Onfray : « Il y a un défaut d'intelligence tous azimuts »
Pour Rue89, le philosophe revient sur les récents mouvements sociaux et décrit de nouvelles formes de résistance.
C'est son premier ouvrage dans » la France d'après » : sur fond de mouvements sociaux et de heurts en banlieues, le philosophe libertaire, hédoniste et surtout extrêmement moderne, s'exprime sur Rue89 sur le futur, sur la philosophie, et sur l'actualité sociale.
Un an après une » Puissance d'exister » où il dévoilait son rapport intime à la philosophie, quelques mois après de nouveaux opus de sa » Contre-histoire de la philosophie » , voici donc le quatrième volume du » Journal hédoniste » du fondateur de l'Université populaire de Caen de l'Université du goût à Argentan.
Une part d'autobiographie est nécessaire pour comprendre le monde
Journal intime couplé avec philosophie ? Les fidèles du philosophe le savent, les autres le vérifieront : Onfray est le contraire d'un angélique et d'un complaisant, aussi ces journaux hédonistes sont un face-à-face entre l'homme et le monde. Comme toujours, dans tous ses écrits, l'auteur illustre sa vision de la philosophie. Pour lui, elle n'existe pas sans la sociologie, la psychanalyse, l'art, les sciences, l'écriture… et l'examen de soi.
D'où une part d'autobiographie nécessaire pour comprendre le monde. Le tout (intime et ex-time) devenant outils indispensables pour rendre lisible la complexité du monde. Surtout du nôtre, où dominent vitesse, mélange des genres entre fictions et réalités, mise en cause des métissages et victoire du profit sur l'esprit.
Comme toujours chez Onfray, ce » Journal hédoniste » met en avant arts, peinture, écrits, histoire et origines de la philosophie, athéisme et détestation des religions, autonomie de pensée et de vie. Avec ces armes, il revisite quelques faits (les révoltes sociales de banlieues en 2005) et outrages (la pédophilie) récents.
Onfray picore, butine, regarde autrement les philosophes
Avec ces outils, il propose un éclairage (individuel, collectif, immatériel et facilement accessible) : comment, dans notre monde si chrétien, être heureux, résister aux puissances mortifères tout en acceptant celles de nos propres ténèbres ?
Et Onfray de picorer, butiner, regarder autrement les philosophes et les classiques littéraires et artistiques (à la lumière d'aujourd'hui) : d'une lecture de » Don Quichotte » au mythe de Dom Juan, d'une tirade anti-libérale à » l'érotique solaire » , de la » Grande Santé » nietzschéenne à la définition du » glamour » (qui, dans le Larousse, se trouve entre » gland » et » glaire » ), de Balthus à Augiéras, de Finkielkraut ( » Sans conteste, le plus emblématique par ses outrances, [il] mérite une palme » ) à Bourdieu, Rimbaud et Montaigne.
On lira particulièrement ce chapitre au titre provocateur, » Du bon usage de la pédophilie » , où il remet à leur place les prétendus libres-penseurs de carrefour Odéon qui habillent du nom de littérature leurs penchants pour les garçons et les filles mineurs (Matzneff en prend pour son grade).
Un héritage intellectuel qui mêle athéisime, libertarisme, libre pensée…
Dans ces » Journaux hédonistes » , Onfray parvient à prouver sa filiation autant que dans des ouvrages plus directement philosophiques ( » La Sculpture de soi » , » Politique de rebelle » , y démontrant par l'exemple son héritage d'une lignée d'intellectuels proches du courant individualiste libertaire (des philosophes cyniques comme Diogène), épicuriens (Epicure) mais aussi au travers de toute une histoire occultée de la philosophie » officielle » (les Frères du Libre-Esprit, les penseurs libertins, l'école de Francfort…).
Les succès du » Traité d'athéologie » (300 000 exemplaires vendus), comme tous les livres récents d'Onfray ont clairement montré un regain d'intérêt, en France, pour la philosophie comme explication du réel et du social. De la pensée athée et libertaire-républicaine comme outil de pensée actuel. Il convient donc de réfléchir sur la place du philosophe réel dans la civilisation actuelle.
