General Motors moribond, c'est le rêve américain qui s'éteint

L'invention du siècle pour le Massachusetts Institute of Technology à la fin du XXe siècle, c'était l'automobile. Et elle était forcément américaine. C'est elle qui a été associée aux valeurs de liberté et d'individualisme sur lesquelles est fondée la société américaine.
C'est aussi elle qui a porté tous les rêves de réussite sociale et qui s'est glissée dans tous les interstices de la culture, au cinéma comme dans la littérature, vénérée par les figures les plus symboliques de l'idéal américain et en assumant toutes les contradictions, de James Dean à Jack Kerouac.
Elle a dicté sa loi aux architectes urbains à l'origine du développement des mégapoles comme des villages, et a servi de socle au développement industriel de l'Amérique. Et General Motors officiait en grand prêtre de la religion automobile, avec en portefeuille des marques aussi emblématiques que Buick, Cadillac, Pontiac ou Chevrolet.
Le symbole d'une Amérique conquérante
Le groupe créé en 1908 s'est enraciné à Detroit, la capitale de l'automobile américaine. Présent en Europe avec Opel, Vauxhall et plus récemment Saab, et en Asie avec Daewoo, GM a longtemps rayonné au sommet de l'industrie mondiale en étant la première entreprise des Etats-Unis.
Puis, il dut se contenter de la place de leader mondial de l'automobile lorsque General Electric, propulsé par l'aéronautique mondiale et les moteurs d'avions, devint la plus forte capitalisation boursière de la planète.
Débordé par des concurrents japonais, il dut même, dans les années 80, s'associer à Toyota dans la production de certains modèles sur le territoire américain à la fois pour tenter de circonvenir ce bouillonnant challenger et pour se frotter à ses méthodes de travail.
Mais même si General Motors ne fut pas toujours à l'origine des grandes tendances dans l'automobile mondiale, il parvint toujours à se sortir seul de ses crises, en se relançant par exemple avec ses pick-up et ses 4x4 derrière lesquels tous les Américains ont embrayé.
Les pouvoirs publics appelés à la rescousse
Cette fois, c'est bien la fin d'un cycle ! Plus question de chercher à donner le change, ou de tenter de désamorcer les craintes : GM est moribond, le cours de l'action a baissé de l'ordre de 85% en six mois, et l'ancienne gloire américaine pourrait être déclarée en faillite dans un mois, incapable de finir l'année si l'Etat ne vient pas à son secours.
Tout un symbole : au pays de la libre entreprise, de la concurrence et de l'initiative privée, la figure de proue de l'industrie américaine réclame l'aide des pouvoirs publics, transgressant les valeurs fondatrices de la société qui a fait le lit du capitalisme.
Et la survie a un prix : 10 milliards de dollars, pour un groupe qui, en Bourse, ne vaut plus que 1,8 milliard, soit… 50 fois moins que Toyota ! Et si le cours de l'action est passé en dessous de 3 dollars, certains le voient refluer encore jusqu'à 1 dollar, voire moins…
On pourrait certes y voir le résultat d'erreurs stratégiques à la tête du groupe. Pourquoi continuer à produire des véhicules toujours plus énergivores en restant sourd à la sensibilisation du public au réchauffement de la planète ? Surtout, pourquoi rester aveugle à l'irrémédiable augmentation du prix du pétrole qui, même s'il baisse actuellement, ne retrouvera jamais le niveau des 20 dollars le baril qui prévalait lorsque les 4x4 connurent le succès ?
Voitures trop polluantes et trop gourmandes… Absent du segment des voitures compactes et moins consommatrice de carburant, GM semble ne pas avoir entendu les avertissements des pays producteurs, comptant peut-être sur la politique de la canonnière de la Maison Blanche pour régler le problème. Mauvais choix !
Les « Big Three » aux abois
Mais le problème de GM n'est pas seulement d'ordre stratégique. D'ailleurs, GM n'est pas seul à lancer un SOS : c'est toute l'automobile américaine qui est malade. Chrysler espérait trouver une issue à sa survie en étant repris par General Motors ; mais le projet d'alliance de l'aveugle et du paralytique a fait long feu.
Ford est également aux abois. L'automobile américaine a déjà obtenu que des prêts lui soient octroyés à hauteur de 25 milliards d'euros, mais cette bouée de sauvetage de l'Etat ne sera pas suffisante. Au Sénat et au Congrès américains, les Big Three ont réclamé 50 milliards de dollars, à puiser dans les 700 milliards de dollars du plan Paulson en principe réservé aux établissements financiers.
