Rentrée littéraire 2008 : « Tout est plus grand en poche ! »

Nouveauté de cette année, la « rentrée littéraire Poche ». Un phénomène qui en dit long sur la mutation du marché du livre.

Une des grandes nouveautés de cette rentrée est l'apparition d'une véritable « rentrée littéraire Poche ». Un phénomène qui en dit long sur la mutation du marché du livre, mais aussi sur le changement des mentalités et des générations au sein des grands groupes d'édition. Et qui enrichit le concept de rentrée littéraire. Décryptage.

Jusqu'ici, seules les Editions Points (département Poche du Seuil) avaient vraiment fait l'opération « Rentrée littéraire ». Cette année, J'ai Lu s'y colle. Quand Points orne d'un bandeau « Rentrez littéraires » ses parutions de septembre, J'ai Lu les habille de couvertures spéciales. Cette année, c'est donc encore plus net : pour la première fois, une « rentrée littéraire Poches » est visible en France.

Ce pourrait être une mode dont seul se soucie le milieu de l'édition. Il y a un peu de cela. Cela pourrait signifier une simple mise à niveau. Il y a aussi cela. Mais cette « rentrée littéraire Poche » vaut par le contexte dans lequel elle s'inscrit : une période de crise du pouvoir d'achat, une époque où un livre n'a jamais coûté aussi cher (de 16 à 23€ en moyenne) et une rentrée où résonnent encore les printanières salves contre la loi Lang sur le prix unique du livre (d'autres semblent à prévoir, nous disent des libraires renseignés).

Mariage du marketing et du livre populaire

Points est le premier qui, en 2006, amena le livre de poche sur le terrain de la rentrée littéraire. L'idée y est de ne pas être « une simple caisse de résonance des succès en grand format ». Sa directrice Emmanuelle Vial se réjouit qu'en 2008 ses concurrents fassent de même :

« C'est un moyen privilégié de faire découvrir des œuvres contemporaines, françaises et étrangères, et cela nous semblait situé dans la continuité parfaite de notre engagement éditorial. L'idée d'offrir une rentrée littéraire à prix poche séduit de plus en plus de libraires et de lecteurs au fil des ans ! »

Points et J'ai lu en chiffres


Points lance neuf titres en « rentrée littéraire Poches ». Dont les auteurs ont pour nom : Olivier Adam, Rachel Cusk, Edward St-Aubyn, Virginie Ollagnier, Mazarine Pingeot, Natacha Appanah, James Meek, Robert Alexis ou Troy Blacklaws. Emmanuelle Vial avance des tirages « entre 8000 et 50 000 exemplaires, et nous sommes déjà en réimpression sur la plupart des titres ».

J'ai Lu lance de son côté quatre romans, avec couvertures spéciales. Et déclare des mises en place de 35 000 exemplaires pour Doris Lessing, 34 000 pour Brigitte Giraud, 12 000 pour Fellag, et 10 000 pour Jean-François Dauven, « soit pour les deux derniers un “ effet rentrée littéraire ” évalué à + 30 % versus une MEP normale ».

Du côté de J'ai Lu, cet été 2008 était le moment idéal pour montrer de nouvelles couleurs : cette année marque le cinquantième anniversaire de l'édition. Qui, à ce jour, est en quatrième position du secteur. Pour la directrice littéraire Anna Pavlowitch, en place depuis dix-huit mois, « cette première rentrée littéraire J'ai lu était aussi une façon d'oser nous positionner là où on ne nous attend pas forcément :

“Si notre marque est indéniablement une référence en littérature de genre et en document, notre légitimité semble moins évidente en littérature.”

J'ai Lu comme Points voulaient bien entendu profiter de l'aubaine médiatique qu'est la rentrée littéraire. Et, se calquant dessus, remettre en cause le calendrier du Livre. Anna Pavlowitch poursuit :

“Traditionnellement, les éditeurs poches publient leurs grosses cartouches en avril/mai afin de leur faire bénéficier des opérations d'été. Mais pourquoi les gens liraient seulement en poche sur la plage ? Nous sommes en train -et Points participe au même mouvement- de révolutionner le calendrier habituel des publications poche.”

“L'idée n'est pas nouvelle”, admet de son côté Emmanuelle Vial, “ce qui est différent, c'est le public : le poche a toujours eu cette vocation première de rendre disponible la littérature au plus grand nombre”.