C'est, in fine, ce que proposent les ouvrages d'Onfray, et en particulier celui-ci, où Finkielkraut, Bernard-Henry Lévy, Glucksmann, Adler et tant d'autres individus penseurs plus ou moins crédibles sont clairement rangés du côté des » petits maîtres infatués » , simples chambres de validation médiatico-people des idées dominantes.
Une critique des institutions républicaines et de la vie politique actuelle
Le cri d'Onfray, ici, est celui d'une recherche d'intellectuels qui seraient critiques autant envers les institutions républicaines héritées de 1793 qu'envers la vie politicienne actuelle, afin de proposer une pensée, et un monde, de résistance à l'heure où » le retour du religieux sature la planète » .
Démarche bourdieusienne autant que deleuzienne, donc. Au passage, Onfray épingle les philosophes contemporains, accusés de tomber dans une « foire aux égos » : « Le problème, c'est qu'on ne fabrique pas d'intellectuels collectifs. » (Voir la vidéo.)
C'est pourquoi, quelques jours après les nuits de révolte de Villiers-le-Bel, en pleines négociations entre l'Elysée et la CGT, en pleins mouvements de grève, c'est surtout sur le terrain politique que Rue89 attendait Onfray. Invoquant l'héritage oral (platonicien) autant que matérialiste (nietzschéen, freudien) et anarchisant (deleuzien) de l'intellectuel moderne. Sur ces bases, c'est, selon le philosophe, vers Olivier Besancenot et le syndicat Sud qu'il faut se tourner. (Voir la vidéo.)
A travers la figure de » l'intellectuel collectif » qu'il évoquait dans notre première vidéo, à travers les actions qui sont les siennes dans le Universités populaires qu'il a fondées, Onfray offre non seulement des écrits et des pratiques concrètes pour la philosophie dans le monde d'aujourd'hui. Il propose des voies. Une place. Comme l'expliquait récemment Christian Salmon, la fiction et l'écriture ont aujourd'hui un rôle nouveau.
Une pensée nouvelle pour contrer de nouvelles menaces sur la pensée
Si nous vivons dans un monde que nous savons réel, mais que politiques et publicitaires façonnent en un monde simplement » inspiré de faits réels » pour mieux le contrôler, alors les arts, les sciences, la littérature, la sociologie, la philosophie doivent devenir des contre-narrations, proposant un espace-temps global. Des paradigmes nouveaux. Les écrivains, les artistes, les intellectuels ont un rôle nouveau. Inespéré. S'ils parviennent à s'en saisir avant des créateurs moins spirituels.
Des philosophes comme Michel Onfray, appelant de leurs vœux des gestes mondiaux, une revue européenne de philosophes, se situant sur le terrain de la mondialité chère à Aimé Césaire et sur » l'infini des mondes possibles » cher à Deleuze, propose une pensée pour le monde de demain.
Fût-ce un monde » de scribes » , où » l'on regardera les livres et les bibliothèques comme aujourd'hui on regarde un fauteuil Louis XV » . Un monde de continuums temporels, entre résistance et libéralisme. Une nouvelle guerre froide, peut-être, entre ténèbres et hédonisme, narration officielle et contre-narration. Qui passe par la fabrications de « microrésistances », les seules à même de permettre aux liliputiens de faire tomber le Gulliver libéral. (Voir la vidéo.)
► La lueur des orages désirés, Journal hédoniste 4 de Michel Onfray - éd. Grasset - 340p., 20.90€.
Interview réalisée à Paris le 30 novembre 2007
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De machinchose
19H18 | 02/12/2007 |
en voilà un qui avait fait preuve d'une singulière bétise pendant la campagne, servant Sarkozy, soutenant Bové, ralliant Besancenot et crachant crachant crachant sur Royal…
Arf. La philo et la politique n'ont jamais fait bon ménage ça se confirme.
à machinchose
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H35 | 02/12/2007 |
Je savais qu'on y arriverait un jour !
TOUT A FAIT D'ACCORD AVEC VOUS, MACHICHOSE !
Alors… hzeureux ?
Amicalement.
à thierry reboud
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H03 | 03/12/2007 |
Et moi aussi je ne suis pas prête à oublier que Onfray est un des ces « pures » qui ont préférés le vote nul - donc Sarkozy - plutôt de voter Royal au deuxième tour !
Ah, bravo l'artiste. Si la philosophie sert à ça !
