Mais que cache la sortie de Lefebvre sur l'arrêt de travail ?
Que cherche Frédéric Lefebvre, député UMP et porte parole du groupe, avec son fusil à plusieurs coups ? Certainement pas à s'en tenir à l'amendement qu'il tente de faire passer, et qui peut irriter certains de ses pairs.
Ainsi le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, par ailleurs ancien président de l'Assemblée nationale, aurait de quoi se renfrogner : alors qu'il dénonce une production excessive de lois nouvelles -six fois plus importante en volume aujourd'hui qu'au début de la Ve République-, il doit bien mal juger l'initiative de Frédéric Lefebvre à propos de son amendement sur le travail à domicile pendant un arrêt maladie.
Un salarié peut déjà travailler pendant son arrêt de travail
Car, pris au pied de la lettre, que propose cet amendement ? De travailler pendant un arrêt maladie. Il y est question de volontariat. Or d'ores et déjà, un salarié qui se voit délivrer un arrêt de travail pour une cause qui ne l'empêche pas de travailler, peut fort bien s'entendre avec son employeur pour continuer son activité. S'il le souhaite, bien sûr, car l'arrêt de travail l'en dispense a priori.
Ainsi, si l'objectif visé par Frédéric Lefebvre consiste réellement à introduire cette capacité sur la base du volontariat, on se demande bien à quoi peut servir cet amendement, sauf à satisfaire une boulimie législative pour le simple plaisir de ceux qui votent les lois.
Autrement dit à rien d'utile concernant la législation sur le travail, à une perte de temps pour les députés, et à une régression de l'efficacité législative déplorée par Jean-Louis Debré.
Certes, l'amendement initial a été rejeté. Mais qu'à cela ne tienne : Frédéric Lefebvre, en charge des dossiers économiques à l'UMP, semble déterminé à en produire autant de versions qu'il sera nécessaire jusqu'à ce qu'il atteigne son objectif.
On peut aussi considérer que le porte parole de l'UMP, qui fonda sa propre entreprise de conseil, n'agit pas à la légère lorsqu'il veut introduire cet amendement. L'objectif affiché ne serait qu'un écran de fumée pour en cacher un autre plus sensible, plus polémique, plus stratégique pour la majorité.
Tacticien, Frédéric Lefebvre aurait commencé l'écriture d'un feuilleton dont l'amendement en question ne serait que le premier épisode.
Certificats de complaisance ?
A la première analyse, la notion de volontariat apparaît particulièrement difficile à manipuler. Si la mesure était adoptée, un salarié qui ne ferait pas jouer cette entorse à l'arrêt de travail pourrait craindre des mesures de rétorsion de la part d'une direction plus ou moins bien disposée à son égard.
Ainsi, l'amendement en question viserait à
dissuader les salariés à utiliser les arrêts de travail pour ne pas
être pénalisés. Ou, au moins, à travailler de chez eux.
Faut-il comprendre que les salariés seraient incités à ne pas suivre les prescriptions médicales ?
Certes, il ne s'agit pas de généraliser à toutes les affections. Mais Frédéric Lefebvre suggère-t-il que les médecins sont parfois trop conciliants dans leurs prescriptions ? Pourtant, ils sont eux-aussi sous la vigilance de la Sécu.
Et s'ils délivrent un arrêt de travail, c'est qu'ils le jugent nécessaire pour la santé du patient. Difficile, pour un député, de suggérer une forme de complaisance médicale. Et où situer la frontière, entre une affection autorisant la poursuite -même à domicile- d'une activité, et celle qui ne le permet pas ?
Objectif réel, la lutte contre l'absentéisme ?
A la seconde analyse, on peut estimer que l'objectif est de s'attaquer indirectement à l'absentéisme en entreprise. En France, après un pic du taux d'absentéisme à 5,3% dans les années 2004/2005, ce taux est retombé à 4,5%, pour une moyenne européenne à 4%, selon des statistiques établies par le cabinet d'audit et de conseil PricewaterhouseCoopers.
Malgré tout, la France reste le pays où l'absentéisme reste le plus élevé, ce qui suffit à le transformer en cible prioritaire pour l'UMP. Mais si des abus existent, autant se saisir du dossier dans la transparence.
De nombreuses solutions ont déjà été expérimentées, comme le recours à des sociétés privées pour contrôler, à la demande des directions d'entreprises, les salariés en arrêt de travail.
