Mona Chollet déconstruit le « Storytelling » à la sauce Sarkozy

En ce week-end d'élections (France, Espagne), parlons imaginaire. Après un philosophe et un ancien ministre, la journaliste Mona Chollet propose une autre analyse de la droite sarkoziste : par son imaginaire et ses » success stories » . En filigrane, c'est des bases d'un futur imaginaire de gauche qu'il est ici question. Rencontre.

C'est peu de dire que la gauche institutionnelle n'incarne plus ni l'envie ni l'utopie. Dans la France des années 2000, et surtout, depuis le triomphe du  » storytelling » aux Etats-Unis, la droite est parvenue, elle, à accorder sa politique avec une musique qui fait autant diversion que proposition. Même l'économie est présentée comme une « belle histoire ». Les droites ont ainsi réappris à raconter des histoires. Exemple : ce que Sarkozy a fait de Guy Môcquet. La droite met du » positif » , du « gagnant », là où la gauche ne met plus que de la litanie. Du glamour là où la gauche met du pathos.

Aussi, » Rêves de droite » de la jeune journaliste –au Monde Diplomatique- suisse Mona Chollet se lira en complément utile de « Storytelling » de Christian Salmon, que nous vous présentions à l'automne dernier. Il en est une illustration concrète, axée sur la situation de la France depuis le 6 mai 2007.

Après Reagan, Bush et Schwartznegger, un autre acteur : Sarkozy

C'est sur une analyse des discours et des « success stories » conçues par la droite sarkozyenne que se focalise d'abord le travail de la journaliste.

Pour parvenir à construire un imaginaire lyrique, après avoir intégré les bases du « storytelling », les droites ont appris à construire des destins. En 2000, les républicains yankee avaient transformé l'ex-alcoolique et fils à papa George W. Bush en une figure christique sauvée par la religion et la famille. On gommes des passages gênants dans une biographie (Bush et le service militaire) et on a un personnage de film. Un héros, un mec qui sait ce qu'est la rédemption. Le président idéal.

En 2007, Nicolas Sarkozy se fait passer pour un « pauvre enfant de Neuilly », qui en rentrant de l'école –où il est moqué, brimé- trouve du saumon au frigo, certes, mais du saumon du supermarché. Un pauvre enfant de Neuilly… Résultat : pour beaucoup, Nicolas Sarkozy a beaucoup souffert… Et il a utilisé les brimades pour être plus fort. Un gagnant. Pour un pays qui n'a plus d'autorité philosophique dans le monde, le guide idéal. Dans ce monde-là, d'anciens acteurs (Reagan, Arnold Schwartzenegger) finissent logiquement sur des sièges de gouvernants :


Rama Yade et Rachida Dati : le syndrome Zidane

Pour Mona Chollet, la » success story » est l » » instrument de dépolitisation idéal » . Elle donne au commun des citoyens le sentiment d'« en être », lui permet d'oublier sa propre spoliation. En lui donnant envie de s'y identifier. Pour la journaliste, le libéralisme a eu le génie de renverser le schéma des identifications : auparavant, on s'identifiait à un individu de même condition que soi. Aujourd'hui, » success stories » agissant, le travailleur s'identifie aux riches. Ne partageant plus la condition de ses semblables, il est à même de les jalouser. Cette étape passe par la » liquidation des déterminations sociales » .

Les paradigmes étant modifiés, des histoires suffisent à dissimuler une réalité qui, puisqu'elle est noire, ne vaut d'être vue. Une grève de fonctionnaires ? Le Président annonce son divorce. Mais le président est un gagnant. C'est dans le centre même de l'imaginaire devenu parts de marché (les histoires américaines de Disney) qu'il présente sa prochaine femme.

Rachida Dati et Rama Yade, révélations de la campagne, sont aussi des personnages clés de la » success story » . Quitte à, pour la seconde, soigneusement dissimuler ses origines sociales élevées. Pour Mona Chollet, elles sont » les versions glamour d'une figure délibérément construite par les idéologues de la révolution conservatrice » . Et dissimulent les inégalités qui, en France, n'ont pas changé. Yade& Dati, c'est une réactualisation du syndrome Zidane :


Refonder un imaginaire de gauche

Une OPA des conservateurs sur l'imaginaire ? Quand Yasmina Reza raconte la campagne de Nicolas Sarkozy dans » L'aube, le soir, ou la nuit » la dramaturge se trompe de métaphore. Son livre ne montre que sa propre fascination d'être dans le secret des dieux et d'être capable d'écrire des anecdotes. Sa métaphore est celle, pointée par Mona Chollet, des journalistes politiques et des hommes politiques en vase clos.