à leconcombrevert
De
08H15 | 03/12/2007 |
En lisant le titre de l'article, j'ai cru que la formule « defaut d'intelligence tous azimuts » étaient appliquée à Monsieur Onfray, ce qui m'a bien fait sourire.
Sinon, l'imposture Onfray a déjà été exposé des centaines de fois, pourquoi s'intéresse-t-on encore à lui ?
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 09H01 | 03/12/2007 |
Pourquoi commentez-vous dans ce cas ?
à thierry reboud
De
19H04 | 03/12/2007 |
J'ai du mal lire l'article. J'avais cru qu'il faisait le portrait d'un philosophe d'aujourd'hui et je croyais qu'on allait parler philo. Les réactions ci-dessus m'en font douter. En guise de portrait, on préfère l'habiller mais sans donner les raisons ? ? ? Ce qui n'est pas très intéressant.
CP
De
20H52 | 06/12/2007 |
Bonsoir,
Je crois que vous n'avez pas compris ce qu'est la philosophie.
La politique, pas de la philosophie ?
La république de Platon, c'est de la politique.
Marx, c'est de la politique.
Deleuze c'est aussi, en partie, de la politique.
réfléchir à l'organisation de la société, à la place de l'homme dans le monde, au rapport de l'homme au monde,…tout ça c'est de la philosophie et de politique.
La philosophie est le champ qui englobent tous les champs (histoire, sociologie, sciences,…)
Non ?
Cdt
De
14H19 | 08/12/2007 |
Bien sûr que si.
C'est la raison pour laquelle Michel Onfray est si populaire : il parle de la vie.
Il le fait de plus dans un langage accessible aux non professionnels de la philosophie. Aborder la politique, les sciences, l'histoire, l'art, la gastronomie, la religion, l'érotisme… Faire réfléchir le lambda aussi, qui du reste de demande que cela.
La plupart des autres philosophes ne s'adressent au fond qu'à ceux qui détiennent les clés du savoir.
Michel Onfray pense que la philosophie qui ne peut être entendue par tout un chacun et applicable au quotidien ne mérite pas une seconde de peine.
Mademoiselle Jo
à thierry reboud
De
12H36 | 06/12/2007 |
pourquoi commenter le commentaire inutile ?
à leconcombrevert
De
09H28 | 03/12/2007 |
ONFRAY est surtout un onfrayiste, c'est peut-être le seul onfrayiste=nombriliste.
Entre lui et BHL on est bien monté, heureusement qu'ils n'ont pas vécu au XVIIIème siècle car on aurait appelé cette période le siècle de l'obscurité !
à leconcombrevert
De
09H53 | 03/12/2007 |
IL s'agit bien de ça,entre Royal et Sarko,le choix est nul.L'anti-sarkosisme dominant n'a même pas suffit ….
à leconcombrevert
De
12H58 | 03/12/2007 |
Alors j'ai voté Sarko !
Est-ce que c'est mieux M. le censeur ?
De
15H34 | 03/12/2007 |
Vous ne supportiez pas Sego ALORS vous avez voté Sarko..
On ne peut pas vraiment parler d'un vote d'adhésion ! Vous êtes simplement un peureux. C'est dommage. Vous ètes tombé dans le piège du « choix imposé » ou on vous donne l'illusion de choisir et vous n'avez toujours pas compris qu'il n'y a rien de pire que la politique du moins pire. Inquiétez-vous, vous n'êtes pas seul !
à leconcombrevert
De
15H54 | 03/12/2007 |
en réponse au legume vert !
entre la peste et le coléra, faut il toujours choisir ? ? ? ?
Personelement j'ai voté contre Sarcon, mais ça m'a fait mal au cul……….
De
19H07 | 03/12/2007 |
Et si on parlait philo plutôt !
Les élections c'était avant, c'est passé.
ET personne ne peut « prouver » que son point de vue était LE bon point de vue.
Alors Onfray ?
CP
à leconcombrevert
De
19H47 | 03/12/2007 |
En ce début de XXIème siècle, la construction européenne s'accélère.
D'un côté, la réunion des chefs d'Etat à Copenhague les 12 et 13 décembre 2002 ouvre désormais la porte à dix nouveaux candidats : Pologne, République tchèque, Slovaquie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Chypre et Malte. Ces pays intégreront probablement l'UE le 1er mai 2004. D'autres pays comme la Roumanie et la Bulgarie attendent leur tour, peut-être pour 2007. La Turquie, soutenue par les Etats-Unis, met la pression pour rejoindre cette Europe qu'elle a si souvent combattue dans les siècles derniers.
