
Faïza Guène : « Je n'insulte en rien la noblesse de la littérature »
La romancière, révélée à 19 ans avec le carton « Kiffe kiffe demain » (2004) était l'invitée du tchat avec les riverains de Rue89.

Hubert Artus : Votre sentiment après cet entretien ?
Faïza Guène : Le temps est passé très vite pour moi, je pense que c'est plutôt bon signe. Pas mal l'idée d'interactivité. Je dois avouer que depuis que je donne des interviews, je n'ai pas vraiment eu de questions ni très osées, ni très inattendues mais en règle générale, ça tourne autour des mêmes thèmes. Lorsque c'est bien fait, et qu'il y a des questions pertinentes, j'aime bien. J'espère que ça a plu aux internautes qui ont participé…
A propos du livre « Les Gens du Balto »
Hubert Artus : Pour la première fois, vous avez ici plusieurs narrateurs. Quel fut le déclic pour ce léger virage ?
Faïza Guène : Je n'ai pas réellement l'impression d'avoir pris un virage mais plutôt d'être allée au bout d'une envie. La construction d'un personnage, mon appropriation de sa vie, son langage, l'animer, c'est ce que je préfère dans le processus d'écriture, alors j'avais vraiment envie de confronter plusieurs points de vue, de faire vivre des personnages très différents les uns des autres et de tisser une sorte de toile d'araignées.
Luca : Comment avez-vous fait pour écrire une intrigue policière ?
Faïza Guène : Je suis plutôt du genre à me laisser guider par les personnages bien plus que par l'intrigue. Donc la priorité pour moi, c'est avant tout d'avoir bien en tête mes personnages, leurs voix, imaginer leurs réflexes, leurs angoisses, leurs obsessions…
En ce qui concerne « Les Gens du Balto », l'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour explorer ce microcosme, cet univers complexe, faire se croiser les personnages et les entendre raconter leur intimité. C'est d'ailleurs volontairement une enquête bon marché faite par des gendarmes excités qu'il se passe enfin quelque chose là où d'habitude il n'arrive jamais rien.
Jimetdajva : Tous vos personnages du Balto sont attachants car ils ont tous une faille, mais avez-vous une préférence pour l'un d'entre eux ?
Faïza Guène : Je ne sais pas si je peux parler de préférence, mais je peux dire celui que j'ai eu le plus de plaisir à imaginer. C'est sans doute le plus odieux d'entre eux, paradoxalement, c'est le cafetier assassiné, Joël Morvier. J'ai aimé accentuer son côté « beauf » affreux, sale et méchant.
Mme Yeva est le personnage que j'aime le moins (à cause de la façon dont elle traite son fils aîné ). Elle semble si énergique que j'ai du mal à comprendre son attitude face à Jacques. Pourquoi ne l'a-t-elle pas quitté ?
Faïza Guène : J'imagine qu'elle ne l'a pas quitté pour la même raison qu'elle n'a pas quitté son boulot. Ce que j'ai essayé de montrer avec Yéva, c'est la façon dont sans s'en rendre compte on peut s'engluer, vivre dans la routine, l'isolement, perdre toute curiosité pour les choses, se contenter du peu. Je crois qu'elle a baissé les bras.
Aviez-vous des modèles (rencontrés au café) pour eux ?
Faïza Guène : Il n'y pas eu de « modèles » mais plus une collecte pas vraiment consciente d'images, de discussions, de rencontres, rien de très précis. Mais c'est un texte que j'ai entamé et laissé de côté, je crois que c'est le temps qu'il a fallu pour tout se mette en place dans mon esprit.
Riga, sociologue : Aviez-vous lu des romans d'écrivains britanniques issus aussi de l'immigration ? Et si oui, vous ont-ils intéressés ? influencés ?
Faïza Guène : Je commence à peine à découvrir des auteurs étrangers, j'ai en tout cas assisté à bon nombre de débats et discussions autour de ce thème et ce que je peux en dire, c'est que l'aspect littéraire reste toujours le point central dans la manière dont on parle de ces auteurs anglophones issus de l'immigration. C'est intéressant de comparer les expériences et la manière dont les origines et surtout le statut social peuvent influencer l'écriture. En France, je sais qu'il y a plus de complexes, on est étiqueté très vite.