Dans » Rêves de droite » , on lira avec plaisir, sans forcément être d'accord sur tout, le rôle de Michel Houellebecq dans ce scénario… Car Houellebecq, et tout l'imaginaire culturel de la France des années 2000, c'est aussi un » cas » à propos duquel gauche et droite ont refusé de voir en quoi sa littérature incarnait l'époque.

La gauche n'a pas échappé à l'envie de sunlights, mais elle aurait pu le faire en y incluant ses valeurs, démontre ici Mona Chollet. Son livre pointe de façon très précise les mécanismes de l'imaginaire de droite. Et les absences de l'imaginaire de gauche. L'auteure y propose des pistes, des noms, des alliances, des mouvements, des possibles, en vue d'un futur imaginaire. D'une utopie. La gauche n'a plus Bourdieu, et Onfray, Lipotevsky, ou Rancières n'établissent pas de ponts entre eux. Alors qui aller voir ? C'est ce qui manque à la fin du livre, par ailleurs utile, et c'est la raison pour laquelle nous avons demandé des précisions à Mona Chollet :

 » Rêves de droite – Défaire l'imaginaire sarkozyste » de Mona Chollet (Eds Zones/La Découverte, 152 pp., 12€)

105 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de léo solo

à Anonymus Portrait de Anonymus De léo solo

10H49 | 09/03/2008 | Permalien

« Il vaut mieux être jeune et vieux que riche et pauvre. »
léo solo

Portrait de Thomas GREDAT

à léo solo Portrait de léo solo De Thomas GREDAT

| 11H19 | 09/03/2008 | Permalien

« J'aime mieux être en prison et riche que pauvre et en liberté ! » (Joe Dalton, dans « L'héritage de Ran-Tan-Plan »)

Portrait de TNTGlobeTrotter

De TNTGlobeTrotter 35114

Ingénieur | 23H28 | 08/03/2008 | Permalien

Merci pour ces commentaires très intéressants et pertinents…

Portrait de vol19

De vol19

awash | 00H15 | 09/03/2008 | Permalien

(Ce qui suit est un peu long et je m'en excuse par avance)

-> Trois points à questionner dans ce qui définit le lien social aujourd'hui pour ce que certains appelent aujourd'hui la « postmodernité ».

-> Le rapport entre l'imaginaire et le réel(ce qui est : l'existant). La postmodernité s'accommode très bien des contes, légendes, fééries, et tragédies qui se -répètent- contrairement à un paradigme plus « théorique » ou « scientiste » dans la « modernité ». L'idée qu'un symbôle, ou que l'imaginaire transforme le réel, renvoie à une vision « fétichiste » (qui évoque pour une part au modèle de la Chine ancienne). C'est en fait le modèle de « l'illusioniste » appliqué à la politique. Tout n'est qu'illusion, et (foncièrement narcissique) de croire que son discours, sa parole par effet magique ou un symbole mis en scène, va transformer le réel social complexe.

-> La Présidence actuelle sacralise également la jouissance individuelle sans fins, sans limites. « Travail et plaisir » dixit Lagarde. Bernard Stiegler a bien montré comment le capitalisme a capté via les médias la libido, la jouissance, et à ce titre « désublimé » (dévalorisation savoir, art…) les liens sociaux. Marché et jouissance sont sacralisés, cette dernière est par nature foncièrement égocentrique. Elle s'inscrit dans l'individualisme narcissique contemporain, et cette concurrence du tous contre tous, la croyance que les autres sont tous là pour satisfaire nos « pulsions ». L'idéologie de droite a très bien su utiliser cette thématique : jouissez, enrichissez-vous !

-> La conception de l'individu, une affaire complexe. Certes, l'individu Chrétien : l'homme créé par Dieu. L'individu des Lumières (Française)pour simplifier, tendent à privilégier dans « l'idéal » l'acteur sur le déterminisme du système (se rappeller ce qui existait avant…l'esclavage/les maîtres). Ca reste une utopie (au sens premier). Pour l'Individu des Lumières, le couple Etat-République, le travail constituait un cadre garant…Qu'est-ce que celà devient aujourd'hui ? Tout celà se situe au niveau des idées et traduits dans les institutions, mais…
Maintenant la psychanalyse, montre que la notion de personne est complexe, s'inscrit dans des histoires familiales longues, et dans des appartenances à divers groupes réels ou supposés et à leurs rapports avec d'autres. La « personne » existe dans ce complexe (tissé ensemble) là et donc pas « toute seule », si on fouille un peu.
La liberté absolue de l'acteur tout comme le déterminisme absolu sont des fictions qui simplifient le réel. Aujourd'hui, nous observons apparaître d'autres formes de « groupes » ou de « troupeaux » dans la postmodernité (voir Danny Robert Dufour)ce qui n'est pas sans conséquences et s'inscrit dans une logique complexe, très instable de recommunautarisation/féodalisation…
->Donc : Deux mouvements contradictoires individu/collectif.

