Ecureuil-Banques populaires : Pérol fausse la concurrence
Avant d'être une question politique, la nomination d'un membre de l'Elysée à la tête de la future deuxième banque française pose un problème de concurrence entre les banques elles-mêmes.
François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée, s'attendait-il à figurer au centre d'un déchaînement médiatique ?
Peut-être. En ce cas, c'est gagné. Pressenti pour prendre la tête du future ensemble bancaire créé par le rapprochement des groupes Caisses d'épargne et Banques populaires, son seul nom met aujourd'hui le feu aux poudres de la gauche et du Modem, sans oublier le désaveu de centristes, à l'image de l'ancien ministre de l'Economie et des Finances, Jean Arthuis.
Liaisons dangereuses
On lui reproche d'être un ami du président de la République, qui chercherait ainsi à reconstituer des réseaux entre la finance et la politique alors qu »on vit par le passé– notamment avec l'épisode du Crédit Lyonnais– les dégâts qui peuvent naître de telles liaisons.
Certes. Et il y eut d'autres dérives.
L'argument est recevable, mais nonobstant sa situation au secrétariat général de l'Elysée, François Pérol n'est pas le seul financier proche de Nicolas Sarkozy. Et cette critique ne suffira certainement pas à faire reculer l'Elysée, ni à modifier les données du problème des relations entre le politique et la finance au cas où Nicolas Sarkozy s'amuserait à lancer une grenade que personne, pour l'instant, n'a officiellement dégoupillée.
Un fonctionnaire qui ne l'est plus
On reproche aussi à François Pérol d'être un fonctionnaire, ce qui lui enlèverait la possibilité de prendre les commandes d'une entreprise qu'il aurait eue sous sa tutelle. A ce titre, une commission de déontologie de la fonction publique –créée en 1995 et réformée en 2007- devrait valider sa nomination
Mais François Pérol n'est pas un fonctionnaire. Ou plutôt, il ne l'est plus. Inspecteur général des Finances, il fut en charge des marchés financiers puis du développement des entreprises à la direction du Trésor. Mais depuis 2002, il s'est transformé en homme de cabinet, et a aussi passé deux ans à la très privée Rothschild & Cie Banque.
Il n'est donc plus membre de la fonction publique, et n'entre plus dans le domaine de compétence de la Commission de déontologie. On peut chercher malgré tout à saisir cette Commission –d'ailleurs, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le porte parole du gouvernement Luc Chatel l'ont eux-mêmes proposé- mais elle ne pourra avoir qu'un rôle consultatif. Et donc très limité face à une volonté élyséenne.
Accès à des données confidentielles
Ce n'est pas pour autant que la nomination de François Pérol devrait être acceptée sans réaction. Car si elle pose problème, c'est pour des motifs qui vont au-delà de l'affrontement droite-gauche ou de querelles de juristes.
En fait, au poste qui est le sien à l'Elysée, François Pérol a supervisé les dossiers financiers et bancaires, puisqu'il en est le spécialiste dans l'équipe de Nicolas Sarkozy.
Il a eu accès aux dossiers confidentiels des différents établissements financiers, certainement particulièrement instructifs dans une période de crise déclenchée par les dérives des institutions financières elles-mêmes.
Il a aussi forcément travaillé sur les solutions mises en œuvre par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon pour secourir le secteur bancaire, et a forcément connaissance des prochaines étapes envisagées pour consolider des banques en difficultés .
Bref, pour ces deux raisons qui n'ont rien à voir avec la politique partisane mais avec le respect des règles de concurrence, François Pérol ne devrait pas être admis à diriger le futur ensemble Caisses d'Epargne-Banques populaires.
Ce sont d'ailleurs ces mêmes raisons qui sont à l'origine des limites imposées au pantouflage des fonctionnaires.
Dans un tel contexte, une nomination reste incompatible avec des fonctions récentes au sommet de l'Etat, que l'on soit fonctionnaire ou pas, qu'il s'agisse de François Pérol ou d'un autre, sans que la compétence de l'intéressé n'entre en ligne de compte .
Car il ne s'agit pas de procès d'intention, mais d'une situation schizophrénique véritablement porteuse de délit d'initié. En toute logique, les banquiers eux-mêmes, responsables d'établissements concurrents, devraient monter au créneau. Mais tout à leur révérence pour capter les milliards d'euros que l'Etat a proposé de leur prêter, il est pour eux délicat de se montrer sourcilleux sur la nomination d'un membre de l'équipe élyséenne.
