Bordas : « L'histoire du cycle s'arrête en 1984, la fin de Hinault »

Le Tour 2008, comme toutes les grandes compétitions sportives depuis dix ans, est -aussi- marqué du fer rouge de la suspicion. L'occasion d'une pause rafraîchissante, comme en offre toujours la littérature lorsqu'elle épouse le tempo du sport et du maximalisme. Interview de l'ancien journaliste cycliste Philippe Bordas, dont le » Forcenés » était paru en hiver, et dont nous parlons l'été. Ballade littéraire et sportive.

« Forcenés », un cri sportif


 » Le cyclisme n'est pas un sport. C'est un genre. Les genres déclinent et disparaissent, comme les civilisations. […] Le cyclisme est mort […] Le cyclisme dans sa perfection est abouti. Copi achève le cyclisme comme Joyce et Faulkner achèvent le roman, dans sa forme minérale complexe. Après qui viennent les répétitions, les épigones, la dilution » : c'est par deux pages de ce tonneau que débute » Forcenés » . Un livre fait de rage et d'assise. De style. » Forcenés » était paru, de façon un peu incongrue, en janvier dernier. En fait, le simple décalage entre cette parution et la saison où, en France, le vélo passe du rang d'objet de garage à celui de narration collective, résume ce qui est en jeu dans ce deuxième livre de cet ancien photographe, devenu un temps chroniqueur cycliste à L'Equipe et journaliste à L'Autre Journal de Michel Butel. » Forcenés » raconte un cyclisme qui n'existe plus. Qu'Antoine Blondin ou Pierre Chany écrivaient sous les transcendances d'Anquetil, de Fausto Coppi, de Geminiani, de De Vlaeminck ou encore de Bartali. Le cyclisme était alors un » flirt aux marges de l'humain » sans cesse nouveau. Avant l'arrivée des chimistes.
C'est est un texte étrange. Tantôt narration tantôt scansions. Tantôt maximalisme, tantôt lyrique, tantôt trop verbeux. Une mosaïque de portraits ayant existé, de figures idéales et métaphoriques, d'évènements pur sang, de figures littéraires et de sociologie. » Forcenés » est un cri sportif. Mais surtout, un objet littéraire, quelque part entre » Les Tripettes de Belleville » et Antoine Blondin.

Depuis dix ans exactement, chaque Tour de France est aussi un Tour du dopage. Que vous inspire ce changement de narrations, de cyclistes, d'hommes-produits, d'adéquation entre le sportif et son temps ?

Les grands cyclistes, Vietto, Coppi, Anquetil, pour ne parler que des plus beaux, ont été d'une autre race que sportive. Ils ont agrégé à eux une densité historique et poétique qui faisait langage. Ces enfants venus du labour ou de l'atelier ont créé un geste, ils ont inventé un phrasé qui est allé au cœur des gens. Ils ont été les troubadours d'un peuple encore maître de son langage, encore proche du parler du Villon, des exagérations de Rabelais, des raffinements artisanaux de Céline. Les grands cyclistes ont été les poètes errants de ceux que les petits tyrans appellent « gens du bas » -même s'ils gardent l'intime perception du très-haut.

On ne peut aimer Coppi sans la perception du sacré, sans la perception antique des défis lancés aux montagnes et aux éléments. Le dopage fut de toute époque, il a été le quotidien, le vice et la passion de ces hommes au défi de tout. Jadis les dopages étaient dérisoires, les exploits énormes. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

A titre personnel, êtes-vous favorable à l'autorisation du dopage, ne serait-ce que pour pouvoir en prévenir les effets secondaires ?

Un dopage minime, compensateur, régulatoire est de facto admis et pratiqué, qu'on le veuille ou non. Ce sont de petites choses, certes, mais qui éloignent à jamais l'idée du dopage zéro. Il faut imaginer ce que c'est qu'un Tour de France, une course extrême de trois semaines.

A titre littéraire, êtes-vous favorable à l'interdiction de l'autofiction, ne serait-ce que pour éviter les effets secondaires ?

Saint-Simon, Proust, Céline, voilà les maîtres de l'autofiction. Les hommes d'un destin. Les hommes d'un style. Les inventeurs d'un phrasé, comme Anquetil, comme Coppi. Saint-Simon écrivant dans le noir, au secret, faisant exploit dans un corridor, arrachant à la bougie un presque siècle de temps. Proust incendié par les protocoles médicaux, mort jeune d'avoir grimpé plus vite et haut que les petits coureurs de son époque. Céline cramé de l'intérieur, insomniaque et pas lésineur sur les pastilles excitantes. Ce qui se nomme aujourd'hui autofiction, c'est l'inexistence bravache des ego sans destin, la littérature résiduelle des humains sans style - des riens.

Quand une société s'est à ce point aliénée à la matérialité, au dégoût de soi, à la vanterie de ce rien, à la vanterie de soi, quand la question du destin est déliée de celle de l'héroïsme, quand la langue française est à ce point tenue en mépris et en haine, on voit soudain aux batraciens des envies de littérature.

Votre panorama s'arrête, outre l'évocation de Pantani, à Herrera ou Stephen Roche. Pourquoi ?