-> Par contre :

- On entend aussi dans le discours Sarkozien, des traces de « culte de la force », ou encore à Toul, le mépris des intellectuels par rapport à l'artisan, (qui sont des discours déjà tenus dans la droite extrême des années 30 et après).
Toujours faire attention à une époque comme la notre, à un retour de ces thèmes : exaltation « corps sain », « purifier » le bon grain/des parasites, les forts/des faibles…en fait un discours qui marque « domination/soumission », « donnant/donnant » à court terme, dit en terme Freudien « anal »… donc susceptible de faire « chier » le monde ! (et nous savons ce que celà a fait en Europe dans l'histoire dans tous les sens du terme…)

- Le storytelling existe depuis très longtemps aux Etats-Unis (peuple des les « marchands Pieux ») et est inscrite finalement dans la « prêche » évangelique… transformé dans la pédagogie, le marketing…

- Enfin, c'est un avis purement personnel, mais il me semble qu'un discours de gauche devrait s'appuyer sur une « resublimation » par exemple la valeur aux connaissances, aux expériences sociales, à l'économie coopérative surtout dans un contexte ou les contraintes écologiques et sociales mettront un frein au culte de la jouissance d'un toujours plus… (sauf si çà se termine en guerre de ressources)…ou en tout cas sur tout ce qui permet la coopération sociale avec une meilleure efficience économique et de qualité de vie.
(Et je trouve très intéressant que des provocateurs sur ce site vienne accuser que la gauche veuille niveller à un « PGCD » les besoins, là ou la droite voudrait stimuler la concurrence ou le culte de la jouissance pour les meilleurs, et pouvoir posséder une « aston martin plutôt qu'une Logan »…)plaisir individuel et d'affilier à la caste des gagnants.)

*Là-encore Klemperer a bien montré comment le troisième Reich a su utiliser en propagande cette image « jubilatoire » de gagnants de course automobile, en tenue blanche, filmé, photographié, et tout le décorum…
Un réel cette fois, la nature,les écosystèmes, la crise écologique, comment chacun va l'utiliser ? Il va falloir apprendre à coopérer pour survivre et çà…

Portrait de Suzanne Citron

à vol19 Portrait de vol19 De Suzanne Citron

Historienne et auteure | 10H15 | 09/03/2008 | Permalien

@ Claude Pelletier, vol19 et les autres.
Bien sûr, il y a la complexité. Évidemment qu'un ancien pauvre ne veut redevenir pauvre. Et que les différentes tâches sociales ne seront jamais affectées du même coefficient de gratification personnelle et d'intérêt selon leur nature, leur environnement et, naturellement, leur
rémunération . Oui, un minimum de hiérarchie est indispensable dans l'organisation du travail, même si l'utopie autogestionnaire des années 1970 ne devrait pas être totalement mise au rancard à l'heure des réseaux.

Mais la tâche d'une gauche française aujourd'hui sans élan et sans créativité intellectuelle et idéologique devrait d'abord être un parcours critique de son propre itinéraire historique, à commencer par le maniement abusif du terme « république », républicain, derrière lequel on met tout et n'importe quoi par commodité et pur réflexe. Comment définir « être de gauche » en sortant d'une culture politique manichéenne (héritée d'une révolution française sacralisée qui nous autorise, nous, pays des prisons infâmes, à nous parer ad vitam aeternam du label « pays des droits de l'homme » ?
Entièrement d'accord avec vol19, que je reprend : prôner« une “resublimation”, par exemple la valeur aux connaissances, aux expériences sociales, à l'économie coopérative surtout dans un contexte ou les contraintes écologiques et sociales mettront un frein au culte de la jouissance d'un toujours plus… (sauf si çà se termine en guerre de ressources)…ou en tout cas sur tout ce qui permet la coopération sociale avec une meilleure efficience économique et de qualité de vie. »

Les démocraties occidentales ont, au 19è et au 20è siècle pris le relais de sociétés qui reposaient sur l'inégalité des statuts sociaux. Elles ont plus ou moins maintenu cette vision inégalitaire . Nous avons inscrit l'égalité et la fraternité au fronton de nos mairies, mais la France est régie par un style d'administration napoléonienne, qui ne sait pas faire droit aux faibles. Cette administration a été critiquée avant et après 1968 (cf. le club Jean Moulin), mais n'a pas été réinventée. Et les vrais changements furent ratés en 1981.