A lire aussi sur Eco89 et sur Rue89
► Ecureuil-Banques populaires : Pérol fausse la concurrence
► Banque Populaire-Ecureuil : le retour du pantouflage
► Pourquoi la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire se rapprochent
Ailleurs sur le Web
► Un portrait de François Pérol sur Les Echos.fr
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De marie 75
09H39 | 25/02/2009 |
En France UMP : les copains des coquins ….
et l'omerta de la République totalitaire !
De Anthropia
09H59 | 25/02/2009 |
Pour avoir constaté quelques entorses à cette clause de non-concurrence, hauts fonctionnaires qui deviennent avocats d'affaire sur le secteur où ils officiaient dans la fonction publique, je pense que la règle est posée, mais qu'elle est peu respectée.
http://anthropia.blogg.org
De marie 75
10H03 | 25/02/2009 |
NE VOUS DEMANDEZ PAS CE QUE LES BANQUES PEUVENT FAIRE POUR VOUS !
DEMANDEZ VOUS CE QUE SARKOZY FAIT, POUR LUI, AVEC LES BANQUES !
De skalpa
actif et militant ? | 10H20 | 25/02/2009 |
Faites gaffe à l'écureuil
http://kprodukt.blogspot.com
De Putt Bill
10H23 | 25/02/2009 |
« Affaire » à mettre avec toutes les autres affaires sarkoziennes… Ca n'en fera jamais qu'une de plus sur une déjà très grosse pile !
A part ça, quoi de neuf à l'Ouest du Pécos (de la Seine) ?
… La French plouc collection continue d'attendre la « Justice immanente » ? ? ?
De toute façon y a pas lieu de s'inquiéter, y a qu'une seule et unique « Election présidentielle » par lustre mais même là, trouve le moyen d'attendre … et de revoter au lustre suivant pour un nouveau gros égo !
Vu le stock, y a que l'embarras de choix !
De ElTitouBolivar
Rêveur | 10H26 | 25/02/2009 |
La république bananière est définitivement installée ! Françafrique… France à fric…
De m a i a
aquoiboniste | 10H32 | 25/02/2009 |
Et l'annonce de la réunion du conseil déontologique pour valider cette nomination, alors que celle ci ne s'est jamais réunie (elle se réunira le 11 mars prochain) : il va rétropédaler comment, l'apprenti despote ?
à m a i a
De Fabien.Drx
En avant ! | 15H50 | 25/02/2009 |
La commission de déontologie a bel et bien été consultée… son Président a d'ailleurs rendu une lettre écrite dans laquelle il explique que dans le cas de M.Pérol il n'y a pas de problème, lettre qui va être rendue publique suite à la polémique. Et la commission se réunira comme elle l'a déjà fait par le passé, pour des nominations de droite comme de gauche. Bien sûr tout ça ne vous fera pas lâcher votre os, mais on sait jamais.
à Fabien.Drx
De pene-r
08H25 | 26/02/2009 |
La commission n'a pas été consulté, seul le président l'a été et c'est exprimé à titre personnel.
Il y a bien un os ! !
De gbenichou
10H35 | 25/02/2009 |
Très juste !
Dans le même ordre d'idées, il semble que l'état va prendre une participation sans droit de vote ! ?
Vous avez dit poutinisation ?
Au moins poutine, lui « nationalise » ET met aussi ses hommes en place !
De sefero49
Soldat mugissant | 10H36 | 25/02/2009 |
Article intéressant , mais qui explique ce qu'il devrait se passer dans une démocratie.
Mais, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, la France à cessée d'être une démocratie depuis quelques années, donc tout ceci ne peux rester que du domaine du théorique.
à sefero49
De DBL8
Retraité | 13H26 | 25/02/2009 |
AH BON ? !
Car elle l'a été par le passé ?
Quand ? Donnez-nous une époque pour rafraichir nos souvenir ?
Quand n'y a-t-il pas eu de magouilles pour faire passer ce qu'ils avaient envie de voir ce réaliser ? !
De ce que je me souviens, « AUCUN » des présidents de la 5èim République ne l'a respecté ! !
Et même avant ce n'était pas mieux, alors la démocratie … plus on en parle, moins elle existe !
Comme les pays qui on ce mot dans leurs nom.
De Anastaze
☺ | 11H01 | 25/02/2009 |
Il est traditionnel dans le « privé » que l'auteur d'une fusion devienne à titre de remerciement (ou de prime) le dirigeant de cette nouvelle entité.
