Et Lady Diana entra en Série Noire

Journaux attachés au Palais de Kensington, le 30 août 2007 (Kieran Doherty/Reuters) Ce 31 août marque les dix ans du crash du tunnel de l'Alma, à Paris, où la princesse de Galles et son amant trouvèrent la mort. Nombre d'ouvrages, enquêtes ou hommages, sont à cette occasion parus outre-Manche, et certains en France. Le Cabinet de lecture a porté son choix sur un roman de barbouzes écrit par un Irlandais.

Question de genre

Lorsqu'il s'empare de la politique et de l'espionnage, le roman policier est un récit se situant au point de connexion exact entre vérité et conspiration. Ainsi, contrecoller une fiction sur une trame de faits réels dont on connaît l'issue (la mort au treizième poteau) mais dont on ne connaîtra jamais véritablement ni les tenants ni aboutissants (rappelons qu'en décembre dernier, la police britannique concluait son enquête officielle dans le mêmes en que sa comparse française : l'accident), tout en restant crédible, ne pouvait être l'œuvre que d'un romancier oeuvrant dans ce genre. Ce romancier n'est pas un inconnu : l'Irlandais Eoin McNamee avait publié deux solides romans ( » Le Trépasseur » et » Tango Bleu » ), et s'est ici attelé à un événement encore fumant. » 00 : 23 Pont de l'Alma » participe du même travail romanesque que le cycle » Underworld USA » de James Ellroy : une relecture de l'Histoire en se plaçant du côté des porteurs de serviettes et des barbouzes. Ici, donc, il livre sa version du drame de l'Alma.

Une course contre le temps

Pour le romancier irlandais, la thèse de l'accident concernant la mort de Diana Spencer, de Dodi Al-Fayed et de leur chauffeur est un conte de fées. La vérité ne peut résider que dans l'attentat maquillé (thèse avancée par de nombreux ouvrages et témoignages). Comme tout roman d'espionnage, » 00 : 23 Pont de l'Alma » est une course contre le temps. En trois cent pages, nous revivrons, de façon morcelée, les péripéties de moult personnages, entre le 27 août et le 31 août 1997, 4h40. McNamee a imaginé un monde interlope de faux-semblants, d'officines privées, d'espions ou ex-espions prêts à vendre n'importe quoi à n'importe qui. L'intrigue suit essentiellement le point de vue de trois personnages : Michael Bennett, John Harper, et » Grace » , tous trois anciens des Forces Spéciales britanniques, envoyés à Paris pour surveiller la Princesse. Pour qui ? Au lecteur de voir, car les personnages aux-mêmes sont rapidement dépassés. Arrivent ensuite un ancien des services secrets sud-africains, étrangement intéressé par la Princesse ; et Henri Paul, membre de la sécurité du Ritz. Qui, ici, travaille pour la DGSE : et James Adanson, le paparazzo qui a la réputation de porter la scoumoune à tous ceux qu'il croise (Dalida, Claude François, Bérégovoy). Tout ce petit monde fonde les bases d'un roman qui nous emmène vers une fin certes inéluctable et connue, mais par des chemins inusités.

Une course à la vérité

On aperçoit de temps à autres, subrepticement, les amants cachés. Mais McNamee a la bonne idée de les » flouter » , de ne pas aller voir ce qu'ils se disent. La princesse est ici simplement nommée » Spencer » . Ce faisant, il augmente le mystère et reste élégant devant ce drame. Ce faisant, il libère à travers le puzzle narratif, une galerie de portraits assez allumés : le paparazzo persuadé d'avoir l'Ordre du Tempe Solaire aux trousses, Henri Paul obsédé par les lesbiennes et les amours de passage, Harper en quête de rédemption. Comme dans tout bon polar, le destin des personnages satellitaires est un myriade d'échos à celui du personnage principal. Lady Di doit alors être sauvée coûte que coûte. Car il apparaît très tôt qu'il va lui arriver quelque chose : le monde connaît depuis quelques semaines sa liaison avec le fils Al-Fayed, ses engagements la rendent trop glamour ( » Elle représente une gêne pour son ancienne belle-famille. Elle est la mère de l'héritier du trône et elle a l'intention d'épouser un play-boy musulman. Sa campagne contre les mines antipersonnel a suscité pas mal de colère dans certains milieux, (..) elle envisage de soutenir la cause palestinienne » ). Dans » 00 : 23 Pont de l'Alma » siffle un omniprésent » air de vendetta » .

Une course littéraire

McNamee imagine une France dont les services secrets ne se sont toujours pas remis de ne pas avoir prévu le suicide de Bérégovoy quatre ans auparavant. Chez McNamee, tout le monde est paniqué. Tout le monde se fait mutuellement chanter. Avant et après le drame. McNamee peut donc reprendre à son compte la thèse la plus courante, en ajoutant d'autres pays dans l'affaire, et imaginant un véhicule supplémentaire sous le tunnel à 00h23… Sur un strict plan de style littéraire, ce roman n'est pas le meilleur de l'auteur. Mais en terme de crédibilité littéraire d'un fait people et politique récent, et marquant, » 00 : 23 Pont de l'Alma » est un modèle. A tel point que McNamee, luxe très » et que le personnel s'amuse ! » , se permet un roman non résolutif ! Pas de solution, que du mystère et des turbulences : cela donne souvent les meilleurs romans noirs, mais c'est rarement soluble dans l'espionnage. Ici, la dose est parfaite.

