Fred Vargas en « un lieu incertain » et invitée de Rue89

A deux jours de la parution de son onzième » rompol » , » Un lieu incertain » , Fred Vargas était l'invitée du tchat de Rue89.

L'auteure Fred Vargas à Rue89, avec Hubert Artus (Maé Faure).



Après le Tchat




Le tchat avec Fred Vargas

L'auteure et la littérature

Setori : Je regrette que les personnages atypiques et ô combien sympathiques des premiers romans aient disparus au profit d'Adamsberg. J'aimais bien les farfelus dans leur grande maison. Reviendront-ils dans d'autres romans ?

Je les aimais bien, aussi. Je ne les oublie pas, d'ailleurs. Dans « Dans les bois éternels » et dans ce tout nouveau « Un lieu incertain », deux d'entre eux réapparaissent. Pour que, peu à peu, leur monde rejoigne celui d'Adamsberg. Je ne voulais pas créer de série. Un jour peut-être, je les ferai évoluer ensemble. Mais je ne prévois jamais rien, pour mes livres, donc je suis incapable de vous donner plus de précision.

Fred Vargas à Rue89 (Maé Faure)Hubert Artus : Depuis sa création dans « L'Homme aux cercles bleus » jusqu'à aujourd'hui, comment a évolué Jean-Baptiste Adamsberg dans votre esprit ?

D'abord, et cela vaudra pour toutes les questions, je suis la dernière personne qui suis capable de savoir ce que je fais, et pourquoi je le fais. Donc, la dernière à pouvoir répondre de façon satisfaisante à ces questions précises ! Bon, Adamsberg : il me semble qu'au début, j'étais « amoureuse » de lui, qu'ensuite, il m'a quittée, ou bien je l'ai quitté (je n'ai pas la réponse ! ), et en tout cas je l'ai abandonné car il prenait trop de place dans ma vie. Ensuite, j'ai donc crée d'autres « héros » -très infantiles, immatures : les trois évangélistes de « Debout les morts ». Qui me ressemblaient bien plus qu'Adamsberg me ressemblait. Puis, à l'occasion d'une nouvelle, « Salut et liberté », écrite pour le Monde en 1997, j'ai repensé à lui. Je me suis rendu compte que nous n'étions plus « fâchés ». Et j'ai repris ma « pente naturelle » avec lui.

Eelisa : Participerez-vous à la rencontre du livre de Fuveau qui a lieu tous les ans au début du mois de septembre (cette année, du 4 au 7) ?

Non, je fais de moins en moins de festivals, faute de temps.

C. Creseveur : J'ai souvent l'impression qu'écrire rend schizophrène, dans le sens où il faut être à la fois extrêmement humble et parfaitement prétentieux. Humble parce qu'on n'a jamais aucune garantie d'être reçu, et que le talent est toujours exogène (ce sont les autres qui vous décident talentueux, non ? ) ; prétentieux parce qu'il faut avoir un drôle de culot pour imaginer qu'en plus les gens pourraient être intéressés par ce que vous écrivez, voire l'apprécier ! Vous connaissez ce sentiment « oxymorique » ?

Cette dichotomie peut sûrement se produire si, en écrivant, l'idée de la réception prédomine sur la réalisation : si l'on se place, dès le début, sous le jugement de l'autre, ou bien si l'on est tout seul. Je n'ai jamais écrit un seul roman en réfléchissant à sa réception. Ni par humilité ni par prétention. C'est juste un « jeu » que je fais dans mon coin, avec pour seul projet cette phrase : « Et si on se racontait une bonne petite histoire ? “ Et, l'écrivant, je me comporte un peu comme un lecteur qui voudrait lire cette petite histoire.

Je tente bien sûr de me la raconter au mieux, avec des mots qui me plaisent. C'est ainsi que j'ai écrit trois livres de suite sans avoir d'éditeur ! L'idée que ce soit apprécié ne me passe pas par la tête. D'ailleurs, quand ‘Debout les morts’ est sorti, il s'en est vendu 1600 exemplaires et je trouvais ça incroyable. Cela me convenait parfaitement. Peut-être mieux, finalement, que les ventes d'aujourd'hui. Ventes que ma pensée a, au fond, du mal à accompagner.