Le public, c'est précisément ce que, chez J'ai Lu, on a voulu toucher, comme l'explique Pierre-Jean Doriel, son directeur marketing : “La rentrée telle qu'elle est conçue ne concerne que 20-25% des lecteurs, toute une frange de la population passe donc à l'as de cette rentrée parisienne. Les gens n'ont plus envie, ou plus besoin, de ce discours. Le lectorat du poche n'est pas suiveur : il est puissant. Nous avons, tout bonnement, anobli ce pouvoir, en offrant des auteurs confirmés -Doris Lessing, Fellag- et à découvrir –Jean-François Dauven.”

Chez Gallimard, on n'a pas cherché à se démarquer par sa maquette ou par son bandeau : Folio, admet son directeur éditorial Louis Chevaillier, qui a fait “le choix pour cette rentrée littéraire de [s‘] associer plus étroitement que jamais aux parutions de la collection Blanche’ :

‘Alors que la presse soutient les nouveaux romans de Valentine Goby et de Benoît Duteurtre, nous sortons en Folio leurs précédents titres. Lacrimosa’ de Régis Jauffret fait partie des coups de cœur de votre rédaction. En septembre, reparaît en Folio ‘L'Enfance est un rêve d'enfant’, son roman paru en 2004. Grâce à la Palme d'Or attribuée à ‘Entre les murs’, nous sortirons en septembre ‘Jouer juste’, premier livre de Bégaudeau. La rentrée littéraire est pour nous l'occasion de renforcer encore notre politique d'auteur, profitant de la presse qui récompense le talent des écrivains de notre catalogue. En ce sens, il me semble que nous avons toujours effectué une ‘rentrée littéraire Poches’. ”

Repositionner le poche

Cette “rentrée littéraire Poche” révèle, sous cette appellation marketing, la mutation opérée par l'édition poche ces dernières années. Auparavant, il y avait les “préférences groupe” : chaque éditeur grand format cède ses livres à l'éditeur poche du même groupe que lui (le Livre de Poche pour Hachette -entre autres : Grasset, Stock, Lattès ; 10/18 et Pocket pour Editis ; Points pour Le Seuil et L'Olivier ; J'ai Lu pour Flammarion).

L'avis du libraire


Xavier Moni, directeur de la librairie Comme Un Roman (Paris, IIIe), se réjouit de voir… ses tables encombrées de poches. “ Voilà qui permet d'appuyer sur le poche pour faire découvrir un auteur qui, par ailleurs, est un événement de la rentrée. ” Il avoue cependant qu'il “ ne commandera le poche que si, à l'époque de la première parution, j'avais défendu le livre ”. Dans une librairie qui ne fait aucune impasse sur le romans étrangers et français, “ il n'y a que pour des auteurs comme Laurent Gaudé que je commande plus que dix livres d'un coup, même en poche. J'ai commandé trente exemplaires.

Or, explique Anna Pavlowitch, ‘depuis quatre ou cinq ans, le marché est devenu tellement concurrentiel que les éditeurs de poche ont bien été forcé de renouveler leur offre’ :

‘Ils ne proposent plus une simple reprise à l'identique en petit format et sur du mauvais papier. Les éditions de poche sont de plus en plus belles, avec des mises à jour, des plus ’ éditoriaux. Ces efforts, cette créativité éditoriale et marketing, remet de plus en plus souvent en question le jeu des préférences groupes.”

Quand elle parle des grands formats, des “groupes”, et des “préférences”, elle sait de quoi elle parle : Anna Pavlowitch fut, avant J'ai Lu, éditrice pour Ramsay, Pauvert et Fayard entre autres. Sa simple présence, à ce niveau de responsabilités, dans l'édition de poche en dit long sur la maturation du secteur.

Pour Emmanuelle Vial, le boom du poche “bouscule les habitudes, parce qu'il s'inscrit dans une double problématique : celle de faire découvrir des œuvres à un public le plus vaste possible et celle de s'inscrire dans la durée”.

S'inscrire dans le temps

Jaquette du 'Manuscrit de Portorosera la rouge (DR).Une nouvelle durée, voilà ce que va découvrir Jean-François Dauven. Dont le premier roman, “Le Manuscrit de Portosera la rouge”, premier tome d'un cycle méditerranéen, est un des quatre romans de la rentrée J'ai Lu. Et dont le troisième livre, suite du cycle, paraîtra chez Flammarion début 2009. Pour lui, “sortir en poche, c'est d'abord s'inscrire dans la durée” :

“Une rentrée en poche, en ce qu'elle associe la partie du public qui de toutes façons n'achète que des poches à ce moment privilégié de l'année littéraire, me semble être une excellente chose.”

“Tout ne se passe pas entre le Flore et le Lutetia à Saint-Germain-des-Près”, conclut Anna Pavlowitch, “tout est plus grand en poche. Cette largeur de vue nécessaire oblige à déplacer les enjeux, les priorités.”