Le principe fédéral
De l'autre côté, nous observons que l'élaboration d'une Constitution européenne sous l'égide de Valéry Giscard d'Estaing prend forme. Le principe fédéral y est largement affirmé.
Enfin, la politique de décentralisation du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin (mai 2002 - ) dessine une nouvelle France. Désormais, les régions sont en mesure d'acquérir un poids qui les rendent incontournables. De ce fait, les revendications identitaires se font jour. De plus en plus de représentants bretons, corses, basques …, réclament des droits accrus et des libertés nouvelles pour permettre l'épanouissement de leurs traits spécifiques.
Tous ces éléments, apparemment divers reposent en fait sur un même socle. Il s'agit de construire une Europe fédérale ethno-régionaliste dans le cadre de l'Union européenne (UE), en liaison avec les Etats-Unis par l'intermédiaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Plusieurs textes permettent d'avoir une vue d'ensemble du projet européen et du rôle déterminant joué par l'Allemagne et par là même, de mieux comprendre les évolutions envisagées de notre continent.
1. Les documents ethno-linguistiques
Nous pouvons relever deux documents européens en mesure de promouvoir les phénomènes identitaires : la Convention-cadre pour la protection des minorités (1) et la Charte des langues régionales ou minoritaires (2). Ces deux documents rentrés en vigueur respectivement le 1er février 1998 et le 1er mars 1998 donnent la possibilité aux groupes ethniques de s'affirmer.
La mise à l'honneur de ces textes est due à l'origine à un institut : l'Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes (UFCE), siégeant à Flensburg, au nord de l'Allemagne. Cet organisme est financé par le ministère de l'Intérieur de la République fédérale d'Allemagne, le Land du Schleswig Holstein, le Land de Carinthie et la Fondation Hermann Niermann à Düsseldorf. L'objectif de l'UFCE consiste à promouvoir l'émergence de groupes ethniques à qui sont attribués des droits en tout genre : politique, éducatif, administratif … . Son programme a été définitivement achevé en 1992 et l'ensemble a été réuni en un ouvrage : « Ethnos 46 » (3). Les participants sont tous des juristes allemands et autrichiens, sans compter l'appui du ministère des Affaires étrangères d'Autriche et du ministère de l'Intérieur d'Allemagne. C'est à cette source juridique que ces deux textes européens ou, plus exactement, germano-européens ont puisé.
- La mise en œuvre
La Charte des langues régionales ou minoritaires a été lancée à l'origine par la résolution 192 (1988) du Conseil de l'Europe. Son rapporteur est un avocat allemand, Herbert Kohn, membre du comité juridique de l'UFCE. Grâce à son travail, la Charte permet l'utilisation des langues régionales dans les domaines aussi divers que l'enseignement (art. 8), la justice (art. 9), les média (art. 11), et facilite les échanges transfrontaliers (art. 7 et 14). Il faut bien retenir ces articles 7 et 14 qui font fi des frontières. De plus, ces mesures se répercutent aussi sur les autres documents, en particulier sur la convention-cadre pour la protection des minorités …
S'appuyant toujours sur les travaux réunis dans l'ouvrage « Ethnos 46 », c'est un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur allemand, Rolf Gossmann, qui a réussi durant l'année 1994 à insuffler l'essentiel de ce programme dans cette convention-cadre. Il faut savoir aussi que c'est ce même personnage qui est l'agent de liaison entre l'UFCE et le gouvernement allemand. En tout cas, l'application de ce document depuis son entrée en vigueur est un véritable bouleversement puisqu'il permet la reconnaissance officielle de tous les groupes ethniques dans l'Union européenne.
D'une certaine manière, ce document germano-européen reprend l'idéal des pangermanistes du XIXè siècle : « Dégager le substrat ethnique de sa gangue étatique avant de procéder à de nouvelles combinaisons “. Tout en reconnaissant la promotion de toutes les caractéristiques propres aux minorités ethniques (art. 5), la convention-cadre pour la protection des minorités s'associe à la Charte des langues régionales ou minoritaires et affirme dans son article 17 des éléments qui sont en mesure de fragiliser en profondeur le tracé des frontières en Europe.