Hubert Artus : Votre premier roman est traduit dans vingt-six pays, le deuxième est également traduit en plusieurs langues. Pouvez-vous nous parler de vos relations avec vos traducteurs ?
Faïza Guène : J'aime beaucoup travailler avec les traducteurs quand j'en ai l'occasion, pendant la traduction. C'est un travail que j'admire énormément. Par exemple, pour la traduction anglaise des deux premiers romans, ça a été fascinant comme la traductrice, Sarah Adams, est à la fois restée très fidèle au personnage et au contexte social du roman et a réussi en même temps à créer une narratrice très différente de la mienne. C'était surprenant de l'entendre lu. Elle a travaillé sur le langage avec des jeunes de Brixton, un quartier de Londres, et a donné vraiment une couleur intéressante à la traduction.
Comment une auteure comme vous, désormais confirmée, travaille-t-elle, concrètement, avec son éditeur ?
Faïza Guène : Je me la raconte un max depuis que je vends un tas de livres, je mets une pression quotidienne à mon éditeur, parce qu'il flippe que je signe ailleurs… Naaaan je rigole ! J'ai gardé la même manière de travailler avec lui, heureusement, on se comprend assez bien et les séances de travail ne ressemblent pas à des matchs de catch comme ceux que certaines chaînes de la TNT diffusent tard le soir. C'est une chance, je me sens libre dans mon travail et soutenue.
Quant à la romancière…
Français_bxl : Faites-vous la promotion de vos livres à l'étranger ? Si oui, comment y est perçue la situation de la France et de ses minorités, et leur littérature ? Est-ce que ces rencontres influencent ou renforcent votre propre approche littéraire ?
Faïza Guène : J'ai fait d'incroyables voyages grâce à mes livres, je suis allée dans des pays comme le Brésil, la Chine, les Etats-Unis… pour défendre mes bouquins lorsque j'étais invitée par mes éditeurs à l'étranger ou carrément représenter la culture française lorsque les invitations émanaient des ambassades.
Je crois qu'en France, faute de reconnaître que les communautés existent bel et bien, et que le côté tous égaux, dans la vraie vie, ce n'est pas forcément du domaine de l'acquis, on se perd avec des thèmes pesants comme l'intégration dont on parle depuis trente ans… mais mal selon moi.
Je crois que certaines cultures admettent bien plus facilement l'évolution du langage et, en règle générale, les apports qu'on peut faire à la littérature aujourd'hui. J'ai trouvé cela moins figé en Scandinavie ou en Angleterre, par exemple. Cela me conforte dans l'idée qu'on construit de nouvelles choses, qu'en choisissant de m'intéresser à ces anti-héros du quotidien, je n'insulte en rien la noblesse de notre littérature qui doit s'ouvrir davantage.
Patrick du 14 : Quelle importance mettez-vous dans vos origines et la « réception » de vos livres ? Pendant combien de temps encore pensez-vous que les médias vous rangeront dans la série la « beurette qui écrit des livres » ?
Faïza Guène : Je crois que je ne me pose pas tous les jours la question sur mes « origines ». Cela fait partie de moi, de mon éducation, de ma culture. Je vis avec. Cela ne me tracasse pas plus que ça aujourd'hui, seulement, c'est vrai que certains journalistes confondent le livre et l'auteur. Et se posent davantage la question de savoir ce que pense ma famille de mon succès ou me demandent mon avis sur les problèmes que connaissent les banlieues françaises au lieu de me considérer juste comme un écrivain français au même titre que tous les autres.
Je dirais que pour moi, dans mon travail, ce qui est important, beaucoup plus que mes origines algériennes, ce sont mes origines modestes, banlieusardes, prolo, populaires, cela me donne tellement de matière, ce que l'on a appelé « la france d'en bas ». C'est là que je me situe.
