
Tony Hillerman, père du « polar navajo », est mort

Ça commence à faire beaucoup. Beaucoup trop. Quelques semaines après la disparition de James Crumley, on apprenait lundi que Tony Hillerman était mort.
Agé de 83 ans, une défaillance pulmonaire l'a emporté dimanche dans un hôpital d'Albuquerque (Nouveau-Mexique), la ville où vivait depuis des années. La fille du romancier, en annonçant la nouvelle, a expliqué que la santé de son père avait décliné depuis deux ans, et que son père avait subi deux attaques cardiaques, alors qu'un cancer de la prostate le dévorait.
Né le 27 mai 1925 à Sacred Heart (Oklahoma), au sein d'une famille de cultivateurs, Tony Hillerman fut d'abord journaliste avant de d'enseigner –le journalisme…-. Tout en s'adonnant à son autre passion : écrire. Dans un genre précis : le polar.
Profondément humaniste, Hillerman s'est toujours intéressé à la question navajo. Hillerman donnera ses lettres de noblesses au genre qu'il aura lui-même crée : le roman policier ethnologique. Hillerman aura présenté au monde les « Four Corners », une région indienne située aux frontières entre les quatre Etats du Colorado, de l'Utah, du Nouveau-Mexique et de l'Arizona.
C'est ici que prendront place des romans tels « La Voie de l'ennemi » (1970), « Là où dansent les morts » (1973), « Le Peuple de l'ombre » 1980 ou encore « Le Vent sombre » (1982), « Le vent qui gémit » -son premier « polar féminin“-, etc.
Un roman de Tony Hillermann, c'est une ode : le doux plaisir de retrouver la même bande de personnages (le sergent Jim Chee, le lieutenant Leaphorn, tous deux de la polifce tribale Navajo, et la dernière apparue Louisa Bourebonnette, etc) dans des récits peuplées de vent, de poussière, de chamans et de mystères.
Les polars d'Hillerman sont tous des allers et retours entre mythe et réalité, dans une Amérique bien actuelle.
Plusieurs de ses oeuvres avaient été adaptées au cinéma dont ‘Le Vent sombre’ produit en 1991 par Robert Redford et réalisé par Errol Morris. Un film cependant renié par Tony Hillerman.
En 2003, on avait lu son autobiographie, ‘ Rares furent les déceptions ’ (Rivages). Aujourd'hui, on relira ses romans. Le dernier paru en France étant lé réédition en poche de ‘ L'Homme squelette ’ (Rivages/Noir).
Photo : Tony Hillerman (John Foley/Opale).
- 9535 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























21
(Pour réagir, connectez-vous)
De kk
star malgré elle | 18H51 | 27/10/2008 |
J'espère qu'il aura vécu dans le hozro avant de partir.
Je préférais Leaphorn à Chee.
Encore que …
Ya te'eh Hosteen.
De cyrill
18H51 | 27/10/2008 |
Le dineh pleure la disparition du belagaana Hillermann…Jim Chee et Leaphorn sont orphelins. Que Femme-qui-Change le prenne sous son aile et que la terre lui soit légère.
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 18H56 | 27/10/2008 |
Merci Cyrill, joliment dit ; je joins ma voix à la votre.
De lled
(galérienne) | 18H58 | 27/10/2008 |
oh, merde…
De Sitting Bull
19H26 | 27/10/2008 |
Qu'il parcoure pour l'éternité les plaines du Grand Manitou…
De db13
20H11 | 27/10/2008 |
Quand je finis un bouquin d'Hillerman, je ne peux rien lire après pendant plusieurs jours.
Je vais donc tout relire, comme ça, j'oublierai ce monde merdique pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Que l'esprit d'Hillerman continue de chevaucher tous les paysages qu'il a su si bien décrire.
De nipivime
;- | 09H40 | 28/10/2008 |
ah.. Peut etre suis je la réincarnation d'un indien comanche, alors.. Mais certainement pas un navajo, et je n ai jamais accroché.
Hommages, malgré cela, a quelqu'un qui a su créer un univers et l'offrir à ceux qui s'y sont sentis bien.
Comme chaque fois qu'un auteur est salué par un concert unanime de louanges, hélas trop souvent lors de sa disparition, me voilà bien marri de mon obtuseté et illico repartant dans la bilbiothèque pour tenter une nouvelle approche.
Je commence par lequel ?
à nipivime
De kk
star malgré elle | 13H31 | 28/10/2008 |
A mon avis, quand on n'accroche pas, il ne faut pas insister.