Il est dit en effet ceci : ‘ Les Parties s'engagent à ne pas entraver le droit des personnes appartenant à des minorités nationales, d'établir et de maintenir, librement et pacifiquement, des contacts au-delà des frontières avec des personnes se trouvant régulièrement dans d'autres Etats, notamment celles avec lesquelles elles ont en commun une identité ethnique, culturelle, linguistique ou religieuse, ou un patrimoine culturel .
Cette ethnicisation de toute l'Europe trouve sa touche finale avec la Charte des Droits Fondamentaux (4). Cette dernière a été signée par les chefs de gouvernement lors du Sommet de Nice, en décembre 2000. Elle est entrée en vigueur depuis le vote positif des Irlandais en octobre 2002. La Charte des Droits Fondamentaux confirme sans ambiguïté ce principe, en particulier, dans ses articles 21 et 22 où il est expressément affirmé que les discriminations ethniques, linguistiques, sexuelles et religieuses sont interdites. Cette officialisation de l'ethnicité ne prendra véritablement son envol qu'à partir du moment où l'on accordera un cadre politique adéquat. Le fédéralisme en est le support.
2. La régionalisation de l'Europe
La reconnaissance du principe fédéral dans les instances européennes s'appuie sur trois documents qui sont, là aussi, germano-européens. Ce sont les Chartes de l'autonomie locale et régionale et la convention-cadre sur la coopération transfrontalière appelée aussi Charte de Madrid.
La Charte de l'autonomie locale a été promue grâce à un texte de 89 pages intitulé Les institutions régionales en Europe par un rapporteur allemand au nom typiquement français’ : A. Galette. Ce document permet l'autonomie locale dans tous les domaines : politique, administratif, droit de disposer de ressources financières propres suffisantes … Mais dans cette affaire, les groupes ethniques résidant sur une surface de territoire réduite sont en mesure de réclamer une autonomie territoriale correspondant à leur emplacement. Ces revendications prendront un tour plus vif avec le projet de charte de l'autonomie régionale. Ce texte fondamental s'appuie à l'origine sur la recommandation 34 (1997) du rapporteur allemand, député socialiste au Land de Basse-Saxe, Peter Rabe. C'est en mars 1996 que le premier projet fut présenté par le gouvernement de ce Land. A l'époque, son ministre-président s'appelait Gerhard Schröder, chancelier depuis 1998.
- La parcellisation
L'objectif suprême de ce document est le même que dans le cas précédent, mais à une échelle plus vaste. Il permet l'épanouissement complet des ‘ régions-Etat qui sont en mesure de passer au-dessus de l'autorité de l'Etat, en lien direct avec les instances européennes. Cette promotion de l'autorité politique des régions ira de paire avec les principes ethno-linguistiques cités plus haut. En effet, le préambule du Projet de Charte de l'autonomie régionale stipule sans ambages ceci : Conformément à l'article 1er de la convention-cadre pour la protection des minorités nationales, le respect des droits de l'homme inclut celui des minorités. Les régions sont donc tenues de respecter les droits des minorités se trouvant sur leur territoire . Comme on peut le constater, c'est tout simplement la reconnaissance de l'ethno-régionalisme.
Enfin, ce processus de désintégration des Etats prendra sa forme la plus complète avec la Charte de Madrid. Cette dernière a été propulsée par un institut européen de façade mais entièrement allemand par ses fondateurs et ses dirigeants : l'Assemblée des Régions Frontalières Européennes (ARFE), dont le siège se trouve à Gronau. Cet institut a pour objectif suprême de transformer les frontières d'Etat en frontières administratives grâce aux eurorégions. Ces dernières, entités territoriales de part et d'autre de la frontière, agissent comme des dissolvants en rendant caduques les frontières étatiques. Cela permet toutes les modifications territoriales et les déplacements de frontières. Evidemment, ceci ne peut que plaire aux Basques ou aux Catalans qui peuvent espérer une unification des parties françaises et espagnoles. Comme le dit si bien le député européen, Alain Lamassoure : L'Europe unifiera le Pays basque . La dernière ligne droite, en effet, est désormais amorcée avec les mesures de décentralisation du gouvernement de J-P Raffarin et les préparatifs en faveur de la Constitution européenne.
