
Le Brésil donne son feu vert à l'extradition de Cesare Battisti
En janvier, Cesare Battisti comparaissait pour la première fois devant la Cour brésilienne. Débutait alors le processus qui, un an après son arrestation, devait décider si le pays où il s'était réfugié en 2004 accéderait ou non à la nouvelle demande d'extradition formulée par l'Italie.
Ce jeudi, le procureur général de Brasilia a demandé son extradition. Il a suivi en cela l'avis du procureur Antonio Fernando Souza, pour qui Battisti est un criminel, et non un réfugié politique, comme il le prétend depuis son arrivée au Brésil en 2004. Pour lui, les crimes commis par l'ancien militant d'extrême-gauche durant les années de plomb avaient bien » des motivations politiques » , mais il les estime insuffisantes pour justifier » la mise en danger de responsables de l'autorité et de civils sans défense » .
L'ex-activiste du mouvement des » Prolétaires armés pour le communisme » (PAC) était entré dans la clandestinité le 21 août 2004 pour éviter l'extradition vers son pays, à laquelle la France avait favorablement accédé suite à une nouvelle demande émanant alors du gouvernement berlusconien.
En Italie, il avait été condamné en 1993, par contumace, à la perpétuité pour quatre » homicides aggravés » commis en 1978 et 1979, en pleines années de plomb, qu'il a toujours niés. Réfugié en France, puis au Mexique, puis de nouveau en France depuis les années 90, Cesare Battisti avait, comme le lui demandait la » doctrine Mitterrand » de 1985, rompu avec l'activisme armé, et entamé une carrière d'écrivain de romancier.
Réfugié au Brésil, il avait été arrêté en mars 2007, à Rio de Janeiro, par la police locale, aidée par les polices françaises et italiennes. Ecroué depuis à Brasilia, Cesare Battisti avait formulé une demande d'asile politique.
A ce stade, il reste cependant un obstacle : le droit brésilien ne permet pas d'extrader des étrangers vers des pays où leur condamnation excède trente ans de prison. Or, pour les quatre » homicides aggravés » desquels il est accusé, en 1978 et 1979, c'est à la perpétuité que Battisti serait soumis s'il venait à être extradé. Son sort est à présent dans les mains de la Cour suprême brésilienne. Il appartiendra alors au président Lula de s'y plier ou non.
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De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H24 | 05/04/2008 |
C'est tout pareil comme pour les criminels nazis : -)
Enfin ! J'espère que les liens commerciaux du Brésil et de l'Italie vont s'en trouver grandement resserrés. Ça vaut bien ça.
à Jonas2
De NuklearCocroach
ex GeneralSubverciòn | 20H12 | 05/04/2008 |
ben oui,pour du pognon,on ferait bien quelques entorses au droit d'asile…C'est tout pareil comme pour le résistants de la 25eme heure qui tondaient leurs ex-amis collabos après la guerre.Petit Papon deviendra grand
à NuklearCocroach
De kawouede
19H14 | 06/04/2008 |
L'asile politique pour quoi faire ?
L'Italie n'est pas un pays démocratique ?
Je n'ai jamais compris cette « affaire Battisti », tout comme plusieurs amis italiens (gauchistes ou apparentés) autour de moi.
Microcosme parisien oblige ?
De ex-riverain
x | 19H58 | 05/04/2008 |
on parle de QUATRE assassinats, et pas de 6 milions, sombre crétin.
qui plus est dans une Italie semi-fasciste avec une extrême-droite autrement plus dangereuse que les mouvements d´extrême gauche de l´époque.
le rapport de ces mouvements d´extrême gauche a la violence était beaucoup plus complexe - certains ont renoncé au combat pour éviter la violence, alors que les fachos font de la violence un culte.
informe-toi un peu.
De machinchose
20H11 | 05/04/2008 |
il y a une chose qui est interessante dans toute cette histoire. c'est la parole de la France. Lorsque Fillon dit qu'il est prêt à accueillir les membres des Farcs qui voudraient quitter le mouvement si IB était libérée il engage la France à participer à une forme de « pardon » vis à vis de personnes considérées par ailleurs comme « criminelles ».
Exactement comme la France l'avait fait vis à vis des ex-brigades rouges non ?
à machinchose
De jac le rat
aventurier | 02H13 | 06/04/2008 |
machinchose ! …Ouais, j'allais dire, l'affaire est plus compliquée… Mais non, ma langue a failli chourfé.
Pour récupérer Battisti…, faut d'abord qu'il prenne en otage David Douillet, puis qu'il le libère après sous condition.