Fred Vargas à Rue89 (Maé Faure)Hubert Artus : Quelle est votre technique, votre musique, quels sont vos ‘trucs’ ?

Je n'ai pas de technique véritablement choisie, puisque je n'ai aucun choix ni aucune maîtrise sur ma manière de faire. Je suis obligée d'écrire l'histoire en trois semaines -obligée parce que je ne sais pas faire autrement-, de ne faire alors que cela, en me coupant du monde pour croire à la fiction que je suis en train d'écrire. Trois semaines, aussi pour suivre le fil de ma narration car je n'ai jamais de plan. Après ces vingt-et-un jours de ‘cuisson’, vient le temps des corrections infinies. Je ne corrige jamais l'histoire, mais seulement le rythme, le style, le ‘son’.

Entre la première version et, disons, la vingtième, le livre ‘de départ’ et celui ‘d'arrivée’ n'ont rien à voir. Après, alors que l'histoire et les personnages, leurs actions et le sens de leurs dialogues n'ont pas changé d'un millimètre, seul le son a ‘bougé’. Sans lui, l'histoire n'a aucune chance de décoller, un peu comme un oiseau sans ailes.

Hubert Artus : Pourquoi, en 2008, quelques semaines avant la présidence française de l'Union, une thématique centrale européenne (régulation de l'immigration au sein des pays membres, police, etc) ?

Je n'ai pas choisi de parler de l'Europe dans ce roman, c'est l'histoire qui m'a amenée à me promener entre l'Angleterre et la Serbie. Au début d'ailleurs, ce devait être la Slovénie, lorsque j'ai découvert que le village du vampire historique se situait au nord-est de la Serbie. Cette déambulation européenne affleure nécessairement le politique. Je n'ai pas pu résister à évoquer la fermeture de l'Europe aux non-Européens, la dérive actuelle qui consiste à faire de l'Europe un territoire clos pour privilégiés, laissant les autres mourir hors de ses murs.

Mais, si mon implication politique est grande dans la vie réelle –racisme, environnement et justice-, je ne veux pas mélanger cette ‘matière’ réaliste avec la fiction. Chaque fois que je suis tentée de le faire –et je l'ai fait, ici- j'ai dû enlever des tonnes de pages, c'est raté. C'est une question de matière littéraire. Selon moi, la fiction n'est pas faite pour représenter la réalité, mais pour en créer une autre. C'est toute la différence, dans la création, entre le réalisme et le réel vraisemblable.

Sorokine : Intéressant mais un peu déprimant, le succès de Vargas. Littérairement c'est assez répétitif, pas trop bien écrit, avec des personnages schématiques et convenus, une fois pour toutes égaux à eux-mêmes, pas de véritables personnages de roman dont on sentirait l'évolution au fil des pages. Et du happy ending. Politiquement, c'est posé à gauche, une gauche plus du côté du (bon) sentiment et de la compassion que de l'analyse et de la justice sociale, la gauche des belles causes vues du point de vue de ceux qui les patronnent. Probablement faut-il conclure qu'il y avait là les ingrédients d'un succès commercial, sur un créneau Simenon pour classes moyennes instruites, Maigret modernisé tendance bobo. Mais Simenon, dans son classicisme, écrivait mieux et même pas sûr qu'il était plus conservateur.

Vos critiques sont normales : il ne s'agit pas, en effet, de roman noir, mais de roman policier. C'est-à-dire, je crois, des histoires se situant sur la branche littéraire des mythes et des contes à catharsis.

Quid des rapports de l'écrivaine avec Cesare Battisti ?

dalun : Battisti ne sera pas extradé du Brésil (ils ne connaissent pas la prison à perpétuité). C'est une nouvelle que j'ai apprise très récemment. Mais peut-être le saviez-vous ?

Oui, mais c'est une fausse nouvelle ! En effet, l'Italie, sachant que le Brésil n'admet pas la perpétuité dans sa Constitution, a promis au Brésil de réduire à trente ans la peine de Battisti (condamné, au départ, à la perpétuité).

