
Mesrine : du petit escroc braqueur au bandit à spectacle
Trente ans après sa mort, pas moins de trois livres et deux films sont consacrés à l'ennemi public n°1 et à son mythe.

A l'occasion de la sortie de « L'instinct de mort », et en attendant le second volet (« L'ennemi public n°1 », sortie le 19 novembre), une flopée de livres sortent sur la figure de Mesrine. Rue89 vous parle des coups présents et à venir. Et a rencontré le fameux « Porte-Avions », un temps « associé » de Mesrine.
« L'instinct de mort » : l'autobiographie qui a inspiré le film
« L'instinct de mort », c'est un mythe. Un livre que les Français ont découvert en 1977, alors que son auteur était déjà l'ennemi public n°1. Mais, bien que visible en libraire, Mesrine était détenu à la prison de la Santé depuis quatre ans –il s'en évaderait un an plus tard, confortant sa propre légende : l'homme qui s'évade de toutes les prisons-.
Une autobiographie : le soldat français Mesrine et ses premiers morts en Algérie, sa passion éternelle pour les armes à feu, et la construction d'une grande frappe. Puis… Mesrine n°1. Mesrine revendique tout ce dont on l'accusait… et même plus : s'il a bien effectué les braquages, il est aujourd'hui admis qu'il n'a pas commis les trente-neuf crimes dont il s'accusait dans ce livre. Jacques Mesrine y écrivait, entre autres, que l'on devenait criminel « soit comme d'autres deviennent curés, soit par vocation »…
Lorsque l'ouvrage paraît, Mesrine a encore la cote. Il n'a pas encore complètement pété les plombs. C'est en 1978-1979, avec le braquage du casino de Deauville et la torture sur le journaliste de l'hebdomadaire d'extrême-droite Minute Jacques Tillier (dont on saura plus tard qu'il avait probablement été manipulé par la police), que son aura baissera, et que chez lui la tension montera.
Ecrit avec une verve ultra-dynamique, cette autobiographie d'un gangster de droit commun est, lue aujourd'hui, le classique cri de liberté de tous les truands, mais il convient de dire que la relecture de « L'instinct de mort » est très complémentaire de la vision des deux opus de Richet.
Ce livre, c'est aussi une conspiration. Personne n'ayant cru Mesrine capable d'écrire et de styler, de nombreuses personnes ont été soupçonnées d'avoir écrit l'ouvrage : Guy Debord ou Jean-Patrick Manchette, le pape du polar, pour ne citer que les versions courantes.
Edité par Jean-Claude Lattès, ce livre avait été réédité en 1984 chez Champ Libre. Cette réédition a d'ailleurs son pesant d'iniquité : le fondateur de Champ Libre, Gérard Lebovici, très proche du mouvement situ et producteur de cinéma, avait pris la fille de Mesrine, Sabrina, sous sa protection au moment même où il avait décidé de racheter l'ouvrage… et de l'adapter (Belmondo devant jouer le rôle principal).
Quand, en 1984, Lebovici est assassiné de quatre balles dans la nuque dans un parking de l'avenue Foch à Paris, la piste de la vengeance des « proches de Mesrine » est une des multiples affabulations qui auront cours autour de ce meurtre aujourd'hui non élucidé. Entre le Milieu, le mouvement situ et le cinéma, les histoires ont toujours été très floues…
Laurent Chollet, lui aussi, a beaucoup travaillé autour du mouvement situationniste. C'est d'ailleurs par ce biais que l'éditeur de la collection Pop Culture, chez Flammarion, explique avoir voulu rééditer le livre en 2008. C'est en accord avec les trois enfants de Mesrine qu'il le republie donc, trente-et-un ans après la parution d'origine. Mais si Chollet l'a voulu, c'est aussi en complément avec un coup à venir : « L'affaire Mesrine ».
« L'Affaire Mesrine » : une double-enquête à vingt-quatre ans d'intervalle
Là aussi une réédition. Là aussi, le feu. En 1984, Adamik avait publié « Mesrine… ou la dernière cavale », une enquête du tonnerre. D'un côté, le livre était une biographie complémentaire de « L'instinct de mort ». De l'autre, Adamik avait des sources de premières indiscrétions (Quais des Orfèvres, etc), et il avait personnellement connu Mesrine. Qui lui avait d'ailleurs dit, texto : « Il te faudra un jour raconter la suite de “L'Instinct de mort”, je n'en aurai pas le temps… »
En 1984, le livre paru aux Editions du Carroussel fut un carton (83 000 exemplaires). En 2008, Adamik a repris l'enquête durant deux ans et demi, avec le journaliste Olivier Stupp, et la version contient de nouveaux témoignages… Où l'on pourra enfin lire ce qui se lit si rarement sur Mesrine : les réseaux, ses liens avec les militants politiques et la provenance de l'argent… On lira le 12 novembre, soit juste avant la sortie du second opus au cinéma. Un second opus où le rôle de Michel Ardouin est interprété par Samuel Le Bihan.
