
Un roman met à nu « la violence silencieuse dans l'entreprise »
Carton surprise il y a deux ans avec « No et moi », où elle opérait un virage social, Delphine de Vigan est un de nos coups de cœur de la rentrée avec des « Heures souterraines » qui tombent bien. Continuité logique de son œuvre, le roman traite de harcèlement au travail, de l'image de soi, et surtout des violences sourdes de la société du travail.
« Avec la crise, on harcèle plus, plus vite, plus fort », titrait David Servenay sur Eco89 il y a quelques jours. Un an après ladite (explosion de la) crise, et pleine vague de suicides à France Telecom, voici qu'un des romans majeurs de la rentrée française se saisit de cette question.
Grouillement des villes et monde de l'entreprise
On le doit à Delphine de Vigan. Une auteur qui commença à avancer masquée (« Jours sans faim », premier roman saisissant sur l'anorexie, publié sous pseudo en 2001), avant de creuser des sillons intimes.
Puis, en 2007, virage vers le réel social. Son quatrième roman, « No et moi » est l'histoir d'une adolescente surdouée qui vient en aide à une jeune SDF. Carton : prix des Libraires, plus de 100 000 exemplaires vendus, traduit en vingt-six langues, et une adaptation au cinéma en projet, avec Zabou Breitman aux manettes.
Rentrée 2009 : « Les Heures souterraines » est la suite logique. Comme le titre l'indique, il s'agit de creuser, d'identifier. Strate par state. Identifier quoi ? L'effacement progressif de la confiance en soi. La façon dont on perd l'estime de soi-même lorsqu'on subit un harcèlement moral.
Se rappelant qu'elle travaillait en entreprise avant de vivre de sa plume (depuis 2007), Delphine de Vigan place son nouveau roman dans le monde de l'entreprise. (Voir la vidéo)
« La voix traverse le sommeil, oscille à la surface » : ainsi pénètre-t-on dans « Les Heures souterraines ». Et l'on découvre Mathilde, qui se remémore cette voyante vue récemment. On lui avait alors dit que le 20 mai, sa vie changerait. Le 20 mai, nous y sommes…
Chapitre suivant. On découvre Thibault, médecin urgentiste à Paris. Il passe ses journées au volant de sa voiture, de malade en malade. En privé, il vit une belle histoires d'amants, le genre où l'un aime et où l'autre a juste besoin. Alors Thibault prend la décision douloureuse de quitter son amante. Nous sommes le 20 mai.
Mathilde prend le RER chaque jour pour aller se faire dévorer vivante
Le roman alternera plus ou moins les chapitres sur Mathilde et Thibault. Et prendra un tour saisissant.
Delphine de Vigan parvient rapidement à faire contre-coller le mouvement propre à la vie de Thibault (urgences, disponibilité, circulation) et la quasi-immobilité de la vie de Mathilde, veuve qui élève ses enfants et qui évolue dans le monde figé de l'entreprise.
Jusqu'ici, elle était l'adjointe du directeur marketing d'un groupe alimentaire international. Jusqu'ici, car du jour au lendemain, de façon anonyme et caractérielle, le chef veut sa peau. Débute le harcèlement.
Chaque jour, elle continue à jongler des heures durant avec les lignes et les correspondances RER-métro, mais c'est pour aller se faire dévorer vivante.
Une écriture ultraréaliste, un rythme toujours en deux temps
Mathilde a alors droit à toute la batterie classique de la pression managériale : le patron réclame des doubles de documents qu'il ne demandait jamais, il la met dans un bureau plus petit, fait bloquer son ordinateur, etc.
Tout le tact de Delphine de Vigan est de faire confiance à une écriture ultraréaliste, très posée, qui suit de près ses personnages et donne toute leur saveur aux faits les plus simples.
L'écriture est ici quasi journalistique. Et permet d'explorer la progression du stress dû au harcèlement. Comment il mine un à un tous les niveaux de la confiance en soi. Et Mathilde de se demander si, en fait, elle n'a pas mérité ce qui lui arrive.
Roman du doute, « Les Heures souterraines » devient in fine roman de la culpabilité.