Bardamu : Comme vous, il me semble que la justice des hommes doit cesser de passer quand le temps a fait son œuvre, changé les hommes, et que l'amnistie et la prescription doivent faire partie de tout droit véritablement démocratique. Ma question est donc simple : que pensez-vous de la condamnation de Maurice Papon, presque soixante ans après les faits ? L'avez-vous contestée, de manière publique ou privée, de la même façon que vous contestez aujourd'hui les poursuites contre M. Battesti ? Si non, pouvez-vous nous indiquer pour quelles raisons ?

L'immense différence, entre autres, est que Battisti fut condamné pour crimes politiques, et non pour des crimes contre l ‘humanité. Ces derniers, me semblent-ils, échappent à l'idée de l'amnistie.

Fred Vargas à Rue89 (Maé Faure)Vous allez régulièrement voir Battisti dans sa prison de Brasilia. Pouvez-vous en parler plus longuement ?

J'y vais environ tous les quatre mois. Tant pour le voir que pour voir ses avocats, et aussi des personnalités susceptibles de nous aider. Cesare ne va pas bien, évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ? La perception de son cas au Brésil est malheureusement très liée, comme cela fut le cas en France, à la puissance de la propagande italienne et à l'énergie que déploie le gouvernement transalpin pour convaincre le Brésil d'extrader Cesare Battisti. Pour cette affaire, Romano Prodi n'a pas fait preuve de plus d'ouverture que Berlusconi.

fleurdebitume : Bonjour Fred, j'ai un mal fou à pouvoir vous écrire. Je suis addict à vos romans et je soutiens pleinement votre engagement auprès de Cesare battisti. Je me suis beaucoups documenté à son sujet et je milite’ comme je peux pour plaider sa cause. J'aimerais savoir s'il est possible de lui écrire en prison.

Oui, et c'est même très utile pour maintenir son moral et sa vitalité. J'incite le maximum de personnes à lui écrire, même si cela semble au début très difficile à faire. Mais, ainsi qu'il le dit : ‘Racontez-moi, même ce que vous mangez, pour que je ne perde pas pied avec la réalité.’ Son adresse est disponible auprès du Cabinet de lecture de Rue89. Attention, écrire en portugais uniquement, et poster la lettre en recommandé avec accusé de réception. Sinon, la lettre n'est pas sûre de lui parvenir.

Marie 75 : Marina Petrella se laisse mourir ! Je sais que vous la soutenez. Pouvez-vous nous en parler ?

Le problème de la rupture de la parole française est aussi vivace pour Marina Petrella que pour Cesare. Le gouvernement français, en 2004, nous a dit, qu'il rompait avec la ‘doctrine Mitterrand’ parce que la France ne devait pas être un ‘refuge pour sanguinaires’. Mais, quand Sarkozy propose d'asiler des membres des Farc, il ne fait rien d'autre, comme Mitterrand, que d'élaborer une doctrine qui permette une sortie de crise. Mais si ces guérilleros viennent en France, comment peuvent-ils être sûrs, aujourd'hui, qu'ils ne seront pas expulsés vers la Colombie demain ? La France n'a donc pas extradé Battisti, et maintenant Marina Petrella, et avant eux Paolo Persichetti, pour une question de ‘Justice’, mais pour honorer un contrat électoral et financier. Contrat dont les termes ont été publiés dans la presse transalpine le 1er juillet 2004.

Avant le tchat

En attendant le début du tchat, un décryptage thématique sur Fred Vargas et le monde littéraire et politique de 2008.

Le nouveau roman

En fait, c'est exactement ça. La vie de Fred Vargas est très précisément comme son œuvre, elle-même semblable à la psyché de Jean-Baptiste Adamsberg : une rationalité régulièrement fissurée par des fulgurances, un flegme serein car hyper-rusé, une folie contenue car guidée par une obsession vitale. Un lieu incertain.

Si Fred Vargas tient la forme, c'est aussi parce que, tous les deux ans, elle donne vie à Jean-Baptiste Adamsberg, directeur de la police criminelle à Paris. Un obstiné de la déambulation et du rêve (” pelleteur de nuages » ). L'enquêteur parfait pour un roman, pour qui tout est dans tout. Le mec tordu avec qui on est toujours perdu, mais avec qui on aime se retrouver.