Et si le prix exorbitant du livre ne servait pas, au final, à réconcilier le public et les livres ? Avant l'arrivée du livre électronique, prochaine étape pour toute la chaîne du livre. “Tout est plus grand en poche”. Et on s'en aperçoit, bien évidemment, quand elles sont moins remplies.

19 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Mon-Al

De Mon-Al

roturière :-) | 10H31 | 16/09/2008 | Permalien

Il est vrai que le prix d'un livre, plus ou moins 20 €, fait préférer les éditions poche, moins chères bien sûr, mais plus facile à transporter (dans un sac à main par exemple) et à lire, moins lourd si on lit allongé ou lové dans un fauteuil …

Dans la mesure du possible, j'attends la sortie d'un livre repéré en poche … et si ce format réconcilie le public avec la lecture, tant mieux.

Merci pour cet article.

Portrait de solstice

De solstice

pigiste | 10H32 | 16/09/2008 | Permalien

C'est effectivement le prix des livres qui fait fuir l'acheteur… Je n'achète quasiment plus de livres autres que poche, et cela me désole, croyez-le… Le côté préliminaires, avec le choix du papier, de la jaquette, l'odeur du livre…

Reste la lecture et là, savoir qu'il y a des progrès dans la sélection des poches, c'est vraiment une bonne nouvelle.

Les poches en été, c'est vrai que j'ai toujours pratiqué : on a moins de honte à les oublier sur une table de chevet de maison de vacances, sous l'ondée dans le hamac ou pleins de sable au retour de la plage mais, pour une lectrice insatiable, c'est bien qu'il y ait du nouveau toute l'année !

Je n'oublie pas les bibliothèques mais ce n'est pas tout à fait pareil d'étrenner un livre ou de le lire à la suite de X : c'est un autre plaisir, celui de suivre un lecteur qui a à peu près les mêmes goûts que vous…

Portrait de Anthropia

De Anthropia

10H33 | 16/09/2008 | Permalien

Phrase de mon libraire favori :

« le fonds d'une librairie, c'est les Poches ».

Eh oui, les meilleurs livres de chaque saison finissent en Poche, une façon de faire le tri pas cher.

http://anthropia.blogg.org

Portrait de stephanemot

à Anthropia Portrait de Anthropia De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 11H07 | 16/09/2008 | Permalien

« le fonds d'une librairie, c'est les Poches ».

tres juste. un peu comme la baguette de pain pour le boulanger.

la difference c'est que quand on fait les poches d'un editeur c'est son portefeuille qui se garnit.

Portrait de Camille

De Camille

Mauvais genre | 11H09 | 16/09/2008 | Permalien

Comme j'ai l'esprit atrocement mal tourné, j'ai lu éditions blanche là où était écrit collection blanche et… j'ai eu un blanc !

Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

11H59 | 16/09/2008 | Permalien

N'oublions pas les lancements de livres de poche alternatifs du reste du monde…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/09/12/le-thaumaturge-et-le-comedien…

Paul Laurendeau

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 12H18 | 16/09/2008 | Permalien

« un livre n'a jamais coûté aussi cher (de 16 à 23€ en moyenne) »

Pendant ce temps, bonjour l'Afrique désargentée qui s'enfonce dans la grande nuit épaisse. Irrémédiablement ! Un fonctionnaire congolais touche—s'il touche— « de 16 à 23 € en moyenne » par mois !

Portrait de Colonel Fabien

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De Colonel Fabien

www.get_anxious.com | 12H30 | 16/09/2008 | Permalien

Mais que voilà de la belle démagogie de comptoir !
Si le prix des livres était moins élevé, est-ce que vous en profiteriez pour envoyer la marge économisée à « l'Afrique désargentée » ?
Quand à l'ordinateur et la connexion grâce auxquels vous nous faites part de votre « noble engagement », vous ne pensez pas que vous pourriez en faire un meilleur usage pour cette fameuse « Afrique désargentée » que ne poster de pareilles inepties qui n'ont rien à faire dans cette discussion ?
Avez-vous seulement mis les pieds sur ce continent ?
Êtes-vous allé à la rencontre de sa population ?
Avez-vous des amis, ou ne serait-ce que des connaissances qui y vivent ?
Si je peux me permettre un conseil (je ne voudrais pas passer pour un moralisateur de bas étage tel que vous), faites donc quelque chose d'utile de votre vie :
Vendez votre ordinateur, récupérez la caution de votre appartement et partez dans cette « Afrique désargentée » que vous chérissez d'un peu trop loin et faites donc quelque chose, sur place.
Et par pitié, épargnez-nous vos leçons déplacée et dont vous n'êtes pas digne.