Mathilde n'est pas reconnue dans son travail. Pendant que Thibault, lui, n'est pas reconnu dans son amour. Vie privée, vie publique. Les deux mènent à l'identité intime.
En deux temps, toujours, Delphine de Vigan nous y mène littérairement. Violences sourdes et violences visibles Mouvement et immobilité. Visible et non-visible. Temps réels et temps morts. (Voir la vidéo)
C'est précisément ce mouvement en deux temps qui, faisant musique, permet à l'auteur de donner une dimension poétique, mystérieuse, et aussi ludique à son livre : le thème de départ est le harcèlement, et à aucun moment vous ne trouverez le terme « harcèlement » dans le livre. Jamais.
C'est-à-dire que la qualité du rythme, des personnages, du réalisme et de l'histoire sont d« un niveau tel que la métaphore se fait naturellement. Le terme est décrit, mis en scène, illustré, mais jamais “ transcrit ”.
Comme un écho au superbe “ Jours sans faim ”, le premier roman de l'auteur. Qui débutait lorsque le personnage parvenait à nommer son mal : anorexie.
Vigan, l'un des “sons” à écouter de la rentrée littéraire
Et Thibault dans tout ça ? Il suit Mathilde sans le savoir. Souvent, le chemin le plus court entre un homme et une femme, c'est le réel. Tout le roman, ici, est suspendu à la possibilité de leur rencontre.
En ce qu'il travaille sur comment “ nommer ” les choses en les illustrant, en ce qu'il est fait de réel, de monde du travail, d'un travail sur la féminité aujourd'hui, “ Les Heures souterraines ” s'inscrit dans un son majeur de cette rentrée 2009.
Il est à lire en même temps que certains de nos autres coups de cœur : David Foenkinos, Marie NDiaye, Véronique Ovaldé. Qui, tous, sont aussi des coups de l'Académie Goncourt… (Voir la vidéo)
► Les Heures souterraines éd. JC Lattès - 300p. - 17€.
► Jours sans faim (poche) - éd. J'ai Lu - 125p. - 5.60€.
► Dans la version intégrale de l'interview (22 mn), Delphine de Vigan revient aussi sur son expérience personnelle en entreprise, sur l'idée de renoncement dans ses romans, et sur son écriture.
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De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 12H39 | 24/09/2009 |
…et quand la société du spectacle, le chômage et le monde du travail se rencontrent, on plonge carrément dans le sordide.
lire ici :
Le marché de l'emploi, nouveau filon de la téléréalité ?
http://chomagedeglace.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/24/le-marche-de…
à Lohiel
De vignol
retraité | 13H37 | 24/09/2009 |
nous sommes dans un pays de « defouloir“- et de simple denonciation sans risques mais plus d” accusation precise et de reaction au corps
la lachete a atteint un niveau inoui -
on ne veut surtout pas saisir la justice qui d » ailleurs n » arrive plus à fonctionner avec un budget etrangement calculé pour être nul et le plus bas d » europe et deux fois inferieur à l » espagne elle même
mais on se contente de decrire ou de filmer pour se donner bonne conscience - c » est plus confortable , parfois financierement mais moins moral et courageux
en 1945 avec une telle attitude on se serait contenté de faire un simple reportage sur les camps de concentration avec film et camera au lieu d » envoyer des chars pour aneantir les salopards
idem pour les syndicats : on joue du tambourin et du haut parleur dans la rue en tirant le voisin par la manche pour faire semblnat de savoir savoir qui peut prendre l » inititaitive de reagir et commencer alors qu » aux USA on lance de suite un appel d » offre aux avocats sur resultats lesquels vous poursuivent d » ailleurs spontanement pour faire valoir vos droits en justice
parfois chez nous c » est même parfois l » escroc qui a compris ce jeu qui n » hesite pas à pleurer sans risque en public sur l » epaule de sa victime alors que dans les siecles precedents il aurait ete pendu
De pascalter
. | 08H45 | 25/09/2009 |
Très joli papier :
à aucun moment vous ne trouverez le terme « harcèlement » dans le livre. Jamais. C'est-à-dire que la qualité du rythme, des personnages, du réalisme et de l'histoire sont d'un niveau tel que la métaphore se fait naturellement. Le terme est décrit, mis en scène, illustré, mais jamais « transcrit ». »
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H01 | 24/09/2009 |
Je ne me permettrais pas de critiquer ce bouquin que je n'ai pas lu et qui est peut-être très bien, mais le sujet : le harcèlement dans l'Entreprise, qui est maintenant bien reconnu, voire « à la mode » .