On entre dans » Un lieu incertain » au moment où Adamsberg va pénétrer dans l'Eurostar. Convoqué pour un colloque sur l'harmonisation des flux migratoires au sein de l'Union européenne, trois jours » avec des flics et rien d'autre venus de vingt-trois pays pour optimiser la grande Europe policière » .

On entre ensuite, comme toujours chez l'auteur, dans un univers surréaliste et macabre : l'enquête démarre dans un amas d'une vingtaine de jambes tranchées, encore chaussées ( ! ), au cimetière d'Highgate. De retour de la grand-messe policière, une autre boucherie attend Adamsberg : Pierre Vaudel, ancien journaliste spécialisé dans les affaires judiciaires, tué, démembré, concassé et éparpillé dans son propre bureau, » à première vue avec une scie électrique et une masse » . Plusieurs pistes, du jardinier violent au fils rejeté, en passant par la famille d'un artiste suicidé.

Comme toujours chez Fred Vargas, de la matière : crottin, poils de chien et un mouchoir en papier porteur d'un ADN inconnu sèment le trouble. Comme toujours aussi, l'écriture appelle la vie, ou la résolution (on se rappellera » Pars vite et reviens tard » ) : ici, c'est une lettre sibylline et incantatoire en allemand, signée du défunt. Les langues étrangères sont une des clés du livre : ce » Lieu incertain » , roman qui nous bringuebale de Londres à la Serbie, délimite aussi l'Europe d'aujourd'hui. A la recherche de son identité et de son inconscient.

Fred Vargas

On signalera que, ici, c'est aussi l'imaginaire gothique que lorgne la romancière. Reconvoquant la figure d'un -réel- vampire, Fred Vargas, comme à son habitude, donne une dimension réellement littéraire à une obsession d'actualité. Ici, l'Europe et l'identité. » Un lieu incertain » n'a peut-être pas le degré de stress romantique de » L'homme à l'envers » ou de » Pars vite et reviens tard » , mais il témoigne d'une belle évolution : une intrigue plus tordue encore, des temps morts originaux, et une avancée de la folie dans le monde de la logique.

La romancière, la chercheuse, la femme

Côté pile : onze romans auquel il faut ajouter quatre ou cinq autres ouvrages. Côté face : une femme qui est « archéo-zoologue » au CNRS depuis 1986, s'intéressant plus particulièrement aux ossements du Moyen-Age occidental. Un intérêt pour le squelette dont on sait qu'il irrigue presque tous les romans de Fred Vargas.

Au final : une femme qui vit entre obsession, engagement, fidélité, rationnel et irrationnel, et perpétuelle surchauffe créative. Ainsi, en 2006, alors qu'elle préfaçait avec Bernard Henri-Lévy le livre que Cesare Battisti avait envoyé du Brésil ( » Ma cavale » ), la scientifique avait présenté aux autorités ministérielles compétentes un projet de… cape de protection contre le virus de la grippe aviaire. Un projet testé, crédible, mais abandonné. Fred Vargas avait déjà passé quatre ans à étudier un autre virus, celui de la peste, et avait aussi publié un ouvrage sur ce sujet, » Le chemin de la peste, le rat, la puce et l'homme » .

La serial selleuse

Avec son approche des bons sentiments dénués d'angélisme et d« idiotie, et malgré un côté » happy end » volontairement maquetté grand-public, Fred Vargas est une de ces auteurs qui lient qualité littéraire, haut niveau intellectuel et littérature, justement, » grand public » . Il y a une Vargas touch (subtil mélange d'humour, de folie macabre, de tendresse, de culture et d'obsession de l'insolite). Et un Vargas phénomène. Entre 1987 et » Les Jeux de l'amour et de la mort » (dont elle n'est pas fière) et ce nouveau roman vingt-et-un ans après, un monde s'est ouvert. » Dans les bois éternels » (2006) s'est vendu à 425000 exemplaires. Le record est, évidemment, » Pars vite et reviens tard » (2001) : 860000 acquéreurs. A ce jour.

