
Premières impressions du débat budgétaire
Chers amis,
Pardon pour ma négligence mais les dernières semaines ont été particulièrement chargées, en raison de l'examen du projet de budget pour 2008. En tant que membre de la Commission des Finances, j'essaie de participer le plus souvent possible aux travaux en Commission et aux séances plénières.
Je termine par ailleurs le projet de rapport sur la sécurité sanitaire que je remettrai demain à la Commission.
Quelles conclusions est-ce que je tire de ce premier débat budgétaire ? La marge de manoeuvre des députés est extrêmement étroite, la plupart des amendements sont rejetés, le pouvoir exécutif garde la haute main sur les décisions finales. Je pense qu'il est temps de redonner davantage de pouvoir aux parlementaires, comme le suggère la Commission sur la réforme des Institutions, en contrepartie d'une limitation plus stricte du cumul des mandats. Nous devons rompre avec une pratique confuse dans laquelle le peu de pouvoir des députés est compensé par l'accumulation de charges locales, pour entrer dans un vrai régime de responsabilité.
Les semaines passées ont aussi été marquées par le débat sur le contrôle de l'immigration. J'ai eu l'occasion de dire toute l'importance que j'attache à la maîtrise des flux migratoires et au contrôle de l'immigration irrégulière. Mais j'ai aussi rappelé durant le débat que les tests ADN ne me paraissaient pas une solution appropriée pour répondre à ces exigences : je me suis donc abstenu lors du vote.
Dans vos réactions, j'ai été frappé par vos critiques sur les interventions locales des députés pour aider un administré dans la recherche d'emploi ou face à une difficulté particulière. Je comprends parfaitement que vous soyez surpris par cette partie du métier, je l'ai été moi-même. Mais lorsque, dans votre permanence, vous vous trouvez face à des personnes surendettées, sans ressources, à la recherche d'un emploi depuis plusieurs mois ou plusieurs années, est-il vraiment possible de les laisser sans soutien ? Le député, qu'on le veuille ou non, a un rôle de cohésion sociale à jouer. Il ne peut pas régler toutes les difficultés mais il doit écouter tout le monde.
Voilà les quelques impressions que je voulais vous livrer depuis plusieurs jours. Je m'efforcerai d'être plus assidu la semaine prochaine.
Bien cordialement à vous.
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De Rebloschonsky
fonctionnaire parisien | 20H31 | 29/10/2007 |
Découvrant un peu le fonctionnement de ce site, je suis un peu perplexe de voir que les interventions y peuvent tenir bien plus du blog que de l'info. C'est pourquoi je vais noter médiocrement votre intervention, mais sachez que ce n'est ni par hostilité politique ni par désaccord avec votre propos.
De
21H01 | 29/10/2007 |
La dernière fois vous vous offusquiez d'un manque d'accès aux soins imputable à l'absence de médecins dans certains coins, en « oubliant » que les franchises mises en place par vos…amis, empêcheraient un certain nombre de personnes d'accéder aux soins quel que soit l'état de désertification médicale de la région dans laquelle ils vivent.
Aujourd'hui, vous nous faites savoir qu'il vous est impossible de rester sourd aux appels de vos administrés :
« Mais lorsque, dans votre permanence, vous vous
trouvez face à des personnes surendettées, sans ressources, à la recherche d'un emploi depuis plusieurs mois ou plusieurs années, est-il vraiment possible de les laisser sans soutien ? »
Je serai la dernière à vous reprocher l'intérêt que vous portez à vos concitoyens…
Cependant, je m'interroge : êtes vous conscient du fait que la politique tellement économique et terriblement non-sociale mise en place par vos amis…ne fera que rendre plus difficile encore la vie de ceux qui sont dans une situation qui vous touche et vous importe ?
La solution, si l'on veut que votre discours collent à vos idées et à votre engagement politique (bref, qu'il soit cohérent), est effectivement qu'un député soit suffisemment délesté de « l'accumulation de charges locales » ! ! (charges bien embêtantes certainement, puisqu'elles vous obligent à une confrontation avec des réalités de Vie qui, au gouvernement et au parlement sont envisagées et appréhendées comme de « pures abstractions“-des chiffres en général- ! )
ena
PS : je note que vous êtes passé du style ‘mon journal intime’ à ‘je vous écris une lettre (que vous lirez peut-être si vous avez le temps)’ : vous êtes à ce point soucieux de plaire ? ! ? : ))
De Tintinac
21H48 | 29/10/2007 |
Je tiens à vous féliciter pour oser venir dialoguer avec le peuple sur le site de Rue89. L'exercice n'est pas facile ni sans risque et vous avez le mérite de le faire.
Sur le fond du débat budgétaire, je suis très attaché à la notion d'équilibre.
Je ne comprendrai jamais que l'on puisse s'autoriser une marge de 3% de dépassement.
Je ne comprendrai non plus jamais que l'on fonctionne avec une dette de ce niveau.
Je ne comprend pas plus d'augmenter les dépenses pour diminuer la dette.
Comment penser trouver ces méthodes géniales ? Si elles l'étaient autant, ne pensez-vous pas qu'elles seraient employées par les entreprises ?