L'histoire du cycle s'arrête en 1984. C'est la fin symbolique de Bernard Hinault, dernier champion d'antique lignée. Hinault est moqué par Fignon, champion nouveau issu de la middle class. Par ses manières, Fignon réfute tout à la fois le milieu prolétaire dans lequel s'enracine le cyclisme et réfute également la sphère de noblesse vers laquelle il tend. 1984, c'est l'étrange renaissance de Moser, qui bat le record de l'heure de Merckx, alors qu'il est déjà hors d'âge. 1984, c'est Fignon deux fois plus fort qu'en 1983. C'est le moment où les initiales d'Henri Desgrange, qui dès sa naissance lia le cyclisme à l'écriture, sont décousues du maillot jaune. 1984, c'est l'irruption de Tapie dans le cyclisme, le marketing le plus déprimant, c'est l'absorption du Parti communiste par un Parti socialiste cynique et revenu de tout.

1984, c'est l'année de Vies minuscules de Pierre Michon, dernier soubresaut littéraire, avant l'avènement, calculé par les éditeurs, de la littérature moyenne supérieure, l'assomption des Fignon dans le paysage littéraire français. La littérature nie son enracinement historique populaire, renie Villon, Rabelais et Céline. La question de la noblesse, la primauté de l'excellence sont mises en accusation. La littérature et le cyclisme des vingt dernières années sont soumis aux mêmes artifices, les romanceurs de ce temps se dopant à la sociologie, au journalisme, au nihilisme dilué, au pornographisme niais de petits partouseurs des Yvelines.

Hinault dans un contre-la-montre du Tour, en 1986 (Luc Novovitch/Reuters)

Pour revenir au cyclisme, il faut dire une fois pour toutes que, depuis le début des années 90, il n'est plus possible de gagner une grande course sans dopage invasif. De fait, les coureurs sont devenus honteux d'eux-mêmes, ils se cachent derrière des lunettes noires, masquent leur chevelure avec des casques épouvantables, ils se coupent de la rumeur du monde et des vivats de la foule par le jeu d'oreillettes et de câblages dignes du barnum autistique des présentateurs télés.

L'expressivité ancienne s'évanouit. Coppi casqué et lunetté n'aurait jamais pu délivrer son étrange message christique. Dans le même temps, les écrivains domestiqués du temps nouveau montrent une identique honte du langage et du poème français, ils parlent la langue médiane des magazines, ils parlent la langue diaphane des télévisions. Qu'un gamin surgisse et écrive en français langue vivante, il est saisi par les policiers en civil pire qu'un déviant exhibant ses organes.

Forcenés de Philippe Bordas (Fayard, 300 pp., 19€)

En juillet, avant la prochaine rentrée littéraire, le Cabinet de lecture publiera les –nombreux…- sujets sur des livres parus ce premiers semestre, et dont il n'a eu le temps de vous parler.

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Portrait de Humain

De Humain

17H14 | 20/07/2008 | Permalien

Evidemment 1984 cela remonte loin…

Il était un commentateur, entre autre de cyclisme, nommé George Briquet, capable de décrire une évènement sportif de quelque nature et en faire, parfois, un exploit par ses seuls propos !

On dit que certains comme Chapatte ou Thierry Roland auraient commencé à cette époque.

Briquet est mort en 1964…. Bien avant la fin, évoquée ci-dessus du cyclisme, qui était une sport de « pro » voulant gagner certes, mais, au dire de certains « grands » une façon d'éviter l'usine.

Peut être que depuis les années 1985-90 y a-t-il moins de différences entre les premiers et les derniers dans une course importante.
La préparation devenait à cette époque, une affaire, non plus de simple « vouloir gagner » mais surtout une volonté copieusement doublée d'un entraînement de plus en plus professionnel.

Nous sommes loin d'un d'Anquetil, qui, dit-on, ne lésignait pas devant un bon steak et sa garniture avant de remonter sur la selle !

Les grands coureurs, de nos jours ne sont peut être pas tous très différents les uns des autres : la différence, serait alors apportée par cette « aide » devenue necéssaire dans un sport qui demande tant de ressources énergétiques.

Pour qu'autre raisons, pour la pub et la promotion il en serait de même pour le tennis ou d'autres activités : mais là, le motus est total !
Pourquoi ?

Ce que les « supporters » reconnaissaient dans le Vieux Gaulois (Tour de 1919) ou dans un Poulidor était d'abord l'opiniâtreté… Alors que de nos jour on ne chronom^tre quasiment que la seule performance.

Ce qu'il faut changer ce n'est pas la façon d'entraîner, car elle découle de l'effort demandé… Et donc n'ira pas en diminuant.

Il y a peu, après un scandale de dopage, le reporter de France 2,Gérard Holtz commentait, ébahi, la vitesse effarante à laquelle repartaient les coureurs !

Diminuer le dopage demandera à en diminuer les causes…
Et le sport cycliste reviendra non ce qu'il était, mais ce qu'il aurait du devenir.