Cesare Battisti

En 2004, lorsqu'elle mit sa notoriété au service de Battisti, elle avait surpris son monde, qui la croyait alors dépolitisée. Les mauvaises langues en ont fait une passionaria has-been et fatalement manipulée. C'était, dans toutes les dimensions de l'accusation, mal connaître la femme. Et mal connaître la question.

Depuis quatre ans maintenant, elle donne beaucoup de son temps et de son argent à la défense de la vérité sur Cesare Battisti. C'est d'ailleurs le titre du livre qu'elle publiait peu après que les gouvernements Raffarin et Berlusconi aient accepté de collaborer autour de la question des réfugiés italiens en France : « La vérité sur Cesare Battisti ».

Rue89 le signalait en avril dernier : l'Italien, incarcéré au Brésil depuis que la police l'a sorti de sa clandestinité l'an dernier, est en attente du verdict quant à son extradition. Très régulièrement, Fred Vargas va le voir.

Sur tous ces dossiers, comme sur d'autres, vos questions, réactions, coups d'amour ou coups de gueule sont toujours les bienvenus ici.

Un lieu incertain de Fred Vargas (Viviane Hamy, 385 pp., 18€) en librairie le 25 juin

Corrigé le 21/06/2008 à 17h07 car, comme le fait remarquer un lecteur attentif, nous ne sommes pas en 2018 et il ne s'est donc écoulé que vingt-et-un ans depuis le premier roman de Fred Vargas.

79 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De citrouille 33365

gerboulade permanente | 11H26 | 22/06/2008 | Permalien

Les prises de position de madame Vargas font que j'achète tous ses livres, pour moi, pour les offrir.
Si vous ne les aimez pas, tant mieux, il y en aura plus pour moi.
Vadame Vargas a le courage de défendre ses positions, même si cela peut nuire à son image. mais il manque cruellement de femmes et d'hommes comme elle qui gardent le cap et ne changent pas de point de vue selon le vent électoral, même quand il est nauséabond.
Vivent Cesare Battisti et Marina Petrella et tous leurs compagnons , en France, comme la parole leur en a été donnée. Une parole qui vaut plus que toutes les gesticulations actuelles actuelles contre eux et les sans-papiers qui vont surement dans le sens que vous souhaitez.Pas moi, ni des milliers d'autres.
LA France pays de tous les droits de l'Homme, même celui de ne pas avoir de papiers.

Portrait de TARPON

à citrouille Portrait de citrouille De TARPON

12H51 | 22/06/2008 | Permalien

tu as gagné le kilo de cirage ,viens vite le retirer au site !

Portrait de compte supprimé 13

De compte supprimé 13

08H19 | 24/06/2008 | Permalien

.
4 fois refermé !
merci !

quelle liberté de parole sur Rue89 !
la meute chasse.

Portrait de Les Chats

à compte supprimé 13 Portrait de compte supprimé 13 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H25 | 23/06/2008 | Permalien

Curieux comme commentaire de la part de quelqu'un qui choisit ira comme pseudo.

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à Les Chats Portrait de Les Chats De jac le rat

aventurier | 19H38 | 23/06/2008 | Permalien

Ah chats ira chats ira chats ira… ! ! ! !

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à jac le rat Portrait de jac le rat De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 20H13 | 23/06/2008 | Permalien

Chat alors ! ! ! ! ! Mais t'étais passé où mon rat ? ça fait un bail que tu n'es pas venu sur Rue89.
Tu t'es fait arrêter par les flics ou quoi ?
Ou par une souris ? ; -))

Portrait de jac le rat

à Les Chats Portrait de Les Chats De jac le rat

aventurier | 20H45 | 23/06/2008 | Permalien

Ma chère Les Chats, bonsoir.
…Un voyage vertical..

Portrait de Les Chats

à jac le rat Portrait de jac le rat De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 22H14 | 23/06/2008 | Permalien

Un voyage vertical mon rat ? Ah oui, vaut mieux.
En tout cas je vois que tu n'as rien perdu de ta vivacité d'esprit et de ta pertinence, c'est bien ; -))

Portrait de compte supprimé 13

à Les Chats Portrait de Les Chats De compte supprimé 13

08H06 | 24/06/2008 | Permalien

Les Chats Je ne comprends pas ce que vous voulez dire

Portrait de Les Chats

à compte supprimé 13 Portrait de compte supprimé 13 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H41 | 24/06/2008 | Permalien

Je parlais de votre pseudo et de l'IRA (Irish Republican Army) ou l'armée républicaine irlandaise et les raisons pour lesquelles vous n'achetiez pas les livres de Fred Vargas.