Il est incroyable que, dans les contraintes écologiques et face à la pression montante des inégalités, personne dans les appareils dits de gauche ne se montre capable de penser l'époque. Cautionner le seul moteur de la croissance pour réélaborer une politique, ce n'est pas s'appuyer sur ceux qui, sur leur bout de terrain, cherchent à réinventer une France moins arrogante, plus humble mais plus fraternelle, dans la diversité de ses peaux et de ses tâches.

Portrait de Thomas GREDAT

De Thomas GREDAT

| 00H52 | 09/03/2008 | Permalien

A travers l'article que lui a consacré Rue89, je crois que Mona Chollet a compris et, plus important encore, réussi à expliquer comment la droite libérale, battue sur le plan idéologique, a réussi à reconquérir le terrain perdu en se faisant la championne des plus modestes. Auparavant, il y avait l'électorat bourgeois et l'électorat populaire. La grande leçon a été de faire croire à ce dernier que le rêve d'une réussite sociale ne lui était pas interdit par un programme de droite, tandis que la gauche dérivait insensiblement vers les classes moyennes et un discours inaudible. Et c'est ainsi que Sarkozy s'est offert comme miroir tendu à des électeurs avides de s'y mirer. Comme le concluait ironiquement, en expliquant le phénomène, un article de « Marianne » : « Avec Sarkozy, nous sommes tous Présidents. » Sauf qu'il n'y en a qu'un qui occupe le fauteuil !
Méthode à l'américaine : là-bas, les gens modestes admirent les riches parce qu'ils espèrent le devenir un jour, dans ce pays où « tout est possible » (ça ne vous rappelle rien ? ). On rajoute une pincée de populisme d'extrême-droite pour foutre les jetons au bon peuple et se poser en recours, et ça fait 53% d'électeurs qui croient qu'on va leur décrocher la Lune.
C'est vrai : avec ses « litanies », comme le dit l'article, la gauche ne fait plus rêver. Le terme montre bien ce que son discours a de répétitif et de mou. Qu'est-ce qui peut la redynamiser ? Le retour aux valeurs, après l'embourgeoisement, et le réemploi de ce qui a si bien fonctionné avant le 6 mai 2007. Pourquoi ne pas reprendre ce thème de la réussite individuelle en y greffant la valeur du partage ? Reconnaître qu'il n'est pas honteux d'avoir des ambitions sociales et de les assouvir, mais qu'une vie sociale pleinement accomplie, pleinement réussie, pleinement riche n'est possible que quand elle est généreuse. On ne peut, comme aujourd'hui, construire la société sur l'injustice, à moins de la détruire. Comme ce café que j'ai vu ce soir, en me promenant rue Greneta, renfoncé sur le rez-de-chaussée, avec trois étages au-dessus de lui.
Pour que ce discours soit crédible, il devra être tenu par des personnalités émergentes, qui pourront elles-mêmes se citer en exemple. De préférence des personnes issues de l'immigration, qui auront travaillé, créé des entreprises. Les immigrés peuvent enrichir la France, il ne faut pas l'oublier.
L'avenir est à la social-démocratie. A la valorisation. Si nos politiques sont incapables de tenir ce discours, et surtout de le pettre en actes, ils désespèreront le peuple, et le pays déclinera.
De toute façon, l'ultralibéralisme est à la France du XXIème siècle ce que la monarchie était à celle du XIXème. C'est pourquoi, malgré les apparences, la social-démocratie est l'avenir.
Nous n'avons pas d'autre choix que l'espoir.

Portrait de pélléas

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De pélléas

02H46 | 09/03/2008 | Permalien

Enfin un post qui pourrait sembler intéressant de la part du multiactif. C'est quoi cette histoire de KFé ?

Portrait de Thomas GREDAT

à pélléas Portrait de pélléas De Thomas GREDAT

| 11H22 | 09/03/2008 | Permalien

Ca pourrait être la vôtre.

Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

01H02 | 09/03/2008 | Permalien

Que la droite « raconte des histoires », qu'elle fasse gober au bon peuple l'imaginaire et les mythologies conforme à ses intérêts ne me parait pas particulièrement nouveau. Marx le disait autrement en affirmant : « l'idéologie dominante, c'est l'idéologie de la classe dominante ».
Ce qui semble plus nouveau, c'est le régne sans partage, c'est la faiblesse de l'opposition à cette idéologie
Une idéologie est un système de croyances. Explorer ce système, l'analyser, le décrire, c'est le déconstruire. C'est sans doute à cette tâche que devrait s'atteler en priorité tout intellectuel de gauche. Construire un imaginaire « de gauche » paraît aujourd'hui relativement secondaire.