Car le marché est en perte de vitesse. En octobre, les ventes d'automobiles aux Etats-Unis ont baissé de 32% : une voiture sur trois en moins. Pour GM, la dégringolade est encore plus brutale : 45% de ventes en moins le mois dernier, presque une voiture sur deux. Et pas seulement parce que les véhicules ne correspondent plus au marché.
Piégé par la mécanique des bulles
En fait, les achats se font par le biais de crédits à la consommation. Et pour obtenir ces crédits, les ménages américains ont l'habitude de prendre une nouvelle hypothèque sur leur résidence.
Mais ce système ne peut fonctionner que lorsque la résidence en question prend de la valeur, c'est-à-dire que le marché immobilier est en hausse. Ce qui n'est plus le cas.
Les ménages américains ne pouvant plus souscrire de nouveaux crédits, c'est l'ensemble de l'économie -et l'automobile avec elle- qui se pétrifie outre-Atlantique. Pour liquider les stocks, on brade : les ristournes peuvent aujourd'hui atteindre 8 500 dollars sur une voiture. A de tels niveaux de remise, les constructeurs vendent à perte.
L'automobile américaine est victime de la bulle immobilière qui, comme toutes les bulles et de façon prévisible, a explosé. La spéculation pétrolière l'a achevée.
250 000 salariés de GM sur la sellette
Au plan social, la menace est énorme : un salarié sur dix environ aux Etats-Unis travaille pour l'automobile, et les Big Three font vivre quelque 780 000 retraités. Les sous-traitants subissent de plein fouet les déboires des constructeurs.
Delphi, le fabricant de composants déjà sous la protection de la loi sur les faillites, risque de ne pas se relever de cette nouvelle épreuve. Par effet domino, une faillite de GM mettrait sur la paille ses 250 000 salariés mais dix fois plus chez ses sous-traitants.
Dans ces conditions, les valeurs du capitalisme américain cèdent la place au pragmatisme :
« Il faut sauver le soldat GM »
Barack Obama, le futur président démocrate des Etats-Unis, a déjà promis de mobiliser les ressources du pays pour sauver l'automobile américaine. Mais à son arrivée à la Maison Blanche en janvier, il risque d'être trop tard.
C'est le républicain George Bush qui va devoir manger son chapeau pour sauver le symbole d'une Amérique que sa politique aura mené à la faillite. Fermant ainsi le chapitre du libéralisme économique, et laissant à son successeur une crise à gérer.
► Titre modifié le 14/11/2008 à 19h40.
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De Tophee
en haut a gauche | 15H34 | 14/11/2008 |
Et oui, il sont victime des conséquences des prêt hypothécaires. Ceux-la même que notre cher président voulait développer en France, pour booster notre économie.
Mais comme chrysler a ete sauve par l'état américain, je serais très surpris que celui-ci laisse mourrir GM ou Ford. En effet, si le gouvernement Américain se fait toujours le parole parole du libre échange et de la concurrence, C'est uniquement pour aller concurrencer les entreprise étrangères sur leur marche. Chez-eux, ils ont toujours su conserve une dose de protectionnisme. Et ils ont raison, le protectionnisme, il faut y revenir.
De Fifidou
Thésard en Physique | 16H49 | 14/11/2008 |
Je me pose des questions sur ce protectionnisme. D'un coté, renforcer le protectionnisme ne se fait qu'au détriment de l'exportation. (enfin, c'est ce qui me parait logique). Et les exportations (pas celles de nos PME, mais celles de nos multinationales) pèsent relativement lourd, à la fois en euros et en symbole. Imagine-t-on l'Europe ne vendant plus d'airbus hors de ses frontières ?
De plus, même si c'est un argument mineur voire presque non avenu, le fait de renforcer une frontière, même si ce n'est que du point de vue économique, ne va pas pour moi dans le sens d'un affaiblissement de ce patriotisme qui me semble être une des plaies de l'humanité. Mais enfin, c'est peut-être le prix à payer.