Dolores Messmaker : Comment se fait-il que l'on entende si peu les intellectuels (écrivains en particulier) issus de l'immigration ou de banlieue quand « la banlieue brûle » ?
Faïza Guène : Je crois l'inverse malheureusement. Je trouve qu'on demande aux artistes de donner leur avis sur tout et n'importe quoi. D'abord en banlieue, il n'y a pas seulement des gens issus de l'immigration, et puis, je crois que ce n'est pas le rôle d'un écrivain de trop parler sur ce type de sujets.
Les politiques s'en mettent plein les fouilles en cumulant impunément les mandats, c'est pour eux que l'on vote afin qu'ils s'occupent (aussi) de questions de cet ordre. Et notamment s'intéresser autrement à ces territoires qui ont été désertés par la culture.
Le_Concombre, prof : Vous avez participé au collectif « Qui fait la France ». Est-ce que vous adhérez à l'ensemble du manifeste ou est-ce que vous étiez là pour faire plaisir à des copains ? (J'ai pour ma part le sentiment que ce que vous écrivez, que j'adore, s'accorde mal avec le ton misérabiliste et bourré de clichés de certains des auteurs de ce collectif que je ne citerai pas par discrétion).
Faïza Guène : J'ai participé au premier recueil de nouvelles pour le collectif « Qui fait la france » parce qu'avec certains autres membres du groupe nous étions d'accord sur pas mal de questions. Nous nous accordions à dire qu'il y a une grande inégalité sur l'accès à la culture, que nous pouvions jouer le rôle de « donneurs d'envie » qu'il fallait aérer la littérature, occuper le territoire culturel.
Je crois fort à ces idées car j'ai vécu dans un quartier sans cinéma, sans librairie, sans lieu culturel pendant longtemps, une famille qui n'avait pas les moyens d'acheter des livres. Dur d'avoir l'idée qui tombe du ciel et surtout j'ai (toujours aujourd'hui même si c'est difficile à imaginer) un cruel manque d'ambition dans ma vie. Je fais les choses qui se présentent mais j'estime que c'est le facteur chance qui a fait ce que je suis, ou le destin comme vous voulez…
Donc, le constat est réel et j'ai trouvé en mes camarades de ce collectif des échos à ce que j'avais observé dans mes différentes tournées et autres débats. Seulement, je reste sur l'aspect culturel, littéraire précisément comme outil indispensable et efficace. Le politique, et j'ai toujours été claire là dessus, ce n'est pas ma tasse de thé. On agit pas avec les mêmes moyens.
Quels sont vos modèles littéraires français ou étrangers ? Quels sont les écrivains contemporains dont vous vous sentez le plus proche ?
Faïza Guène : J'aime pour différentes raisons des gens comme Rachid Djaidani ou Virginie Despentes, j'aime des écritures fortes, des personnalités, des combats de mots, du cynisme… J'ai adoré pendant mon adolescence lire Zola, Flaubert comme j'ai adoré L'Attrape-cœur de Salinger pour avoir été un vrai déclencheur de l'envie d'écrire.
Quelque part, tout avait été trop vite pour Faïza Guène. Elle avait été rapidement étiquetée « auteur de banlieue » et avait servi les quotas « jeunes auteurs écrivant en verlan » des émissions littéraires. C'était oublier le sens de sa démarche. Un sens bien en action dans un roman qui est un virage : « Les gens du Balto » est un faux polar et un vrai roman de la France pavillonnaire oubliée.
Le phénomène
Faïza Guène est née en Seine-Saint-Denis, où elle vit toujours, d'un père arrivé d'Algérie en 1952 et d« une mère arrivée du même pays en 1981. Jusque là, du classique, du rationnel.
C'est après que cela prend des accents de conte de fée. Et que, pour éviter la fanfaronnade, il convient de rester mesuré. Un jour, donc, un des profs de l'élève Faïza Guène, qui avait repéré “une bosseuse qui a du talent”, lui demande l'autorisation de soumettre un début d'histoire à quelqu'un de l'extérieur. Sans préciser qu'il s'agit de sa sœur, Isabelle Seguin, éditrice chez Hachette.