Je pense que les romanciers devraient s'attacher à écrire en prospective la suite . Qu'est ce que ça va donner , tout ça pour l'avenir , cette nouvelle conjuration des imbéciles , ce management bête , méchant et nulissime…
Des révoltes ? des suicides de masse ? Une implosion ? La destruction des entreprises ? De toute la société ? Des mutations incroyables ? Rien ?
à Numerosix
De Cirdec
Cadre qui commence à comprendre com... | 14H18 | 24/09/2009 |
A moins d'arrêter de considérer le travail comme indispensable à l'individu pour qu'à la fois, il s'épanouisse et s'intègre dans la société, je vois mal comment ca pourrait etre autre chose que rien.
à Cirdec
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H51 | 24/09/2009 |
Si c'est vous qui le dites..
Bon , hé ben on va continuer à supporter ces conneries jusqu'à la consommation des siècles à regarder retomber les pierres en se faisant bouffer le foie qui repousse par des vautours. Il s'agit d'une malédiction .
à Cirdec
De DBL8
Retraité | 08H07 | 28/09/2009 |
Le travail fait s'épanouir & intégré dans la société ?
C'est nouveau !
Donc, en suivant votre raisonnement (de très loin pour moi) TOUS les retraités sont désocialisés ET plus dedans ?
Un peu de réflexion ne ferait pas de mal.
à DBL8
De Cirdec
Cadre qui commence à comprendre com... | 16H56 | 28/09/2009 |
C'est pas mon raisonnement, c'est mon constat : la société actuelle considère que le travail est nécessaire pour s'intégrer à la société. Et quant à la retraite, elle n'est d'ailleurs considérée que comme la récompense d'une vie de travail ; elle n'en est que le prolongement. Les misérables pensions versées aux femmes n'ayant jamais travaillé en est d'ailleurs une illustration. L'imprécation de faire des études pour nécessairement, trouver un travail, en est une autre.
En conséquence, à la question de n°6 : « Qu'est ce que ça va donner […] ce management bête , méchant et nulissime », mon raisonnement, lui, est que « »A moins d'arrêter de considérer le travail comme indispensable à l'individu pour qu'à la fois, il s'épanouisse et s'intègre dans la société, […] rien ».
Un peu de réflexion ne ferait pas de mal, mais visiblement, apprendre à comprendre ce qui est écrit aussi.
à Numerosix
De gweilo
(Autre) | 15H17 | 24/09/2009 |
Who is John Galt ?
à gweilo
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H51 | 24/09/2009 |
Je lirai cela ce soir .
Merci gwello
http://membres.lycos.fr/mgrunert/johngalt.htm
à Numerosix
De Sioux
privé d'emploi | 02H09 | 25/09/2009 |
Grâce aux suicidés de France Télécom, ce sujet est effectivement devenu « à la mode », pour reprendre les propos scandaleux du pdg Didier Lombard…
à Sioux
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 07H29 | 25/09/2009 |
Ce n'est pas ce que je voulais dire . Je me suis mal exprimé .
Je voulais juste faire remarquer que la littérature pouvait aller au delà du temps réel .
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 17H15 | 24/09/2009 |
Merci Hubert, enfin un article qui donne envie de lire un livre…
Merci aussi à Delphine pour parler (sans le nommer) du « H.M. »
Merci encore à Hubert pour avoir permis de parler du H.M. autrement qu'à travers le prisme froid d'Eco89…
Je lirais « les heures souterraines » (Mathilde doit bien être aussi belle que Delphine ) !
De nenita
15H04 | 24/09/2009 |
Article très intéressant, mais vidéo à vous donner le tournis : Ce n'est pas parce qu'on est sur internet qu'il faut faire de la vidéo de mauvaise qualité.