Portrait de setori

De setori

retraité | 11H05 | 23/06/2008 | Permalien

Je regrette que les personnages atypiques et ô combien sympathiques des premiers romans aient disparus au profit d'ADAMSBERG.J'aimais bien les farfelus dans leur grande maison.Reviendront-ils dans d'autres romans ?

Portrait de marie 75

De marie 75

11H39 | 23/06/2008 | Permalien

Fred !
marina Petriella se laisse mourir !
Je sais que vous la soutenez.
Pouvez vous nous en parler ?

Portrait de Sorokine

De Sorokine

| 11H51 | 23/06/2008 | Permalien

Intéressant mais un peu déprimant, le succès de Vargas. Littérairement c'est assez répétitif, pas trop bien écrit, avec des personnages schématiques et convenus, une fois pour toutes égaux à eux-mêmes, pas de véritables personnages de roman dont on sentirait l'évolution au fil des pages. Et du happy ending. Politiquement c'est posé à gauche, une gauche plus du côté du (bon) sentiment et de la compassion que de l'analyse et de la justice sociales, la gauche des belles causes vues du point de vue de ceux qui les patronnent. Probablement faut-il conclure qu'il y avait là les ingrédients d'un succès commercial, sur un créneau Simenon pour classes moyennes instruites, Maigret modernisé tendance bobo. Mais Simenon dns son classicisme écrivait mieux, et même pas sûr qu'il était plus conservateur.

Portrait de jmal

De jmal

13H28 | 23/06/2008 | Permalien

Intéressant et plutôt rassurant le succès de Fred Vargas.

Littérairement c'est plutôt bien écrit, plein d'idées poétiques et qu'on ne retrouve que chez elle : Où voit-on trois historiens, vivants ensemble, dans un vieil immeuble et aidant à la résolution d'énigmes ? Où a-t-on d'autres flics, rêveurs, ni alcolos, ni révoltés, ni surper flics, ni névrosés, ni en guerre avec leurs chefs ?

Qui est capable de mettre en scène un crieur des rues, une conversation autour du cerf dans un bistro normand …

Politiquement ce n'est posé nulle part. Ce'st Fred Vargas qui est à gauche, pas ses romans.

Si vous lisez ses interviews vous verrez qu'elle ne cherche pas à faire du noir, ni du politique, ni même du policier. Elle s'inscrit dans la tradition des contes médiévaux, des histoires de chevaliers terrassant les dragons qui mettent en péril l'humanité entière. Cherchez, ou discutez avec elle, vous en saurez d'avantage.

Quant aux ingrédients d'un succès annoncé … Il n'est arrivé qu'à son septième ou huitième livre. Et à part de confortables rentrées d'argent, ne lui a valu que l'hostilité, toujours croissante, d'un milieu littéraire qui, après l'avoir adoré quand elle n'était connue que d'un petit groupe (la fierté de faire partie de quelques uns qui savent ! ) a commencer à verser son fiel quand elle a enfin eu le succès qu'elle mérite. Un comble quand on prétend faire de la littérature populaire, et qu'on crache sur ceux qui, justement, commencent à toucher un peu plus le public.

http://actu-du-noir.over-blog.com/

Portrait de Sorokine

à jmal Portrait de jmal De Sorokine

| 15H44 | 23/06/2008 | Permalien

Les conceptions de la littérature, du bon roman, sont diverses, et ce qui inquiète ou mélancolise les uns en rassure d'autres. Question de convictions, question de goûts (chez Vargas je vois surtout des poncifs et des bons sentiments, qu'on y trouve autre chose je n'ai rien contre).
Je ne lis pas les interviews des auteurs, je lis les livres.
Et qui a parlé d'un succès « annoncé » ?

