Lettre ouverte à Mitterrand pour un « statut des auteurs »

En pleine actualité sur la numérisation, et juste avant les prix, trois romanciers publient une lettre ouverte au ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et remettent la patate chaude au centre du débat : en France, il n'y a pas de réel statut professionnel de l'écrivain. Rue89 publie cette lettre.

Frédéric Mitterrand à l'université d'été du Medef à Palaiseau le 2 septembre 2008 (Charles Platiau/Reuters)

Cette année, la rentrée littéraire a été moins médiatique. Joie. Mieux : elle semble avoir laissé de la place au social. Sous l'impulsion du numérique (arrivée du Kindle, loi Hadopi, procès La Martinière/Google, affaire BNF/Google), des commissions ont rendu leur rapport (rapport Patino l'an passé, rapport Gaymard en juin dernier, rapports Zelnik et Tessier à venir). Et le droit d'auteur est à nouveau au centre des débats.

Un statut d'écrivain

La lettre ouvrte à Frédéric MitterrandPeu d'écrivains vivent de leur plume (lire aussi l'enquête d'Eco89 il y a pile un an), et la plupart font « quelque chose à côté » : traducteurs, journalistes, profs, éditeurs, nègres, fonctionnaires, chercheurs, ouvriers, libraires, rmisites ou rmaistes, restaurateurs, chômeurs ou financiers, ou autre. Le tout à plein temps.

D'un point de vue littéraire, écrivain est un statut qu'on acquiert avec du talent, du travail, et toute l'utopie du désespoir. Mais encore faudrait-il qu'écrire puisse être un métier. Un statut professionnel. Et ça ne l'est pas.

Lettre ouverte

La reconnaissance professionnelle, et donc fiscale, légale, sociale et économique, c'est l'objet d'une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand. Une lettre qui demande au ministre de la Culture de créer des conditions de rémunération qui permettent aux auteurs d'envisager leur métier comme une profession.

« Etre écrivain et pouvoir continuer à l'être. Depuis combien de temps, Monsieur le Ministre, parle-t-on de notre statut ? Un problème rebattu, penseront certains. Hélas, surtout peu débattu… », ainsi débute la lettre écrite par l'auteur Laurence Tardieu, Xavier Houssin, journaliste pigiste (Le Monde, Marianne) et romancier et Renaud Meyer, auteur et comédien. Qui écrivent plus loin : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu'écrivain est un métier et qu'il faut que les gens qui l'exercent puissent en vivre ? ».

Greffant leur réaction sur la ronde de commissions mises en place sur la question numérique depuis 2008 pour tenter de réveiller un secteur d'activité (on l'appellera ainsi…) qui est souvent muet sur ces questions. Xavier Houssin appuie sur le « désir de fédérer les auteurs, sans vouloir créer une nouvelle SGDL (Société des gens de lettres, ndlr) »

Droit d'auteur

Une vieille revendication des « auteurs de l'écrit », en France, est d'avoir un statut qui ressemblerait aux intermittents du spectacle. Statut des plus menacés par les politiques libérales.

C'est dans un contexte à la fois très ciblé (droits sociaux et rémunération) et très global (remise à plat de toute la chaîne du livre en vue d'une mutation numérique) qu'est publiée cette lettre ouverte. Qui cible la défense de l'objet livre comme la défense des « auteurs de l'écrit ».

On peut s'étonner que cette lettre, si elle aborde les questions du Net, de la création sur Internet et de la revente des livres sur la toile, ne se saisisse pas plus du droit d'auteur… sur un contrat !

Ce alors que c'est une question qui devient urgente. Que les éditeurs et les fabricants s'en emparent et dont il serait urgent que les auteurs s'emparent tout autant. « On ne pouvait pas tout traiter à la fois, admet Houssin. Et dans nos revendications on peut tout mettre, y compris la question du numérique. »

Mais cette absence est ce qui met en relief l'intérêt de cet appel : rappeler qu'à la base, les conditions n'existent pas. Il n'y a pas de statut. Donc des droits négociés au cas par cas, mais pas de notion de droit. Et que sans cadre, la mutation vers le numérique s'annonce duraille à énoncer.

Les trois auteurs ont pris soin de publier leur lettre à une semaine de la remise (le 15 novembre) du rapport que Frédéric Mitterand avait confié à Patrick Zelnik, accompagné de Jacques Toubon et de Guillaume Cerutti, sur l'offre légale de contenus culturels sur Internet et sur la rémunération des créateurs et le financement des industries culturelles.