Etc.
Et puis,pour libérer I Betancourt….IL FAUT QUE :
elle-même, d'abord, kidnappe ce menteur et accessoirement
copain des vrais criminels colombiens, A. URIBE…(lire l'histoire de la Colombie ! ),et qu'elle s'échange contre lui chez les FARC.
C'est pas beau ça ? ! ! ! !
à machinchose
De Victor Kaplan
enseignant | 06H47 | 06/04/2008 |
Exact. Deux poids, deux mesures. Sarko livre les ex-brigadistes que Mitterrand acceptait d'héberger et acceuille les FARC considérés comme « terroristes »… La France n'a pas de parole, elle n'a que des intérêts. Fluctuants.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H05 | 05/04/2008 |
C'est la rupture Sarkozy achevée. l » état français a repris sa parole ..
Tolerance zero , plus de prescription ,les suspects deja coupables et pour toujours ..
La barbarie ..
à Numerosix
De marie 75
13H06 | 06/04/2008 |
ok avec toi !
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 22H17 | 05/04/2008 |
Existe-t-il un territoire terrien où la bêtise n'a pas migré ?
à Tinhinane
De jac le rat
aventurier | 02H16 | 06/04/2008 |
Ouais Tinhinane, dans ma tête ! ! ! !
A plus si tu veux plus d'infos !
De caro
délinquante avérée | 00H37 | 06/04/2008 |
Battisti a été jugé par contumace sur dénonciation. Le procès n'a pas pu prouver qu'il était coupable, mais comme il en fallait, il a écopé. Le jugement n'est pas révisable, il n'y a aucune possibilité de faire appel. S'il est extradé, c'est la prison à vie … sans preuve qu'il ait participé aux meurtres.
J'espère que le Brésil ne se montrera pas aussi veule que le gouvernement français qui est revenu sur la promesse de Mitterand de ne pas extrader Battisti et qu'il le gardera.
Marina Petrella est emprisonnée en France et sur le point d'être extradée ! La honte qu'un pays renie ses engagements !
http://www.paroledonnee.info/
à caro
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 02H48 | 06/04/2008 |
Dans les remarques de Caro tout est dit, alors n'ayant rien à ajouter je vous dit : Buenas noches.
De Compte supprimé 5
Locataire du 35370 | 09H10 | 06/04/2008 |
- Si j'avais à faire le ménage en Italie, j'aurai pas commencé par là…
- Lula est décidément pas fréquentable…
De Gambus
09H39 | 06/04/2008 |
Puisque tout le monde ici est du même avis, je ne vais pas ajouter mon propos dissonant.. Ca ferait désordre et ça ne servirait à rien. Dans les univers paranoïdes il vaut mieux faire comme tout le monde… Bona noche ! ! ! Donc ( même s'il fait jour )
De compte supprimé 24
| 11H23 | 06/04/2008 |
Je vais encore me faire mal voir, mais tant pis.
Je n'ai jamais aimé les terroristes des deux extrêmités. Des comme Battisti, nous en avons longuement causé avec les amis de Radio Alice, à Bologne, à la fin des années 70. Eux non plus ils n'aimaient pas l'utraviolence des PAC ou des Brigades Rouges.
La France n'a aucune parole et ça, c'est vraiment dégueulasse. Même si Battisti lui-même n'a tué personne (j'ai de sérieux doutes), il a dans le passé prôné la mort. D'un autre côté, tout ça c'est du passé et ça serait pas plus mal qu'on lui foute la paix.
L'acharnement des état dits démocratiques contre ceux qui les ont combattu de la pire des manière est atroce et rien que pour ça, je les soutiendrais toujours, et Battisti aussi.
Je n'oublie pas que c'est à cause des révolutionnaires armés du genre AD, BR, RAF et autres, que la pensée d'extrême-gauche a volé en éclats dans les années 80.
De Pete Bondurant
Celui qui fait le sale boulot! | 14H02 | 06/04/2008 |
Cher « cyp », il m'est insupportable de lire je te cite » Je n'oublie pas que c'est à cause des révolutionnaires armés du genre AD, BR, RAF et autres, que la pensée d'extrême-gauche a volé en éclats dans les années 80. »… c'est faire peu de cas de Gladio et autres réseaux clandestins (stay behind) coordonnées par l'OTAN, implantés dans seize pays européens et destinés à parer une invasion rouge des dits pays. Chapeautés par la CIA et le MI6 notamment ces mouvement dérivent rapidement vers des actions armées et terroristes qu'on attribuera, c'est le but, aux mouvements rouges afin de les discrédités cf l'attentat de la place Fontana et autres attentat de la gare de Bologne. On retrouve ce genre d'actions dans toute l'Europe, elles sont évoquées par William Colby (ex directeur CIA) dans ses mémoires : « Trente ans dans la CIA ». Elles sont reconnues officiellement par Andréotti fin 1990 pour ce qui concerne Gladio.
