Ce que cache le débat sur les éoliennes
« Non aux forêts métalliques », pouvait-on lire sur la bannière des manifestants anti-éoliens à Paris, samedi 4 octobre. Et oui au CO2 ? Non plus. Mais en France pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, il y a – disent-ils - le nucléaire, qui fournit les trois quarts de la consommation d'électricité dans l'Hexagone. Et l'hydroélectricité, qui fournit 85% de l'électricité produite à partir d'énergies renouvelables. Pourquoi dans ces conditions encombrer l'espace de ces moulins à vent modernes ? « Nous n'avons pas besoin de l'électricité fournie par l'éolien », résume Valéry Giscard d'Estaing, au nom du Comité d'orientation stratégique sur le coût des énergies renouvelables qu'il anime.
Les anti-éoliens pourraient se voir opposer la question des déchets nucléaires. Mais ceux-ci ne sont qu'un élément d'une problématique plus vaste, et plus enracinée, qui remonte aux années 50. A l'époque, la France s'engage dans un vaste programme de barrages hydroélectriques alors que l'Allemagne creuse son sillon dans le charbon. Déjà, les politiques énergétiques sont symétriques, avec en France une stratégie d'investissements sur le long terme, et en Allemagne un choix en faveur du thermique, de nature plus capitaliste car il autorise des retours sur investissements plus rapides. Mais surtout, la production d'électricité fournit au charbon allemand les deux tiers de ses débouchés. Et l'enjeu, c'est l'emploi dans les houillères. La stratégie allemande en matière d'énergie restera jusqu'à aujourd'hui intimement liée à l'exploitation de la houille.
Alliance rouge et verte
Dans ces conditions, pas question de laisser d'autres modes de production supplanter le thermique. Certes, le nucléaire a des partisans, surtout dans les régions non productrices de houille. Ce qui explique que l'Allemagne compte dix neuf centrales qui fournissent environ le quart de la consommation allemande d'électricité. Mais en 2002, le chancelier Schroeder pressé par sa coalition, décide l'abandon du nucléaire en 2020 : « Entre la gauche qui voulait sauvegarder l'emploi dans les bassins houillers, et les verts qui s'opposaient au nucléaire, une véritable alliance s'est forgée », commente un membre du Comité stratégique. Pour accélérer la croissance de l'éolien, l'Allemagne met alors en place un dispositif de subventions. « Et elle entreprend de convertir l'Europe entière à l'éolien », dénonce un proche de Giscard d'Estaing. Ce faisant , on impose les renouvelables au nom du protocole de Kyoto, alors que le nucléaire est la meilleure réponse à ce protocole ».
Il est vrai qu'aujourd'hui, de façon paradoxale, l'Allemagne est un plus mauvais élève de l'Europe verte que la France à cause de sa dépendance au charbon, qui pose toujours des problèmes de CO2. Car le stockage souterrain du dioxyde de carbone est encore loin d'être réalisé à l'échelle imposée par la production électrique allemande. Certes le nucléaire, lui aussi, produit des déchets. Mais l'urgence, pour le climat, ce sont les gaz à effet de serre, répliquent les pro-nucléaires, arguments à l'appui. Et le débat ne se situe pas entre dioxyde de carbone et déchets radioactifs, mais entre deux types d'énergies non émettrices de CO2.
Chiffres et contre vérités
Dans le sillage de l'Allemagne, la France a aussi mis en place un système de subventions aux énergies renouvelables. Dans le cas l'éolien terrestre au cœur de la politique française des énergies renouvelables comme le confirme l'Ademe, EDF est tenu de racheter, par contrat, 8,2 centimes d'euros le kWh l'électricité pendant 15 ans (4 à 7 fois moins toutefois que l'électricité d'origine photovoltaïque). « Sait-on seulement comment la CRE (Commission de régulation de l'énergie) détermine les tarifs de rachat ? », s'insurge un membre de la Commission qui dénonce la répercussion par EDF de ces surcoûts sur l'ensemble des factures ? Ces surcoûts sont aussi mis en avant par Valéry Giscard d'Estaing pour tenter de rallier une majorité de Français au rejet de l'éolien. « Il est temps de parler chiffres pour éclairer le débat », martèlent ses proches, brandissant un rapport de l'Institut Montaigne sur les surcoûts de l'éolien. Alors que les tenants des énergies renouvelables répliquent point par point au rapport en question « pour en finir avec les contre vérités sur le coûts de l'éolien ».