Un an plus tard, en 2004, après avoir travaillé son texte, Faïza Guène est l'auteur d'un roman imprimé à 1500 exemplaires. C'est “ Kiffe kiffe demain ”, écrit dans langue argotique, s'attaquant aux clichés des cités à travers le journal intime (fictif) d'une jeune beurette. Dans une France qui, hormis dans le secteur musical, ne parvient pas à intégrer dans sa culture “ officielle ” tout ce qui vient de “ banlieue ”.
La jeune auteur, devenue étudiante en sociologie, gagne son surnom : “ la Sagan des banlieues ”. Et est analysée dans l'Herald Tribune et dans Newsweek. A ce jour, toutes éditions confondues, “ Kiffe kiffe demain ” s'est vendu à 400 000 exemplaires en France, et est traduit dans vingt-six pays.
En 2006, Faïza Guène revenait avec le plus corsé “Du rêve pour les oufs” : autre monologue féminin, avec une jeune femme qui doit tenir toute sa famille, et où percent un refus du misérabilisme et des personnages poétiques dans leur volonté de survivre. Et toujours cette écriture faite de réalisme et de respect de l'oralité banlieue. Traduit dans onze pays, le roman totalise 60 000 ventes en grand format.
On peut reprocher à la jeune auteure un verlan trop systématique, mais on doit considérer la force de ses mixes : un univers constitué de réalisme, d'anti-angélisme, de proverbes africains et de “ parler-jeune ” Une langue qui peut scruter le conscient et l'inconscient de la jeunesse qu'elle décrit.
Le nouveau roman
“ Les Gens du Balto ” est donc le troisième roman de Faïza Guène. Nous voici dans une banlieue oubliée, une petite ville pavillonnaire au bout de la ligne du RER : Joigny-les-Deux-Bouts. Nous voici devant le Balto en question, bar-tabac du coin. Dont le patron, un vieux pervers, est un de narrateurs du roman. Sauf que : le patron est mort. Tué ? Vengé ? Aimé ? Haï ?
Le bar est le point de rencontre de personnages solidement campés par Faïza Guène. Car ces personnages sont les narrateurs du livre : une ado allumeuse et anorexique, un chômeur accro aux jeux télévisés, une femme au verbe haut, un jeune ado qui voudrait bien être une caillera et deux Marseillais fraîchement débarqués qui, eux, sont des racailles.
Le roman est le point de rencontre de ces vies, au moment où chaque narrateur vient témoigner devant les gendarmes qui enquêtent. In fine, chacun raconte son existence, sa condition sociale dans la France de 2008, sa condition d'homme et de femme. Et c'est là que, adoptant un ton distinct pour chacun, la jeune romancière fait de cette zone de la France un portrait émotif sans être dupe, précis sans forcer le trait.
C'est juste.
Le tchat
Mardi 16 septembre, de 18h00 à 19h00, Faïza Guène viendra tchater avec les internautes de Rue89. Autour de son dernier roman, des deux précédents, du phénomène éditorial qu'elle représente, de son statut de “ serial selleuse ”, de l'écriture de la France de 2008. Posez dès à présent vos questions dans les commentaires, elles lui seront retransmises !
► Les gens du Balto de Faïza Guène - Hachette Littératures - 174p., 16,50€.
Photo : Faïza Guène (Audrey Cerdan/Rue89. DR)
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De Roderic
Entrepreneur | 15H11 | 13/09/2008 |
Réflexion sur F Guène…
Tout d'abord elle revendique ses origines oranaises même si elle n'est pas née là bas ..
( vivre en France apporte des avantages par rapport à l'Algérie ……)surtout maintenant avec le retour en force de l'intégrisme ….
Elle serait , quant à elle, la Françoise Sagan des cités….