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82 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Dave Feng

De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 13H35 | 31/10/2009 | Permalien

Il me semble que, en théorie, il existe un statut des écrivains, mais que le problème est davantage pratique que règlementaire, dans la mesure où il faut pouvoir justifier de fort revenus de plume pour jouir des bénéfices de l'AGESSA (tous les écrivains sont affiliés mais rares sont les bénéficiaires...).

Ou, du moins, c'est ce que je retiens des cas qu'étudie Lahire dans "La condition littéraire" (la Découverte)... Peut-être que si les auteurs gagnaient un peu plus sur chaque livre, et non pas entre 5 et 12%, la question serait moins aïgue? Peut-être que l'effort serait à porter sur ce point, non?

(cela dit, je suis un béotien et j'accepte toute critique et remarque sur cette présentation sans doute naïve du problème).

Portrait de La mouche du coche

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De La mouche du coche

diptère | 14H08 | 31/10/2009 | Permalien

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A quoi sert un livre maintenant que nous pouvons tous nous parler sur n'importe quel sujet ?
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Portrait de Erikiki

à La mouche du coche Portrait de La mouche du coche De Erikiki

Diablotin | 22H21 | 31/10/2009 | Permalien

à approfondir ?
peut-être.
Ou bien rêver.
=)

Portrait de La mouche du coche

à Erikiki Portrait de Erikiki De La mouche du coche

diptère | 09H21 | 01/11/2009 | Permalien

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Et si on approfondissait tous ensemble ? Et si on rêvait tous ensemble ? N'est-ce pas mieux qu'un livre ?
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Portrait de emiboot

à La mouche du coche Portrait de La mouche du coche De emiboot

polyvalente | 15H51 | 02/11/2009 | Permalien

Pour moi le livre est comme un morceau de rêve à partager, offrir, raconter... Quelque chose qui se transmet, au même titre que la terre, qui se construit et qui aide à penser le futur.
Pourquoi n'aurait on pas le droit de vivre - un peu - de sa plume ? Pourquoi cette activité artistique, humaine voire humaniste, d'idée, de mémoire, de recherche, n'aurait pas droit à un vrai statut type intermittent ?
Et quand bien même il y aurait un statut....

Qu'est ce qui nous empêche de rêver ensemble ? :)

emi-lit et écrit

Portrait de RIVIERE

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De RIVIERE

14H29 | 31/10/2009 | Permalien

"Peut-être que si les auteurs gagnaient un peu plus sur chaque livre, et non pas entre 5 et 12%" :

vous pouvez toujours donner un pourcentage plus important, mais après c'est le nombre d'exemplaires vendus qui comptent. Certains livres ne se vendront jamais à plus de 2 à 3000 ex., voire moins encore (et là vous ne pouvez compenser par aucun système ni par un prix de vente prohibitif), et d'autres ce sera 100.000, puis 500.000 et 1 million. Aujourd'hui, un auteur très connu (et très talentueux) est devenu millionnaire parce que son écriture touche de nombreux lecteurs, j'en connais un autre qui gagne très peu parce que ses ouvrages ne peuvent toucher un grand public. Maintenant, l'un comme l'autre, n'en font pas "un métier". L'art, ça ne se commande pas et ne peut s'inscrire dans des règles matérialistes.

Portrait de Dave Feng

à RIVIERE Portrait de RIVIERE De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H35 | 31/10/2009 | Permalien

L'art, cela ne se commande peut-être pas (quoique...). Mais c'est le produit de circonstances: temps de travail, notamment. Certes, pour le même temps de travail, un auteur fera 2000ex et un autre 100.000 - mais si celui qui fait 2000ex gagne 3EUR par ex, et pas 1ex, il aura gagné 6000EUR et pas 2000EUR, ce qui peut, avec un régime fiscal spécifique être comparable à quelques mois de salaire d'une profession intellectuelle de base.

En sus, la majorité des auteurs sont des "petits auteurs", donc il convient plutôt d'imaginer un système de rémunération pour les petits et non en fonction des gros...

