
Le Français J.M.G. le Clézio reçoit le Nobel de Littérature

C'était, avec Philip Roth, le nom le plus cité. Le Français J.M.G. Le Clézio est récompensé « pour son œuvre de la rupture », ont déclaré les membres du jury.
Le Prix 2008
Cette semaine, les déclarations du secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, Horace Engdahl (« Les Etats-Unis sont trop isolés. Ils ne traduisent pas assez et ils ne participent pas au grand dialogue des littératures. Cette ignorance les restreint. […] Il y a de la littérature de qualité dans toutes les grandes cultures, mais on ne peut échapper au fait que l'Europe, toujours, est le centre du monde littéraire ») avaient déclenché les paris les plus divers et les plus fous.
On retrouvait dans les pronostics les habituels Philip Roth, Joyce Carol Oates, John Updike, Don DeLillo ou encore John Ashbery, car on pensait logique de voir récompenser un auteur plutôt démocrate, afin qu'il prononce un discours « pour que le monde change vraiment ».
Dans le même temps, on voyait grimper la cote des Européens (le Tchèque Arnost Lustig ou encore l'Italien Claudio Magris), et en particulier des Français (Le Clézio, Bonnefoy, et Hélène Cixous ces derniers jours). C'est donc le Niçois, qui fêtait ses 68 ans cette année, qui s'est vu récompensé.
Le vainqueur 2008
Celui qui avait reçu, en 1963, le Prix Renaudot pour son premier roman (« Le Procès-verbal ») semblait au courant de cette récompense lorsque, ce matin, sur France Inter, il disait penser à « la relativité de l'édition », et « aux difficultés qu'ont ceux qui écrivent en créole de trouver des éditeurs en France ». (Voir la vidéo de Le Clézio à l'émission La Vitrine du libraire, en 1963)
Le Clézio, et c'est pourquoi sa récompense est un événement, est à la fois le romancier français typique du XXe siècle (quête initiatique, romans familiaux, souvenirs de la guerre, importance de la famille, et de la mère surtout) et le romancier qui a éprouvé le monde du XXe siècle : il a vécu au Nigeria, en France, à Londres et aux Etats-Unis avant de devenir enseignant et écrivain, et surtout il commença très tôt (durant le service militaire) à dénoncer l'asservissement (prostitution enfantine en Thaïlande, dont il sera expulsé ; la condition des Indiens au Panama, etc). (Voir la vidéo de Le Clézio à l'émission Apostrophes)
« L'Extase matérielle », « Terra Amata », « Le Déluge », « Lullaby », « Les Prophéties du Chilam Balam », etc : autant de romans et de récits qui disent le monde de l'époque, le langage, la folie et l« écriture, autant de livres qui sont aussi des risques formels.
A partir des années 80, l'écriture de Le Clézio devient plus apaisée, et y pointent les souvenirs d'enfance, du voyage, de la famille. A ce titre, son dernier roman (“ Ritournelle de la faim ”), paru il y a deux semaines, est symbolique.
Depuis de nombreuses années, il parcourt de nombreux pays dans le monde, sur les cinq continents, mais vit principalement à Albuquerque, et en France à Nice et à Paris. Depuis de nombreuses années, il est reconnu comme le plus grand écrivain français vivant. On est d'accord ou pas, mais il convient de dire que si un auteur fut, dans sa carrière, à ce jour, un auteur à la plume vengeresse et un auteur aux semelles de vent, c'est bien Le Clézio.
Photo : Jean-Marie Gustave Le Clezio (Jessica Gow/Reuters).
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De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 13H23 | 09/10/2008 |
Le Zident Kétanou fait vérifier par ses services que JM Le Clézio n'est pas l'auteur de « La princesse de Clèves », avant de faire écrire une bafouille pour le féliciter.
Hier, il a quand même congratulé Gilbert Montagné pour son prix Nobel de médecine.
à Charles Mouloud
De compte supprimé17
13H56 | 09/10/2008 |
Devrait nous en sortir une beIIe sur Ia rupture chère à son plan com pour se faire élire.
Nico S As tu bien suivi I'actu entre 12h30 et 13h30 ?