Copine de Diam's la chanteuse râpeuse ( ma France à moi, se plait à foutre la m…., parle de bled, déteste les règles, sèche les cours le plus souvent pour ne rien foutre….),
dis moi qui tu fréquentes et je te dirais qui tu es……
FG a écrit son premier livre Kiffe, Kiffe demain,en 24 langues …
Il faut dire que ses descriptions sont de vraies trouvailles… « trop mignon » , « gros nul “ , ‘ tronche de cake’, , ‘ bouffonne’,
qu'elle manie les métaphores : ‘ il y a Hamoudi , un grand du hall 32 , qui m’ a connue pas plus haute
qu'une barrette de shit”.
FG a le sens de la formule comme “tu trouves ça dégueullasse , mais tant pis tu le kiffes.”..
Les exemples de ce genre sont nombreux…
Car son point fort , un point fort qu'elle partage avec Diam's, demeure son vocabulaire , le vocabulaire des banlieues, un idiome , paraît il , aussi mystérieux qu'ingénieux dont Faïza et Diam's daignent nous donner quelques clefs…
Cette montée en épingle me paraît pour les jeunes femmes issues de l'immigration , rien moins que
désobligeante …
Que Faïza Guène soit portée au pinacle, il faut qu'elle soit considérée par nos intellectuels de Rue89, comme la fine fleur , la crème , le grattin , le summum ce que la gent féminine des banlieues peut produire ….
Est ce à dire qu'ils considèrent cette dernière incapable de s'exprimer autrement que dans un avatar d'argot au champ lexical réduit , d'écrire mieux qu'une rédaction de troisième B, d'entamer une réflexion plus évoluée que celle d'une caissière de supermarché…
On les croirait devant une réserve d'indiens , en train d'applaudir à grands cris le spectacle … avec un rien de condescendance ……
Grandeur de décadence de la presse littéraire en France …..
à Roderic
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 15H28 | 13/09/2008 |
Vous me prêtez une condescendance sur Faïza Guène que je n'ai auncumenent manifestée, et que je nie à 100%. Où ai-je écrit que la seule chose qui compte chez elle est son aspect « femme issue de l'immigration ». Je vous met au défi, dans chacun de mes papiers, de trouver la mondre ligne qui pourrait être taxée d'ethnicisme ou d'une quelconque discimination, qu'elle fût « positive » ou « négative ».
Sinon, justement par rapport à cela, avez-vous une question, des questions, pour l'auteure ?
De pingouin_force_attak
alcoolique, drogué et dépravé | 15H49 | 13/09/2008 |
réflexion débile, lisez ses livres, surtout kiffe kiffe demain, qui reste son meilleur livre. Après, si vous n'aimez pas ce genre de livre, libre à vous, mais ne dites pas « c'est nul » car ses livres ont une profondeur qui va bien plus loin que la simple provocation où le divertissement. diams et elle ont un discours qui vise la solidarité (même si je déteste le rap à la diams aussi).
à pingouin_force_attak
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 15H53 | 13/09/2008 |
Entièrement d'accord !
à Roderic
De Charmant
Erudit | 16H36 | 13/09/2008 |
Vous avez quoi contre les caissières de supermarché ? Sinon d'accord avec vous, cette écrivaine (trés vaine même) n'est pas le meilleur ambassadeur des malgré-nous banlieusards, et c'est en effet assez loin de Balzac..
De Luca
là | 16H58 | 13/09/2008 |
Cher Roderic Entrepreneur. Vous devez vous sentir mieux après un tel ramassis d'aberrations. Que vient faire « la montée de l'intégrisme » dans un commentaire censé anticiper un tchat ?
Bref, je voulais demander à Faïza Guène : Comment a-t-elle fait pour écrire une intrigue policière ? Si elle écrit comme ça vient comme le font certains auteurs ou si au contraire, il y a eu un immense travail de préparation ?