« Porte-Avions » : contre le mythe Mesrine
Ardouin, 1m85, la bonne soixantaine, ne verra pas les films, mais il a bien connu Mesrine. Qui lui avait d'ailleurs donné le surnom de « Porte-Avions », car le voyou portait alors perpétuellement sur lui une véritable cargaison de flingues. Cette cargaison ambulante avait aidé Mesrine à revenir en France après le Canada (1972), et à s'évader du Palais de Justice de Compiègne en prenant le président du tribunal en otage (1973).
Puis ce seront des dizaines de braquages, et l'incarcération en Quartiers de haute sécurité (QHS). Puis la séparation. Dans son premier ouvrage avec le journaliste Jérôme Pierrat (« Une vie de voyou », 2002, Fayard), Ardouin avait déjà écorné Mesrine. (Voir la vidéo)
Ici, de nouveau avec Pierrat, il se le paye. Avec un peu de mauvaise foi (l'homme est mort…) et pas mal de vérités : Ardouin, mec couillu et voyou à l'ancienne, est un des rares qui pourront témoigner du changement de Mesrine, passé d'escroc braqueur à bandit à spectacle. Mesrine fut, des propres mots d'Ardouin, un « accident » dans sa vie.
Dans « Mesrine, mon associé », Ardouin ne trahit pas l'auteur de « L'instinct de mort » : il avoue sa propre erreur et raconte son propre parcours, pendant et après : proxénétisme, casses, filles de joie, trafic de cocaïne entre la Colombie et la France, QHS, trafic d'armes.
C'est pourquoi nous avons été voir Ardouin, et l'avons questionné autant sur Mesrine que sur Ferrara, sur la voyoucratie d'hier comme sur celle d'aujourd'hui. En liberté depuis 2004 après un dernier séjour de dix mois en détention, Ardouin doit encore passer devant les juges en 2009. Il avoue « ne pratiquement plus fréquenter le Milieu ». (Voir la vidéo)
« Mesrine intime », l'autre face de l'ennemi public n°1
Pour finir, un « Mesrine intime » plus surprenant : il s'agit de trente lettres que l'homme écrivit… à son avocate. Une avocate alors toute jeune (26 ans) : Maître Martine Malinbaum avait été désignée pour défendre Mesrine, en 1976. Devant la distance qu'elle imposa au détenu (vouvoiement, aucun service ni dérogation), Mesrine eut recours au courrier pour lui dire… des mots du cœur.
Un Mesrine désarmé, sans orgueil. De très belles lettres. Et là aussi, une double lecture s'impose : on ne peut nier la sincérité, mais on sait que c'est une technique de base, pour tout condamné à de longues peines, de « se mettre dans la poche » son avocat(e) pour mieux l'amadouer, ou s'en servir.
On n« oubliera pas que la jeune avocate fut, un temps, soupçonnée d'être celle qui fit sortir des murs de la Santé le manuscrit de “L'instinct de mort”.
► L'instinct de mort de Jacques Mesrine (Flammarion, 393 pp., 21€)
► Mesrine, mon associé de Michel Ardouin (Eds du Toucan, 232 pp., 17.90€)
► Mesrine intime, lettres de prison à son avocate de Martine Malinbaum (Eds du Rocher, 143 pp., 14,90€)
- 16053 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























40
(Pour réagir, connectez-vous)
De lesuperdidou
Saltimbanque | 12H58 | 26/10/2008 |
La viande morte se vend toujours bien.
à lesuperdidou
De pablico
14H38 | 26/10/2008 |
A quoi sert de fabriquer des mythes ?
surtout ce genre de mythe miteux.
N'y a-t-il pas en ce moment de la matière pour étudier les escrocs, aigrefins, et autres révoltés ?
Ce serait peut-être plus constructif, pour comprendre le présent et le proche avenir.
à pablico
De -Candide-
Jardinateur | 15H44 | 26/10/2008 |
Vous avez tout à fait raison, c'est complètement « has been ».
Il y a 35 ans on s'extasiait devant le Parrain de Coppola avec Marlon Brando.