Portrait de Colar

De Colar

02H26 | 09/03/2008 | Permalien

Dites, Rue89, vous voudriez bien ne pas donner à votre président les clés (évidentes) pour qu'il arrête d'être moins con ? Vu que le bonhomme n'est rien d'autre qu'un animal communiquant, s'il lit (et comprend) cet article (ou le bouquin mais je doute qu'il le lise), il pourrait très bien continuer sa politique discutable tout en modifiant ses déclarations publiques et en ayant l'air d'un gentil enfant de chœur…

Portrait de jck

à Colar Portrait de Colar De jck

04H54 | 09/03/2008 | Permalien

Honnêtement je pense que Sarko ne serait pas capable de comprendre la logique dont il est question ici, encore moins de changer ce qu'il est, il n'a pas assez de recul sur lui-même pour ça. Pire, il refuse d'en avoir, c'est même un principe chez lui. Rappelez-vous l'entretien avec Michel Onfray, je cite :

N. S.  : J'aime l'action davantage que la conquête. On n'agit pas pour un résultat. Vous me demandez qui je suis, pourquoi j'agis comme je le fais. Mais si je pouvais vous répondre… Savez-vous qui vous êtes, vous  ?

M. O.  : Oui. Je crois au «  connais-toi toi-même  ».

N. S.  : Fort heureusement, une telle connaissance est impossible, elle est même presque absurde  !

Sarko n'est pas un homme machiavélique qui écrit une histoire derrière notre dos puis nous la raconte cyniquement, il vie l'histoire en même temps qu'il nous la raconte, au premier degré, et en y croyant dur comme fer.

Portrait de Anthropia

De Anthropia

10H32 | 09/03/2008 | Permalien

Je pense que cet entretien est un des meilleurs que Rue89 ait conduit. J'espère que le choix d'une femme, pour une fois, n'a rien à voir avec la proximité du 8 mars, non, je ne peux pas l'imaginer, non, n'est-ce pas, pas chez vous ?

Il ouvre effectivement de vraies pistes sur la construction d'un nouvel imaginaire culturel de gauche, ou plutôt sur le renforcement de valeurs déjà présentes mais non réunies dans un profil auquel s'identifier, un profil qui fasse histoire.

Quant à Sarkozy, il est en train de passer de la figure de l'individualiste triomphant à celle du Président-Pyjama, celui qui perd la boule, qu'on retrouve sur la voie ferrée, il nous ramène à la 4ème république.

C'est l'absolu contrepoint à la successstory, déjà présent dans la culture américaine, en face de l'American dream, se profile le Looser, à la Saül Bellow, l'épicier au fond de sa boutique, qui croît encore qu'il va révolutionner le commerce. C'est le problème avec ces êtres binaires, ils sont finalement dans le sado-masochisme et derrière celui qui est « le plus fort », on trouve celui qu'on peut absolument « victimiser ».

http://anthropia.blogg.org

Portrait de Arnaud Aubron

à Anthropia Portrait de Anthropia De Arnaud Aubron

Rue89 | 16H44 | 09/03/2008 | Permalien

Pour le point 1, rassurez-vous, ce n'est pas le cas. Pour le reste, merci beaucoup.

Portrait de Anthropia

De Anthropia

10H39 | 09/03/2008 | Permalien

Le pathétique de cet être, c'est le cadeau dans la boîte bleue, quand Merkel offre un stylo à Sarkozy.

Pour moi, c'est l'humiliation absolue, la honte totale, notre président qui sourit, se précipite, remercie et semble ne pas voir ce qui est le plus bel affront diplomatique des dix dernières années, un cadeau empoisonné, une cacahuète qui ridiculise celui qui l'avale avidemment.

Un cadeau qui dit « nous avons compris que vous n'êtes pas un Président respectable, tout juste un vaniteux cupide et on vous manipule à votre insu ».

Ne pourrait-il nous éviter cette vision insupportable ?

http://anthropia.blogg.org

Portrait de Erbeddie

à Anthropia Portrait de Anthropia De Erbeddie

11H08 | 09/03/2008 | Permalien

@ antropia. Merci pour vos deux commentaires que je partage entiérement et félicitations pour les avoir si clairement exprimés.