Portrait de jck

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De jck

11H37 | 01/11/2009 | Permalien

Vous parlez du droit d'auteur mais l'auteur reçoit aussi une somme fixe importante quand il signe chez un éditeur, les droits d'auteurs venant plus tard.
Parfois l'éditeur n'arrive même pas à vendre assez pour rentabiliser la somme fixe! mais il doit tout de même verser le droit d'auteur qui est un pourcentage fixe.

On pourrait imaginer un système de salariat (disons 4 ou 5 classes de salaires) plutôt que le système libéral du droit d'auteur. L'auteur est employé "en CDI" chez un éditeur et gagne la même somme fixe par mois: Si il vend peu l'éditeur perd de l'argent, si il vend beaucoup l'éditeur gagne de l'argent l'un dans l'autre l'éditeur s'y retrouve. L'auteur s'y retrouve car il perd le risque, même si il accepte de "payer pour les autres" le jour où il vend beaucoup. Système de mutualisation du risque qui pourrait faire émerger une sorte de classe moyenne.

Le droit d'auteur est fondamentalement une idée libérale mais le problème de tout système libéral en roue libre c'est qu'il produit généralement des galériens et des stars millionnaires et pas grand chose entre les deux.

Portrait de emiboot

à jck Portrait de jck De emiboot

polyvalente | 16H02 | 02/11/2009 | Permalien

Je m'inscrit en faux avec l'idée du CDI, il ne s'agit pas d'employer un auteur, à moins de le faire pour des œuvres de commandes, mais bien de reconnaitre un travail, un entrée d'argent soumise à l'impôt, sur lequel on ponctionne des charge sociale et donc DES DROITS pour celui qui cotise. Normal.
De plus le contrat implique une subordination or :
si je crée alors que je suis sous contrat avec un éditeur, aura-t-il le droit de réclamer la jouissance d'une œuvre ? Ou la priorité ?

Portrait de Jhal

à Dave Feng Portrait de Dave Feng De Jhal

14H41 | 31/10/2009 | Permalien

L'agessa n'est pas un statut a part entiere, et n'est là que pour collecter les cotisations sociales et vieillesse de la part "droits d'auteurs" des revenus d'un contribuable.
Etre auteur ne donne aucun droit particulier ni a des congés payés, ni au chomages par exemple. La seule particularité si l'auteur se declare en (micro) societé est d'etre exempté de taxe professionnelle.

En realité bien peu d'auteur sont des auteurs a part entiere. Dans le monde de l'ecrit, beaucoup ont un autre metier souvent axé sur l'écrit aussi. Par contre, par exemple, dans la bande dessinée, le temps d'execution est tel, qu'il impose un plein temps qui pourrait justifier un statut particulier.

Portrait de Dave Feng

à Jhal Portrait de Jhal De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H46 | 31/10/2009 | Permalien

L'agessa permet déjà certaines choses.

Cela ne donne pas droit aux congés payés (mais les auteurs ne sont pas les seuls travailleurs qui ne goûtent pas aux congés payés) - en revanche, si un auteur peut justifier de revenus de l'écrit suffisant sur une année ou plus, il est éligible à divers dispositifs qui lui assurent des indemnités supérieures au RMI/RSA.

C'est certes insuffisant, mais ce peut être un premier cadre à creuser, non?

La micro-société peut servir pour facturer et collecter les revenus de l'écrit qui ne sont pas des livres.

Et il est vrai que la "double vie" demeure la règle, les profs, médecins et avocats fournissant des bataillons d'écrivains.

Portrait de Thomas Cadène

à Jhal Portrait de Jhal De Thomas Cadène

Dessinateur | 19H29 | 31/10/2009 | Permalien

Merci d'avoir pensé à la BD... Oui souvent c'est du plein temps.

Portrait de Jaïlou

De Jaïlou

étudiante à oreilles | 13H39 | 31/10/2009 | Permalien

Intéressante revendication. Cela dit, le statut des intermittents est un tel bordel, le transposer aux auteurs semblent difficilement réalisable : comment déterminer la période sur laquelle doivent être effectuées le quotas d'heure, dans le cadre d'une "production" littéraire ? Faudrait-il considérer le travail de promotion d'un ouvrage (interviews, salons, ...) comme rentrant dans ce même cadre et donc permettant de rallonger la période référentielle ?

Je ne peux pas m'empêcher de rapprocher cette revendication d'un statut à celle des prostitué(e)s, qui luttent pour une reconnaissance juridique de leur profession depuis des années, sans avoir la potentielle influence médiatique d'écrivains.