Certes c'était du bon cinéma mais que du cinéma : -/
La réalité est beaucoup plus banale et triste
(voir Gomorra par exemple)
Je ne comprends vraiment pas ce buzz de rue89 sous prétexte que certains cherchent encore à faire du fric avec Mesrine au cinéma ou en librairie.
à -Candide-
De Chavezitto
Technicien de la vie | 21H31 | 26/10/2008 |
le buzz de rue 89 cest à eux qu'il faut en demander les raisons .
et si certains ne comprennent pas qqch, c'est à leurs géniteurs de répondre sur leur manque de sagacité pas aux éditeurs de choses trop compliquées pour eux ..
à pablico
De Chavezitto
Technicien de la vie | 21H35 | 26/10/2008 |
oui pablico il y en a plein tu as raison … d'ailleurs c'est peut être pour nous occuper ailleurs que rue 89 nous parle d'autre chose .
sachez qu'ils « choisissent » leurs sujets .
est ce que rue89 nous parle de la participation sakozienne à la prochaine agression de la république d'Iran ?
De brogilo
in angulo | 13H02 | 26/10/2008 |
Bonjour Hubert, dans votre titre, il ne manque pas « grand » à spectacle ?
J'aurais bien vu : Mesrine : du petit escroc braqueur au bandit à grand spectacle, non ?
Mais bon, même pas grave.
Bon dimanche à vous.
De Mon-Al
roturière :-) | 13H06 | 26/10/2008 |
Je ne comprendrai jamais la fascination que ces gansters produit sur le bon peuple … un frisson dans une vie banale … l'envie de sortir un jour de la vie « médiocre » ?
Mesrine était un sale type, un assassin sadique, un tueur mégalo, il a eu la mort qu'il souhaitait : dans les feux des médias. Et dire que 30 ans après, il brille encore dans les rêves des héros sur canapé ! ! !
Pour assister à ce film, il faudrait m'y transporter en coma dépassé …
De sigismund
13H17 | 26/10/2008 |
« Guy Debord, le pape du polard » ben zut alors, j'avoue qu'il doit y avoir des bouquins de lui qui m'ont echappé… : -D
à sigismund
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 13H26 | 26/10/2008 |
Oui, il y a eu une erreur quelquepart, et je vous remercie de nous l'avoir signalée.
à sigismund
De InitiativeDharman
Merde in France. | 09H33 | 27/10/2008 |
Erreur : c'est Manchette le pape du polar. Quant à Debord,il avait vu juste ! Mesrine c'est bien le symbole de notre société du spectacle, sauf que c'est plus dangereux que la star academy…
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 13H18 | 26/10/2008 |
J'en ajoute un quatrième, fondamental, en guise de manifeste politico-poétique, car Mesrine est aussi un emblême pour les artistes :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/ ? p=1070
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 13H38 | 26/10/2008 |
Pour les « classiques cris de liberté de tous les truands », rappelons juste le très bon De la prison à la révolte de Serge Livrozet (publié Ed. Mille et une nuits, 2 euros), avec une préface de Michel Foucault.
Un pavé dans la mare contre le moralisme du « qui vole un oeuf vole un boeuf ».
A part ça, les paradis fiscaux, à Saint-Martin (COM de France) et ailleurs, ça va ?
De lhirondelle
13H56 | 26/10/2008 |
Il pue l'aigreur, ce petit Ardouin…. Manque de célébrité peut-être… Manque de charisme, sans doue…
De survivant
14H38 | 26/10/2008 |
Un très bon bouquin de Roger Knolbelspiess(auteur)et 26 de taule et Michel Foucault(auteur) « Q.H.S » qui en dit long sur les pratiques des Quartiers de hautes sécurité. Où comment rendre un humain à l'état d'animal sauvage.
De skalpa
actif et militant ? | 14H39 | 26/10/2008 |
Ah Mesrine, toute une époque…

Révolue ?
http://kprodukt.blogspot.com
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H46 | 26/10/2008 |
je me demande l'impact que pourra avoir les affiches du film sur les jeunes de banlieue qui ont déjà suffisamment de griefs contre les flics… ? Eux qui subissent des contrôles quotidiens au faciès… !
http://phil195829.overblog.com
De Bruno Dante
*** | 14H46 | 26/10/2008 |
Bien vu comme article, mais il resterait à souligner la parution de « L'instinct de mort » en 2006 aux Éditions Le Chien Rouge (ISBN : 2-916542-02-7) avec pour préfacier Roger Knobelspiess. Réédition qui semble déranger le comportement consumériste ambiant.
Un article dans le mensuel CQFD n°60 octobre 2008 (actuellement en kiosque), retrace l'aventure de cette réédition…
Bien à vous.