P.S : pardon si je vous blesse, vous avez pris pour pas mal d'autres riverains qui m'ont énervés ces derniers temps, mais avant de donner des leçons, mieux vaut connaître son sujet. Cordialement tout de même.

Portrait de Alex Engwete

à Colonel Fabien Portrait de Colonel Fabien De Alex Engwete

Consultant | 14H30 | 16/09/2008 | Permalien

Mon colonel, pour votre gouverne, je suis Africain, Congolais plus précisément. J'ai grandi dans une petite ville de province, Kisangani, où j'ai été éduqué dans une école des prêtres du Sacré-Cœur. Entre les bibliothèques de mon école, du Centre Culturel Français et du Centre Culturel Américain, j'avais des livres à foison. Conditions qui n'existent plus actuellement. Je n'ai fait que m'exclamer devant le fossé qui bée entre ma génération et celle d'aujourd'hui, et entre celle-ci et le reste du monde. A Kinshasa, les enfants ne savent même pas qui est Harry Potter ! … Je m'excuse de t'avoir heurté à rebrousse-poil. Au temps pour moi…

Portrait de Colonel Fabien

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De Colonel Fabien

www.get_anxious.com | 15H20 | 16/09/2008 | Permalien

Entre votre éducation dans une institution religieuse et l'accès que vous aviez à la culture, on ne peut pas dire que vous soyez représentatif de la majorité des Africains, même pour l'époque.

Évidemment, il ne faut pas généraliser et faire comme nos politiciens, résumer dans un discours post-colonialiste écœurant « l'Homme Africain » à un ignare barbare et sauvage. Mais avouez tout de même que ce que l'on considère comme « normal » ou plutôt légitime en Occident (et plus particulièrement en France) concernant l'éducation, l'est beaucoup moins lorsqu'il s'agit des enfants africains, asiatiques, sud-américains ou de tout autre pays « un peu trop au Sud »…

Alors on peut se révolter contre cette situation, crier au scandale et brasser du vent, ou on peut faire quelque chose et, notamment, soutenir des initiatives comme Bibliothèque Sans Frontière ou la Banque Rhône-Alpes du livre pour l'Afrique.

Mais c'est une discussion qui siérait mieux à un débat sur la lutte contre l'illettrisme en Afrique plutôt que sur la prolifération des format « Poches » lors de la prochaine rentrée littéraire, vous ne trouvez pas ?

Encore une fois, je ne cherchais pas à vous offenser, mais je suis agacé chaque fois que quelqu'un essaye de donner une leçon de morale déplacée et hors de propos, surtout si l'intéressé ne peut justifier de sa légitimité à défendre cette cause.

Portrait de Hubert Artus

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De Hubert Artus (auteur)

Rue89 | 16H13 | 16/09/2008 | Permalien

Comme le signale un internaute ci-dessus, le post est pertinent et hors sujet. je le laisse néanmoins publié ici, mais merci de ne pas prendre des post hors sujets comme sujets… à débats ! ! Si nos conférence de rédaction sont interactives, c'est précisément pour que nos internautes nous fassent repérer des débats nés de vos commentaires. A nous ensuite de leur offrir un écho dans nos articles. pas dans les « commentaires »…

Portrait de Mon-Al

De Mon-Al

roturière :-) | 12H27 | 16/09/2008 | Permalien

Même si le post est pertinent, il est hors sujet …

Portrait de Julien83

De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 13H01 | 16/09/2008 | Permalien

Le Poche existe aussi en Bande Dessinée … Et pas que depuis PIF POCHE … récemment ce sont les HUMANOÏDES ASSOCIES qui font dans le côté « Poche » !
et le Manga… c'est déjà aussi du poche !

Portrait de flixp

à Julien83 Portrait de Julien83 De flixp

14H27 | 16/09/2008 | Permalien

Le manga ok, c'est adapté au format poche.
Par contre les bd « grand format » passées en poche subissent un horrible découpage de bulles, images, cadres superposées sur deux pages à la fois. J'ai même vu des bulles carrément enlevées pour que « ça rentre ». Une véritable boucherie en somme !

Portrait de kiki21120

à Julien83 Portrait de Julien83 De kiki21120

sans emploi | 05H50 | 19/09/2008 | Permalien

Le manga était une façon de relancer la lecture au japon après la seconde guerre mondiale, c'était des livres souvent loués. Je suis trop respectueux du travail de l'écrivain que j'achéte que je n'annote pas une directement. Le poche est le seul format qu'une personne vivant avec un minium social peut rêver s'offrir. l'espoir fait survivre.