Parce que c'est vrai, d'un autre coté, il n'y a pas de structures dans ce monde capable de réguler équitablement ce commerce mondial. Les structures super-étatiques (FMI, OMC, … même l'UE) n'ont aucun pouvoir réel et sont entièrement sous la coupe des grandes puissances (au sens de grands états) mondiales. Etats qui ne sont absolument pas au dessus de la mêlée. Les États démocratiques, dont les dirigeants sont soumis à l'impératif des urnes, doivent assurer le plus de bien-être possible à leurs administrés. Mais en étant conscients que leurs administrés, avec leur prétentions sociales et salariales, ne peuvent entrer en concurrence avec des chinois (ou n'importe quels autres travailleurs) sous payés et exploités jusqu'à la lie, que si le bien qu'ils produisent par leur travail est très difficile (très cher) à transporter à travers le monde. Et le cercle vicieux se boucle au travers du « pas de richesse produite, donc mois de bien être ». La solution évidente, c'est de recréer des barrières douanières. Éventuellement redistribuer les taxes collectés aux frontières dans le pays de production pour améliorer le niveau de vie des travailleurs (belle idée à mon sens, bien que difficilement applicable). Et avec les barrières douanières, l'Etat peut redevenir un gendarme de l'économie efficace, puisqu'il doit gérer des problèmes de concurrence interne et non être à la fois le gendarme et l'allié des entreprises œuvrant sur le marché mondial.
Certes mon explication est un peu schématique et outrancière, mais je voulais juste exposer mon raisonnement personnel un peu formellement. Pour que vous puissiez me convaincre de l'avantage ou non des barrières douanières…
à Fifidou
De Tophee
en haut a gauche | 17H19 | 14/11/2008 |
Imagine-t-on l'Europe ne vendant plus d'airbus hors de ses frontières ?
On, ou du moins je, l'imagine très bien et même le prédit. Pour « exporter » des avion vers un autre pays adepte du protectionnisme, Airbus a accepter d'effectuer un transfert de la fabrication, et donc un transfert de compétences vers la chine. Demains nous nos compagnie internationale achèterons leur avions en chine, parce que c'est moins cher, et donc nous volerons dans des avion chinois.
On veut conquérir des marche, et on se tire une balle dans le pied.
Il ne faut pas oublier qu'a ce petit jeu, les grands perdant sont les plus faibles : Ouvrier, agriculteur etc, qui se voient mis en compétitions a travers le globe.
De zphilou
15H36 | 14/11/2008 |
G-M U.S.A / Collectivités locales Made In France = même combat…. ? ? ? ?
Comme quoi…quand on s'applique….on peut faire aussi nul que les Outratlantiques…. ! ! !
De TARPON
15H53 | 14/11/2008 |
associer les subprimes aux problemes recurrents de GM n'est pas tres honnete.En elargissant ,la culture des poivrons en indonesie est elle aussi victime des subprimes,nous sommes tous touchés.
Non la grosse betise de GM est d'avoir repoussé les offres de Clinton de faire entrer les retraites dans le regime general.
à TARPON
De Tophee
en haut a gauche | 17H12 | 14/11/2008 |
Pensez-vous réellement que ce sont les problèmes de retraites qui explique la chute des ventes de véhicules ?
à Tophee
De organe_dhonneur
17H59 | 14/11/2008 |
1 actif de GM fait vivre 2 retraités de GM. C'est énorme et c'est effectivement une charge très lourde qui va sans doute se révéler insurmontable dans les prochains mois.
Cela dit, les junk bonds achetés par GM pèsent aussi sur son bilan.
Tout ceci se rajoute à une stratégie d'entreprise désastreuse depuis plusieurs années, GM ayant comme soigneusement entrepris de rester spécialisé sur des créneaux incompatibles avec la hausse du prix de l'essence.
D'où la réticence de beaucoup de politiques à un bail-out, sauf à virer tout le top management.
à Tophee
De TARPON
17H23 | 15/11/2008 |
EVIDEMMENT ,ce sont des ressources en moins qui grevent tous les postes de l'entreprise.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H42 | 14/11/2008 |
En refusant d'aménager une ligne spéciale sur les 700 milliards de dollars de garanties déjà votés par le Congrès pour « sauver » les banques, Bush/Paulson semblent résignés à abandonner l'industrie automobile américaine. A la place, Paulson semble tout d'un coup vouloir faciliter le crédit à la consommation en prélevant quelques dizaines de milliards de dollars sur les 700 déjà votés, mais ces fonds seront insuffisants, car leur impact ne se fera sentir qu'à moyen terme, et seulement en partie au bénéfice des constructeurs automobiles. Il sera alors trop tard.
C'est comme si l'administration Bush persistait à mettre son idéologie du « free market » au dessus de tout : mieux vaut, selon elle, laisser tomber les « Big Three » et abandonner aux fabricants étrangers le contrôle définitif du marché auto américain ! Il est difficile d'imaginer plus courte vue de la situation. Car personne ne pourra convaincre le public américain que la crise n'est pas uniquement la conséquence de la politique hyperlibérale des Républicains. Obama aura sans doute une patate brûlante sur les mains, mais nul ne pourra l'accuser d'en être peu ou prou la cause !