Il faudrait un statut fourre-tout garantissant des droits sociaux aux professions peu reconnues, des putes aux artistes de l'écrit...

Portrait de Dave Feng

à Jaïlou Portrait de Jaïlou De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 13H48 | 31/10/2009 | Permalien

Pour les écrivains, ce qui existe actuellement, ce n'est pas un calcul selon le temps consacré, mais selon les revenus liés à l'écriture déclarés - en droits d'auteur.

Assurémment, les écrivans "full time" ont des tâches annexes qui génèrent des revenus (ateliers, etc...). Mais je ne pense pas qu'ils soient déclarés comme droits d'auteur. Comment le pourraient-ils? - En revanche, je suppose qu'un auteur, si sa cotisation est "limite" pour assurer son statut de bénéficaire peut montrer son implication dans la carrière en faisant la liste de ses engagements para-littéraires.

Donc, il y a bien un référent.

Portrait de LeLapin

De LeLapin

Infopigiste | 13H58 | 31/10/2009 | Permalien

L'avènement du numérique grand public (ordis, consoles, eBooks, internet...) est une opportunité unique de casser le cercle vicieux des éditeurs (comparables dans leur rôle aux très décriées majors de la musique). Le livre, dématérialisé et enfin éditable par l'auteur, peut coûter beaucoup moins cher à l'achat et rapporter beaucoup plus à l'auteur.

Portrait de Dave Feng

à LeLapin Portrait de LeLapin De Dave Feng

www.auxforgesdevulcain.fr | 14H03 | 31/10/2009 | Permalien

C'est illusoire - pour l'instant.

Les lecteurs sont attachés au livre comme support matériel. La librairie reste donc centrale dans la diffusion des textes. Donc, il y a des frais éditoriaux, donc il y a une sélection (parfois injuste).

Pour l'instant, les éditions numériques les mieux vendus reflètent strictement la hiérarchie des ventes de livre. Donc, sauf dans le domaine de l'éidtion scientifique, l'avènement du numérique, ce n'est pas un coup de pouce pour les petits auteurs (comme cela peut l'être, parfois, pour les groupes de musique...) mais des revenus supplémentaires pour les grosses machines.

Mais notez tout de même que c'est aussi la position et le projet de François Bon qui cherche, via le numérique, à permettre l'existence et la rémunération de textes "difficiles".

Portrait de Eric Dubois

De Eric Dubois

auteur | 15H32 | 31/10/2009 | Permalien

Etre écrivain et pouvoir continuer à l'être!

Avec la venue du livre numérique et de l'impression à la demande, les auteurs, les petits auteurs qui n'ont pas droit au chapitre dans les grands médias, poètes, dramaturges, primo-romanciers ... vont peut-être connaitre de meilleurs jours. A condition que le statut d'auteur soit redéfini, sur le plan des droits sociaux et de la rémunération.

Portrait de Yfig

à Eric Dubois Portrait de Eric Dubois De Yfig

Poète sans illusions j'écris des ch... | 17H34 | 31/10/2009 | Permalien

zéro pointé !

Ce n'est pas l'auteur qui décide, c'est le lecteur !

Portrait de Don_Lorenjy

De Don_Lorenjy

Ecriveur à Annecy | 17H19 | 31/10/2009 | Permalien

Que faut-il pour être auteur ? Avoir été choisi par un éditeur ?
Même pas. L'auto-édition et la grande foire-à-tout annoncée du numérique permettent à chacun de se dire auteur, dès qu'on a écrit quelque chose.
Alors qui sera concerné par ce statut qu'appellent ces trois écrivains ? Qui décidera, et sur quels critères ?

Pourtant, la question mérite d'être posée. J'ai écrit et publié des livres. Toute la chaîne, de l'éditeur au libraire, en vit. Sauf moi. Pourtant, je continue.
Comme le dit l'article, c'est plus un problème de contrat et de logique économique qu'un problème de statut. Même si un statut fait partie de la réponse.