à Roderic
De mr_megot
. | 00H15 | 14/09/2008 |
Le terme « réflexion » est un peu prétentieux, vous auriez pu essayer d'en trouver un autre pour décrire votre tentative d'intervention. Du reste, votre commentaire n'est ni très clair, ni très bien écrit et vous pouvez bien vous moquer du vocabulaire de Faiza Guène…
« Kiffe kiffe demain », a connu un grand succès d'abord parce qu'il décrivait une réalité qui jusque la n'avait pas ou peu été abordé dans un roman (même s'il l'a été par d'autres auteurs, comme Nora Hamdi avec « Des poupées et des anges », paru la même année au Diable Vauvert), ensuite et surtout parce que Faiza Guène est un bon écrivain, qui a parfaitement su écrire et structurer son livre. Pourquoi décrier son style, quand il se veut (dans ses deux premiers romans du moins) porter de façon réaliste la parole des banlieues et de ceux qui y vivent ? Est ce que vous déclareriez avec la même haine que « L'attrape coeur » de Salinger est une sombre bouse parce que le style est du langage parlé ? Pas de bol, il se trouve que « L'attrape coeur » est un chef d'oeuvre, et que « Kiffe kiffe demain », est un très bon livre qui a su séduire, en France et au delà de ses frontières.
Bref, il est curieux que vous ne sachiez pas faire la différence entre un auteur et ce qu'il écrit, écrire un roman cela signifie devoir créer des personnages, une intrigue, parfois essayer de coller le plus possible à la réalité, bref, écrire quelque chose qui soit intéressant ou agréable à lire. Que regrettez vous au juste, que la Doria de Faiza Guène ne s'exprime pas comme le Charles Swann de Proust ?
En effet, c'eût été une grande réussite…
à Roderic
De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 14H24 | 16/09/2008 |
A Roderic…
Wesh gros t'as koi contre les 3eme B ? ? ? ! ! ! Tu preferes la A c'est ça ? ? ! ! Tu te permet de prendre Faïza de haut genre « moi je viens du 16 et ça me tue qu'on reconnaisse qqchose de positif en banlieue » mais je vais te dire mec, la banlieue, elle t'emm… Alors wi, c'est sur par chez nous, c'est pas forcement le français le plus academik qui est employé mais ça te donne pas le droit de nous cracher dessus comme ça. Chez nous, on emploie un vocabulaire riche, imagé, fruit du mélange de plusieurs langues allant tout aussi bien du gitan au portugais que de l'arabe a l'argot du vieux français. Mais va pas croire on se comprend, notre langue est des plus vivantes vu qu'elle est en constante évolution, contrairement au monde auquel tu semble appartenir, figé dans ton 19eme siècle fané…
A bonne entendeur,…
à Roderic
De ziggotos
Jeune actif nantais | 14H33 | 17/09/2008 |
le Beau n'a pas d'odeur ni de couleur… ça ne se définit pas, ça se ressent. Je kiffe l'argot !
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 15H26 | 13/09/2008 |
kif kif demain je l'ais offert a ma soeur quand il est sortie , j'ais u le nez creux il est pas mal comme bouquin
à patrick du 14
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 15H31 | 13/09/2008 |
Profitez-en, soumettez des questions, des opinions à Faïza Guène, vous et/ou otre soeur ! ! Un tchat, c'est un dialogue, pas une interview. Sans complexe !
à Hubert Artus
De Charmant
Erudit | 16H45 | 13/09/2008 |
Est-ce que sa haine viscérale des blondes (traînées, putes, allumées, salopes, anorexiques) relevée dans ses précédents ouvrages à quelque chose à voir avec de la jalousie ou pire avec la conscience de sa propre infériorité ?
à Charmant
De pingouin_force_attak
alcoolique, drogué et dépravé | 17H10 | 13/09/2008 |
est-ce que vos commentaires répugnants et idiots ont un rapport avec une certaine immaturité ou pire avec la conscience ed votre propre bétise ?
à pingouin_force_attak
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 17H47 | 13/09/2008 |
Que ce soit clair : la seule raison pour laquelle je ne dépublie pas le commentaire de « Charmant », répugnant, snob, et honteusement différencialiste, est la vigueur de la réponse qui lui a été faite ci-dessus. Je ne cesserai de répéter que Rue89 n'est pas un fanzine, ni un cabinet de psychanalystes, et que ce genre d'intervention n'a rien rien, rien à faire dans un organe d'informations.