Portrait de Les Chats

à Sorokine Portrait de Sorokine De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H50 | 23/06/2008 | Permalien

« Je ne lis pas les interviews des auteurs, je lis les livres. »

Ah bon ? Mais quand un auteur vous intéresse, vous n'avez pas envie d'en savoir plus sur lui ? Vous n'avez pas envie de l'entendre s'exprimer même à la radio ?
Je pose la question juste pour savoir parce que je suis étonnée. Mais pourquoi pas. Vous préférez rester dans le mystère et ne pas prendre le risque d'être déçu ?

Portrait de Sorokine

à Les Chats Portrait de Les Chats De Sorokine

| 22H20 | 23/06/2008 | Permalien

Ce sont les livres qui m'intéressent, oui. Ce qu'en disent les auteurs dans les interviews ne relève-t-il pas surtout du plan com » pour lancer les produits --par exemple, deux jours avant leur sortie, tiens quelle coïncidence-- et si le livre est bon y a-t-il besoin d'un mode d'emploi ? J'ai l'impression que plus on entend gloser les auteurs, surtout avant la publication des livres, moins il est facile de lire ceux-ci pour ce qu'ils sont, indépendamment des intentions mises en avant, qui orientent qu'on le veuille ou non la lecture.

Portrait de Les Chats

à Sorokine Portrait de Sorokine De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 14H48 | 24/06/2008 | Permalien

Je comprends Sorokine, mais moi je ne vous parle pas des promos de livres mais de l'auteur en général, une émission sur lui, elle. Comment les auteurs écrivent ce qu'ils aiment ou n'aiment pas, leurs musiques préférées, leurs positions aux évènements de sociétés, aux politiques enfin tout quoi ! ; -)

Portrait de Xiaolin

à Sorokine Portrait de Sorokine De Xiaolin

15H42 | 23/06/2008 | Permalien

Sorokine, vous oubliez l'essentiel : le charme ! Charme de l'écriture de Fred Vagars, charme d'Adamsbert et des autres personnages, charme -même- du happy end toujours entaché d'une sorte de nostalgie. « Pars vite et reviens tard », s'il n'en fallait qu'un ce serait celui-là -ok, je connais bien le 14ème, et j'ai eu délices à reproduire les scènes visuellement, donc je suis partiale. Charme tout court des relations entre les humains. Charme, et bonheur dû au charme de la lecture par le lecteur enchanté…
J'aime autant Simenon, j'aime Proust encore plus, mais j'aime me plonger dans cet univers, avec ou sans Adamsberg, d'ailleurs. Les premiers romans -dont elle n'est « pas fière“- m'ont également laissé un excellent ‘after-taste’, tant ils étaient empreints d'une atmosphère spécifique qui n'appartient, et ne saurait appartenir de par leur personnalité, qu'à l'auteur telle qu'en elle-même.

Portrait de Sorokine

à Xiaolin Portrait de Xiaolin De Sorokine

| 16H38 | 23/06/2008 | Permalien

Je comprends, mais si je dis je comprends c'est qu'au fond je ne dois pas être charmé, n'est-il pas ? Je préfère des atmosphères moins vague-à-l'âme, chez Vargas même le désespoir me fait l'effet d'un carton-pâte. Et des personnages plus vifs & consistants, puisque vous avez ce nom/pseudo je dirais pour ne prendre qu'un exemple ceux du Vendeur de sang, ou de Messieurs Ma père et fils. Mais je reconnais que c'est une question de goût. En revanche le côté bon sentiment m'agace, et son succés ne me dit rien qui vaille.

Portrait de Gillesthebear

De Gillesthebear

Montreur d'ours à Versailles | 12H53 | 23/06/2008 | Permalien

Trop belle cette photo de « l'auteure »…dans le genre faussement absorbée par ses pensées, dans un de ce petit café tellement typique des lieux de rendez-vous boboistes, la ou on boit son thé earlgrey (oui c'est le plus branché en ce moment), avant d'aller ensuite applaudir la pièce d'un dramaturge dissisent échappé des geoles d'un dictateur sanguinaire…trop beau aussi ce reflet de quelques immeubles du vieux Paris, ce Paris qui fait tant réver, mais juste réver parce que maintenant pour y habiter il faut payer l'ISF.
Vraiment une trés belle photo, digne d'illustrer un article dans Libé, ou d'être exposée à la mairie de Paris.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 13H16 | 23/06/2008 | Permalien