Portrait de Eric F

De Eric F

trader | 17H27 | 31/10/2009 | Permalien

Franchement, c'est un peu agaçant voire grotesque toutes ces revendications de statuts spécifiques qui feraient que certaines professions - "artistiques" de préférence - devraient être plus protégées que d'autres au nom de la sacro-sainte et quasi-divine Création ?
Au nom de quoi un écrivain devrait-il pouvoir plus vivre de son écriture, être protégé et financé pour cela qu'un ouvrier sidérurgiste ? Par quelle escroquerie intellectuelle les salariés devraient-ils continuer à assumer l'assurance chômage de nos chers intermittents qui méritent tellement plus pour service rendu à l'Humanité que l'intérimaire d'une société de nettoyage ?
Sur ce type de revendications artistico-corporatiste, je ne peux que renvoyer à l'excellent petit livre de Gilles Dowek, "Ces préjugés qui nous encombrent" (Pommier septembre 2009) qui en démonte le mécanisme ancestrale et quasi-féodal : "ce que je fais pour vous est tellement plus important que n'importe quelle autre activité humaine, que je vous demande de m'assumer".
Tout cela serait somme toute fort risible, si ce type de revendication ne rencontrait pas des flots d'empathies culpabilisatrices et politiquement correctes....
Mais au fait, qu'est-ce qu'un écrivain et qui pourrait bénéficier de cet officiel statut ? Quelqu'un qui écrit son journal ? Quelqu'un qui s'est fait publié une fois, deux fois, trois fois ? Une personne dont les livres se vendent à plus de 300 exemplaires mais surtout à moins de 10 000 ? Quelqu'un qui écrit tout le temps, tous les dix ans ? Le plus simple serait sans doute de proposer de ressusciter l'Union des Écrivains de l'Union Soviétique ou du moins de s'en inspirer. Les signataires n'y ont sans doute pas pensé ou pas osé...

Portrait de Yfig

De Yfig

Poète sans illusions j'écris des ch... | 18H34 | 31/10/2009 | Permalien

Sois intelligent et après, tu pourras dire aux autres ce qu'ils ne doivent pas faire ..... te ressembler !

Portrait de Eric F

De Eric F

trader | 13H14 | 02/11/2009 | Permalien

Mauvaise réponse. Tu aurais mieux fais de réfléchir un tantinet...

Portrait de Thomas Cadène

à Eric F Portrait de Eric F De Thomas Cadène

Dessinateur | 19H20 | 31/10/2009 | Permalien

Je ne vais pas m'appesantir 10 000 ans mais quand le sidérurgiste est licencié il a le chomage, quand l'auteur n'est pas reconduit il n'a rien. Quand l'ouvrier est malade il a la sécu, l'auteur il l'a si il gagne suffisamment bien sa vie (grosso modo) ou bien il a celle de sa/son femme/époux ou la CMU (mais à vous lire je ne suis pas sur qu'il la mérite)

Par exemple vous faites des livres et vous pouvez en vivre et puis soudain ça s'arrête, vous n'avez rien ou presque. (grosso modo)

Le statut d'intermittent pour répondre à votre question sur "qui" par exemple est fonction du travail : si vous ne travaillez plus du tout vous sortez du régime mais si vous avez travaillé vous êtes "un peu" protégé le temps de vous retourner.

Quand vous êtes auteur vous ne comprenez en règle général rien au statut dont vous dépendez (si vous avez essayé vous savez) tant tout est imbitable dans ces systèmes là.

Il ne s'agit pas d'être financé parce qu'on fait quelque chose de très important. La plupart d'entre nous sommes assez lucides pour savoir que nous serons oublié dans 3 mois, rassurez vous. De même que nous savons qu'il est assez peu probable que notre travail change le monde. Il s'agit juste de remarquer que quand vous avez choisi ce métier, le jour où il y a un impair vous êtes totalement précaire et qu'avant cet impair vous l'êtes aussi tant vous le redoutez en sachant que vous ne disposez d'aucun filet de sécurité, si chomage, ni rien... Ah si ! vive les minima sociaux ! (les méritons nous ? aïe ! je ne pense pas, trop imbus que nous sommes ! Ne voyons nous pas que notre éventuel échec est nécessairement la marque de notre absence de talent !)

Alors bien sur on peut répondre : 'fallait en choisir un autre, de métier"

certes... mais alors faut pas s'étonner que les auteurs soient héritiers, époux de, épouses de, journalistes, politiques...

Les auteurs de BD (encore moins considérés en France que les auteurs de romans -qui ont au moins le droit d'être considérés comme potentiellement intéressant sans trop d'a priori) sont aussi concernés. Ils ont parfois la chance de bénéficier d'avances qui peuvent permettre de vivre, mais le plus souvent non... Et quand ils ont ces avances ! les voilà rois du monde avec une visibilité de 6 mois !