De solstice
pigiste | 16H53 | 13/09/2008 |
Bon, le chat, je l'ai testé avec Cohn-Bendit et j'ai trouvé le système très bidon. Deux heures devant ma bécane à penser que j'allais vraiment avoir du direct… Résultat, une interview mal ficelée qui n'a ni les avantages du direct, ni ceux de la préparation d'un journaliste, très bof.
Je lirai le mercredi, ce sera torché en 5 mn…
à solstice
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 17H50 | 13/09/2008 |
On vous a mal expliqué : un tchat, ça n'est pas du direct, à moins qu'il soit en visiophone. C'est du très léger différé : l'invité découvre vos questions&suggestions en direct, les dicte au journaliste (ici, moi) qui les tape sur son clavier, et deux mn après c'est en ligne.
Donc, vous pouvez réesayer…
De blablablaetblablabli
patati et patata | 17H23 | 13/09/2008 |
Et en plus charmant et Erudit ben voyons.
De N.MARECHAL
09H37 | 14/09/2008 |
Je suis d'accord avec vous, cher solstice | pigiste, et donc cette fois-ci je ne poserai pas de question à votre invité.
Ce que je n'apprécie pas dans le principe, c'est de traiter quelques questions bien choisies et pour les autres. C'est la sous couche de la sous couche… ni merde, ni merci !
Ben non, c'est pas comme ça que ça marche… Ca, c'est pour Rue89, que j'adore par ailleurs mais là c'est mal.
Je fais quand même faire un gros bisou à Faïza Guène que je trouve adorable. Son humour, sa chaleur et sa plume sont craquants.
Epicètou
à N.MARECHAL
De Arnaud Aubron
Rue89 | 15H38 | 14/09/2008 |
On travaille à essayer d'améliorer le système, qui n'est effectivement pas encore très efficace. On devrait avoir quelque chose assez rapidement.
à Arnaud Aubron
De N.MARECHAL
16H56 | 14/09/2008 |
Merci Arnaud Aubron, le concept de l'invitation est sympa et je suis certain que Rue89 trouvera une solution pour améliorer la qualité des échanges.
Rue89 est mine de rien une grande famille que j'adore, pleine de bon sens et d'humanité.
à N.MARECHAL
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 19H49 | 14/09/2008 |
Globalement.
Merci Nonne MARECHAL
De rigas
sociologue | 21H48 | 13/09/2008 |
Elle a. « tain con me reste plus que un jour pour lire ses bouquins.
Question aux beaux yeux : aviez-vous lu des romans d'écrivains britanniques issus aussi de l'immigration ? ET si oui, vous ont-ils intéressés ? influencés ?
De unouveaucompte
18H38 | 13/09/2008 |
j'ai lu kiffe kiffe demain… et bof ! bof hier !
j'aimerai connaître les méthodes de traduction « dans 26 pays » (tel écrit dans l'article) 26 pays = 26 langues ?
à unouveaucompte
De mr_megot
. | 23H48 | 13/09/2008 |
Non, un pays n'équivaut pas forcément à une langue. Par exemple dans le cas de « Kiffe kiffe demain », le livre a été traduit à la fois aux Etats Unis et en Angleterre, chez deux éditeurs différents, et avec deux traductions différentes (rendues indispensables par le style de Faiza Guène, qui ne peut etre traduit de la même façon dans l'anglais américain et britannique).
à mr_megot
De unouveaucompte
09H36 | 14/09/2008 |
merci
donc 26 versions différentes alors…
De Di
mère déchlorurée (papotable) | 22H09 | 13/09/2008 |
Je ne connais pas du tout les romans de Faïza Guène, mais cette femme a un si beau regard que j'ai envie de lire ce qu'elle a à dire. Je crois qu'elle doit aimer ses personnages - elle a beaucoup de douceur dans le visage. Alors ma question sera : « Aime-t-elle les personnages de ses romans ? »
De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 09H26 | 14/09/2008 |
Bonjour,
Je ne connais pas cet auteur, mais j'habite dans une banlieu. Et je dois bien avouer que l'argo des banlieux me fatigue, même si j'ai pris la peine de l'apprendre avec entre autre mon fils et ses potes.