Un cadre ça se tient, quand on filme la dame, on filme la dame, quand on veut faire un mouvement vers les escalators, on le fait franchement, ou bien on attend la fin de l'interview, et on fait son plan de coupe proprement, qu'on ajoutera au montage !
Là, on a mal au cœur comme dans un bateau qui tangue ! pitiééééé !
De Ripley01
curieuse et heureuse de l'être | 15H53 | 24/09/2009 |
Un peu de curiosité dans vos propos
Le harcélement au travail est un euphémisme puisque le travail obligatoire est déjà un harcelement….
Ensuite une simple recherche linguistique vous montrera que à l'origine le terme travail vient d'un instrument de torture
Il n'y a pas de quoi en faire un roman puisque l'histoire se résume en un mot bien compris
à Ripley01
De DBL8
Retraité | 08H10 | 28/09/2009 |
Le travail est une torture à long terme puisqu'il le fatigue avant de le tuer (l'ouvrier).
De no pasaran
psychosociologue | 16H03 | 24/09/2009 |
Vendredi dernier Delphine de Vigan a été invitée ( sur l'émission littéraire de France 2) à débattre sur la violence au travail .
Romancière , elle a démontré en quelques phrases qu'elle maîtrisait parfaitement le sujet . De fait elle ne s'autorise pas à écrire le mot harcèlement dans son roman car ce mot est connoté , contradictoire , ambigü voire hors sujet pour décrire certaines réalités indicibles ou pour penser la vie au travail .
Il est heureux que la littérature , le cinéma , la musique … bref que l'art s'engage dans ce domaine . Les travaux scientifiques ne seront jamais suffisants pour alerter les citoyens , provoquer de vrais prises de conscience et faire naître des résistances actives .
J'espère un roman futuriste nous aidant à percevoir l'avenir d'une société minée par l'extension de la servitude au travail .
De phoenix404
19H40 | 24/09/2009 |
Sujet intéressant et actuel… Expérience vécue et difficile à vivre… à s'en remettre aussi ! ! !
Envie de lire…
Bien à vous,
De homeless
libre penseur | 21H37 | 24/09/2009 |
je n'ai pas encore lu le livre mais ne puis que me rejouir de cette initiative. Le harcelement est un mot generique susceptible de recouvrir une multitude de situations. En ce qui me concerne, j'ai ete victime de harcelement pendant plus de 3 ans parce que je me suis oppose aux tentatives de predation du president de l'entreprise et de ses obliges. J'ai resiste mais ils ont fini par m'avoir. Je me suis apercu que l'entreprise sert souvent de support a ses dirigeants pour gerer et faire fructifier leur propre business. Dans ce cas, gare a ceux qui cherchent a faire prevaloir l'interet de l'entrprise sur celui, personnel, de ses dirigeants, souvent d'ailleurs mele a des interets politiques. Le financement occulte des partis et des hommes ploitiques est loin d'avoir disparu ! Une fois echappe a tout cela, on peut effectivement se demander, retrospectivement, si la resistance ne s'apparante pas a du masochisme : d'ou sans doute le sentiment de culpabilite decrit par l'auteur.
De brothe
chercheur Postdoc | 07H09 | 25/09/2009 |
Tres bon papier … mais je n'aurais pas dis non a un petit « rappel » biographique sur l'auteure.
De brothe
chercheur Postdoc | 07H13 | 25/09/2009 |
et hop…. merci wiki :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Delphine_de_Vigan
Il y a en plus une biblio complete.
Ceci dit, je trouve que ca tape d'avoir sa propre page wikipedia. Si un de ses livres est adapte en film elle aura en plus droit a une page IMDB. C'est quand meme autre chose que la page copain d'avant.
Je suis jaloux, en fait.
De Hibou_Myope
Criticologue | 19H30 | 25/09/2009 |
Merci pour cet article !
J'ai déjà lu qq critiques sur le nouveau roman de Vigan, mais aucune ne m'avait autant convaincue.