Toutefois, ce renfort aux visites inopinées des limiers de l'Assurance maladie n'a pas permis d'éradiquer un phénomène qui reste important, même s'il a baissé.
Car c'est l'ensemble des relations au travail qui devraient être reconsidérées pour envisager d'éradiquer ce phénomène.
L'arrêt de travail, bouclier contre la direction
Par exemple, en France, les entreprises utilisent le licenciement de salariés seniors comme mode de gestion de leur masse salariale. L'âge moyen d'arrêt d'activité est de… 58 ans, bien avant l'âge de la retraite.
Et selon les statistiques officielles du ministère de l'Economie de l'Industrie et de l'Emploi, le taux d'emploi des salariés de 55 à 64 ans est de… 37% en France (contre 49% en Allemagne ou 57% au Royaume-Uni).
Inutile de se voiler la face : pour un salarié confronté à cette réalité, l'arrêt maladie peut être un bouclier contre une décision abusive et arbitraire d'une direction, et qui peut le plonger dans un profond désarroi matériel.
Si l'âge de cessation d'activité était repoussé, n'assisterait-on pas à un recul mécanique du taux d'absentéisme -notamment de longue durée ?
Amendement pour rien, ou écran de fumée ? Dans l'un ou l'autre cas, Frédéric Lefebvre savait qu'il allait déclencher une polémique. Or, on ne lance jamais un ballon d'essai pour rien. Reste l'écran de fumée. Un drôle de façon de ramener la confiance dans la politique. Quant au véritable objectif poursuivi, il apparaîtra bien vite.

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De Acura75
Humain Trop Humain | 15H41 | 27/05/2009 |
Grrrrrrrrrrrr ! !
à Acura75
De Yvon le Zébulon
Retraité | 17H13 | 27/05/2009 |
Quelle tronche dites donc !
- Rien que ça…je vous dis pas….
De Juanita Pablo de Tagéno
Epouse virtuelle de Tagada | 15H55 | 27/05/2009 |
Que cherche Frédéric Lefebvre ( … ) avec son fusil à plusieurs coups ?
Un tantinet sexuel cette phrase
De dappartapart
independant | 16H45 | 27/05/2009 |
encore un gros gland en manque de com
a mettre au piloris et vite
un vrai pantin de service
De Valparaiso-Cerro-alegre
PISCOLOGUE | 18H29 | 27/05/2009 |
Frederico Frederico Chupa guevas y come pico… comme disait Coluche ce mec là est dégueulasse, il n'est pas lèche cul du pouvoir, il est suspect et ça c'est encore plus sale !
De pauvre caissiere
caissiere supermarche | 19H41 | 27/05/2009 |
il sait ce que c est de travailler ce bonhomme cela m étonnerai……..
De survivant
20H38 | 27/05/2009 |
Lefebvre a bien une idée derrière la tête. Enfin, elle ne vient pas de lui rassurons-nous c'est la politique de sarkozy et une demande qui tient à cœur au patronat depuis la création de la sécurité sociale en 1945 ce n'est pas depuis hier. Le patronat n'a jamais accepté la sécurité sociale, pensez cette manne d'argent qu'il faut redistribuer alors que dans les assurances privées, cet argent pourrait être réinvestit dans toutes sortes de crédits, actions ect. Donc, chères françaises, chers français le gouvernement continue à démanteler la sécurité sociale et ce que le grand philosophe Lefebvre vient de lancer c'est tout simplement pour habituer les salariés à ne plus avoir de sécurité sociale. Un avant goût de l'assurance privée qui évidemment tout le monde ne pourra pas se payer ou bien alors au minimum remboursement comme il se pratique dans les mutuelles privées les options déterminent les taux de remboursement. Mais, le gouvernement a pensé à ces pauvres travailleurs qui seront malades qui n'auront aucune couverture sociale de travailler chez eux ou bien au choix crever comme un chien.
De thanatos70
psycho(logue ou tique) | 21H10 | 27/05/2009 |
LEFEBVRE n'arrête pas de lancer des polémiques, la plupart ineptes mais qui s'en souviendra dans quelques années (les français ont, souvent, la mémoire courte. Mais par contre on l'aura vu souvent à la télé et dans les autres médias et les gens se souviendront de sa tête. On parie qu'il deviendra ministre un jour ! ! !