Une fois cela dit, le prochain désastre économique américain n'augure rien de bon pour quiconque. Et l'on se prend à craindre confusément une répétition du scénario des années 30, où seule la production intensive d'armements avait permis de tirer l'économie américaine du marasme de la dépression. La guerre, peut-être, mais contre qui ?
P.S. Il me paraît abusif de relier la déroute des constructeurs auto américains aux subprimes. Aux abus du crédit à la consommation, peut-être. Mais les voitures américaines sont restées comparativement peu chères par rapport à leurs concurrentes européennes et japonaises, et donc à la portée de la plupart des bourses, même modestes, et il était en outre courant d'échanger une voiture d'occasion (tous les 2-3 ans) contre une voiture neuve, avec des prix de reprise très avantageux.
[A noter -- Le déclin de l'industrie automobile US a commencé il y a près de 40 ans (i) lorsqu'elle a refusé d'admettre le rapetissement de ses modèles très gourmands en carburant, (2) en rechignant longtemps à accepter la supériorité technologique d'équipements européens et/ou japonais (freins à disque, boîtes de vitesses à surmultipliée, suspensions sophistiquées, etc.), lesquels se sont alors graduellement substitués aux matériels vétustes d'origine américaine. La forte compétitivité des voitures étrangères a fait le reste, d'abord dans les modèles « bas de gamme » (compacts et subcompacts), ensuite dans le milieu de gamme (avec le triomphe de Toyota et Honda), enfin dans le haut de gamme (où Mercedes, BMW, Lexus ont progressivement évincé Cadilllac et Lincoln). Il ne serait sans doute pas faux de dire que la faillite de l'industrie automobile américaine sonne le glas, de façon hautement symbolique, de la fin de l'Empire américain.]
à Jaycib
De Le Yéti
yetiblog.org | 22H41 | 14/11/2008 |
Superbe analyse.
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 18H46 | 15/11/2008 |
l'empire américain a-t'il été autre chose que l'empire de la voiture ?
De padiran
Chroniqueur mondain | 17H00 | 14/11/2008 |
Nos chers représentants politiques nous ont enfumé pendant des mois en nous beurrant la tartine du genre
- « nos banques ne risquent rien car elles sont fiables et n'ont pas la même phylosophie en matière de risques que les banques US »
- « l'économie réelle ne sera pas touchée car les fondamentaux sont bons »
Heureusement, pour eux, le pilori n'existe plus.
Général Motor n'est que l'avant garde de la catastrophe annoncée et pas seulement aux USA. Les banques européennes, donc françaises, se sont empifrées de profits facilement gagnés sur les marchés boursiers sans savoir qu'elles consommaient de la ciguë. Actuellement en cure de désintoxication elles sont incapables de répondre aux besoins des industriels et des particuliers Le plan de 365 milliards d'Euros promis par Sarko est une goutte d'eau dans une mer de pertes financières
Premiers touchés, les constructeurs automobiles (Renault et PSA), vont bientôt être rejoint par le batiment, la sidérurgie puis par les services
Notre bienveillante « soeur Anne » C. Lagarde à beau nous annoncer que la reccession passe à côté de nos frontière (comme le nuage de Tchernobyl), il n'y a rien pour se rejouir et certainement pas les propos lénifiants de soeur Anne qui ne voit venir
De pablico
17H45 | 14/11/2008 |
super, le titre, et si on changeait de mode d'énergie, et que l'on se mettent à rouler aux subprimes ?
De Le Yéti
yetiblog.org | 07H51 | 15/11/2008 |
LE PROCHAIN CRASH EST EN VUE
Après l'effondrement des places financières (19 banques US déjà en faillite, plus des dizaines et des dizaines d'autres, américaines ou d'ailleurs, en état d'hypothermie quasi irréversible avancée), le prochain crash frappera dans les semaines qui viennent, quelques mois tout au plus, le monde de l'économie réelle avec la chute d'entreprises d'envergures internationales : General Motors ? Chrysler ? Renault ? Volkswagen ? … Tous ces géants fragilisés du secteur automobile ont d'ores et déjà alerté sur leurs graves difficultés et sur leur impérieux besoin d'aide (qui ne viendra pas faute de réserves financières).
D'autres grandes entreprises, dans le secteur immobilier notamment, pourraient aussi très prochainement vaciller.