Portrait de Augustus

à Humain Portrait de Humain De Augustus

Globe-trotteur en quête de dromadai... | 17H40 | 20/07/2008 | Permalien

Chapatte et Thierry Rolland, quand j'avais treize ans en 1966, ils étaient déjà là… je me souviens qu'avec mon frangin nous brocardions les poncifs de TR : …et le rugueux Zdrongordszic décoche un tir terrible qui ne laisse aucune chance à l'impénétrable Rudraescu

Je ne voudrais pas dire de bêtise, mais je crois qu'ils ont commencé leur carrière sous le règne de Charles le Chauve…

Portrait de Petit_ours

à Augustus Portrait de Augustus De Petit_ours

actuellement étudiant en Argentine | 06H30 | 21/07/2008 | Permalien

Et ils le terminent sous Marc-o au dents longues, sauf Chapatte, qui eut l'extrème bonne (je reconnais que ça dépend du point de vue) idée de mourir jeune, ce qui évite toujours l'outrage du temps ;
Poulidor, l'éternel second, vit encore à 40 bornes de chez moi. Il y a deux ans, alors que je roulais dans ce St Léonard qui lui est si cher, j'ai eu la surprise de le voir à mon côté, lui sur son vélo alors que je faisais, en voiture, du gras à un feu rouge (il doit flirter avec les 70 ans, j'en ai 23). Et mon père, qui a la chance de côtoyer professionnellement son médecin personnel, s'est laissé conter qu'il avait toujours une santé de jeune homme. Oui, c'était une autre époque. Mais c'est bien partout.
Pantani, lui, est mort d'overdose. Le tour devient plus compliqué ? C'est possible, néanmoins, les coureurs emmenaient à l'époque des machines plus pesantes que celles d'aujourd'hui, taillées dans des peaux d'avions de combat. Alors, la différence…

Alors c'est peut-être nous qui avons changé, et qui vivons la fin d'un règne.
Il serait temps de se pencher n peu sur nous même, car on a les héros que l'on mérite.

Portrait de Panca

à Petit_ours Portrait de Petit_ours De Panca

raleur qui aime les débats | 07H39 | 22/07/2008 | Permalien

Effectivement, l'auteur de l'article omet le populaire Poulidor qui a grandement contribué au Tour de France sans jamais le gagner (il a gagné de nombreuses autres courses). La bonne santé du Poulidor est LA preuve qu'il n'a jamais eu recours au dopage, contrairement à d'autres dont les noms sont connus et qui
ont quitté notre monde plutôt jeunes. Poulidor, qui n'en est pas un, n'as jamais été très aimé des intellectuels qui lui reprochaient un manque de « stratégie » mais j'ai cru comprendre que la stratégie était le fait des directions d'équipe.
Pour finir une question, une encyclopédie sur le cyclisme va t elle paraitre prochainement ?

Portrait de guiton

De guiton

chargé d'enquête | 17H14 | 20/07/2008 | Permalien

Je ne pense pas que l'on puisse dire que l'histoire du cyclisme s'arrête en 1984. Car, comme les plus jeunes, je me suis mis à m'intéresser à ce sport après cette date. Et pour moi, mon histoire du cyclisme a débuté avec les Lemond, les Delgado, les Indurain. Certes les histoires de dopage récentes, la « surprofessionalisation » de ce sport ont retiré la part de rêve et de « folklore » qui donnait au cyclisme un caractère si particulier. Mais les exploits sont toujours là, l'intérêt des courses est parfois encore présents.
Et de plus, je dirai qu'arrêter l'histoire du cyclisme au début d'une période où les affaires de dopage se sont multipliées, c'est aussi nier le fait que le dopage était présent avant (désolé, mais depuis mon jeune âge, j'ai entendu des anecdotes de dopage pour les périodes vant 1984 et certaines rumeurs concernant des champions comme Merckx, sous réserve de confirmation bien sûr). Surtout que sur le point du dopage, les contrôles et les techniques de détection se sont réellement développées depuis 10 ans (peut-être du fait du fort développement des pratiques dopantes).

Le cyclisme n'étant pas en dehors de la société, il est aussi logique que le matériel et l'apparence des ocureurs suivent les évolutions technologiques, les évolutions de la mode, le principe de précaution (imposant le port du casque) et tout ce que l'on retrouve dans la vie actuelle. Si le cyclisme est tel qu'il est aujourd'hui, c'est peut-être aussi qu'il reflète à sa manière nos sociétés (recours à l'informatique lors des entraînements, recherche du moindre détail pour augmenter la performance, comportements de plus en plus lisses et uniformes de la part des coureurs, etc..). Mais je n'irai pas jusqu'à dire que so histoire s'est arrêté. Sinon, c'est que la nôtre aussi.

Portrait de sissa

à guiton Portrait de guiton De sissa

23H48 | 21/07/2008 | Permalien

C'est dit très clairement dans l'article : le dopage date de bien avant la période actuelle, il a en fait toujours été présent.
La différence, c'est que les progrès de la science font qu'aujourd'hui, il est devenu si efficace que les coureurs « à l'eau claire » sont complètement dépassés.

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H46 | 20/07/2008 | Permalien

Ce qui se nomme aujourd'hui autofiction, c'est l'inexistence bravache des ego sans destin, la littérature résiduelle des humains sans style - des riens.

Rien que pour celle-là, ça valait la peine de lire l'entretien ! Et le reste n'est pas mal non plus. Encore merci…

Portrait de brogilo

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De brogilo

in angulo | 19H45 | 20/07/2008 | Permalien

Re-salut Thierry, ça fait plaisir de te re-trouver là.