De drn.clab
en congé parental | 22H18 | 27/05/2009 |
Cette proposition, ainsi que celle de M.Darcos sur les « brigades », ressemble à celles qui ont permis au candidat Sarkozy d'être élu.
Seulement ici l'UMP est à contre temps. En deux ans le contexte à complètement changé. Et c'est aussi parce la politique du gouvernement est un échec. Ce que l'on pourrait retenir de positif dans les reformes engagées apparait comme dérisoire en regard des mensonges éhontés de l'exécutif et du délitement de son idéologie.
Pour ma part je pense que M. Lefebvre est en mission commandée. Sa proposition est un ballon d'essai. La finalité étant pour Nicolas Sarkozy de tester différentes pistes de communication que l'on pourrait qualifier de consensuelles (le travail, la sécurité).
Constatant l'échec médiatique de ses propositions, Nicolas Sarkozy recentrera son action. M. Lefebvre y aura provisoirement perdu un peu de crédibilité.
Cependant j'imagine que le président saura remercier un de ses plus zélés serviteurs en lui confiant un ministère d'importance.
De 98heures
indépendant | 22H46 | 27/05/2009 |
Je me demande ce qu'a pu promettre Sarkozy à Lefebvre pour qu'il accepte d'autant se ridiculiser en public en aboyant n'importe quoi afin de détourner l'attention.
On ne peut en sortir indemne politiquement lorsque l'on est obligé de personnifier la connerie absolue à la demande.
Qu'est-ce qui l'attend donc à la sortie ? sans doute un bon boulot, mais est-ce que ça en vaut la chandelle lorsque la France entière vous prend pour un crétin fini ?
De Issue de l immigration
07H36 | 28/05/2009 |
Il est manifeste que ce mec a besoin de soins urgents. Sa famille, ses amis doivent le prendre en charge et demander un internement d'office ! Il perd sa raison chaque jour un peu plus. C'est de la non assistance à personne en danger.
De carolusmagnus
07H51 | 28/05/2009 |
Ce Lefebvre, le Buster Keaton de la politique…Il a de l'acteur la même mine de chien battu sauf que l'acteur nous faisait rire. Pour Lefebvre, c'est une posture de l'éternel mécontent à cause de tous ces gens de gauche qui font rien qu'à l'embêter. Mais s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer tellement il incarne dans ses propos et ses initiatives une véritable caricature de la droite possédante et hargneuse, prompte à montrer les crocs si on veut toucher à son os. Bien sûr, l'amendement en cause pourrait n'être qu'une première étape dans la perspective de continuer à démolir ce qui peut encore subsister des droits sociaux.
http://charlesbottarelli.typepad.com
De survivant
08H14 | 28/05/2009 |
Les citoyens seraient-ils devenus tellement individualistes et égoïstes au point de ne pas se rendre compte que l'état sarkozien veut faire payer la crise, déjà pour commencer à nous qui sommes en plein dedans, mais ceux qui vont payer le plus, seront les générations futures.
L'idée des libéraux :
1° Ils proposent sur la base du volontariat la retraite à 70ans (sécurité sociale tranche retraite)
2° Dati dans son grand numéro de trapéziste démontre aux femmes enceintes que tout est possible en 3 jours (sécurité sociale tranche C.A.F : congé maternité)
3° Lefebvre lance le malade ou l'accidenté pouvant travailler chez lui (sécurité sociale tranches maladie et accident du travail)
En démontant la sécurité sociale qui vont être les grands gagnants ?
1° Le patronat qui n'aura plus à s'exonérer des charges sociales dont ils nous ressassent à longueur d'année qu'elles sont trop lourdes pour l'entreprise.
2° Les banquiers et les assurances. Tiens ? N'est-ce pas ces mêmes margoulins qui ont déglingué le système capitaliste ?
Les salariés sans sécurité sociale, pour se payer une retraite, leurs congés maladie, leurs accidents du travail, leurs congés maternités vont se rabattre sur les bandits banquiers et assureurs en souscrivant des contrats de couvertures santé.
Ah ! Franchement cette crise pour les libéraux et le capitalisme c'est du pain béni. Le peuple et ses progénitures vont payer la crise à travers la couverture santé. C'est merveilleux la solidarité capitaliste. On pique le pognon, on joue avec, on perd tout et pour finir on fait payer les cornards de salariés qui bossent pour eux.