Désolé pour la longueur du com mais une mise en contexte me semblait nécessaire.
Cesare Battisti fut l'un des nombreux combattants de la révolution prolétaire. J'écris bien combattant car on sait maintenant à quel point ce fut une véritable guérilla politique qui se déroula durant les années de plomb en Italie et ailleurs en Europe dès la fin des années soixante . Je ne juge pas la pensée quant aux actes ils parlent d'eux mêmes. Cependant la manipulation est flagrante et les conséquences qu'en subit Cesare Battisti ne seraient que dommages collatéraux sans la médiatisation de son histoire. L'asile politique lui a été refusé. En continuant à diaboliser Battisti c'est la gauche qui est stigmatisée (renoncement à la « doctrine François Mitterrand » par ex…).
Pour en terminer, je pense Cesare battisti sincère dans ses déclarations et renoncements. Autrement plus que ne le furent jamais ceux qui l'on « balancé » contre remboursement !
Je n'oublie pas que la France a accueilli Khomeiny, que Papon fut préfet de Paris de 58 à 67 avec les conséquences que l'on sait et que la police française a donné la main aux polices italiennes et brésiliennes dans la traque et l'arrestation de Cesare Battisti… Alors je ne m'étonne pas de son attitude vis à vis de ce dernier depuis le retour de la droite au pouvoir. Comprenne qui voudra !
à Pete Bondurant
De compte supprimé 24
| 14H36 | 06/04/2008 |
Et alors, Pete ? Bien sûr que je sais cela. J'ai fort heureusement loupé mon train pour Bologne, le 2 août 80…
Simplement, je dis que ça gambergeait sec au sujet de la lutte « prolétarienne » armée, dans la mouvance, dès cette époque. Faut bien le reconnaître : ils ont eu tout faux, sur toute la ligne et ils ont été nombreux, ceux du même bord, à décrocher le wagon infernal de la violence brute, qui a bien trop souvnet débouché sur le gangstérisme bas de gamme. J'avais moins de vingt ans et c'est le hasard qui m'a fait les rencontrer, alors que j'allais chercher des émetteurs FM pour les radios pirates françaises…
Fils de prolo moi-même, j'ai toujours ressenti comme une usurpation le fait que des mouvements craignos dont la plupart des têtes pensantes provenaient d'un milieu petit-bourgeois, s'arrogent le droit de causer et d'agir à la place des malheureux esclaves turbinant à la chaîne.
Pour le reste, je suis entièrement d'accord avec toi. D'ailleurs mon post initial est sans ambiguïté à ce propos.
Et j'ai toujours soutenu les prisonniers d'AD et Cesare Battisti. Et je continuerai. Ils se sont méchamment gourés de méthode, mais ils ne sont pas mes ennemis.
Et si j'abrège mon nom en « cyp », c'est pour faciliter la tâche aux blogueurs : -)
Cyprien Luraghi
à compte supprimé 24
De Pete Bondurant
Celui qui fait le sale boulot! | 15H37 | 06/04/2008 |
Merci pour ces précisions Cyprien.
Je constate une certaine communion de pensée concernant le fait que d'aucuns s'arrogent le droit de représenter ceux qu'ils appellent entre eux « le petit peuple » ou « les masses laborieuses »…
Nos expériences respectives des réflexions concernant la lutte armée et ses possibles dérives et « déficit d'image » semblent aussi très proches.
Pour ma part, bien qu'activiste, j'ai toujours refusé d'être représenté par un parti, une faction ou autre cellule. Ce n'est pas pour autant qu'il faille rester passif devant la pourriture et l'ignominie quelles qu'elles soient !
Le cas Cesare Battisti est l'exemple flamboyant du déni de collusion géopolitico-militaro-mafieuse (ouff ! ! ).
Je pense à toutes ces opérations d'intox menées au Viet-Nam, au Chili, en argentine, en irak, j'en passe et des meilleures, par des officines comme la CIA entre autres mais pour la plus connue. Tous ces mensonges d'états qui contribuèrent à dénigrer La révolution prolétaire ou protéger les intérêts d'un Capitalisme outrancier et indécent.