Je lirai ce livre dès quil sortira en poche (c'est la crise pour tout le monde : -) )
Je suis très sensible à cette idée de « violence silencieuse ». Ca sonne bien, c'est froid, diffus comme un euphémisme médical pour cacher un mal affreux.
Je suis accoutumé du RER et du métro. Je n'y trouve aucune beauté… Mais bien une fascination pour ces vies multiples qui se croisent sans s'entrecroiser. Ces endroits exercent également une certaine terreur, ou au moins une anxiété. Il n'y a presque plus de rapports humains. Il y a juste des flux : des masses humaines qui se divisent ou s'agglutinent.
Le métro, le rer sont des lieux qui révélent la déshumanisation de la société. Les corps humains sont des machines transportées par des machines de métal. Notre société, c'est la société de l'industrialisation de l'humain.
De Régulus
Praticien du Bien Etre | 19H29 | 25/09/2009 |
Madame de Vigan est très bien intervenue sur le plateau de l'émission de Frans-olivier Giesbert, « vous aurez le dernier mot » sur France2 ! Face au Ministre, Xavier Darcos, elle a rappelé que la victime n'était pas fragile.
Sur ce plateau, les auteurs de « Orange Stressée » et de « Travaillerà en mourir ! ». Ce dernier a fait remarquer au Ministre qui lui disait qu'il avait lu son livre, que c'était étonnant, car celui-ci n'était pas encore sorti.
Le Ministre était très transparent sur le plateau, visiblement très ennuyé face à la « performance suicidaire » chez Orange.
Ainsi que le psychiatre Monsieur Ligeron qui a donné les exemples des pays nordiques avec les managers de Bien-Etre faisant partie des Comités de Direction des Entreprises.
Le livre de Madame de Vigan est certainement à lire. Cette femme a la tête bien faite.
De simony gabriel
actif | 11H04 | 26/09/2009 |
AUCUN REPIT
On se croise dans l'indifférence ,on travaille « ensemble “et ne circulent que des clichés entre collègues . Bouc-émissaire ,on ne peut se plaindre car , alors ,les poursuites morales et physiques vont grandissant ; l'on est accusé de porter atteinte à la bonne marche de l'entreprise .
La culpabilité se retourne contre vous et la subjectivité est reléguée au magasin des accessoires
Merci delphine de Vigan pour votre livre éclairant
Merci Hubert Artus pour votre article
Gabriel simony
N B Comment et où publier une critique de cinéma sur ‘un prophète ?
De fw13001
Travailleur-étudiant | 13H53 | 26/09/2009 |
Une présentation heureuse, qui donne envie de lire. Mais quid des procédés d'écriture - de mise en tension qui font le « harcèlement » présent ?
Sur une écriture brutale (temps, lieux, concision du récit) qui dit la brutalité du travail-torture, jusqu'au besoin de drogue pour tenir face à la douleur, le très beau livre de Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine, est absolument à découvrir. Cf. http://atheles.org/agone/elements/putaindusine/index.html
Où le harcèlement n'est pas seulement le fait de « chefs » mais de la configuration même du salariat, qui impose, qui s'impose, Moloch qui dévore des hommes amenés à confondre la contrainte à l'adhésion.
Bonne lecture !
De Fraise des Bois
Buveur | 13H30 | 28/09/2009 |
« Comment il mine un à un tous les niveaux de la confiance en soi. Et Mathilde de se demander si, en fait, elle n'a pas mérité ce qui lui arrive. “
C'est ce que je trouve horrible. Car c'est bien la l'horrible verite. Au debut on se dit ‘non, pas possible, je me fais des films’… et a la fin on en arrive a trouver non seulement que le harcelement est normal, mais en plus qu'on le merite. Incroyable.
La question est comment peut on empecher d'en arriver la ? Le probleme c'est que le harcelement, meme si on peut exactement mettre une date sur le commencement, n'arrive jamais tout d'un coup : on sent qu'il s'imisce doucement, jusqu'au jour ou, on se demande si on est paranoiaque ou juste extremement lucide. Et je lorsqu'on en est arrive la, il est trop tard. Mais comment faire machine arriere ?
Se casser et trouver autre chose ou se battre ?