Les anti-éoliens ont marqué un point en août dernier : après avoir déposé un recours contre l'arrêté de juillet 2006 par lequel le gouvernement Villepin a fixé les actuels tarifs de rachat, ils ont obtenu du Conseil d'Etat qu'il retoque l'arrêté en question. Il sera remplacé. Mais au-delà de cette bataille juridique et du débat sur la pollution visuelle provenant des éoliennes, c'est bien la puissance du lobby allemand du charbon et des anti-nucléaires qui est dans la ligne de mire des anti-éoliens français, avant tout pro-nucléaires. Et accessoirement Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'Aménagement du territoire, est également visé : ses coups de boutoir dans des structures héritées de l'après-guerre en matière d'énergie font grincer des dents dans certains cercles, à la veille du débat au Parlement du projet de loi issu du Grenelle de l'environnement..
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De Fifidou
Thésard en Physique | 21H13 | 05/10/2008 |
Si on veut se lancer dans la bataille des chiffres, combien côute le kW d'électricité nucléaire ? et celui de Houille ?
Et quels sont les quantités de CO2 émises pour chaque mode de production ?
Un petit rappel (enfin, ou pas) de ces chiffres ne peut pas nuire au débat, non ?
à Fifidou
De efji
21H50 | 05/10/2008 |
Il est quasiment impossible de donner un chiffre fiable pour le kW nucléaire. Il faudrait savoir prendre en compte l'investissement massif en recherche et développement depuis 60 ans (mais qui a servi aussi à bien d'autres choses : militaire et recherche fondamentale). Mais surtout il faudrait savoir évaluer le coût final du démantellement du parc nucléaire et du stockage des déchets pour des milliers d'années.
De même pour la houille, il faudrait pouvoir calculer le coût du réchauffement climatique.
Une éolienne, on la déboulonne et c'est fini.
à efji
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H02 | 06/10/2008 |
« Une éolienne, on la déboulonne et c'est fini. »
Exactement.
Et, vous me dirais que j'ai mauvais goût, mais je ne suis loin d'être convaincue par l'ésthetique des centrales nucléaires, alors que les éoliènnes qui sont installées un peu partout dans la région où j'habite ne me gènent pas du tout.
Et puis, c'est sûr, les accidents nucléaires n'arrivent qu'aux autres, n'est-ce pas ?
à leconcombrevert
De pablico
12H00 | 06/10/2008 |
entièrement d'accord, une éolienne n'est pas nécessairement éternelle. Si un jour on a un autre mode de production, on déboulonne et c'est fini et à moindre frais, et il ne restera pas de trace.
allez donc faire cela avec une centrale nucléaire, un barrage, une centrale thermique…
et comme les petits ruisseaux donnent une grande rivière, il est idiot de renier les éoliennes, et autres modes de production d'électricité.
et je fini avec un autre proverbe, il faut toujours avoir plusieurs cordes à son arc. (ici plusieurs sortes de production)
à efji
De jpbe
22H36 | 06/10/2008 |
comme beaucoup de monde entièrement d'accord et j'ajouterai : on recycle et on en met une autre à la place !
Sacré Giscard c'est vraiment étonnant de retrouver ce grand copain des grands industriels et financiers du nucléaire dans ce mouvement ?
Ben oui mais l'éolien les menace vraiment car il remet en cause la croissance du nucléaire et surtout ils ne maîtrisent pas la filière et ça ça les énerve vraiment : c'est pourquoi ils sont en train de péter un câble !
C'est vraiment étonnant que toutes ces grandes sommités, ces têtes si bien faites et tellement intelligentes n'ont jamais pensé au développement de ces énergies : seraient-ils beaucoup plus bêtes qu'ils en ont l'air ?