Portrait de Iris2

à Anthropia Portrait de Anthropia De Iris2

00H14 | 11/03/2008 | Permalien

D'accord,mais c'est un peu facile de le dire,tout le monde sait désormais qu'il est immature et borderline ! Attention,autour de moi(mon mari,ma meilleure amie qui n'ont certes pas voté pour lui ! )commencent ou continuent à le trouver sympathique,cet homme qui a tellement besoin d'être aimé ! Ce que je veux dire,c'est qu'il faut l'attaquer plutôt sur du sérieux,sur sa politique,parce que sur le reste,il est tellement spectaculaire qu'il finirait par être fascinant.Il ne faut pas qu'il puisse recommencer son cinéma de la présidentielle.Je sais,c'est dur de se positionner devant ce personnage…Laissons-le se carboniser tout seul en n'en faisant pas une victime des méchants !

Portrait de Benoît Granger

De Benoît Granger

Chercheur en microfinance | 10H47 | 09/03/2008 | Permalien

Merci à Mona Chollet ; c'est merveilleusement clair et suggestif. Je vais me précipiter sur votre livre !

(cela dit, je n'ai pas bien compris la courte allusion à Jacques Généreux : même si c'est un auteur intéressant, je n'ai pas le sentiment qu'il avance des arguments éco vraiment opérationnels ? Et je ne vois pas bien le lien avec les anthropologues ! Exemple : je suis en train de lire Florence Weber, admirable, et je ne vois pas du tout de Généreux chez elle ! -juste ironique- alors que oui, sur le fond, j'adhère totalement à l'idée qu'il faut repartir de l'anthropologie !

Mais je suppose que c'était de votre part un simple raccourci dû à l'oral ? )

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 15H09 | 09/03/2008 | Permalien

Bon, ce serait bien de vous relire un peu « “sarkoziste” passe encore, “sarkozyste” serait plus régulièrement construit, mais “on gommes”, “Guy Môcquet” au lieu de “Guy Môquet”, “Rancières” au lieu de “Rancière”, “Lipotevsky” au lieu de Lipovetsky, ça fait un peu désordre.

Sinon, arrêtons d'utiliser de pseudo-concepts comme le “storytelling”, il ne suffit pas de rebaptiser de vieilles lunes pour leur donner une vernis de modernité, ça me rappelle la mode de la “résilience”, et autres carabistouilles… (voir sur nonfiction.fr une bonne analyse de l'imposture du “storytelling” : http://www.nonfiction.fr/article-308-une_storytelling_a_la_francaise.htm).

Bon, la gauche est en panne d'idées ? Oui, c'est certain. Mais seulement en France. Parce que la gauche française n'a rien d'autre comme horizon d'attente que l'antilibéralisme, maladie infantile du gauchisme.Or, c'est très ennuyeux, les gens préfèrent la liberté à l'égalité.

Donc basculent à droite.

Je compatis au désarroi de cette dame, visiblement très fatiguée sur les vidéos, et qui semble assez peu convaincue par ses propres paroles…

Mais ce n'est pas le Diplo ni Badiou ou Howlett qui feront sortir la gauche de l'ornière : c'est se frotter les yeux, se réveiller et s'apercevoir que nous sommes en 2008, pas en 1936.

Portrait de gaebus

De gaebus

15H03 | 09/03/2008 | Permalien

LA REALITE :

Date : 09/03/2008 13 : 01 (2008-03-09 13 : 01)
Site web : http://www.marianne2.fr
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Nouvelle réponse à votre commentaire. De la part de Monique Ayrault
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Article : Au théâtre ce soir : Sarkozy !

Cécilia nue, que des enfants de 6 à 7 ans
raillent… où va notre éducation scolaire
Réflexion authentique de la petite fille d'un
ami :

L'autre soir ma petite fille Audrey (7 ans) a
dit à son père « tu sais Papa, Sarkozy il est pas
gentil ! »
Le Père : « Oui, je sais - j'ai pas voté pour
lui ! »
La petite : « Oui, mais Maman et Papy Jean, ils
ont voté pour lui ! »
Le Père : « Ben oui, c'est dommage mais c'est
comme ça - mais pourquoi il est pas gentil Sarkozy
 ? »
Audrey : « Ben parce que les garçons dans la
cour, ils arrêtent pas de dire “Casse-toi -
pauvre con ! ” - La maîtresse elle leur dit de se
taire, que c'est pas des paroles à prononcer,
mais les garçons ils répondent que c'est Sarkozy
qui est Président et qu'il le dit !
Alors la maîtresse essaie d'expliquer que ça
n'est pas une raison …
Mission bien difficile.

Je suis vraiment heureuse de ne pas avoir à
enseigner et éduquer à ce jour….
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Sur le site :
http://www.marianne2.fr/index.php ? SEED=zehbpbvd0ynw8kro
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Portrait de gaebus

De gaebus

15H05 | 09/03/2008 | Permalien

C O R R E C T I F :

Merci Madame Ayrault pour votre témoignage. TOUT CELA n'aurait jamais dû arriver.