De nemo3637
Déchoukeur | 02H24 | 15/11/2008 |
Le marché des voitures est saturé. Comme la plupart des autres marchés d'ailleurs. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde est nanti. Mais cela correspond aux données du marché. Pour vendre encore plus d'automobiles, on cherche à faire baisser les prix en les faisant fabriquer là où la main d'oeuvre est la moins chère. Mais d'un autre côté, la nécessité d'une recherche implacable de profit a amenuisé les revenus des salariés qui se retrouvent sans pouvoir d'achât. Bizarrement personne ne se pose la question de l'absence de la proposition d'une relance dudit pouvoir d'achât. Si l'on desserait le crédit pour les pauvres ou si l'on augmentait simplement leurs salaires, ne relancerait-on pas ainsi la consommation et donc l'économie ? Excellente idée… déjà mise en place aux Etats-Unis dans l'immobilier, où chacun devait ainsi avoir sa maison…
Les revenus baissent - cela ne date pas de la crise financière qui n'est qu'une conséquence, un symptome, de la crise économique beaucoup plus profonde - et il est impossible d'augmenter les salaires alors que la concurrence fait rage et que les profits ont tendance à diminuer. Non seulement les revenus n'augmentent pas, mais la moindre occasion - crise financière - est bonne pour délocaliser là où les salaires sont quatre fois inférieurs à ce qu'ils sont en France, comme en Slovaquie.
La crise économique atteindra un paroxysme quand une grande entreprise automobile comme General Motors fera faillite. Ce sera le symbole de la fin du système.
Quand à la Chine et ses consommateurs, espoir de nos néo-keynésiens, la voilà :
« 200 000 ouvrières fabriquent les Ipod [Baladeurs numériques] de la marque Apple. Elles travaillent au rythme de 15 heures par jour pour 40 euros par mois. Elles dorment sur place dans des dortoirs d'une centaine de lits, certaines devant même payer leur logement. »
D'après La Décroissance n°35, décembre 2006.
« Les ouvriers chinois travaillent entre 8 et 12 heures par jours, avec un seul jour de repos par mois, sans sécurité sociale, pour un salaire de 80 à 100 euros mensuels. 5% des ouvriers ont entre 13 et 16 ans, soit 6 millions d'ouvriers environ. »
Émission Là-bas si j'y suis, France Inter, 11/06/08
Les usines, qui fonctionnent presque exclusivement pour l'exportation, ferment. Et le (maigre ) pouvoir d'achat de l'embryon de classe moyenne est menacé. Ce ne sont pas les 585 milliards de dollars du gouvernement chinois et ses abjurations qui y changeront quelquechose.
Quant à la « régulation des marchés » dans une économie basée aujourd'hui sur la spéculation financière, elle revient à demander aux loups d'adopter le végétarisme.
« Les choses ne vont pas changer du jour au lendemain. On a mis deux ans à préparer Bretton Woods. Beaucoup de gens parlent d'un Bretton Woods II. Ca sonne bien mais nous n'allons pas créer un nouveau traité international »
« J'ai entendu des choses contradictoires à ce sujet »- mise en place d'un système pour prévenir le futures crises économiques mondiales préconisée par le Premier ministre britannique, Gordon Brown, notamment -
« Je ne pense pas qu'on puisse avoir un système mécanique avec des lumières rouges et des lumières vertes et que parfois, pays par pays, les lumières passeraient du vert au rouge »,
Dominique Strauss-Kahn.Interview publiée samedi 08/11/2008 par le quotidien britannique Financial Times.
De richy
13H14 | 15/11/2008 |
a quand la faillite de renault ?
voitures de mauvaise qualité pertes de 17pour 100 de ventes, aucun gain sur la vente de véhicule,mais sur la vente de crédit, perte de 80pour100 de la valeur de l'entreprise en bourse en 1 an ;
gohn n'etait qu'un financier comme ces copains,dans le réél l'entreprise va se trouver face aux différentes bulles !
De Humain
15H13 | 15/11/2008 |
Nous avions Strauss Kahn notre patron du FMI qui a laissé une belle pagaille dans les banlieues dont il était l'élu de gauche.
Il aura, au G20, en face de lui Obama, jeune sénateur devenu Président, dont les industries de la région dont il était l'elu sont en train de se dissoudre !
Disons que DSK et Obama sont donc fait pour s'entendre…
à Humain
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 18H38 | 15/11/2008 |
Obama n'est pas au g20
De Anacharsis
Touriste | 22H39 | 15/11/2008 |
Hourra, on produit moins de voitures ! Chic, le rêve américain est bientôt fini ! Bravo, la fin du capitalisme ! Question : cette saloperie va-t-elle crever avant d'avoir fait crever la planète ?