► » 00 : 23 Pont de l'Alma » de Eoin McNamee - trad. Christophe Mercier – Série Noire / Gallimard – 334 p – 21,50 € Eoin McNamee, l'auteur de 00:23 Pont de l’Alma (DR)

 

► On saisira mieux encore les complots à l'œuvre chez McNamee en se plongeant dans » Diana, l'enquête jamais publiée » de Chris Lafaille (Scali), ancien rédacteur en chef de Paris Match. Car ici se trouvent l'histoire de la grossesse de la défunte, l'énigme de la bague » Dis Moi Oui » … et les raisons de l'escale parisienne, imprévue, du couple menacé (attendu à Londres par les propres fils de Diana).

17 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

22H33 | 30/08/2007 | Permalien

Outre la volonté du palais de faire « taire » la Princesse, je reste persuadé que ce sont les paparazzis les principaux coupables de sa mort !

Que le chauffeur soit bourré ou qu'il aille trop vite, rien ne se serait passé si les « mouches a merde » ne l'avait poursuivie !

Et que dire de ceux qui ont fait des photos après l'accident …

Portrait de Courageux anonyme

De

00H56 | 31/08/2007 | Permalien

Outre le fais que le livre est l'air trés bien, je trouve qu'on en parle un peu trop, regarder le journal de 13h de fr du 31/08 et vous verrez, grands moments de culture télévisuel a prévoir ! ! !

Bonne nuit la france !

Portrait de Courageux anonyme

De

01H29 | 31/08/2007 | Permalien

LAISSEZ-LA REPOSER EN PAIX ! ! ! …rebelle

Portrait de Courageux anonyme

De

10H51 | 31/08/2007 | Permalien

Lady Diana plus surement une victime collatérale que visée ?

Dodi al Fayed, trafiquant d'armes Egyptien Mort, son collègue également trafiquant d'armes, Ashraf Marwan, tombé de son balcon à Londres,
James Andanson conducteur de la fameuse Fiat Uno présent sous le pont de l'Alma, retrouvé mort dans des circonstances abracadabrantesques sur le plateau du Larzac, ami de Diana et de Bérégovoy, voir http://www.investigateur.info/affaires/france/andanson.html

Ce dernier c'étant confié à l'écrivain Frédéric Dard, après son décès sa veuve et sa fille ont été auditionnées sur commission rogatoire :
Pendant des heures, elles ont été entendues séparément, puis confrontées. Comme elles maintenaient leur témoignage, on a les a cuisinées jusqu'à leur faire dire que s'étant levées au cours du repas pour servir les plats, elles avaient peut-être mal compris la conversation et que leur témoignage ne pouvait donc être conservé. Cependant, les Dard avaient du personnel de maison qui assurait le service de table.

Francis Gillery journaliste, écrivain, réalisateur français : « J'ai étudié le mécanisme du mensonge d'État dans l'affaire …. Voir Google et la longue liste d'article à son sujet

Henry Paul le Chauffeur-Chef adjoint de la sécurité de l'Hôtel Ritz, Barbouze mossadien, conduisant une voiture volée 4 mois plus tôt au lieu de la mercédès de service habituel, voir http://www.divulguer.com/pdf/diana.pdf

Hôtel Ritz un lieu de rendez-vous pri­vilégié pour les acheteurs d'armes du Proche-Orient et leurs fournisseurs européens, ou Jonathan Aitken, ministre du dernier gouvernement conservateur britannique ci est fait prendre en visite et fut condamner à la prison pour mensonge, sur infos du mossad, qui le considérait comme dangereux pour israël avec ses relations pro-arabes :
http://www.pbase.com/lumitra

Diana plus probablement victime collatérale de la mort de Dodi le milliardaire trafiquant d'armes trop gênant pour certains, et les paparazzis les boucs émissaires, comme dans toutes affaires de ce genre, que les go-go vont gober à tous les coups

Dommage pour Diana, qui en voulant une fois de plus emmerder La royautée British, en se s'affichant avce le pire des amants possibles, se soit ainsi condamnée.

Le garde du corps Trevor Rees-Jones était il au courant lui aussi, à quel service d'espionage emargeait-il, MI5, CIA, Mossad ou autres.

Portrait de Hubert Artus

De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 11H46 | 31/08/2007 | Permalien

 

Néanmoins, il convient de ne pas tout prendre au pied de la lettre, et de ne point trop conspirationner, sur ce genre d'affaires. Le suicide de Anfanson n'est pas si abracadabrant que ça, et il est fort possible qu'il soit réel, pour ne pas dire probable, ont dit des investigateurs de confiance aussi…

Portrait de Courageux anonyme

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De

12H56 | 01/09/2007 | Permalien

D'après les infos de proches de la famille et médicales, il est impossible que les restes présentés à la famille puissent être dû au seul incendie de la voiture.