Sur la forme du débat budgétaire :
Vous dites « La marge de manoeuvre des députés est extrêmement étroite, la plupart des amendements sont rejetés, le pouvoir exécutif garde la haute main sur les décisions finales ».
Vous devez être très frustrés de ne pas pouvoir faire passer vos amendements. Dans ce schéma, vous et vos collègues devez certainement vous demander à quoi sert votre travail et votre fonction. Rassurez-vous nous nous posons la même question.
Je suis pour un vrai parlement avec des vrais prérogatives.
Nous n'avons pas besoin d'une chambre d'enregistrement, le pays a suffisament de charges à supporter.
à Tintinac
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 00H01 | 30/10/2007 |
« Je tiens à vous féliciter pour oser venir dialoguer avec le peuple sur le site de Rue89. L'exercice n'est pas facile ni sans risque et vous avez le mérite de le faire. »
et d'autres aussi mais je n'ai pas le temps de développer donc je me contente de noter votre billet.
De pene-r
22H48 | 29/10/2007 |
Un peu dur à comprendre votre discours :
la plupart des amendements sont rejetés,
ok, mais c'est vous ou vos collègues de groupe qui les rejetés ces amendements non ? ?
J'ai eu l'occasion de dire toute l'importance que j'attache à la maîtrise des flux migratoires et au contrôle de l'immigration irrégulière…
Ben là aussi c'est un peu dur à suivre, c'est un consensus général, tout le monde est pour une maîtrise des flux migratoire et un contrôle de l'immgration irrégulière, les plus à gauche savent très bien que l'immigration irrégulière est la porte ouverte à l'exploitation de ces immigrés (par des employeurs peu scrupuleux qu'on embête pas trop). Par contre les lois de plus en plus sévères qui encadrent l'immigration régulière, les quotas de l'immigration choisie, les traques, les reconduites, que vous ou votre groupe soutené, vous croyez réellement qu'elles vont changer quelque chose ? ? En durcissant les conditions d'immigration régulière (le regroupement familial, l'usage de la langue et je ne sais plus quoi…) vous encouragez l'immigration irrégulière (que vous ne pourrez jamais contrôler).
Votre discours est assez peu clair désolé, pour les tests ADN vous auriez du voter contre puisque ce n'est pas à votre avis une « solution apropriée », abstenez vous quand vous n'avez pas d'avis ou de connaissance du dossier.
Merci quand même pour l'abstention, mais ça ne me semble pas très cohérent : -/
De Tinhinane
Médiatrice scientifique | 23H56 | 29/10/2007 |
Une petite question sans doute très naïve, pourriez-vous, s'il vous plaît, me dire si la LOLF s'applique à l'Assemblée nationale, au Sénat et à l'Elysée, merci.
Si oui, ou puis-je consulter les contrats de performances afférents ?
A défaut quels sont vos indicateurs de performances ?
PS : Quand je désapprouve une mesure sur le fond, je ne tergiverse pas, je vote contre, c'est une exigence morale et éthique, non ?
à Tinhinane
De
00H14 | 30/10/2007 |
Une petite question sans doute très naïve, pourriez-vous, s'il vous plaît, me dire ce qu'est la LOLF ? ?
ena
De
00H43 | 30/10/2007 |
Loi organique relative aux lois de finances, elle détermine le cadre juridique des lois de finances.
Je dois vraiment m'en aller mais si demain il n'y a pas plus d'infos sur le sujet, je vous promet un petit paragraphe succint, mais j'espère clair, sur la question.
De
01H02 | 30/10/2007 |
Bon ben à demain (j'espère) : )
ena
De
00H14 | 30/10/2007 |
la cohésion sociale serait donc d'écouter les personnes venues geindre pendant une permanence et de leur trouver une solution ? Pour moi, cela s'appelle du clientèlisme.
La véritable cohésion sociale serait s'occuper de tout le monde, réquisitionner les logements vacants, empêcher les parachutes dorés, les augmentations des émoluments d'abord les députés, puis maintenant le président, alors que des gens crèvent de faim et ne s'en sortent pas, même beaucoup de ceux qui travaillent. La cohésion c'est aussi d'écouter ce que le peuple a à dire et ne pas penser que maintenant qu'on est élu, on fait ce qu'on veut.
Vous serez bien obligé d'écouter la rue, elle commence à gronder.
De
00H20 | 30/10/2007 |
j'ai oublié, la cohésion sociale, ce n'est pas considérer les gens d'abord comme des délinquants. Toute l'action du gouvernement est pour la répression sans prévention.
La cohésion sociale, ce n'est pas rendre la population délatrice (citoyens volontaires, travailleurs sociaux obligés de signaler les familles en difficultés, base élèves, les employés de préfecture signaloant les sans papiers etc)
Vous êtes en train de créer un pays indigne de l'esprit de la patrie de droits de l'Homme.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H30 | 30/10/2007 |
Vous dites que la marge de manoeuvre des députés est étroite et que l'exécutif garde la haute main sur les décisions finales.