3. Le bouquet final
La France s'est engagée dans la mise en valeur de ses régions. Le principe doit être prochainement reconnu par une révision de la Constitution de la Vè République (1958) au cours d'une réunion du Congrès à Versailles. Ce n'est d'ailleurs que l'exacte application de l'article 2 du projet de Charte de l'autonomie régionale qui affirme clairement que Le principe de l'autonomie régionale doit autant que possible être reconnu dans la constitution . Il faut bien comprendre que la politique du gouvernement français consiste désormais à mettre l'organisation territoriale française en harmonie avec la construction européenne dont les principes doivent s'ancrer en 2004 dans la fameuse Constitution, véritable couvre-chef, de cet Etat européen des régions à base ethnique.
Les choses vont très vite puisqu'il faut compléter tout ceci par l'élaboration d'un Code civil européen (voir recueil Dalloz du 25 juillet 2002). C'est sous la direction d'un juriste allemand, Christian von Bar, que le Parlement européen a décidé en juillet 1999 de mettre sur pied un Code civil européen qui doit éradiquer tous les autres. Cette uniformisation juridique accompagne la révolution politique et géopolitique qui se déroule actuellement sous nos yeux. En effet, le Code civil de chaque pays est en quelque sorte la substance propre à l'histoire d'une nation. Le remplacer par un Code civil commun, c'est effacer la mémoire juridique de chaque pays et accélérer par là la perte de la conscience nationale.
Or, la promotion des régions politiquement autonomes et de leurs caractères ethniques accompagnent cet effacement de la mémoire. D'ailleurs, c'est avec une franchise désarmante que Christian von Bar a affirmé, lors de sa conférence le 12 avril 2002 à la Grand'Chambre (Paris) de la Cour de cassation, que Charlemagne nous rappelle que l'Europe est plus ancienne que les Etats qui la composent. Avec notre communauté, nous redécouvrons l'Europe dans sa totalité . Ces propos évacuent tout simplement mille deux cents ans d'histoire de la lente sédimentation des Etats-nation. L'idéal proposé est tout compte fait le retour à l'Empire carolingien. L'Euro, lancé au début de l'année 2002, ne serait-il finalement qu'une monnaie d'Empire dont le but final serait de servir de moyens d'échange entre les régions constituant l'Etat fédéral européen en devenir ?
- L'idéal ethnique au parlement européen
Le phénomène est bien enraciné puisque un parti politique européen, le Parti Démocratique des Peuples d'Europe - Alliance Libre Européenne (PDPE - ALE) en liaison directe avec le groupe des Verts a élaboré une carte de l'Europe ethnique en 1997 (concernant, pour le moment, uniquement l'Union européenne) sous l'égide du Parlement européen. Comme le montre cette carte, la France éclate en différentes entités, comme la Grande-Bretagne. On note d'ailleurs une étrange parenté avec la carte de l'Europe des régions de la Waffen SS, reproduite à l'annexe de mon livre (P. Hillard, Minorités et régionalisme’, éd. F.-X. de Guibert). Le grand vainqueur de ces découpages ethniques est le corps germanique qui, outre l'Allemagne, associe l'Autriche, la Suisse alémanique, l'Alsace, le pays messin, le Luxembourg et les cantons germanophones belges. Bénéficiant d'une cohésion culturelle, le monde germanophone sera le grand bénéficiaire de ces bouleversements ‘ tribaux .
Il faut toujours raisonner en termes de rapports de puissance. L'entité germanophone, forte de 90 millions d'individus et économiquement la plus puissante d'Europe, exercera un pouvoir d'attraction tel que tout le pourtour de son territoire entrera dans sa dépendance. C'est d'une certaine façon la renaissance d'un nouveau Saint-Empire romain germanique. Cette dislocation du corps européen ira croissant car le ministère de l'Intérieur allemand soutient une centaine de mouvements autonomistes en Europe dont les Bretons, les Alsaciens, les Flamands et les Savoyards, rien que pour la France (voir annexe 34 de mon livre). Ces derniers, comme tous les groupes ethniques des Etats de l'Union et comme ceux des futurs adhérents en 2004 (Pologne, Hongrie, Etats baltes …), pourront alors agiter le spectre de la sécession.