Mais libre à vous de jouer l'autruchecet avaler les Xmensonges d'etat, comme pour la Tour 7 du WRC du 1109, pas d'avion se crachant dessus mais effondrée en 7 secondes,

Et milles autres cas similiares aussi monstueux

Mawxel

Portrait de Courageux anonyme

De

02H12 | 01/09/2007 | Permalien

Tout à fait d'accord avec vous, CA de 11h51. Et puis cette histoire de suicide sur le Larzac…. QUI irait se suicider sur le Larzac truffé de radars militaires qui détectent le moindre mouvement ? ? ? C'est n'importe quoi.
J'ai habité à Millau pendant 16 ans et si j'avais voulu me suicider je me serai jetée des falaises des gorges du Tarn (il y en a de très hautes), c'est imparable et immédiat (bon aujourd'hui il y a le viaduc c'est encore plus haut). Par contre le corps reste intact… on sait bien que la crémation permet d'effacer bien des traces non ?
L'histoire de James Andanson est édifiante et il faut être bien naïf ou bien craintif pour ne pas comprendre les manoeuvres politiques sous-jacentes.
Pour convaincre les indécis, comment une BMW peut-elle brûler en carbonisant complètement un corps alors qu'un BOEING qui se crashe en brûlant tout son carburant laisse des corps que l'on peut ensuite identifier ? ? ?
Audrey - Pau 64

Portrait de Courageux anonyme

De

10H55 | 31/08/2007 | Permalien

quand va t'on nous lacher avec cette « non-affaire » cette pauv petite fille riche s'est fait mettre le grappin dessus par un troll fin de race, puis par un fils a papa au activités louches dans l'armement, et alors ca finit generalement mal…

Portrait de Courageux anonyme

De

11H30 | 31/08/2007 | Permalien

C'est 1 fait de société comme un autre, et vous vous pourriez enrichir votre intelect en cherchant à comprendre dans quelle société vous vivez au détriment de votre plein gré, mais rien ne vous y oblige, ni de critiquer ceux que cela passionne

Portrait de Hubert Artus

De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 11H46 | 31/08/2007 | Permalien

 

D'accord avec vous, et c'est pourquoi il importait de citer ce roman d'espionange !

Portrait de Courageux anonyme

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De

18H39 | 31/08/2007 | Permalien

Viens de voir l'émission « c'est dans l'air » d'yves Calvi pour les 10 ans … très troublant et cette façon d'être assez consensuel (les journalistes présents sur le plateau mais ce ne sont pas les seuls malgré les démentis « officiels ») sur le fait qu'il y a quand même des questions qui restent sans réponses ou pour lesquelles les réponses apportées ne semblent convaincre pas grand monde, saura t'on un jour ?

Portrait de Courageux anonyme

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De

11H44 | 02/09/2007 | Permalien

OUi, cela permet de voir dans quelle société nous vivons, et c'est bien cela qui est triste…
Je me souviens du reste du journal radio du jour du crash de la Barbie anglaise. Ca avait donné une demi-heure de déblatèrages sur la « pauvre » Di, le pourquoi du comment de l'accident et blablabla.
Puis, il y avait eu la suite du journal : « Algérie, 300 femmes égorgées dans un village par (je ne sais plus qui, le FIS probablement) ; météo : temps… ».

Alors, effectivement, une société où les gens pleurent pour une fausse blonde pleine aux as qui a eu une « vie de rêve » et oblitèrent le reste (surtout quand il ne s'agit « juste que » de 300 morts dont tout le monde se fout…), ouaip, c'est du mirage, du « rêve ».
Mais faites sans moi, cette vision du monde et de la société ne me plaît guère…

Otto Naumme

Portrait de Ohmygod

De Ohmygod

12H16 | 31/08/2007 | Permalien

Est-ce qu'on peut lire ce genre de livre à une terrasse de café ?

Portrait de Hubert Artus

à Ohmygod Portrait de Ohmygod De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 17H51 | 31/08/2007 | Permalien

 

Oui. Que la terrasse soit en France ou au Royaume-Uni.

Portrait de Courageux anonyme

De

22H10 | 31/08/2007 | Permalien

Aucun avion ne s'est ecrasé sur le 13em pilier du pont de l » Alma .
Lire et relire « L » effroyable imposture « 

Portrait de Courageux anonyme

De

11H45 | 01/09/2007 | Permalien

Pas tout à fait dans le vif du sujet, mais je trouve sublime la mise en abyme provoquée par les deux sujets successifs de la Une de Rue89 : « Lady Diana rentre en Série Noire » et, juste au-dessus, « A Paris, la droite va dans le mur ».
Humour noir ?

Portrait de Courageux anonyme

De

13H10 | 02/09/2007 | Permalien

Lady qui ?
Ah oui la pauvre petite fille riche qui épousa un prince et qui fut très malheureuse !
pfff

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