Les tarifs n'ont cessé de dégringoler en même temps que le marché devenait massif et violent (2 semaines de vie en librairie est un miracle). Alors oui après tout j'ai fait du droit (bien mieux et bien plus loin que Jean Sarkozy qui n'a pas ce genre de problème) j'ai étudié le marketing tout ça... J'aurais du choisir d'être juriste avocat, commercial, pro du marketing que sais je... Mais j'ai eu la chance (oui !) qu'on m'offre de faire autre chose. J'ai fait ce choix, je peux en vivre (pour combien de temps) et ça fait déjà de moi un cas rarissime... Je ne me plaints pas mais je comprends qu'arrive un moment où on se dit "pourquoi les acteurs peuvent avoir des périodes à vide, pourquoi les éclairagistes le peuvent, pourquoi les cinéastes le peuvent, et pas moi ?"

oui c'est jaloux, c'est petit, probablement prétentieux. Laissons la création aux professeurs normaliens, et que les autres vivent de leur métier en ayant peur de l'avenir, qu'ils ne puissent pas fonder une famille sans se trouver irresponsable, qu'il n'y ait rien, parce que s'il y avait quelque chose ça pourrait faire d'eux des connards d'assistés.

Le ton général de votre commentaire, visant à monter l'ouvrier contre l'auteur est en soit assez odieux, pourquoi ne pas envisager un monde où chacun pourrait trouver sa voie. je ne dis pas que tout le monde est artiste ou que tout le monde doit être payé à rien foutre s'il s'autoproclame auteur... mais à ma connaissance un acteur qui ne bosse jamais ne restera pas longtemps intermittent...

Je me suis un peu étendu, désolé. Mais bon, on pourrait essayer tous de se parler sans mépris.

Portrait de emiboot

à Eric F Portrait de Eric F De emiboot

polyvalente | 16H26 | 02/11/2009 | Permalien

Etre écrivain c'est écrire. Etre écrivain avec un statut, ce serait gagner de l'argent avec ses œuvres.
Les "artistes" ne demandent à être surprotégés, ils demandent à être reconnus, et éventuellement protégés COMME LES AUTRES.
Écrire pour écrire comme peindre pour peindre, sont des activités risquées financièrement, mais qui se pratiquent parce que cela ne relève pas forcement du choix, mais aussi d'un besoin viscéral (libre à vous de ne pas être d'accord).
Parfois on gagne de l'argent avec : comme les autres, on paye des impôts, et on gagne de l'argent : voila un dénominateur commun.
Tout le monde ne peut pas travailler en usine - les places sont rares en ce moment... Comme tout le monde n'est pas un artiste.
Ne confondez pas tout : la protection sociale de ceux qui travaillent en usine (ce qui ne semble pas être votre cas) est parfaitement minable AUSSI, tout comme les horaires en 3/8 et le salaire moyen après 20 ans de bon et loyaux services...
Les coûts sociaux des intermittents sont risibles, par rapport à ce que touchent d'autres, députés, cadre sup pour ne citer que les plus gros écart de traitements et de protection. On vit souvent de débrouilles, chichement, sans surconsommation quand on intermittence : essayer donc pour rigoler un coup, on en reparle après, de ce préjugé qui vous encombre.
Les artistes, les écrivains, les musiciens, les libres penseurs, toute cette fange de population semi-active "économiquement" se révèle souvent trèèès active humainement. Une donnée impossible à chiffrer en numéraire. Tant mieux.
Ils ne demandent pas à devenir de riches oisifs, ils demandent une case légale. Comme les autres.

Portrait de Yfig

De Yfig

Poète sans illusions j'écris des ch... | 17H27 | 31/10/2009 | Permalien

Monsieur Hubert,
vous êtes le parangon du journaliste qui pédale dans la semoule !

Vous êtes tombé dans un piège et vous y précipitez vos lecteurs !!!!

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Ce statut existe (SACD), les charlots qui ont écrit cette lettre espère surtout pouvoir fermer encore plus le métier.
Ils attendent des subventions, des rémunérations, un statut avec des études et des diplomes ..... tout ce que n'est pas un écrivain, un artiste !

Un artiste vit de son talent.