Nous pouvons même aller plus loin. Les populations extra-européennes, dans le cadre des droits de l'homme et du droit à la différence seront en mesure de réclamer une extension de ces droits en leur faveur. Les textes germano-européens les y autorisent. Qui plus est, l'entrée programmée de la Turquie dans l'Union européenne accéléra cette implantation ethnique musulmane sur tout le continent. De nombreux Kosovo sont à prévoir. L'Europe se fragmentera encore plus. Inévitablement des rivalités inter-ethniques liées aux intérêts économiques et à l'égoïsme inhérent de l'homme favoriseront des guerres multiples. Cela sera la guerre du feu et Mad Max réunis. L'Europe est malheureusement engagée dans une spirale infernale. En effet, un sage du siècle dernier disait : D'ordinaire, en politique, les effets sont aperçus quand ils commencent à se produire, c'est-à-dire quand il est trop tard (5).
Pierre Hillard
De
15H35 | 04/12/2007 |
Je vous recommande de lire sur internet les entretiens et articles écrits autour des réflexions de cette historien. C'est passionnant. On comprend aussi très bien (enfin un peu mieux), ce qui se passe en Belgique.
De
18H47 | 04/12/2007 |
Un parfait exemple des fantasmes et des délires qui circulent sur le Net. Pas besoin de ces relents jacobins et revanchards (« on les aura, ces Boches, comme en 14 ! »)pour critiquer la constitution européenne et ses avatars actuels. Quand au fond, il est à pleurer : en regardant bien, que nous ont apporté les Etats nations en 2 siècles : la guerre, la violence, la destruction des cultures locales, l'uniformisation, le moins disant, l'eau tiède… c'est la constitution d'états non viables et contraires aux réalités qui a provoqué les guerres à leur inéluctable désintégration, comme en Yougoslavie, et non l'inverse.
De Alice77
18H50 | 04/12/2007 |
Le souci c'est que cela ne « circule “p as mais c'est édité, publié, par des maisons d'éditions sérieuses. Si vous renseigniez un peu vous sauriez que Hillard et Bollman travaillent et publient chacun au Figaro, à Valeurs Actuelles, Michalon etc….
Allez ferme les yeux, va, t'as raison….
à leconcombrevert
De
00H12 | 04/12/2007 |
L'adjectif que vous employez « purs » (et sans « e » si vous voulez bien…) peut prêter à sourire si l'on ne sait pas de quoi on parle. Or rares, très, très rares sont ceux qui restent fidèles à leurs convictions, qui ne se vendent pas pour un plat de lentilles.
Voter pour Ségolème signifiait voter pour la gauche libérale.
N'importe quelle gauche plutôt que la droite ?
Non, si cette gauche défend en fait des valeurs de la droite.
Michel Onfray est de cette race d'hommes qui refusent de se trahir eux-mêmes. Et il a bien fait de ne pas apporter sa voix à cette gauche là qui, depuis, a brillé par son silence assourdissant pendant les dernières grèves.
Et pour finir sur votre dernière phrase (brillante comme le reste de votre prose), Mr Concombre, sachez que oui, la philosophie sert à ça, c'est à dire essentiellement à réfléchir. Pour éviter de tomber dans les pièges grossiers tendus par ceux dont le métier est précisément de nous prendre pour des crétins.
Mais il faut bien reconnaître que certains le sont…
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 03H25 | 04/12/2007 |
Si M.Onfray veut considerer qu'il ne faut pas donner son vote « au moindre mal », c'est son droit. Qu'il vote ou pas, je m'en fiche pas mal. Mais dans ce cas, il ne fallait pas nous faire tout un plat avec son blog soi disant « spécial présidentielles2007 » sur libé pour, en fin de compte, nous annoncer que il allait opter pour le vote nul. Pourquoi ne pas l'avoir dit d'emblée, pourquoi entretenir un semblant de suspense, alors que pour lui de toute façon la politique politicienne est trop basse, trop impure … .
Pour reprendre ma « brillante prose », oui, la philosophie sert normalement à reflechir, mais la sienne est en panne de reflexion si elle le fait croire que il était préferable que Sarkozy soit élu président ! !
Et pour finir, Mr. anonyme, sachez aussi que je suis de cette race de femmes qui refusent de se trahir elles-mêmes
Dites le bonjour aux cretins si vous en croisez …
à leconcombrevert
De
20H39 | 04/12/2007 |
Chère Concombre,
Marre de tout ramener à la politique politicienne. Onfray en politique n'est pas très intéressant.
