu faire un livre politique sur Sarko, mais c'est dans les journaux people qu'elle devrait travailler… ! !
http://phil195829.overblog.com
De vol19
awash | 13H45 | 24/04/2008 |
Vraiment, il y a des jours ou Rue 89 m'énerve…
On s'en fou de cette Pascale Clark !
On s'en fou de ces boukins écrits par des pseudo-peoples qui encombrent les étagères des libraires. Oui, ça fait de la rotation pour des livres-produits vaches à lait d'éditeurs et évite d'accéder de vrais bons boukins d'auteurs. La seule légitimité de tout celà, c'est parce qu'ils passent à la télé…
C'est très facile de critiquer la rupture Sarkoziste maintenant pour une animatrice people qui se veut faussement impertinente mais en fait conservatrice, dont l'atout est de savoir bien prendre toujours l'air du temps pour sa carrière.
Tam Tam, sur France inter, je me souviens… durant l'époque de peur et de stuppeur chiraco-Raffarienne, elle avait un chroniqueur, Charles Philippe Dulac, vraiment impertinent qui osait dire, ce qui ne se disait pas à ce moment, et elle, n'aimait pas çà du tout, censurait, punissait ! Impertinente mais pas trop…
Pourquoi lui offrir une promotion ?
à vol19
De compte supprimé 24
| 15H55 | 24/04/2008 |
« On s'en fout de cette Pascale Clark ! »
Entièrement d'accord, Vol19 : j'avais cru en être définitivement débarrassé quand elle a quitté France Inter pour la téloche, mais que dalle.
Quand je dis que les éditeurs, c'est de la merde, c'est un fait.
à compte supprimé 24
De prez
20H53 | 24/04/2008 |
Triplement d'accord : Rien à foutre de ce livre, ni des états d'âmes de cette Clark… que fait cet article incompréhensible sur Rue89 ? Beaucoup de Sarko sur la même page…