Au procès de "Camino 999", roman "diffamatoire" selon l'Opus Dei

Le 21 novembre, à 13h15, on connaîtra l’issue du procès en diffamation qu’intente l’Opus Dei à Jean-Jacques Reboux, patron des éditions Après la Lune, et à la romancière Catherine Fradier, auteur du roman Camino 999 . C’est à cette date qu’a été mise en délibéré la décision des magistrats, à l’issue de l’audience de mercredi. Devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, qui traite ce qui attrait aux affaires de presse et d’édition.

Me Emmanuel Pierrat, avocat de l’éditeur, a plaidé en premier. Il expliqué en quoi la plainte était irrecevable sur la forme : la jurisprudence impose selon lui au plaignant de déterminer précisément les passages estimés diffamatoires.

Si tout le livre est suspect, même les descriptions de personnages le sont, s'est amusé l'avocat. Il a donc demandé en quoi les vêtements de l’enquêtrice, le personnage principal, pouvait offenser l’Opus Dei… Me Pierrat a aussi argué qu' en n’identifiant pas les passages incriminés, le plaignant ne [nous] permet pas de nous défendre . Pour lui, l’Opus s’est trompé de machine » en formulant ce type de plainte, et en sollicitant ce tribunal.

Pour l'avocat de l'éditeur, l'Opus Dei aurait du attaquer le Da Vinci Code

Fidèle à ses effets de manche bien connus dans l’édition, l’avocat a ironiquement suggéré au plaignant d’attaquer le Da Vinci Code , son éditeur (Lattès) et le propriétaire de ce dernier (Lagardère), plutôt que de s’en prendre à un éditeur qu’une telle procédure peut ruiner.

A l’époque de la parution du livre de Dan Brown, l’association catholique n’avait pas fanfaronné, ni osé s’attaquer à aussi riche et puissant qu’elle, se contentant d’un bref communiqué et non d’une action en justice. Me Pierrat, également auteur et éditeur, a tenu à conclure sa plaidoirie en évoquant la difficulté d’attaquer un roman, qui par définition est œuvre de l’imaginaire, pour une diffamation dans le monde réel.

C’est ensuite Me Alexandre Varaut, pour l’Opus, qui plaidait. L’homme a représenté Philippe de Villiers, dans une autre affaire. Il fut aussi député européen du Mouvement pour la France de 1999 à 2004. Son père, Jean-Marc Varaut, fut l’avocat de Maurice Papon en 1997. Il ne se départit pas de l’assignation, visant l’intégralité du roman.

Un ouvage entièrement diffamatoire de la première à la dernière page »

Cet ouvrage est entièrement diffamatoire de la première à la dernière page. Un roman est un tout cohérent, on ne peut en isoler des morceaux , a-t-il expliqué, rappelant que le personnage principal est un membre de l’Opus Dei qui assassine afin de protéger le trésor de guerre issu de l’affaire Matesa. Reprenant également les termes de la plainte, il a reproché à l’auteur de constamment mêler le vrai au faux .

L’affaire a donc été mise en délibéré au 21 novembre. Soit l’Opus Dei est déboutée, soit le juge renvoie l’affaire devant la même chambre, mais cette fois-ci pour étudier le fond, et non plus seulement la procédure. L’affaire suivante concernant une plainte en diffamation de Gérard Depardieu et Carole Bouquet contre la presse people. Un autre roman, donc…

Hubert Artus

Contacté, le service communication de l’Opus Dei s’est dit trop débordé actuellement » pour prendre le temps d’évoquer l’affaire avec nous.


Article suivi : L'Opus Dei s'en prend à un éditeur indépendant


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Pierre-Grenoble
22H24 08/11/2007

Une seule chose à dire
A BAS LA CALOTTE

 
le-vilain-petit-canard
06H35 09/11/2007

Je dirais même plus, mille sabords!!!

A bas toutes les calottes….

Ce retour en force de tous les obscurantismes fait vraiment peur !

les ultras-bible,les ultras-thora,les ultras-coran,les ultra-capitalistes (si si,ça a quelque chose à voir).

Au secour! pas le moindre ultra-républicain à l’horizon pour contre-balancer tout ça !

 
le-vilain-petit-canard
07H17 09/11/2007

? ? ? ? ? ? ? ? ??

 
Tita | A Lisbonne
23H03 08/11/2007

Si le procès est gagné par l’opus dei, cela signifiera que tout roman peut être potentiellement mis à l’index. En effet, à la moindre parcelle de vérité ou de référence véritable, il pourra être condamnnable pour tout l’imaginaire qui y fut acoler. Hors, c’est bien le propre du roman de composer de l’imaginaire dans du référentiel réaliste. Si tel n’était pas le cas, cela s’appellerait un ouvrage historique.

 
Hubert Artus | Rue89
23H43 08/11/2007

  J’ai présenté les deux. Me Pierrat, avocat bien connu dans le milieu du livre, est éditeur et auteur. De plus, j’ai cité des propos qu’il m’a rapportés.   

 
le-vilain-petit-canard
07H18 09/11/2007

C’est vraiment sympa de vous justifier face à cette question faussement naïve avec gros procès d’ intention,à peine dissimulé, mais bon,vous êtes un peu obligé.
Alors,c’est vrai,vous n’êtes pas un agent infiltré du Komintern qui fait son rapport hebdomadaire à Moscou ??

OUF les court-à-je-Zanonymes respirent,

Et ce livre qui touche à l’Opus Dei ce gentil club d’innocents communiants,
A l’Index!!!

 
Motus1400
23H37 08/11/2007

L’opus dei, quelle bande de clowns. Surtout que ça leur fait de la mauvaise pub, je ne connaissais pas du tout ce livre, maintenant je vais m’empresser d’aller l’acheter. Tous les extremismes sont condamnables, l’extremisme catholique aussi…

 
moguerou
12H16 10/11/2007

Je reprends les termes entre guillemets de l’article « mêler le faux et le vrai ». Si l’opus dei veut attaquer tout l’ouvrage il attaque non seulement ce qu’il estime faux et l’imaginaire mais aussi « ce qu’il estime le vrai ». Bravo