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 13H55 | 16/09/2008 | Permalien

Le seul format qui importe c'est celui qui est formaté par le contenu.
Et le contenu doit se libérer du pouvoir du fric en ne se souciant pas du contenant.
L'accès démocratique à la littérature ne doit pas être une simple fiction.
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de Albufera

De Albufera

Observateur. | 15H06 | 16/09/2008 | Permalien

Le prix du livre n » est pas celui qu » on croit : on constate que le livre broché et relié est d » un prix constant -et ceci depuis des lustres- si on se sert de la table de conversion de l » insee qui permet de comparer les prix sur différentes périodes en terme de pouvoir d » achat. C » est au contraire le prix du livre de poche qui a explosé en quinze ans (certaines rares collections font exception).

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 10H54 | 17/09/2008 | Permalien

Mais qui ose encore acheter ces livres grand format ?

C'est un bel attrape-couillon, dans lequel je me jette à pieds joints lorsque je n'ai pas la patience d'attendre la version de poche.
Les seuls fois où j'achète un livre grand format, c'est quand j'ai acheté le premier tome (en général sans savoir qu'il y en avait plusieurs) et que j'ai trop envie de lire la suite et que je n'avais pas le choix, en général parce qu'il vient d'être publié (dernier exemple en date : Olympos de Simmons, que je n'ai pas trouvé en poche, et vu que j'avais acheté et lu Illyum, il fallait absolument et à tout prix que je lise la suite… salauds d'éditeurs qui joue la dépendance).

Mais sinon c'est stupide de payer un livre trois fois plus cher. Même pour faire un cadeau, autant en acheter trois fois plus.
Sans parler de la taille absolument pas pratique, le format poche rentre justement dans ma poche et peut être trimballé partout (métro, salle d'attente, bistrot, etc.) et plus facile à prendre en main et à tenir pendant des heures.
Et puis ça prend moins de place dans la bibliothèque.

Peut être que les formats de luxe utilisent une plus grande police de caractères, mais j'ai jamais bien vu la différence.
Et peut être que leurs pages sont plus épaisses et plus solides, sauf que cela n'est vrai que pour les bouquins de peu de pages, car mes éditions de Tolkien et d'Asimov en grand format sont imprimés sur du papier à cigarette ultra fragile.
Et puis il suffit de faire un peu attention à son livre.

Ensuite le reste du livre est identique dans les deux format : une couverture avec une image généralement peu représentative, une 4eme de couverture qui en dit toujours trop ou pas assez et une tranche contenant ce qu'il faut pour le retrouver parmi des centaines de livres.
Bref, un enrobage qu'on regarde une fois et qu'on oublie aussitôt.

J'ai vu qu'un riverain parlait d'odeur, mais je ne vois pas ce que viens faire le format. C'est plutôt l'age du livre qui joue : ouvrir un livre d'occasion édité dans les années 70, c'est un peu comme ouvrir la porte d'une cave.

Idem pour le choix, peut être que ça marche comme ça chez les scribouillards vendus à l'effet de mode qui se prêtent aux magouilles des prix Goncourt et associés pour être à moitié lu par la masse.
Mais dans ma librairie, les poches sont la grande majorité, juste à coté de l'entrée. Et niveau choix, j'ai encore jamais vu un Brunner ou un Goy dans un grand format (ok, j'admets ne pas avoir cherché non plus : D)

Bon, je m'emporte un peu, mais ce ton condescendant des témoignages de l'article m'agace fortement.
C'est sur qu'un auteur préfère vendre son livre 20€ que 8€, mais osé laisser entendre qu'un livre est mieux parce qu'il est grand et cher, c'est de la foutaise de premier choix.

Portrait de RobertoI

De RobertoI

salarié | 16H31 | 17/09/2008 | Permalien

Que les éditions poches sortent des vieilles nouveautés des rentrées précédentes, c'est certainement une bonne idée, marketing en tous les cas. Mais qu'on ne trouve plus les classiques en poche--à part les best-sellers, essayez de trouver certains Balzac, Jules Verne, l'autobiographie de Benvenutto Cellini, épuisée depuis 2 ans, et que dire des écrivains du siècle passé : que trouve-t-on de Kessel, de Mac Orlan, de Carco, j'en passe et des meilleurs--ça, c'est vraiment la honte ! Et je me doute bien que l'arrivée du E-Book pourrait remédier à tout cela, mais si, moi, j'ai pas envie de lire sur un écran ? Je fais comment ?

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