Autant que je le sache la République Française est fondée sur la séparation des pouvoirs et les magistrats du siège,le Judiciaire,respectent scrupuleusement cette séparation,heureusement pour nous.
Les Députés et Sénateurs formant le Législatif ont leur entière liberté de manoeuvre et s'ils ne prennent pas cette liberté qui les détachent de l'Exécutif,ils sont en faute parcequ'ils ne remplissent pas le devoir républicain de totale indépendance donné par les électeurs.
Si l'exécutif garde la haute main sur le législatif alors l'un des deux est en trop et la République y perd son âme.
C'est par l'intermédiaire d'un parti politique que vous avez été élu et vous vous sentez lié à ce parti qui vous a permis d'être Député mais est-ce le trahir que de ne pas partager toutes ses idées et de l'affirmer ?
Et n'est-ce pas une trahison de vous même que de ne pas agir selon ce que vous dicte votre « âme » dans le sens de votre pensée profonde ?
Toutefois je tiens à vous remercier de votre lettre si sincère.
De
02H23 | 30/10/2007 |
bonjour et félicitation pour votre participation au débat d'idées, fondement de la démocratie, trop souvent oublié par vos collègues
vous parlez des difficultés à boucler le budget, ne serait-il pas temps d'arrêter les cadeaux fiscaux et éxonérations de charges sociales qui n'ont montré aucune utilité ?
pensez-vous que l'on puisse réformez sans appliquer à soi-même ses propres idées nottament en ce qui concerne la paye et la retraite de nos élus ainsi que le cumul de celles-ci ?
pour ce qui est de l'immigration, j'avoue ne pas comprendre la logique de la France (pas que sous votre gouvernement) : d'un côté nous apportons du soutien à des dictatures africaines comme le Centrafrique ou la Lybie, de l'autre nous exploitons ces pays par le biais des grandes entreprises dont les représantants accompagnent nos présidents à l'étranger et après nous refusons d'aider des êtres humains à sortir de la misère à laquelle nous avons contribué…
de plus, la France souffre d'un vieillissement de sa population avec les problèmes que cela va poser sur notre système de retraite… dès lors pourquoi considérer qu'il faille limiter l'immigration ?
dernier point : les interventions des députés que certains qualifient de clientèlisme
je ne peut qu'approuver votre conduite mais hélàs certaines brebis galeuses préfèreront aider leurs amis que les personnes dans le besoin
mais ne serait-il pas temps de prendre les choses en main afin que personne ne se trouve dans ces situations ?
on pourrait, par exemple, penser à un droit d'achat par l'Etat des immeubles laissés libres par leurs propriétaires ou encore expédier les surplus agricoles vers les associations d'aides aux démunis au lieu de les détruire comme c'est le cas actuellement
je voudrais enfin attirer l'attention sur un point précis vu que c'est d'actualité : l'écologie
dans une vingtaine d'années, l'essence sera hors de prix, les matières fissibles utlisées dans les centrales nucléaires ne seront pas non plus éternelles (surtout si tous les pays s'en équipent)
il va donc falloir engager une politique volontariste afin de multiplier la part d'énergies renouvellables dans l'électricité produite en France (et en Europe), il faudrait aussi remplacer au fur et à mesure nos lignes de bus par des tramways et des métros
enfin, vu que la hausse du pétrole engendrera une hausse du coût du transport, il faudra surement relocaliser en France des secteurs industriels qui n'y sont plus, il faudra aussi que la France fasse un effort considérable sur les entreprises de software qui ne patiront pas des coûts de transports et seront indispensable pour avoir une bonne balance commerciale dans le futur
donc, ma question est : que comptez-vous faire et quels projets allez-vous engager dès cette année ?
encore merci pour cet échange, la politique a besoin du citoyen et inversement
signé Warp
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 06H55 | 30/10/2007 |
Monsieur le Député,
Si je vous comprends bien vous vous trouvez cantonné dans un rôle de force de proposition à l'égard d'un exécutif qui a confisqué celui de la décision.
Je ne vous cache pas que j'aurais préféré l'inverse.
Si je vous comprends bien un parlementaire est un supplétif des assistants sociaux. Vous avez bien raison. Nous manquons cruellement d'amortisseurs de crise.
Je ne vous cache pas qu'il va en falloir des amortisseurs dans les mois qui viennent car la marge de manoeuvre de la rue est encore plus étroite que celle des députés et quand on est acculé on devient imprévisible…ou trop prévisible. C'est selon.
Si je vous lis bien, lorsqu'une « solution…ne vous paraît pas…appropriée pour répondre à des exigences », vous vous abstenez.
Je ne vous cache pas que je ne me sens pas trop en sécurité avec un représentant du peuple de cet acabit . Ceci posé, il faut reconnaître que vos aînés ont traçé la voie, en 1940 notamment.
Enfin. Je ne comprends pas très bien la relation qu'il convient d'établir entre le titre « accroche » de votre billet et son contenu.
Pas un mot sur le budget mais les jérémiades un peu molles d« un stratagème destiné à plaire.
Vous ne me plaisez pas Monsieur le Député.
Salutations républicaines d'un dépité.