Superbe entretien, effectivement, sur un sujet qu'on eut pu croire rebattu et qui, par la magie d'un seul, retrouve tout son mordant.

Un écrivain qui voit loin, c'est clair, et ça fait tout de suite du bien.

Le bouquin de Bordas fera partie des quelques-uns que j'emporterai cet été avec d'autres, que tu sais bien : -)).

Portrait de DBL8

De DBL8

Retraité | 18H10 | 20/07/2008 | Permalien

AH… le dopage.
Et pourquoi s'arrêter au cyclisme ?
Arrêtons de faire les vierges effarouchées, et faisons des contrôles dans TOUS les sports.
Même les amateurs en prennent, sous prétexte de récupérer plus vite, ou être en meilleur forme.

Pourquoi ne pas leurs dire : vous êtes prit une fois… c'est la dernière après plus de compétitions.

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 19H10 | 20/07/2008 | Permalien

Alors là vous deux, vous me la baillez belle !
Oui Thierry et Broguilo !
Presque d'accord avec vous, sur la portée de l'article, l'un de ceux dont nous régale en général Huber Artus.

Mais le sujet étant très actuel, et en ayant lu les contributions précédentes, je me suis dit que pour parler de cyclisme, il fallait au demeurant suivre un « régime sans selle » à base de « champagne et amphétamines » comme « Maitre Jacques », être « cadre supérieur » et réussir comme entrepreneur (institut de thalassothérapie », Louison Bobet, (le cancer toujours en ligne de mire), ou avoir eu un cancer des testicules (et une pharmacopée, spéciale autorisée) comme L'extraterrestre Amstrong.
Enfin, ce qui fait plaisir dans l'article c'est de voir qu'un nouvel Antoine Blondin est peut être en train de naitre !
Et ça pour une nouvelle, c'est une nouvelle.
Non ! je ne déraille pas, ni ne pédale dans la semoule !

Portrait de Thomas GREDAT

De Thomas GREDAT

| 19H36 | 20/07/2008 | Permalien

Le sport en général, le cyclisme en particulier, et le Tour de France en spécial-particulier, ont toujours inspiré la verve des journalistes, bons ou mauvais, et de quelques écrivains, illustres ou obscurs. Les meilleurs chantres du vélo furent cependant ceux qui ne se laissèrent jamais prendre au piège de l'emphase et du superlatif : Pierre Chany, l'oeil, chez qui la passion du spectateur se mêlait à la rigueur de l'observateur et à la probité de l'historien ; Antoine Blondin, l'amoureux amusé, dont les bons mots et le sens de l'a-propos courent encore.
Alors, convoquer Rabelais, Villon ou Céline, je veux bien. Vous croyez vraiment que c'est à eux que Coppi et Anquetil pensaient, au milieu des tortures de damnés qu'ils s'infligeaient dans leur corps-àcorps avec la route ? La légende, Anquetil n'en avait rien à foutre : il gagnait les contre-la-montre, contrôlait la course en montagne et raflait le Maillot jaune à Paris. Je veux bien excepter 1961, où il porta le paletot du premier au dernier jour, non par souci de la légende, mais par amour du défi. La seule différence entre Indurain et lui, c'est que l'Espagnol ne tirait pas une tête de six pieds de long sur le podium quand il avait gagné.
Merckx, OK, c'était un obsédé du panache. En revanche, pour Hinault, en qui Bordas voit le « dernier champion d'antique lignée », c'était des conneries de journalistes. Il gagnait le Tour à la Anquetil (quoique en grimpant mieux) et détestait Paris-Roubaix, qu'il ne gagna que pour s'arroger le droit de dire ce qu'il en pensait. Je trouve d'autant moins adroit de l'opposer au « middle-class » Fignon que, malgré un mot malheureux qu'eut ce dernier à l'égard du Blaireau, les deux hommes s'estimaient. Hinault, à ses débuts, n'était lui-même pas plus respectueux à l'égard des anciens.
Quant au fait d'être « middle class », je pense qu'un Fignon, titulaire d'un bac C et d'un DEUG, n'en avait que plus de mérite à s'imposer les mêmes souffrances qu'un apprenti-charcutier nommé Coppi ou qu'un Anquetil qui a dit que le vélo était moins dur que la culture des fraises.
Soyons sérieux : Indurain appartient à cette ère moderne tant décriée par Bordas, alors qu'il était issu d'une famille paysanne d'un village du Pays Basque ! Sur un vélo, il avait de l'allure, et ses exploits le situent dans la lignée des Coppi, Merckx et consorts. De même qu'Armstrong. Malgré tout. Armstrong qui a certainement souffert sur la route, mais davantage encore sur un lit d'hôpital. Ce qui, apparemment, ne lui a pas servi de leçon…
Bref, je crois que votre interviewé a une vision trop « littéraire » du cyclisme. Ou trop personnelle.
La vérité, c'est que le vélo est avant tout une histoire d'hommes. C'est-à-dire que la grandeur y côtoie la mesquinerie, et que l'exploit est toujours proche du dopage.
C'est aussi qu'il a évolué. Y compris dans le domaine du dopage. Les formes changent, les casques profilés remplacent les casquettes, mais les champions sont les mêmes. Et aussi l'hypocrisie.
La seule chose qui me gêne vraiment, c'est de ne plus entendre des expressions comme « Je suis râpé », « Je suis cuit », « Je suis mort » ou autres exprimant la fatigue et la souffrance.
Et si j'ai cessé d'être un assidu de ce sport, ce n'est pas pour des raisons littéraires.