Fred Vargas, depuis que je sais que vous êtes une femme, je vous Kif… ! !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 13H17 | 23/06/2008 | Permalien

J'ai souvent l'impression qu'écrire rend schyzophrène, dans le sens où il faut être à la fois extrêmement humble et parfaitement prétentieux.
Humble parce qu'on n'a jamais aucune garantie d'être reçu, et que le talent est toujours exogène (ce sont les autres qui vous décident talentueux, non ? ) ;
Prétentieux parce qu'il faut avoir un drôle de culot pour imaginer qu'en plus les gens pourraient être intéressés par ce que vous écrivez, voire l'apprécier !
Vous connaissez ce sentiment « oxymorique » ?
(J'oublie schyzophrène, parce que ça connote psychiatrie limite HP, et je ne vous imagine pas dire « écrire, c'est souffrir » comme Duras ! )

NB. Chapeau pour votre défense courageuse de Cesare Battisti. Sa famille doit lui manquer atrocement.

Portrait de marie 75

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De marie 75

14H36 | 23/06/2008 | Permalien

Battisti ne sera pas extradé du Brésil (ils ne connaissent pas la prison à perpétuité). C'est une nouvelle que j'ai apprise très récemment. Mais peut-être le savais tu ?

Portrait de C. Creseveur

à marie 75 Portrait de marie 75 De C. Creseveur

D'actualité | 16H10 | 23/06/2008 | Permalien

En fait je savais que c'était une cause possible d'un refus d'extradition. Je ne savais pas que la décision avait été prise ! Mais qu'est-ce que ça signifie pour Battisti ?

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 13H28 | 23/06/2008 | Permalien

NB Bis. « C'est tout de même extraordinaire » (pour parler comme Sarkozy) que notre pays expulse sans scrupule et au mépris de la parole d'Etat un homme comme Cesare Battisti qui a été condamné par une justice expéditive, quand dans le même temps le même Sarkozy souhaiterait accueillir 500 guerilleros des Farc !

Portrait de marie 75

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De marie 75

14H32 | 23/06/2008 | Permalien

merci de ton post…
en effet, c'est extraordinaire ! ! !
Le tout (pour l'effet pub) et son contraire !

Portrait de Xiaolin

à marie 75 Portrait de marie 75 De Xiaolin

15H54 | 23/06/2008 | Permalien

Ces affaires « brigades rouges » (je n'ai mis qu'une paire de guillemets pour vous éviter la tonne), sont d'une infinité complexité. Personnellement, je serais plutôt de votre bord mais des discussions avec des personnes (principalement italiennes) m'ont appris à mettre de l'eau dans mon vin. Partout on ne parle que de blessures. Et quand je dis pardon parce que l'eau a coulé sous les ponts et qu'il est temps d'oublier, on me répond « punition, sinon nous ne serons jamais capables d'oublier ». Rassurez-vous, je reste sur mes positions, mais lentement, je comprends un peu celles des autres, et peut-être cela aide-t-il la discussion, voire l'avenir.

Portrait de marie 75

à Xiaolin Portrait de Xiaolin De marie 75

16H18 | 23/06/2008 | Permalien

Cette affaire « Papon » est d'une infinité complexite …
La France a été moins gênée alors.
L'UMP l'a fait sortir de la Santé.

La France, via Mitterand, avait donné sa parole.
Je pense qu'il avait dû étudié le dossier de près.

Je ne donne pas un quitus aux « brigades rouges », je pense que l'eau à coulé sous les ponts de Rome,
comme à Bordeaux où a été repoussé le souvenir des exactions pétainistes.

Portrait de Xiaolin

à marie 75 Portrait de marie 75 De Xiaolin

16H30 | 23/06/2008 | Permalien

Très bien exprimé, Marie, je n'ai rien à ajouter, sinon : puisse la vie être aussi simple ! Mais entre ce que la vie devrait, entre nos espoirs, et ce que la vie est, la Gironde coule encore. Malheureusement, je crains que ce soit pour longtemps.

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