S'il est dans la misère, c'est qu'il n'a pas de talent .... il lui faut changer de métier !

Qui, demain, décidera de qui est écrivain et qui ne l'est pas ?
Vous êtes-vous seulement posé cette question ?

Le problème n'est pas le statut de l'écrivain, mais le fonctionnement à la "mords moi le noeud" des éditeurs qui ont définitivement renoncé à chercher les écrivains pour n'éditer que des merdes de nègres qui tiennent la plume des pipoles dégénérés.

Pourquoi pas un statut des chanteurs, des clowns et des peintres ? (pour les peintres, il y a un machin, une asso de bandits ... et en parlant de bandits, pour les chanteurs, il y a la SACEM ....)
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Que nous apporte l'article du journaliste ?
Que dalle !
Pourquoi ?
Parce que le journaliste ne prend pas le temps de lire, de se documenter, d'analyser, d'approfondir, de chercher la vérité derrière la façade ...... et puis aussi parce qu'un journaliste ne peut pas avoir l'expérience universelle, savoir toutes les ficelles de tous les métiers !

Portrait de Yfig

à Yfig Portrait de Yfig De Yfig

Poète sans illusions j'écris des ch... | 20H29 | 31/10/2009 | Permalien

Ecrivain ................

L'un des rares métiers où l'on ne se transmet pas la charge de père en fille/fils !!!!
L'un des rares métiers où il faut encore du talent et pas seulement du piston !
L'un des rares métiers où le succès n'est pas usurpé !!!!

FAUT QUE ça CHANGE !!!
Faut qu'on puisse devenir écrivain de père en fils comme pour le ciné, le théâtre, la chanson, la politique .......

y'en a marre des métiers où on ne peut pas se faire du blé sans le moindre effort !!!!

Qu'ils aillent au diable avec leur "professionnalisme de mes fesses" !!!!!!!!!!

http://yfigexnihilo.hautetfort.com

Portrait de Erikiki

à Yfig Portrait de Yfig De Erikiki

Diablotin | 22H26 | 31/10/2009 | Permalien

Être écrivain vous appartient.
Le reste n'est que public.
=

Portrait de Hubert Artus

à Yfig Portrait de Yfig De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 18H21 | 31/10/2009 | Permalien

@ Yfig Poète sans illusions

D'une part, vous n'avez pas à m'apprendre mon métier. Lequel consiste à rendre compte d'un fait quand il est vérifié, et correspond à une vérité.
Le quel consiste à couvrir un champ de compétence, à partir d'un savoir-faire. Ce qui est le cas ici. CE qui est le cas ici, et ça vous n'avez nul droit de le remettre en cause.
D'autant que le statut SACD que vous citez ne s'applique pas aux "gens de l'écrit" (pour reprendre la terminologie des auteurs de la lettre ouverte).
C'est à vous de vérifier vos infos avant de prendre à parti les gens de façon si virulente. Et totalement non fondée. Totalement.
Votre diatribe est, simplement, du populisme le plus impur. Anti culture, anti journaliste. On sait où ça mène.

Mon métier consiste aussi à m'astreindre à répondre à des bassesses telles que les vôtres. Preuve que je le fais, mon métier.

Portrait de Laffreux Jojo

à Hubert Artus Portrait de Hubert Artus De Laffreux Jojo

penseur libre | 19H17 | 31/10/2009 | Permalien

Allez, on se calme.
Le monsieur très en colère pose quand même une bonne question : Qui décide ce qui est (ou quand est-ce qu'on est) un écrivain (sous entendu "professionnel")? (Ou un traducteur d'ailleurs)
Question légitime.

D'ailleurs on peut aussi demander :
Est-ce un métier tout court?
Faut-il qu'il en soit un? Ou pas?
Le débat est ouvert, et c'est tant mieux.

Portrait de Thomas Cadène

à Laffreux Jojo Portrait de Laffreux Jojo De Thomas Cadène

Dessinateur | 19H26 | 31/10/2009 | Permalien

Le CNL a un systeme d'aide qui est fonction de votre nombre de publication : Plus vous existez en tant qu'auteur mieux ils vous aident. C'est loin d'être stupide il me semble. Il y a des pistes quand même. Un intermittent bénéficie du systeme d'aide s'il travaille.

Un auteur à des contrats d'édition. Je ne pense pas que qui que ce soit propose un systeme d'aide à quiconque s'autoproclame.

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