Portrait de brogilo

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De brogilo

in angulo | 18H00 | 22/07/2008 | Permalien

Salut Thomas,

Evidemment pas du tout d'accord avec toi.

J'ai acheté « Forcenés » hier après-midi.
Je m'étais juré de le mettre au frais au moins jusqu'au départ en vacances et puis, ça été plus fort que moi : j'y ai d'abord jeté un oeil, puis deux, pour finir par le dévorer en entier.
En y passant une bonne partie de la nuit, du reste.

Et c'est vraiment de bout en bout un super bouquin, il faut le dire et le répéter, un bijou littéraire comme on en voit peu.

Bordas est quelqu'un qui fait oeuvre.
C'est très écrit.
Je comprends que ça puisse embêter.
Car il a une vista, il est comme qui dirait inspiré.

Alors lui faire reproche d'être de parti pris, c'est limite grossier.

Peu importe sa subjectivité puisqu'il a, par la magie des mots, le pouvoir de nous transporter bien au-delà des anecdotes qu'il nous conte.
Anecdotes, par ailleurs, que la plupart des amateurs de la Petite Reine connaissent déjà.
Pas toutes, mais un grand nombre d'entre elles.

Donc, tout est dans la manière d'écrire.
Et sa manière à lui, tour à tour torrentueuse et minimaliste, c'est du grand art.

Je sais, à certains, le style fait peur, mais quand je lis sous ta plume :

« Bref, je crois que votre interviewé a une vision trop “ littéraire ” du cyclisme. Ou trop personnelle. »

Je me dis que, sur ce coup-là, tu es vraiment à côté de la plaque.

A quoi bon accrocher l'auteur sur le fait, par exemple, qu » il y ait encore des fils de paysans en 1985, 1986, en 1987, 88 etc… » ou que « Jacques Anquetil, il se dopait pas peut-être ? »… « et avant lui, hein, machin, il se dopait pas, peut-être »…

J'ai un peu de mal à comprendre qu'on puisse ainsi aligner des petits faits, certes indubitables et connus de tous, pour tenter de discréditer un auteur et son ouvrage de quelques trois-cent pages, en s'appuyant simplement sur quelques extraits en dehors de tout contexte,

En exergue à son livre, Bordas a écrit :

« J'ai vécu au sein d'un poème lyrique, comme tout possédé. »
Pier paolo Pasolini. Qui je suis.

ça devrait t'éclairer.

Quelques extraits (p.108-109) :

« Les cyclistes ont le temps de détailler les laideurs d'un pays unifié par le réseau des ronds-points et des giratoires. Ils ne traversent plus les collines de Vietto ni les pinèdes de Darrigade, mais une marelle contre-signée par des préfets.
Ce n'est plus un pays, mais une horloge géante - le monde coagulé dans une platitude de cercles enchevêtrés. A subir l'autisme légal décidé par les hommes à tête de toupie, les cyclistes suivent un schéma inspiré de spires et de riens.

Je me dis que “Forcenés” se lit comme un très beau poème en prose.

Ou, au chapître “La fin d'un cycle” à propos du dopage, résultats de ses conversations avec Raphaël Geminiani :

“Les dopages étaient dérisoires, les exploits énormes. Que penser de ce dopage devenu énorme, de ces exploits dérisoires ? Que penser de ces nouveaux champions longs à élaborer, aussi lents que l'orme à pousser, quand Merckx et Anquetil venaient à plénitude aussi vite que le peuplier argenté ?

J'attendais que gem dissocie le dopage intensifiant, les stimulants, qui sont d'ordre nerveux, mental, et le dopage transmutant fondé sur la modification viscérale, le dévoiement des organes.

Le dopage primitif est de nature icarienne. C'est une rehausse psychique, une ivresse, une exaltation - c'est une variété forte du dionysiaque. On y risque l'écroulement.

les protocoles récents instaurés par les corticoïdes puis les modifications sanguines et génétiques dessinent une approche froide, ; les dopés contemporains montrnt des visages d'indifférence, ils ne suent pas, n'ouvrent plus la bouche, ils ont le front propre, ils n'ont pas ce visage de folie et de possession. Les usages récents sont le syndrome apollinien d'une falsification descendue aux entrailles, rate et gésier compris. Les surfaces et les épidermes sont de marbre italien.. Ces coursiers ne s'effondrent jamais. Ils ne risquent rien.

Le cyclisme aboutit à l'homme-machine de René Descartes et à la systémique issue de lui. La génétique est l'ultime dévoilement de l'ontologie.