Permettez-moi de corriger qu'il ne s'est jamais agit de Cécilia nue, mais de Carla Sarkozy (première dame de france ! ) nue. Eh oui l'épouse de celui qui dit des gros mots : c'est ça la VERITE.

Portrait de zones

De zones

15H23 | 09/03/2008 | Permalien

Vous pouvez consulter en intégralité le livre de Mona Chollet, en « lyber » sur le site des éditions Zones :
http://www.editions-zones.fr

Portrait de vol19

De vol19

awash | 15H52 | 09/03/2008 | Permalien

@ montjustin

Merci. Sans recréer justement une souscorporation d'« ex-universitaires » dans un média aussi ouvert que Rue89 qui risque d'ennuyer nombreux internautes, je me retrouve tout à fait dans votre analyse sur des cheminements différents.

Bien d'accord avec le fait que nous utilisons tous des mots valises comme « république » que le discours politique est très fort pour répéter… sans se souvenir ce qu'il y a derrière les mots. Sait-on que les allemands ont du mal à comprendre ce terme ?
Le jour ou la gauche voudra se mettre au travail…il y a aura beaucoup de « mises à plat », beaucoup d'évidences à clarifier… République, Laicité et bien d'autres.

Nombreux sociologues l'ont montré, la société Française n'a jamais pu sortir du modèle social de l'aristocratie, du jeu des statuts,(différenciation du noble et du vil) de la société de cours… Les managers français sont les chefs parmi les plus mal notés dans les études internationales, la mobilité sociale la plus faible en ce qui concerne les origines sociales…
Et il faut bien dire que la gauche a échoué entre 1981 et 1995 sur ce plan. Il semble dans les dernières mémoires de Giscard, que Miterrand l'ait tout de même regretté à la fin de sa vie. Giscard, lui pensait que cet état était imposible à changer. Et pour avoir vécu et observé tout celà de l'intérieur dans des espaces différents, c'est bien audelà des mots…

Mais ne sommes nous pas sur un os avec cet ordre des « Lumières » du 18ième et bien mis à mal en ce moment ? Ce contrat Républicain à la Française est généreux puisqu'il s'applique sur des individus (et que la communauté ne preexiste pas à l'individu)… bien sûr cette formule offre une liberté, mais en même temps ce contrat déni implicitement les inégalités de contexte et de conditions.

L'utopie coopérative suppose quoi en fait ? La question est posée et on peut y réfléchir ? … en tout cas certainement pas des « ghettos statutaires »… et il faut bien dire que nous en sommes pour le moment très loin…

Portrait de Christobal Colon

De Christobal Colon

Scandalisé à 999% | 17H55 | 09/03/2008 | Permalien

Point de vue chopé sur le web.

« Le qui-vous-savez-ysme » : un film noir, cartoonesque.
Chapitre 1 : Dix mois.

Structure : coups foireux, jeux divers, personnages réversibles et malléables répondants aux codes d'une irréalité un peu hallucinée.

L'énergie du cartoon en appui, carburant essentiel.
Traits précis. Vivacité. hyper-tonicité des scénographies.
Energie débordante .

Le motif de la boucle ou du cercle :
Objets ( stylos, montres, portable, sms, sac… ) et personnages ( …) interagissent de façon burlesque et/ ou inattendue, en un vase clos délimité précisément ( ici l'ouverture… vous savez… et les médias ).

Décor ,de long en large et en travers :
Petite contrée de l'ouest de l'Europe. Libéralisation, mondialisation, pouvoir d'achat pas génial-génial ( … ). Elan de conquête libérale et gestion peu regardante ( coupe de champ » à 138 000 euro-toons… & Cie ) des acquis. Beaux discours. 1 euro-toon = 1,54 dol-toon.
Baril de pétro-toon très onéreux.
Temps nuageux et pluvieux, éclaircies ( bien trop ) clairsemées.
Réchauffement climatique. Tensions internatiotoonales croissante. Questions environnemen-toon prises avec évidente légèreté. Licenciements de toons… délocalisations, précaritoon.