Cet usage qui s'apparente à une pratique féodale (le chevalier recevant des domaines pour service rendu), à du mal a se confronter avec les règles en principe démocratiques de notre état, et l'obsession quasi pathologique de notre chef d'état (qui ne ment jamais) contre l'assistanat.
à Anastaze
De groutier
11H34 | 25/02/2009 |
(désolé je me suis un peu emmêlé dans les commenter / répondre, si quelqu'un veut virer ce post, qu'il se fasse plaisir)
à groutier
De Anastaze
☺ | 11H38 | 25/02/2009 |
annulé
De groutier
11H33 | 25/02/2009 |
Et puis je ne sais pas pour vous, mais autant j'aurais été content de voir nationaliser n'importe quelle banque commerciale, du CIC à la société Générale en passant par toutes les autres, autant je suis un peu triste de voir l'état s'immiscer dans les banques mutualistes, fussent-elles mutualistes de nom seulement.
L'etat c'est bien, mais quand on peut remplacer ça par des coopérative et des mutuelles, c'est mieux. L'oeil de l'Elysée rode sur les BP, les Cd'E et de fait, sur le crédit coopératif. Damnit.
Tous à la NEF
à groutier
De Anastaze
☺ | 11H38 | 25/02/2009 |
100% d'accord avec vous, c'est le côté « anti-égalitariste », du programme du candidat Sarkozy, qui ne perd jamais une occasion d'avancer ses pions.
à groutier
De Ellington
14H42 | 25/02/2009 |
Le CIC appartient au Credit Mutuel !
De Bebert Cassandre
11H42 | 25/02/2009 |
Monsieur Sarkozy pourrait, s'il le souhaite, reprendre les paroles du sémillant Georges Frêche : « Je fais campagne auprès des cons et je suis élu par des cons ». La France en compte assez (des cons) pour autoriser l'élection d'un affairiste. Car notre Président à le sens des affaires… La première étant d'asservir définitivement le pays au capital. Pour le béké de l'Elysée nous sommes tous des guadeloupéens.
De Korchkidu
Grand patron de 0,4 personnes | 11H43 | 25/02/2009 |
Et pendant ce temps là, le petit homme en colère trouve encore le moyen d'émettre un mensonge :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/24/perol-pour-aubry-nous-…
Quelle rapidité dans l'action, quelle efficacité…
K.
à Korchkidu
De Fabien.Drx
En avant ! | 16H06 | 25/02/2009 |
Même punition : vous me copierez 50 fois ! Avant de polémiquer je dois prendre toutes les informations nécessaires pour ne pas avoir l'air ridicule.
En l'occurrence la président de la commission a bel et bien rendu un avis sur le cas Pérol, avis positif dans un lettre où il dit qu'il n'y aurait pas de problème au vu de la jurisprudence de cette dite commission, qui va bien sûr maintenant pouvoir être saisie et siéger en tant en heure. Cette lettre a été rendue publique par l'Elysée, reste à savoir si les journalistes qui buzzent sur cette polémique, vont nous faire le plaisir de la publier (ce dont je doute).
à Fabien.Drx
De Korchkidu
Grand patron de 0,4 personnes | 23H03 | 25/02/2009 |
http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/25/controverse…
La commission n'a rendu aucun jugement puisqu'elle ne s'est pas encore réunie… On pourra toujours dire qu'il s'agit d'une imprécision de sa part suivant qu'on l'idolâtre ou pas…
K.
à Korchkidu
De Fabien.Drx
En avant ! | 00H26 | 26/02/2009 |
Ben voilà quand vous voulez ! Une « imprécision de sa part » … Je préfère. Vous êtes donc d'accord pour dire qu'il n'y a pas mensonge. Vous voyez qu'entre gens raisonnables on peut se comprendre.
à Fabien.Drx
De Korchkidu
Grand patron de 0,4 personnes | 12H51 | 26/02/2009 |
Merci de considérer ma phrase dans son ensemble et de ne pas en extraire uniquement la partie qui vous intéresse…^^
Sinon, cette affaire poursuit tranquillement son cours^^
http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/26/affaire-perol-le-presi…
K.
De Sociétaire 61
profession libérale | 11H48 | 25/02/2009 |
Les artifices des voyous de la finance
La façon dont les médias parlent du pillage des Banques Populaires, du pillage des Caisses d'Epargne et de leur « mariage » est surprenante : l'essentiel n'est jamais évoqué.