Gem veut la fin du dopage organique. On appelle holométaboles les insectes et papillons à métamorphose complète. Raphaël veut la fin de cette course aux lisières de l'extra-humain. Gem veut sauver le cyclisme. C'est sa vie. Je ne lui dis pas ma conclusion. Il est l'évangéliste rayonnant ; je suis le disciple désespéré. Je Je ne lui dis pas que mon livre est son hommage et le culte de ses amis. Que tout se clôt sur eux.
Nous sommes debout dans le salon. nous savons que la véritable histoire du dopage ne se fera jamais.”

ou encore(p299) :

“Je laisse le cyclisme à ses factionnaires, ses contrefacteurs. Qui ne mettent pas le holà ; que le système a supplanté. Tout est permis, les mensonges, les profits, toutes les infusions. Je les laisse dans le monde faux.
Demi-fous sous prétexte de juillet.

Le cyclisme était l'intime de l'écriture ; les écrivains se nouaient à lui dans une course à fleur de peau ; les champions s'animaient au mouvement cursif d'un stylo.

Au dosages terribles, le dopage empêche toute littérature -le verbe se délie du corps véridique.”

Pas mieux.

Portrait de Thomas GREDAT

à brogilo Portrait de brogilo De Thomas GREDAT

| 19H51 | 24/07/2008 | Permalien

Salut Brogilo,
Que tu aies lu le bouquin, rien de mieux. Ton opinion à mon égard me déçoit. Quant aux extraits que tu présentes, je n'y ai rien compris.
Mais quand je lis les extraits en question, où les profusions d'hyperboles le disputent aux métaphores abusives, je me demande qui est vraiment à côté de la plaque.
Je me vois donc contraint de m'en tenir à ma première opinion. Libre à toi d'en faire autant.

Portrait de brogilo

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De brogilo

in angulo | 13H32 | 25/07/2008 | Permalien

A côté de la plaque et terre à terre en plus ? : -)

Allez, n'en jetons plus.

Portrait de Thomas GREDAT

à brogilo Portrait de brogilo De Thomas GREDAT

| 19H35 | 25/07/2008 | Permalien

« A côté de la plaque et terre à terre en plus ? » Je ne comprends pas comment tu peux te montrer aussi agressif.
Dommage.

Portrait de brogilo

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De brogilo

in angulo | 20H39 | 25/07/2008 | Permalien

Ecoute Thomas, je crois que j'ai essayé de faire sobre, juste sobre.
Ni plus, ni moins.
C'est-à-dire qu'à quelqu'un qui me répond : « C'est pas moi qui suis à côté de la plaque, c'est toi », c'est-à-dire du genre : « C'est celui qui le dit qui y est » , et bien excuse-moi, mais nous ne sommes plus à l'école primaire et il m'a donc semblé qu'il était sans doute préférable d'abréger l'échange…

Relis bien ton post de 20h36, tu verras que l'agressivité, c'est de toi qu'elle vient.

Car tu n'hésites pas à descendre en flamme un livre que tu n'as pas lu…

Donc, si je résume, Bordas est nul et Brogilo aime Bordas, donc Brogilo n'a rien compris tandis que moi,Thomas etc… etc…

Ouvre-le ce bouquin, fait l'effort, tu verras, il y est même question de Victor Hugo
ce qui ne peut laisser indifférent quelqu'un comme toi : -)
Personnellement, j'ai beau l'avoir lu, ce bouquin, je l'emmène en vacances tellement il me plait.
Une vraie mine.
Un trésor.

Voili-Voilà, Thomas.

Bonnes vacances et bien à toi.

Portrait de Thomas GREDAT

à brogilo Portrait de brogilo De Thomas GREDAT

| 21H10 | 25/07/2008 | Permalien

Relis ton post de 14 heures 32, et tu comprendras pourquoi j'ai parlé d'agressivité.
Je ne pensais pas prendre un lecteur comme toi pour un imbécile, mais si c'est ce que tu crois, n'en parlons plus. Tu as aimé ce bouquin, je suis content pour toi de ton enthousiasme, quoi que tu en dises. Je ne suis pas d'accord avec ce que dit Bordas dans son interview, je le dis et je dis pourquoi. Nous ne sommes pas d'accord, ce sont des choses qui arrivent. Autant abréger l'échange, comme tu le suggérais si justement.
Bonnes vacances à toi aussi.

Portrait de aline

De aline

19H48 | 20/07/2008 | Permalien

Ce n'est pas le dopage, mais la télé qui a tué le tour de France. Elle en a fait un spectacle abouti, alors que moi-même,petit, j'écoutais à la radio une épopée homérique, quelquechose d'indéfini et d'invisible mais ressenti à l'extrême de mon imagination et de celles des adultes qui en parlaient avec violence et idolâtrie.
La télé a transformé des idoles en vedettes, des exploits en performances, des coureurs en salariés, des vainqueurs en dopés.

Portrait de papy55

De papy55

prof. en province | 21H25 | 20/07/2008 | Permalien

1984 & B. HINAULT seraient la fin d'un certain cyclisme, c'est en fait surtout la fin (ou le début, selon le point de vue) d'une hypocrisie relative au dopage….qui existe, d'une certaine manière depuis le début de cette compétition !
Nous en sommes maintenant à l'ère industrielle !
On parle beaucoup de ce fléau (dopage) au moment du Tour de France, mais cet événement a pris une telle dimension économique, que d'ici peu, tout « rentrera » apparemment dans l'ordre….combien de villes demandent et redemandent à être « étape », c'est un peu (à une autre échelle ! ) comme les JO !
Combien de sponsors touchés de plein fouet par les affaires de dopage ont-ils finalement une image réellement détériorée ?
De plus, le dopage n'est-il pas d'une certaine manière, la « solution » proposée implicitement pour les communs des individus par les tenants d'une certaine idéologie pour qui le risque individuel en même temps que la « triche » sont devenus une religion !