La politique, des trucs conjoucturels et éphémères. Ici je suis en manque de discussions intéressantes et mon besoin de comprendre est frustré.
CP
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 21H48 | 04/12/2007 |
Animula, vagula, blandula
Hospes comesque corporis
Quae nunc abibis in loca
Pallidula, rigida, nudula,
Nec, ut soles, dabis iocos…
à leconcombrevert
De
15H22 | 05/12/2007 |
Corquistapet unf groyr ün lljord se gamlinhu unf bibet herb se groyrs.
Colm ist unf gamlinhu di scrytof ?
CP
à leconcombrevert
De
00H00 | 05/12/2007 |
Il semble que vous confondiez ne pas voter (abstention) et voter nul. Voter nul, signifie que l'on se refuse de choisir entre deux candidats lorsqu'aucun ne vous convient. Mais on vote, d'un bulletin blanc, en espérant qu'un jour ils seront pris en compte.
Il semble également que vous vous trompiez lorsque vous parlez du blog de Michel Onfray sur Libé. Il s'agissait en fait du Nouvel Obs, mais vous n'êtes pas à une inexactitude près, Madame Concombre…
Pour finir, si vraiment vous croyez que Michel Onfray préférait que Sarkozy soit Président, je renonce. En effet, il me serait plus facile de gravir l'Everest que de tenter de vous expliquer ce que vous ne voulez pas comprendre.
Mademoiselle Jo
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H31 | 05/12/2007 |
Je vous concède que son blog était sur le NouvelObs, oui.
Je ne vous cacherais pas que je ne pretends pas connaitre les préferences intimes de Michel Onfray, mais je serais toute de même surprise d'apprendre qu'il ait une grande sympathie pour Sarkozy.
Ou je ne vous suis pas c'est sur la question du vote absténu, dit blanc. Appelez ça comme vous voulez, mais quand un électeur choisi de ne pas voter lui même il permet illico à d'autres de le faire à sa place. Et dans le cas precis dont nous causons un vote en moins pour Royal = un vote en plus Sarkozy.
à leconcombrevert
De
00H53 | 05/12/2007 |
FAUX ! !
un vote en moins pour royal = un vote en moins pour royal !
un vote en moins pour sarkozy = un vote en moins pour sarkozy !
accessoirement :
un vote pour royal = un vote en moins pour sarkozy
un vote pour sarkozy = un vote en moins pour royal
De
01H20 | 05/12/2007 |
Bravo.
C'est exactement ça. La logique même.
Mademoiselle Jo
à leconcombrevert
De
00H55 | 05/12/2007 |
« Préférences intimes » ? Comme vous y allez ! !
Il ne s'agit pas de préférences intimes, ni de sympathie d'ailleurs, Madame Concombre, mais d'engagement et de convictions politiques. On ne vote pas pour quelqu'un parce qu'il est moins pire que l'autre. Apporter sa voix à quelqu'un représente une action qui n'est ni neutre, ni légère.
Quant à votre formule finale, Madame Concombre, il me semble que quelques heures de rattrapage en calcul, ou au cours du soir seraient les bien venues…
Bien le bonsoir, Madame Concombre.
Mademoiselle Jo
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 02H10 | 05/12/2007 |
Désolée de vous l'apprendre, Mademoiselle Jo, on vote toujours pour le moins pire. Sauf erreur de ma part le petit Jesus ne s'est pas presenté depuis un certain temps. Or, tout les candidats ont leurs forces et leurs faiblesses, comme tout les partis.
Le vote n'est pas un acte de communion profonde ou je ne sais quoi mais un instrument de participation citoyenne.
Ne pas voter c'est dire - en toute gravité - demerdez vous. C'est une posture irresponsable, voila tout.
Et - pour revenir a Michel Onfray - il était bien clair, que le fait que ce soit lui qui prône le vote nul devait forcement nuire plus a la candidate de la gauche qu'à celui de la droite, c'est indubitable.
Ou pensez vous sérieusement que les électeurs de droite droite se soit senti touché de savoir que pour Onfray Ségolène Royal n'était pas « digne » de son vote.
Sr ceci, je vous souhaite une bonne nuit et de jolis reves.
Le Concombrevert - de rage.