Après les années de plomb, la chape de plomb.
Le déni de justice concernant Cesare Battisti n'est que la conséquence logique de cette politique qui marche sur la gueule de ceux qui se mettent sur leur route conquérante.
Cela vaut malheureusement pour tout régime, de droite comme de gauche. Le pouvoir corrompt l'individu, les Purs sont rares et surtout vite morts.
Et si mon nom est Pete Bondurant c'est que j'aime James Ellroy et le talent qu'il a de mettre en abime la faillite de l'âme.
cordialement, Marco Bausardo.
à Pete Bondurant
De compte supprimé 24
| 16H41 | 06/04/2008 |
Marco, c'est dramatique : nous n'avons plus de grands penseurs tels qu'Élisée Reclus, sachant faire le lien, conjuguer actes et paroles.
Je crois qu'il sortira quelque chose de bon de toutes ces années. Ces errements sont des leçons pour le futur.
Bonne fin d'après-midi. Je file plonger mon nez dans le dernier Benotman (Marche de nuit sans lune)… histoire de rester dans l'ambiance.
Cyprien
De Pete Bondurant
Celui qui fait le sale boulot! | 21H56 | 06/04/2008 |
¨Patience Cyp !
pour paraphraser Voltaire, l'expèrience est la somme des erreurs…
Malheureusement, l'apprentissage est long et la souffrance infinie sur le chemin d'une absolue humanité.
Bonnes lecture l'ami !
A te revoir !
Marco.
De Prolo du livre
10H33 | 07/04/2008 |
Ravi de trouver ici James Ellroy et Abdel Hafed Benotman…
Mais pour coller un peu plus au sujet, notamment sur le Brésil et les extraditions, lire quelques Albert Londres : Au bagne et sa suite (dont j'ai oublié le titre), ces deux opus étant repris dans une excellent bande dessinée, de Laurent Maffre, chez Actes Sud (oui, les faux indés de Flammarion et Fiat ont parfois de bonne choses au catalogue), « L'Homme qui s'évada ».
Quand Dieudonné, ami de la bande à Bonnot morfla pour eux, pour le meurtre d'un commis de banque, il fut envoyé au bagne, après un procès dément, même le commis ayant survécut ne l'identifia pas.
Le bagne, qui n'a en fait fermé qu'après guerre, a vu Dieudonné s'évader, après plusieurs tentatives, vers le Brésil.
C'est là qu'Albert Londres intervient, en publiant l'histoire de Dieudonné.
Le Brésil a toujours empêché les extraditions, dès lors qu'ils pensent que les procès étaient tronqués. Et tant qu'il n'y a pas eu de révision du procès de Dieudonné, ils ne l'ont jamais livré.
Dommage que Lula oublie l'histoire de son pays.
Ha, et le deuxième opus de la saga amazonienne de Dieudonné et Londres s'intitule… L'Homme qui s'évada…
De jmal
13H43 | 07/04/2008 |
J'avoue que je n'arrive toujours pas à comprendre les arguments des gens favorables à l'extradition.
Indépendamment de ce qu'a pu faire ou ne pas faire Cesare Battisti, indépendamment des sympathies, et/ou compréhensions que l'on peut avoir, il me semble que la simple morale, celle qu'on essaie d'apprendre à nos enfants devrait suffire :
Les militants/réfugiés/terroristes/guerilleros (choisissez le terme qui vous convient) vivaient clandestinement en France et ailleurs. La France, par la voix de son Président leur a dit « maintenant, vous pouvez arrêter de vous cacher, vous pouvez sortir au grand jour, tant que vous vous tiendrez tranquilles, on vous foutra la paix ». Ils sont sortis, se sont montrés. Et quelque temps plus tard on leur dit : surprise, c'était une blague, maintenant on vous livre ?
Ca ressemble aux saloperies de nos préfets qui convoquent des sans papiers à la préfecture soit disant pour les régulariser, puis qui les mettent dans un charter. Si la République est ouvertement une sans parole, un menteuse, une parjure, comment demander à ses citoyens de la respecter et de respecter ses lois ?
J'aurais pu trouver discutable (au sens où on peut en discuter) qu'on avertisse les italiens que la France avait changé d'avis, qu'elle ne voulait plus les héberger, qu'ils avaient tant de temps pour partir. Les arrêter et les livrer sans autre forme de procès est moralement totalement inadmissible.
http://actu-du-noir.over-blog.com/