Portrait de Feu

à papy55 Portrait de papy55 De Feu

11H14 | 21/07/2008 | Permalien

Sponsors touchés par le dopage ? les pôvres… Cofidis ne semble pas avoir était trop touché par les innombrables scandales qui y sont attachés et c'est bien dommage car cette entreprise qui fabrique le sur-endettement est toujours acclamée par les futurs et même anciens pigeons.
On pourrait certainement remplacer Pigeons par « sakosystes » de la premières heures……..

Portrait de papy55

à Feu Portrait de Feu De papy55

prof. en province | 12H34 | 21/07/2008 | Permalien

Les 2 premières lignes de votre réaction correspondent exactement à ce que j'ai exprimé dans mon commentaire, relisez le, nous sommes donc d'accord….
Par ailleurs, je ne vois pas ce que vient faire Sarkozy ici, le dopage est bien antérieur à son arrivée aux affaires….(NB : je ne suis pas un « pigeon » ! )

Portrait de elle-vessia

à papy55 Portrait de papy55 De elle-vessia

artiste visuelle | 13H11 | 21/07/2008 | Permalien

Eh oui, hier j'ai entendu dire que le dopage-cycliste « datait » de 1911 : alors qui croire, que croire : j'en suis à me demander, chaque fois que j'entends un coureur,s'il est ou a été dopé : que ce soit Hinault ,Koblet, Gaul, Virenque (le consultant spécialiste de la montagne ! )- et autres Fignon, Indurain, Armstrong etc……
On a vraiment envie de tous les canoniser ! Mais je me demande encore : qui croire ?
L'Autre ? ? ?
Chouette, après le Tour : les JO : enfin des compétitions propres, dans tous les sens du sport : pas de commerce, pas d'argent, pas de politique : que l'Amour du prochain, le respect de l'Autre : Que demandent les peuples ? ? ? ? ? ?
BOFFFFFF !

Portrait de AdamPollo

De AdamPollo

"out of disorder" | 03H08 | 21/07/2008 | Permalien

Déjà avec Merckx et Hinaut, je trouvais le vélo suprêmement chiant. Rien n'a changé depuis : ça l'est toujours. Quelle que soit la provenance sociale du coureur (d'ailleurs une fois qu'on a dit qu'untel était maçon et que tel autre agriculteur, ça change quoi ? ).
Les souffrances que s'infligent ces masochistes aux jambes rasées me font le même effet que celles d'un fakir : au mieux elles m'indiffèrent, au pire je trouve cela consternant. Et savoir qu'en plus, et ce depuis des décennies, des générations entières de camés de la pédale ont commencé leurs courses avec une seringue dans le cul, achève de me convaincre que cette grande boucle est à peu de choses près le summum du ridicule sportif toutes catégories (sachant qu'il y a quand même encore plus con : la boxe).

Par ailleurs, les gens qui comment l'auteur trouvent que tout fout le camp ma p'tite dame, qu'avant c'était forcément mieux, que de nos jours plus rien n'est authentique, me font trop penser à Finkielkraut (dont c'est la rengaine, avec la haine des jeunes en plus). Quand je vois de quoi a été capable la génération de mes grands parents et de leurs aïeux, je me dis que la mienne n'a pas trop de complexes à avoir au regard de l'histoire. Et que ceux de mon âge, et nos enfants, commençons à prendre conscience qu'il serait grand temps de réparer le nombre incalculable de conneries qu'ont faites nos valeureux anciens !

Cet entretien est nul, sur un sujet asymptotiquement sans intérêt.

Portrait de Le Yéti

à AdamPollo Portrait de AdamPollo De Le Yéti

yetiblog.org | 04H14 | 21/07/2008 | Permalien

Qu'est-ce qui vous passionne dans la vie, AdamPollo ?
Qu'est-ce que c'est, pour vous, un entretien pas « nul, sur un sujet asymptomatiquement » jubilatoire ?
Qu'est-ce que vous faites là maintenant, présentement, vous, pour « réparer le nombre incalculable de conneries qu'ont faites [vos] valeureux anciens » et enthousiasmer, enfin, les foules ?

Portrait de AdamPollo

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De AdamPollo

"out of disorder" | 14H16 | 21/07/2008 | Permalien

Yéti, qu'est-ce qui me passionne dans la vie ? Plein de choses, mais certainement pas de voir des masochistes shootés souffrir dans la montagne pour une gloire absurde, devant une foule hystérique sur le bord des routes, puis mourir jeune de s'être trop injecté de produits chimiques dans les veines. N'y aurait-il que le vélo pour vous ?