Il est si ésotérique que même parfois les jeunes entre eux ne se comprennent pas. Alors ils montent la voix. Et si l'autre est trop bouché, il peut alors s'en prendre une.
C'est terrible de voir ces individus en bas de ma cage d'escalier, avoir des tas de choses à raconter et de ne pas pourvoir les partager, faute d'un langage commun compréhensible par tous.
Peut-être est-ce finalement la cause première de cette violence dont on parle tant sans vraiment la connaître.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 09H59 | 14/09/2008 |
j'ais vue le tchat en direct avec fred vargas c'était trops bien je me croyais à arles au bout d'un certain temps j'ais repris mon tgv pour paname, quand a ma soeur elle survole rue 89 d'un oeil et encore pas sur elle n'y est même pas connecter y m'semble , bien que je luis ais dit qu'il m'arrivait de laisser des comms plus ou moins sérieux ici
De Francais_bxl
Consultant | 10H42 | 14/09/2008 |
Bonjour ! On se croirait parfois dans un café minable à lire certains commentaires…
Excellent article qui, je pense, cherche à équilibrer une réflexion sur l'écrivaine et ses origines, et le phénomène littéraire qu'elle suscite.
Les auteur(e)s antillais, d'origine africaine ou autre, mais aussi les auteur(e)s des anciennes « banlieues » françaises (par ex, le quartier St Michel à Paris), ou les chanteurs type Renaud ont tous et toutes contribuer à enrichir une littérature française par trop engoncée dans un style à la Baudelaire, Rimbaud, et autre.
Le temps arrive pour des auteur(e)s de banlieue (de maintenant) de contribuer à cette évolution de la littérature… Pas plus compliqué que ça…
Mes questions à FG : Fait-elle des promotions de son livre à l'étranger ? Comment est perçue la situation de la France et des ses minorités, et leur littérature ? Est-ce que ces rencontres influencent ou renforcent son approche littéraire ?
Merci
De jimetdalva
13H17 | 14/09/2008 |
Je suis le travail de cette jeune auteur depuis la sortie de « kiffe kiffe demain » et ai eu la chance de la rencontrer au salon du livre de Paris en mars 2007 pour « Du rêve chez les oufs ».
Je ne comprends pas les attaques sur son vocabulaire et l'utilisation du verlan ; ils sont symptomatiques d'une certaine jeunesse à qui elle a choisi de donner la parole.
N'évoluant pas dans ce milieu, j'aurais parfois eu besoin, il est vrai,d'un lexique !
Mais on ne peut pas faire ce reproche au dernier roman « les gens du Balto » qui est un roman à plusieurs voix et donc avec plusieurs registres de langage !
Elle a un sens de la formule imagée, et son regard est rempli de compassion pour les vies difficiles des héros du quotidien.
je ne crois pas que le roman tienne du roman policier ( juste parce qu'il y a un mort et une enquête ? ), il s'agit plutôt d'une étude sociale (rôle qu'a souvent le polar, il est vrai ! ) car discrétement , Faïza Guène parle du chômage, de l'ennui, de l'enfer du jeu, de l'intoxication devant la TV , de la différence, de la jalousie fraternelle, de l'enfer du travail, des nouvelles méthodes américaines, des collègues qui vous empoisonnent la vie ,des petits chefs qui se croient tout permis, de la désillusion face à la vie en pavillon…
Bref, voilà mes questions à Faïza Guène : - Tous vos personnages du Balto sont attachants car ils ont tous une faille mais avez-vous une préférence pour l'un d'entre eux ?
- Mme Yeva est le personnage que j'aime le moins ( à cause de la façon dont elle traite son fils aîné ).Elle semble si énergique que j'ai du mal à comprendre son attitude face à Jacques .Pourquoi ne l'a t-elle pas quitté ?
- Aviez vous des modèles ( rencontrés au café) pour eux ?