Ces deux banques sont (comme le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel) des structures coopératives régies par la Loi fondamentale du 10 septembre 1947 et le code de la coopération (fascicule n°1660 du J.O.)
Des structures, hélas, rongées de l'intérieur par des initiés-voyous : il y a des captations de coopératives comme il y a des captations d'héritages.
Il n'est jamais rappelé que les 7 millions de clients sont avant tout des sociétaires, propriétaires de leur structure et responsables de la solvabilité de leur coopérative pour plusieurs fois la valeur de leurs parts sociales. Des sociétaires unis par le principe « un homme, une voix », dans des sociétés de PERSONNES qui ne visent pas le profit, mais le meilleur service au meilleur prix. La « belle utopie », réalisable et qui marche de mieux en mieux : la coopérative.
Il leur appartient, ET A PERSONNE D'AUTRE, de décider lors des assemblées générales. Mais les assemblées générales sont devenues des chambres d'enregistrement pour des dirigeants auto-proclamés, sans légitimité, qui ont inventé le capitalisme sans capitaux avec l'argent de dizaines de millions de Français.
Pourquoi l'oligarchie - le noyau dur du contrôle de l'économie du pays - tient-elle à la fiction coopérative ? La raison est simple : cette fiction rend les fromages inopéables.
à Sociétaire 61
De memorisator
Parisien | 12H53 | 25/02/2009 |
Attention au poujadisme et au « tous pourris » - n'est-ce pas ce que le FN professe depuis des lustres ? cesassemblées ne sont elles pas le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres ?
à memorisator
De DBL8
Retraité | 13H38 | 25/02/2009 |
Exact, PAS tous pourris, MAIS beaucoup trop ! !
Et ils sont majoritaires.
Regardez les bassesses dont ils sont capables pour ce faire élirent, AUSSITÔT élus… aussitôt oublié les engagements.
Vous leurs en faites la remarque ?
Les temps changent qu'ils vous répondent ! !
Grattez un peu dans votre commune, pour voir.
à memorisator
De Sociétaire 61
profession libérale | 14H39 | 25/02/2009 |
Les captations de coopératives
Ahurissant ! Exiger le bon fonctionnement démocratique des sociétés coopératives, le respect de la Loi et la transparence, c'est le contraire du poujadisme ! Quant à parler du FN…
Les coopératives appartiennent au Secteur Social de l'Economie (le SSE) qui réunit les mutuelles, coopératives et associations. Avec, en théorie, une haute autorité : la DIESS (Délégation Interministérielle à l'Innovation, à l'Expérimentation Sociale et à l'Economie Sociale) créée par Michel Rocard.
L'origine des coopératives (l'exigence de la démocratie économique) se trouve chez les utopistes : Fourrier, Proudhon, Marx, Jaurès…
En ce qui concerne la Caisse d'Epargne, c'était, il y a dix ans, une entreprise para-publique emblématique que le pouvoir a choisi de privatiser. Ses dirigeants salariés - pour conserver leur fromage - ont imaginé de remplacer l'entrée en Bourse par la création (« d'en haut ») d'une structure coopérative. Et ainsi de préserver leur pouvoir à l'abri de tout contrôle. A la soviétique. En particulier, en organisant l'élection de notables amis comme administrateurs.
Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires ont sept millions de propriétaires. DETENTEURS DU CAPITAL SOCIAL QU'ILS ONT PAYE.
Le respect des propriétaires, du droit de propriété, est une exigence même de la révolution française qui est en bonne place dans notre constitution.
Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen :
Art.2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la PROPRIETE, la sûreté, et la résistance à l'oppression.
Art.17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.
Il existe, en Grande-Bretagne, une solution : la « démutualisation »
De supprimé à la demande du riverain 27.02.09
11H54 | 25/02/2009 |
Nous sommes en temps de guerre. Quand sonne le canon, c'est pas le moment de jouer les chochottes coincées : il faut choisir et vite les meilleurs généraux, ceux qui permettront à la Nation de sortir de la mouise et de remporter la Victoire ! Non aux procédures chichiteuses ! Pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, Sarkozy est la réincarnation de Napoléon I°, mais d'un Napoléon pacifique…
« Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S'il n'a l'âme, la lyre et les yeux de Néron ! »
à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
De 101.7
Promeneur | 11H57 | 25/02/2009 |
Albenassien ! Quel beau métier.