Je trouve qu'on fait grand cas du vélo et de ses champions, chaque année la même histoire, et je trouve dérisoire les élans mythiques tels que présentés dans cet entretien, alors qu'au mieux il ne s'agit que de sport, au pire d'un grand barnum commercial. Je trouve navrant qu'on nous fasse sans cesse l'apologie de cette grand messe annuelle, qu'on nous présente ses participants comme des exemples à suivre, des héros modernes, alors qu'en même temps j'estime comme George Orwell que « pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play ; il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. »

L'auteur nous dépeint un genre de passé glorieux où les sportifs étaient de vrais surhommes à l'éthique impeccable et aux performances pures (alors que nous savons qu'Anquetil se dopait… et je ne parle même pas de ses frasques familiales des plus navrantes) et les écrivains tous exemplaires. Il fustige le monde moderne mercantile et futile (je note juste que les leaders de ce monde moderne qu'il déteste tant sont à peu près de sa génération). Il y a un mot en français pour décrire ceux qui adoptent cette attitude politique qui s'oppose aux changements ou s'efforce de revenir à l'état de choses antérieur : réactionnaire. Par définition.

L'atmosphère de cet entretien ressemble trop aux thèses de Finkielkraut (avant c'était mieux, tout fout le camp, les jeunes sont des crétins acculturés indignes de leurs glorieux aînés, ce genre de connerie).

Vous me demandez ce que je fais « ici maintenant » pour réparer les erreurs de mes ancêtres… Ici dans ce forum, rien, je ne fais qu'exprimer une opinion. Dans la vie, j'évite justement de me référer sans cesse au passé, d'y voir des exemples là-où il n'y en a pas, de regarder la vie comme dans un rétroviseur avec une nostalgie qui ne serait finalement que la preuve de mon inadaptation au monde moderne. Je ne pense pas que l'on améliore les choses en passant son temps à déplorer le présent, en critiquant ce qui agissent maintenant, et en pleurant sur un passé fantasmé qui finalement, n'a existé et n'existe que dans nos rêves.

Et puis, Yeti, je n'ai aucun compte à vous rendre, et n'émets aucune critique particulière envers vous si votre passion première c'est d'admirer chaque année depuis des décennies des cyclistes glabres et racés enfourcher des bicyclettes super-technologiques pour escalader les montagnes françaises ou faire descendre des chronomètres vers les abysses après avoir préalablement, et consciencieusement, changé l'intégralité de leur sang et ajouté un peu de poudre de perlimpinpin à leurs organismes qu'ils mettent ainsi en état de dégénérescence accélérée.

Portrait de Le Yéti

à AdamPollo Portrait de AdamPollo De Le Yéti

yetiblog.org | 16H31 | 21/07/2008 | Permalien

« qu'est-ce qui me passionne dans la vie ? Plein de choses »

C'est vague : -D

Portrait de A.V.

à AdamPollo Portrait de AdamPollo De A.V.

tamagotchi89 | 13H29 | 21/07/2008 | Permalien

Si c'était juste une question de génération… A l'arrivée d'une étape, il y a un tas de gens, certains jeunes, avec une casquette crédit lyonnais vissée sur la tête et un mini-saucisson cochonou que la caravane publicitaire leur a balancé. On peut voir la course comme eux, et pas mal d'autres choses d'ailleurs, ou la regarder comme Philippe Bordas. La connerie n'attend pas le nombre des années. Pas vrai ? …

Portrait de AdamPollo

à A.V. Portrait de A.V. De AdamPollo

"out of disorder" | 14H37 | 21/07/2008 | Permalien

Certes : le temps ne fait rien à l'affaire.
Vous faites bien d'évoquer le spectacle extraordinaire de la caravane du tour, un grand moment de culture !

Je vois quand même un avantage au Tour. Un jour j'étais dans un bar de New York, c'était du temps de Lance Armstrong, et les écrans diffusaient une étape de montagne du Tour. Certains américains admiraient les performances de l'extraterrestre Texan, mais j'ai entendu deux ou trois personnes dire des choses du genre « regarde comme la montagne est belle en France, ça donne envie d'y aller » !
Finalement, ce qui faisait tâche dans ce spectacle magnifique de la campagne française, c'était Lance Armstrong, la caravane du Tour, les casquettes Crédit Lyonnais et les publicités ambulantes pour Cochonou. Bref, ce qui enlaidissait le panorama, c'était le Tour lui-même !

Portrait de suffren

à AdamPollo Portrait de AdamPollo De suffren

09H12 | 22/07/2008 | Permalien

AdamPollo==> Pourquoi tant de haine et de mepris envers les coureurs et les spectateurs ?
Vous vous prenez pour qui ?
Demain,sur mon velo,je vais monter l'Alpes d'Huez.Je roulerai au milieu de cette« populace » que vous execrez.
Ensuite je m'enthousiasmerai au passage des coureurs.
Pendant que betement vous referez le monde affale sur un transat a Paris Plage.
Ne vous en deplaise ma journee sera beaucoup + saine que la votre.
A tous points de vues.
Vous ne meritez meme pas d'etre compare a la selle sur laquelle je serai assis.

Portrait de AdamPollo

De AdamPollo

"out of disorder" | 03H09 | 21/07/2008 | Permalien

Le sport amuse les masses, leur bouffe l'esprit et les abêtit.
Thomas Bernhard (écrivain autrichien)

Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins.
George Orwell

Les sports ont fait fleurir toutes les qualités qui servent a la guerre : insouciance, belle-humeur, accoutumance à l'imprévu, notion exacte de l'effort à faire sans dépenser des forces inutiles.
Pierre de Coubertin

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