Ie CIézio c'est
A -- Un jeu de société
B -- Une petite ViIIe de France devenue célèbre pour ses hauts fourneaux
C -- Une marque d'outillage
D -- Une espèce de rat vivant uniquement sur I'iIe de Batang
MDR
à compte supprimé17
De dt_ytsejam_dt
Frouze en Suisse. | 14H46 | 09/10/2008 |
Quelqu'un peut-il m'expliquer ce que notre président vient faire dans cette histoire…Je le réaffirme, il y a sans doute suffisamment de choses à dire sur la politique menée par Nicolas Sarkozy pour que l'on cesse ce type de remarques déplacée et sans queue ni tête qui ne font au final que jeter un voile nébuleux sur les critiques fondées qui pourraient être formulées et desservir la cause de ceux qui souhaitent s'opposer sur le fond à la politique présidentielle.
à dt_ytsejam_dt
De Clarence
15H22 | 09/10/2008 |
Moi, le « Zident Kétanou » qui a félicité Gilbert Montagné pour son Nobel de médecine, ça me fait rire.
Voici déjà un des avantages du post de Charles Mouloud.
; o)
à Clarence
De Utilisateur désinscrit 2
nc | 19H22 | 09/10/2008 |
Idem Clarence ! Et pour moi, ça vaut 1000 commentaires culs pincés.
à Clarence
De MimiCharabia
auteure à son compte | 20H42 | 09/10/2008 |
moi aussi j'ai ri, merci Mouloud. Un peu de fantaisie ne nuit pas, que diable…
à Clarence
De marmotte64
Super héros | 10H07 | 10/10/2008 |
Le président je ne l'aime pas, on est bien d'accord mais :
1) S'il n'avait pas salué le prix nobel je pense que les réactions auraient été outrées sur le site. Il faut savoir raison garder à un moment donné.
2) Pourquoi est on obligé de parler de Nicolas Sarkozy sur un article relatif au prix nobel de littérature. C'est incroyable. Certains sont obnubilés.
à Charles Mouloud
De quetzal2012
enseignant précaire | 14H51 | 09/10/2008 |
Tandis qu'on assassine la culture et les sciences humaines de toutes parts, tandis que l'on condamne certaines oeuvres littéraires à l'index des oeuvres « inutiles », le sident kepasabeaucoup va en effet faire semblant d'avoir lu Le Clezio et enlever tout honneur à ce prix nobel de littérature, par ailleurs, amplement mérité.
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
De zénon denon 84
Bonne | 13H31 | 09/10/2008 |
Sait-il que Jacques Brel est mort ? ? ?
De Panama
enseignant | 13H36 | 09/10/2008 |
Au nom de tous les Indiens du Panama, merci à J.M.G. pour services rendus et dûment récompensés !
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 13H59 | 09/10/2008 |
A ce rythme à quand un Nobel pour BHL ou Houellebecq ?
Bof bof bof c'est rare qu'un écrivain dit voyageur provoque chez moi un ennui aussi incommensurable.
Pourtant je me suis accroché, mais je n'ai jamais réussi à finir un de ces livres.
à dulconte
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 15H04 | 09/10/2008 |
Pareil pour moi ! Mais il est quand meme bien au-dessus de BHL et Houellebecq.
à Venezuela
De quetzal2012
enseignant précaire | 15H34 | 09/10/2008 |
sans commune mesure !
à Venezuela
De Honnecourt
| 16H59 | 09/10/2008 |
Pardonnez-moi mais qui sont ces deux écrivains ? Sont-ils d'ailleurs des écrivains ? ou des folliculaires ? Sont-ils des hommes d'affaires spécialistes en marketing ? Sont-ils consultants en médias ? Organisent-ils des réunions mondaines ?
à dulconte
De ron-ron
17H20 | 09/10/2008 |
Chacun ses goûts, je n'ai personnellement jamais trouvé d'écriture plus belle que celle développée dans « les géants ».
BHL ou autre ne sont pas des écrivains, et, sans entrer dans un débat sur le contenu, n'en ont surtout pas le style.
à ron-ron
De miremond
34942
17H40 | 09/10/2008 |
d accord avec ron.ron
à dulconte
De MimiCharabia
auteure à son compte | 20H48 | 09/10/2008 |
ben là, ducon(te), on rigole plus, t'es franchement pas drôle. Mettre Le Clézio dans le même sac que BHL ou Houellebecq, c'est carrément une insulte.
De charlotte cordier
14H09 | 09/10/2008 |
tres contente pour lui , c » est un auteur dont j » ai toujours apprécié les livres ,plein d » humanité .
