Après la défaite aux municipales, l'urgence d'un nouvel Etat social
Après plusieurs semaines d'interruption liées à la campagne municipale, je reviens vers vous. Nous venons de connaître une défaite: ce n'est jamais un moment facile à vivre pour une majorité, c'est aussi une épreuve personnelle.
Je tiens d'abord à souhaiter le meilleur pour Evreux et bonne chance à la nouvelle municipalité. [La liste UMP emmenée par Jean-Pierre Nicolas et dont faisait partie Bruno Le Maire, a été battue par une liste divers gauche, ndlr] Quel enseignement peut-on tirer de ce résultat?
Premier enseignement, il faut mobiliser notre électorat pour limiter l'abstention: c'est une évidence, qui suppose de répondre aux attentes qui s'expriment partout en matière de réformes.
Il ne s'agit pas de défendre le changement pour le changement, mais de donner à nos entreprises, à nos salariés, aux jeunes, les moyens de se battre à armes égales dans la compétition mondiale. Mettons en place un nouvel Etat social, qui réponde réellement aux besoins des plus faibles sans affecter la compétitivité de nos entreprises: c'est le défi que veulent relever la majorité, le gouvernement et le président de la République. Dans un monde en profond bouleversement, nous avons besoin d'imagination politique et d'audace. Un exemple: notre système de formation, qui produit peu de qualifications et qui bénéficie en priorité aux salariés des plus grandes entreprises, est-il vraiment adapté à la nouvelle donne économique et aux exigences d'évolution des compétences?
Deuxième enseignement: il faut aller plus loin dans la politique en faveur des quartiers en difficulté. Je le dis en ayant à l'esprit toutes les discussions que j'ai eues au cours de la campagne avec les jeunes des quartiers de La Madeleine et de Nétreville, en mesurant leur sentiment d'abandon et leur pugnacité: donnons leur une vraie chance!
C'est vrai, l'effort de réhabilitation accompli depuis plusieurs années, notamment grâce aux mesures prises par Jean-Louis Borloo, est considérable. Et pourtant il faut avoir l'humilité de reconnaître qu'il est encore insuffisant: créer un accompagnement personnalisé pour tous les jeunes en difficulté, réfléchir à un contrat d'accompagnement du demandeur d'emploi, désenclaver les quartiers avec une politique des transports plus généreuse, voilà des pistes concrètes à développer. Je travaillerai dessus dans les prochaines semaines, dans le prolongement du plan proposé par Fadela Amara.
Troisième enseignement: l'emploi reste la priorité absolue de toute politique nationale. L'emploi, mais aussi la qualité de cet emploi: rémunération, droits sociaux, formation, maintien des droits d'un poste à un autre. Les très bons résultats obtenus par la majorité depuis dix mois sur ce front doivent nous inciter à aller plus loin et à réfléchir à de nouvelles mesures: j'aurai l'occasion d'y revenir dans un autre message.
A très bientôt.
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@Bruno Le Maire,
Que pensez vous des grèves(80% des salariés) dans les usines Dacia (Renault) en Roumanie ?! il n'y aurait il pas un problème avec le libéralisme ?!
Bonjour Bruno Le Maire,
Vous écrivez:
"Premier enseignement, il faut mobiliser notre électorat pour limiter l'abstention"
- Donc, selon vous, c'est l'abstention qui vous aurait fait perdre. Les abstentionnistes étant, comme chacun le sait, les soutiens indéfectibles de vos réformes à la hussarde où il n'y a rien à négocier.
"C'est une évidence, qui suppose de répondre aux attentes qui s'expriment partout en matière de réformes."
- Que des réformes s'imposent, c'est une évidence. Que vos solutions soient les seules envisageables est plus que discutable.
"[...] se battre à armes égales dans la compétition mondiale." et, dans la foulée, "répondre réellement aux besoins des plus faibles sans affecter la compétitivité de nos entreprises."
- vous faites allusion aux 15 milliards d'€ accordés à quelques nantis face au quadruplement probable de la CRDS pour tous et à la casse de la sécurité sociale?
"Mettons en place un nouvel Etat social."
- en remettant en cause tous les acquis sociaux nés de la libération ? Et que veut dire État social ?
"les jeunes des quartiers de La Madeleine et de Nétreville, en mesurant leur sentiment d'abandon et leur pugnacité: donnons leur une vraie chance!"
- Concrètement, à quoi faites-vous référence au-delà des gadgets "d'accompagnement personnalisé, de désenclavement par une politique des transports plus généreuse"?
"Les très bons résultats obtenus par la majorité depuis dix mois sur ce front [de l'emploi]
- Là, merci la pyramide, vous vous appropriez sans vergogne un appel d'air démographique dû aux départs massifs à la retraite des baby-boomers.
Vos tracts se suivent et se ressemblent terriblement, Bruno Le Maire. J'aimerais vous voir mouiller un peu la chemise en répondant de manière crédible aux questions graves qui vous sont posées par les commentaires que vous avez déclenchés.
Mr le Maire, Jacques Chirac nous a déjà fait le coup de la fracture sociale en 95!
Alors soit vous pensez que vous parlez à des yaourts; soit vous voulez être drôle. Soit encore l'ouverture vous a tellement tourné la tête que vous êtes à deux doigts de prendre votre carte au PC.
Je penche pour le premier cas.
vivez avec 1500 euro par mois et revenez vendre votre soupe après,je pense qu'alors votre discours aura un autre ton,de toute façon vous êtes en campagne d'explication pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes,a croire que vous ne comprenez pas que vous vous adressez a des personnes confrontées chaque jour une réalité dont vous ignorez tout.Au fait combien va couter l'envoi de soldats en Afghanistan,les caisses ne sont plus vides.