à Bruno Dante
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 14H51 | 26/10/2008 |
J'étais au courant de cette réédition, mais la distribution de l'éditeur était confidentielle…
à Hubert Artus
De Bruno Dante
*** | 15H23 | 27/10/2008 |
« Confidentielle » de part les maigres moyens d'une petite maison d'édition et due aussi au fait du peu d'intérêt au sujet que portait la presse à l'époque de sa parution. Mais pas « confidentielle » dans le sens confiné au secret… Donc, à l'heure du grand battage médiatique et de sa réédition chez Flammarion comme produit/marchandise déclinée du film, raison de plus d'en rappeler les faits.
De marcdesronces
idéaliste sceptique | 14H56 | 26/10/2008 |
C'est un commentaire un peu à côté de la plaque : Le jour ou Mesrine a été abattu beaucoup se sont demandés si son éxécution n'avait pas été programmé/ordonné brutalement afin d'atténuer l'effet désastreux pour le pouvoir giscardien de l'époque, du présumé suicide du ministre du travail Robert Boulin dont une lettre supposée de lui adressée entre autre à l'AFP accusait sans les nommer des gens proche du pouvoir qui l'aurait poussé à ce geste désespérer.
Si manoeuvre il y a eue cela montre bien que l'on était conscient du mythe que Mesrine incarnait déjà. La question reste quand même est-il utile d'entretenir le mythe plus de vingt après ?
De brazz
15H06 | 26/10/2008 |
Le mythe, très souvent, ce sont les journalistes qui le créent de toutes pièces en montant en épingle des sujets quand ils pensent qu'ils n'ont rien d'autre à dire !
De blablablaetblablabli
patati et patata | 15H59 | 26/10/2008 |
Ha ça je n'arrive pas à comprendre ,le gars (Ardouin) 65 balais << je n'ai jamais eu de métiers >> ,le gars n'a jamais bossé de sa vie. Terrible et ils sont fière.
à blablablaetblablabli
De Hubert Artus
(auteur)
Rue89 | 16H17 | 26/10/2008 |
N'exagérons rien, il ne fait pas le fier en disant cela
De blablablaetblablabli
patati et patata | 16H06 | 26/10/2008 |
A l'évocation de Ferrara << ha il est sympathique Ferrara il va chercher les sous et tout>> moi qui doit faire des devis ,monter des parpings,rénover ,j'imagine ce que ça veut dire (aller chercher des sous )pour eux
De lhirondelle
16H43 | 26/10/2008 |
Mesrine, rêve ou peur ? ? ? ? Je ne sais plus , quand il est mort j'ai crié à l'assassinat, aujourd'hui c'est comme un « Don Juan » de ce qu'on pourrait admettre ; C'est comme un héro et comme un « anti-héro ». Forcément touchant, forcément sympathique, et donc, forcément, une référence….. Par temps de crise surtout…. Comment expliquer à nos mômes que tout ça n'était qu'utopie, alors que plus rien ne nous pousse à rever…. Je vous le demande……..
De ysengrimus
17H01 | 26/10/2008 |
N'oublions pas les récipeindaires de balles perdues dans cette affaire…
http://www.ecouterlirepenser.com/textes/pl_fc_profits.htm
Paul Laurendeau
De Monk
Musicien | 18H44 | 26/10/2008 |
Mesrine est un criminel qui s'est fait passer pour Robin des Bois. Il était le pire des assassins, un psychopathe, un tueur.
La création d'un mythe autour de de l'affaire Mesrine me désole. Cet homme était prêt à tout pour rester en vie. Tuer, prendre des otages, torturer, manipuler. Voilà le mythe.
En revanche, Connaissant le style de jeu de Vincent Cassel (Les promesses de l'ombre, le Doberman, etc…) je sais qu'il ne va pas faire une apologie de ce tueur. Et ça c'est bien.
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 18H16 | 26/10/2008 |
j'irais pas voir çe film mesrine n'avait rien de robin des bois et puis c'est du passé quand a monsieur ardouin j'opte pour les 10% qui se débrouille un cran au dessus du RMI qui en général est la retraite des vieux truands
à patrick du 14
De Monk
Musicien | 19H03 | 26/10/2008 |
Relis-moi, je n'ai jamais dit que Mesrine était Robin des Bois. Il s'est bricolé un mythe alors qu'il est le pire des tueurs, nuance.
De Zorko
Cuté | 18H36 | 26/10/2008 |
La France et ses« héros » : Johnny, l'abbé Pierre, Soeur Emmanuelle, Mesrine, Kouchner, Claude François, Victor Hugo, Napoléon et heureusement Jean Moulin. C'est pas triste tout çà ? ! Dimanche rime bien avec souffrance.