Film noir, limite thriller, cartoonesque donc.
Durée du film : maximum 5 longues années, environ…
Potentiellement ( sur le papier ) « A l'affiche » dans quelques
36 000 communes-toons. ( avec quelques bastions ici-et-là … )

Devis de production ( avec les 10% d'imprévus ) :
Forfait 20 000 euro-toons / mois.
Fois 2 si l'on compte le très discret 1er Minitoon. )
Les parlementoons et Les sénatoons en sus.
Multi-caméras, animations 4 D, Jet-toon privé. Ecole militoon éventuellement…
Conseillers pour toons compris dans le forfait.
Ministère de l'identitoon, avec frais de port…

Un film « interactif de temps à autres » fort heureusement.
Exemple concret le 16 mars, l'ensemble des toons peuvent voter pour que le projectionniste toon et ses assistants toons revoient leur copie relativement rapidement, et pas obligatoirement dans les back-stages.
( Devant tous les toons ça serait quand même mieux… )
Les parlementoons et sénatoons s'essayant eux aussi à l'analyse du résultat du scrutoon…

Essai non exhaustif librement très inspiré des pages 40 et 41 du numéro « hors-série 4″ de l'excellente revue cinématographique » Transfuge « , actuellement en kiosque !

Portrait de vraphel

De vraphel

infirmière | 18H11 | 09/03/2008 | Permalien

Je vous remercie tous pour la qualité de ces remarques qui vont m'amener à reprendre certaines lectures,et qui m'ont éclairée sur la gauche actuelle .Enfin ce que l'on appelle la gauche.Merci encore

Portrait de tomtombenz

De tomtombenz

Etudiant Master en alternance | 21H44 | 09/03/2008 | Permalien

Et pourquoi pas les universensualiens pour une idéologie plus libertaire ? Un mouvement qui m'a l'air bien intéressant.

http://universensualiens.com/index2.php ? goto=universensualiens

Un mouvement idéologique où l'on me dit : « le gourou is you » ça me plait. En espérant que ce n'est pas un nouveau non problème ; )

Dites moi ce que vous en pensez.

Portrait de Satiricon

De Satiricon

01H09 | 10/03/2008 | Permalien

« A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil. » Guy DEBORD

Portrait de coincoin

De coincoin

pas sûr de mes goûts mais dégoût tr... | 08H55 | 10/03/2008 | Permalien

Le progrès d'une société est lié à plus de rationalisme dans la vision des acteurs sur cette société et les décisions.

Pour arrêter de se (laisser) storyteller il suffit d'étudier le passé :
- l'espèce humaine est telle que les groupes qui ont un pouvoir en abusent naturellement
- une sociéte se délite lorsque les bénéfices perçus par les dominés (« niveau de vie »…) par rapport à leurs frustrations (perception des injustices …) devient réellement excessif
-on n'en est pas là mais on s'en rapproche avec le chômage des jeunes, la montée du travail pauvre, la précarisation et les charges des classes moyennes…face aux abus de la finance, l'immoralité des dirigeants…
- il y a un d'autant plus de risque pour la société française que pour des raisons historiquesl'Etat y promet le bonheur et que les gens yveulenty croire,autrement dit qu'y sont forts le storytelling, l'autopersuasing et le maturitylacking.
On pourrait sans doute éviter d'aller au mur,craignant de découvrir ce qu'il y aura après, par un effort pour rendre la société moins invivable à terme et pas par des discussions à la con sur des mots en « ing ».

Portrait de Thomas GREDAT

à coincoin Portrait de coincoin De Thomas GREDAT

| 09H48 | 10/03/2008 | Permalien

Malheureusement, on ne se ressaisit le plus souvent que quand on s'est pris le mur, ou qu'on en est à dix mètres. La réaction n'est pas pour tout de suite. « Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir » (Blaise Pascal, « Pensées »).

Portrait de coincoin

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De coincoin

pas sûr de mes goûts mais dégoût tr... | 14H34 | 10/03/2008 | Permalien

Ce serait le rôle de leaders intellectuels médiatisés d'expliquer qu'il y a un mur et lequel (on pourrait l'attendre par exemple de P Brucker), le problème est qu'ils ont d'autres priorités et que le cas échéant ils font partie du mur,tels BHL et A Finkelkraut.

Portrait de Thomas GREDAT

à coincoin Portrait de coincoin De Thomas GREDAT

| 19H42 | 10/03/2008 | Permalien

Ce qui signifie que ceux dont ce serait la responsabilité intellectuelle ou ne voient pas, ou n'osent pas.
Il y a bien « Marianne », où l'on a osé, avant tout le monde, s'inquiéter du narcissisme de Sarkozy. Et où l'on dénonce la dérive du pouvoir. Résultat des courses : l'appel du 14 février engendre des réactions violentes de l'UMP. Contester, aujourd'hui, demande beaucoup de courage face à des gens à qui on ne peut rien dire. Sont-ils au-dessus de la critique ? En tout cas ils en ont peur, et c'est là le plus inquiétant.

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