Alors que j'ai prêté des romans d'Hillerman à des amis, ils leur sont tombés des mains avec ce commentaire : « trop lent »
Moins lent, un autre univers, « ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte »
Jonquet Points/Seuil
En comanche, j'y connais rien
De philoupe
20H20 | 27/10/2008 |
Bizarre. Après avoir lu son autobiographie je me suis refais son intégrale comme ça pour passer le temps (parce que finalement, vivre, c'est bien de ça qu'il s'agit non ? ). Mais alors ? Mc Ginnis ? Il est mort aussi ou il est juste parti ailleurs ? Vous croyez que son comptoir est toujours a vendre ?
De C-dâv
21H19 | 27/10/2008 |
Que celui qui fut emprunte la voie de l'harmonie.
N » évoquons plus son nom ; que son oeuvre vive !
R.I.P.
De jack33
sans | 21H55 | 27/10/2008 |
C'est encore une triste nouvelle pour les amoureux du polar et de la littérature en général.
J'espère simplement que tous ceux qui ne le connaissent pas encore et qui, à l'annonce de cette disparition, seraient tentés de vouloir découvrir son œuvre ne se contentent pas de son dernier roman publié en France « L'Homme Squelette » qui est loin d'être le meilleur qu'il ait écrit :
http://www.addeeks.com/homme-squelette-tony-hillerman.html
Ils risqueraient d'être déçus et de passer à côté d'une œuvre magnifique.
De Ariane Deume
00H36 | 28/10/2008 |
Juste pour joindre ma voix à la votre et comme le dit Iled : oh, merde…
De gilda
02H25 | 28/10/2008 |
merci de l'avoir dit si bien.
Des années qu'il accompagnait par Chee ou Leaphorn interposés mes nuits et certains de mes trajets ; ce sentiment d'avoir perdu un proche, d'un deuil tout personnel.
On aimerait pouvoir lui dire encore merci.
De jmal
11H29 | 28/10/2008 |
Encore une mauvaise nouvelle.
Sauf erreur de ma part, le dernier roman traduits de Tony Hillerman était « le chagrin entre les fils », dans lequel on retrouvait (après une petite baisse de régime, je suis d'accord avec jack33) le grand Hillerman.
http://actu-du-noir.over-blog.com/
De muneau
lectrice | 12H22 | 28/10/2008 |
au revoir pour toujours la vie sans cette écriture sera écornée d'un morceau d'humanité
De greeneyes
Félin fatigué | 19H10 | 28/10/2008 |
Il est allé rejoindre Arthur Upfield, qu'Hillerman a défini lui-même comme le père du polar éthnologique.
Upfield était déjà au paradis aborigène quand Hillerman a publié son premier roman.
Ben oui, les ptits loups, désolé de vous décevoir, mais c'est comme ça.
Mais c'est vrai qu'il n'y a plus grand monde dans leur genre : une histoire policière qui nous fait découvrir un autre monde, une autre culture.
Pour ceux qui connaissent : « appelez moi Bony, tous mes amis m'appelent Bony », c'est ce qu'Arthur a dû dire à Tony en le voyant arriver…
De pierce69
Professeur | 19H36 | 28/10/2008 |
Triste nouvelle… je me souviens encore de ma tante me tendant le premier roman d'Hillermann que j'ai lu, il y a plus de trente ans maintenant (Là où dansent les morts) en me disant : lis ça ! tu n'as jamais rien lu de pareil, ce qui était un compliment inouï venant de cette personne qui avait littéralement lu des milliers de livres de tous les genres.
- et c'est quoi ?
- un polar ethnologique !
- un quoi ?
et depuis, je suis allé au states, j'ai vu Santa-Fe et Albuquerque, je suis allé vers ces Four Corners avec Jim Chee et Leaphorn à coté de moi et tellement de souvenirs…
Adieu Tony, tu nous auras fait faire de si belles balades et de si belles rencontres…
De MimiCharabia
auteure à son compte | 19H47 | 28/10/2008 |
à nipivime
Commencez par « Là où les morts dansent ».
De kebra
Bisounours killa | 01H58 | 29/10/2008 |
J'ai aussi commencé par « Là où les morts dansent » et j'ai accroché sur les four corners, moins sur la trame policière, c'est tellement loin de ma zone, tellement loin de la civilisation occidentale, merci pour la balade Tony…
De titou30
artisan | 10H22 | 02/11/2008 |
un des derniers grands s'est éteint…il y avait beaucoup à apprendre sur la nature humaine en lisant ses livres.nous ne saurons jamais la suite de la vie de jim et bernie.snifff….
De audois
toubib | 12H15 | 02/11/2008 |
merde, oui, après le grand James. J'adorais ces mecs. Mais consolez vous (un peu) mes frères et soeurs, lisez un auteur peu connu, mais de ce niveau, « Thomas Savage ». Ce con est lui aussi mort voici qq années, avec seulement 3 ouv
rages traduits sur 13 au total. Et profitons d e Jim Harrison tant qu'il est là !