Les mômes n'auront plus qu'à dire merci papa, merci maman ou au choix leur cracher dans la gueule pour être resté en état de léthargie sans bouger une oreille.
à survivant
De libone1
artiste | 11H19 | 28/05/2009 |
D'accord avec vous à 200% ! !
Cette situation ou les escros sont récompensés (alors qu'ils s'en sont mis déjà plein les poches ! ) et ou les salariés sont menacés sans cesse et endettés de fait sur plusieurs générations est totalement insupportable, inacceptable, suréaliste ! !
On se croirait dans un mauvais bouquin de SF des années 70 !
Quand Sarko a été élu, j'ai pleuré ! Aujoud'hui, après avoir été très choquée à diverses reprises par ses manières et sa politique je pense que si nous voulons aider nos enfants et nous aider nous même il serait temps de retrouver la voie de l'échange et du respect des autres,de l'engagement politique. Nous, le peuple, sommes encore un peu souverain en notre pays de liberté qui n'a pas gagné sa république au loto ! Il faut la défendre, il faudra toujours la défendre !
De libone1
artiste | 11H03 | 28/05/2009 |
Soyons à ce que nous faisons et ne nous laissons pas faire ! Brouillard et fumée, strass et paillettes, on nous perturbe volontairement pour « réduire notre temps de pensée », nous encombrer, nous faire peur. Il s'agit bien là d'une politique de la terreur ; nous vivons une époque de terrorisme étatique et moral et la crise « financière » n'est qu'un petit sommet d'icberg.
Il faudra, il faut comprendre ce que sont les enjeux réels pour l'humanité toute entière ; il faudrait ne plus jouer à la baballe avec certains leurres, se concentrer sur une réelle résistance.
Doit » on interdire la maladie, la vieillesse, la fragilité qu'elle soit temporaire ou définitive pour diminuer la vitesse du naufrage ou doit-on au contraire redonner aux valeurs humaines et humanistes leurs titres de noblesse au risque d'avoir à vivre une réelle mutation sociale ? Est-ce que le HQE tant en vogue a pour objectif de déboucher sur du HQH ou sur encore plus de profit ? « Partout la vie est remplie d'héroîsme », soyons les héros de notre avenir, tous ensemble ? Tâchons de rester ou de devenir intelligents !
De Onésime LAMPION
retraité | 20H08 | 28/05/2009 |
Excellent l'article de Bridier sur l'amendement de Lefebvre.Mais ce type de procédé est-il vraiment surprenant venant d'un membre distingué de l'UMP(Union des Margoulins Professionnels) ? Cet épisode n'est rien d'autre qu'une action de plus dans la mise au pas des « masses emmerdeuses » que constituent les populations laborieuses de ce pays .
Adaptation de notre pays aux réalités du monde libéral et de ses réalités ? Mon oeil ! Une concession de plus à Madame Lamoutarde et sa clique réac réputée « la plus bête du monde “
Mais sommes-nous devenus une telle nation d'abrutis de nous étonner que les cliques régnantes dont le rêve le plus doux est de faire de la France une société ‘Sud-Américaine’ - Quelques Sakapèze en haut et crèves-misère en bas , ne fassent tout pour réduire les individus à de simples rouages économiques ?
D'ici 2012 , nous les crétins de base on n'a pas fini de dérouiller , on n'en est encore qu'aux hors-d'oeuvres.
De Michel P.
Retraité | 21H24 | 28/05/2009 |
F. LEFEBVRE c'est l'idiot parfait, celui qui reçoit les ordres pour essayer et si ça marche et bien tant mieux. Mais cette fois il a été un peu trop loin, ça ne marche pas ! ! ! Vouloir mettre au chômage les Gens en bonne santé et faire travailler ceux qui sont malades, là c'est un peu gros et puis avec les élections qui se préparent ça fait un peu « désordre ». Aussi ses petits camarades ne l'ont pas soutenu et même l'ont désavoué en le traitant d'idiot, ce qui est un peu beaucoup vrai. Un peu de tenue « Frédéric » quand même ! ! ! On est en train d'expliquer au Français que seul l'UMP est capable de donner dans le social, et toi tu nous « casse » la baraque. Nous te soutiendrons après la campagne électorale, foi de députés UMP.