à charlotte cordier
De Yémanja
Toulouse | 20H02 | 09/10/2008 |
C'est un choix qui honore l'académie des Nobels… et qui leur fait un peu pardonner les oublis d'aimé CESAIRE & de Jorge AMADO.
Mais savourons notre plaisir et relisons un de ses nombreux ouvrages.
à Yémanja
De Alex Engwete
Consultant | 20H29 | 09/10/2008 |
Vous ne mentionnez pas Julien Gracq…
De Seydou Yéké
(nom propre) | 14H12 | 09/10/2008 |
Est-il mieux traduit du créole que Philip Roth ? Car la traduction de « L'Attache » en français de la métropole laissait un peu à désirer.
De DELBOSC-S
DELBOSC-38 | 14H37 | 09/10/2008 |
Comment osez-vous comparer un BHL ou Houellebecq à Jean-Marie Gustave le Clézio ! Il est aux antipodes de ces personnages.
Bien loin de la médiocrité ambiante, et loin des épanchements narcissiques chers aux auteurs contemporains.
Merci à lui pour son œuvre.
à DELBOSC-S
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 15H05 | 09/10/2008 |
Mais j'ose et sans complexe, je n'ai jamais aimé cet auteur et reste pour moi un symbole de la littérature « médiatique » vide produite en France depuis quelques décennies. Ceci est bien sur une opinion toute personnelle.
Par contre je ne vais pas me mettre à adorer le Clézio parce qu'il a reçu le Nobel, je réessaierai, peut-être, de le lire une fois de plus. J'attendrai cependant d'être en France les livres en français étant hors de prix ici.
à dulconte
De Natalia
19H41 | 09/10/2008 |
Médiatique ? ? ? ? ? ?
à dulconte
De Yémanja
Toulouse | 19H50 | 09/10/2008 |
Médiatique !
Il doit falloir vivre en Patagonie pour imaginer JMG Le Clézio tel.
C'est l'absolue antithèse d'un médiatique. J'ai lu plus d'un dizaine de ses romans (le premier à 15 ou 16 ans = Mondo & autres histoires) ; c'est un des plus grands auteurs vivant.
Il vit sa vie, écrit des livres magnifiques, parfois difficiles mais d'une extrême sensibilité et profondeur - et surtout n'emmerde personne en donnant son opinion à tort à à travers.
Félicitation aux Nobels.
De Alain Provist
14H38 | 09/10/2008 |
C'est une excellente nouvelle. Loin du nombrilisme de l'écivaillerie germanopratine, l'oeuvre de Le Clézio est à la fois humaniste (au meilleur sens du terme)et nomade (de l'Amérique à l'île Maurice en passant par l'Afrique). Elle nous rappelle opportunément que la littérature est une leçon de tolérance, de transcendance et de rêve : « Je suis persuadé qu'on est libre. Ecrire, c'est une façon d'exprimer cette liberté ». Avec lui, nous sommes tous des « chercheurs d'or » et il nous arrive d'en trouver.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 14H43 | 09/10/2008 |
L'oeuvre de Le Clézio, c'est un peu l'antithèse de celle des quatre auteurs américains cités en début d'article, dont M. Engdahl, président du jury de Stockholm, a dit qu'ils étaient en quelque sorte repliés sur leur expérience étroite d'Américains urbains dans une société jugée « finissante » et finalement peu encline à s'intéresser au reste du monde. Ce jugement hâtif ne sera sans doute pas confirmé par l'Histoire.
Mais qu'importe ? Si Le Clézio représente une rupture (encore faudait-il préciser ce terme ! ), c'est bien parce qu'il s'est toujours détourné de l'évidence terre à terre que nous apporte l'inconfort de vivre dans une société qui ne sait ni écouter, ni même entendre, ni lire ce qui l'entoure, et qui pourtant contient le sens réel des choses (civilisations oubliées ou silencieuses, minorités écharpées par la mondialisation, individualités uniques qui valent d'autant plus qu'elles se laissent volontiers percer par ceux, à la quête ardente, qui les recherchent).
Le Clézio est un bon choix, ardu et échappant aux modes, mais un bon choix.
à Jaycib
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 15H00 | 09/10/2008 |
Le Clézio est un bon choix, ardu et échappant aux modes, mais un bon choix.
Le ardu ne me fait pas peur (Ulysse reste un livre magique pour moi), mais diable je ne sais pourquoi, j'ai toujours trouvé le Clezio creux, fade vide, ennuyeux, je pourrai continuer longtemps la liste…
Et c'est vrai que de le voir recevoir le Nobel me déroute un peu, d'où ma comparaison avec les deux autres pitres. Je ne vois pas trop ce qu'il vient faire au milieux des Hesse, Morrison, Pamuk, Paz, Singer ou Camus pour ne prendre que quelques exemples.
à dulconte
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 15H43 | 09/10/2008 |
Mon cher Dulconte, si je peux comprendre tes réticences à propos de Le Clézio, je me permettrai seulement de te rappeler Proust, qui observait qu'on ne peut créer une impression d'ennui (ou de vide) qu'en étant ennuyeux ou vide soi-même. D'ailleurs, l'ennui est-il un critère de jugement s'agissant de littérature, qui, rappelons-le, n'est pas un divertissement populaire (même si ça aide ! ) mais une quête de vérité ? Toutes les « vérités » ne sont peut-être pas bonnes à dire, en tout cas pour la majorité des lecteurs que nous sommes (ainsi que pour les éditeurs ! ).
Tu devrais lire le premier roman de Le Clézio, le Procès-Verbal, qui éclatait de vérité romanesque au moment même où la critique (internationale) s'était entichée d'un « nouveau roman » qui tournait déjà en rond à coup de formalisme et de vacuité. Il faut, à cet égard, féliciter Gallimard d'avoir publié LC à contre-courant et de lui être resté fidèle par la suite.
Lors d'une conférence aux Etats-Unis, j'avais questionné Nathalie Sarraute peu après la parution du Procès-Verbal. Elle était enthousiaste, trouvant chez Le Clézio une « vraie patte d'écrivain », qualité qu'elle refusait à Robbe-Grillet, Pinget et autres Simon. Elle était prophète ! Elle aussi voguait à contre-courant…
Ne sois pas dérouté par le choix de Stockholm, qui nous a donné quelques « bides » retentissants au fil des années ! Les membres du jury ne sont pas des critiques littéraires et encore moins des écrivains eux-mêmes. Si tu consultes la liste des Nobels de littérature sur Wikipédia, tu verras que beaucoup d'illustres inconnus ont été choisis au fil des ans et sont demeurés inconnus ou entièrement délaissés.
Parmi les noms que tu cites, je ne connais pas Pamuz, mais tu me permettras de ne pas partager ton amour de Hesse (le Loup des Steppes ? Siddartha ? ) ou même de Morrison, dont le seul véritable mérite à mes yeux est d'avoir traité ses sujets (Noirs américains) comme des héro(ïne)s du tiers-monde. L'idée d'en remontrer à ces introvertis d'Américains BCBG peignait déjà Stockholm dans le sens du poil ! (Il reste que les grands auteurs Noirs américains d'avant, Richard Wright et Ralph Ellison, étaient d'une autre trempe mais ont été complètement ignorés.)
Je partage ta haute opinion de Paz, Singer et Camus. A mon sens, deux des quatre Américains considérés comme candidats potentiels sont des géants (Updike, Roth). Je souhaiterais qu'on leur rende justice un jour ou l'autre, même si un Nobel est le type de viatique dont ils peuvent aisément se passer.
à Jaycib
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 17H38 | 09/10/2008 |
Ahhh Jaycib quelle douleur tu me fais, il y a 4 auteurs qui ont construit mon univers littéraire, Borges, Calvino, Hesse et Sepulveda auquel on peut rajouter un autre Argentin Julio Cortazar.
Morisson, de son côté que j'ai lu en français est un auteur qui me touche infiniment. J'avoue qu'en littérature je fonctionne quasi exclusivement sur les sentiments.
Les 4 ont la même particularité, des romans le plus souvent courts ou des nouvelles (en dehors du jeux des perles de verres de Hesse) et une écriture toujours à la limite du fantastique et de l'onirique.
En décembre, à mon passage en France, j'essayerai de lire Procès-verbal pour suivre ton conseil, je ne te promet pas de le finir, mais j'essayerai.
Je suis d'accord que les Nobels de littérature ne sont pas toujours de grandes réussites, par contre il est rare qu'un auteur médiatique, car le Clézio l'est, soit récompensé.
Je connais incroyablement mal la littérature américaine, même si j'aime énormément les paysages humains de Carver. Il va bien falloir un jour que j'essaye de lire Roth ou Updike. Va falloir faire des réserve de bouquin quand je serai en France.