De Sexus Empiricus
21H28 | 05/10/2008 |
En France, on n'a pas de pétrole mais on a une idée, - une grande Idée, une Idée formidable, ingénieuse et atomique, qui assure cohésion et cohérence aux inconditionnels du nucléaire : énergie que les doctes de la technosphère vendent pour propre, sûre, pas chère et qui plus est exportable comme un savoir de qualité made in France.
Nos experts là encore sont formels ; ceux qui s'y opposent sont des lobbys ignares et irrationnels.
En 2008, de ce point de vue, la France est restée encore terriblement giscardienne, c'est-à-dire polytechnicienne.
D'où ces nouveaux don Quichotte, fort peu romanesques : ceux-là prétendent se battre, au nom de « la pollution » visuelle ou sonore, contre les moulins à vent : la pollution invisible, la silencieuse, celle qui fait seulement monter la température des rivières en été, n'est pas un problème. D'ailleurs, on en a vu quelques effets seulement à Tchernobyl, et Tchernobyl est si loin… si loin…
Bref, hors du nucléaire, point de salut. Voilà le credo.
De ama
attentif | 21H39 | 05/10/2008 |
Quand la France devra faire face au démantèlement de ses centrales (c'est pour très bientôt), on se rendra vite compte que l'énergie nucléaire n'était pas bon marché.
De plus, il n'est dit nulle part dans cet article que l'Allemagne est championne en éolien.
à ama
De fermtag
23H38 | 05/10/2008 |
Juste un mot sur le « démantèlement » :
Dans une centrale nucléaire, TOUT est remplaçable ad vitam æternam, SAUF les cuves qui peuvent finir par se fissurer et pour lesquelles le coût de remplacement serait trop élevé, comparé au recyclage global de la centrale. Il n'y a donc aucune urgence particulière à démanteler les centrales en bon état ou à en réclamer le démantèlement.
Le nombre avancé de vingt ans a été estimé… il y a plus de vingt ans ! Et, avec les avancées technologiques et les nouveaux matériaux actuels, *dont les centrales ont bénéficié au cours du temps*, il est ré-estimés plutôt à 40 ans, voire plus.
à fermtag
De Saheyus
Rêveur invétéré | 04H53 | 06/10/2008 |
Nul besoin de réclamer leur démantèlement, elles cesseront tout simplement de fonctionner lorsque l'uranium commencera à manquer (pic de production nucléaire probable en pleine crise de l'après-pétrole). Ca nous fera un joli tas de merde en perspective, nous serons bien avancés.
à fermtag
De Gandijyn
09H42 | 06/10/2008 |
Séries de Vidéos :
- http://www.dailymotion.com/Immodere/video/x5t2hi_pic-de-petrole-et-decro…
Apprendre à changer ses habitudes aux grands conforts utiles ? )
Un bon pull-over, … la meilleure solution et de nombreuses répercussions positives sur la planète :
cessation de pompage d'éléments du sol, réduire la production de centrale nucléaire (avec les risques potentiels), … moins consommer, …
Inviter tous les pays à replanter des arbres
De Le Yéti
yetiblog.org | 06H14 | 06/10/2008 |
ÉTONNEMENT
Je ne suis pas une lumière en matière de production d'électricité. Mais tout de même, je ne laisse pas d'être étonné par l'ire indignée, contre ces moulins à vent modernes que sont les éoliennes, de ceux qui ne pipent mots devant les périls engendrés par le retraitement des déchets nucléaires, qui se laissent encrasser sans broncher par les fumées des pots d'échappement dans les villes, qui subissent sans réagir la pollution chimique grandissante des cours d'eau, des fleuves, qui ne trouvent rien à redire contre les nuisances sonores des aéroports aux abords des complexes urbains, contre ces hideuses lignes à haute tension qui souillent nos paysages…
Don Quichotte, en se ruant à l'assaut des moulins à vent, avait au moins, lui, l'excuse de la lubie et de l'hallucination. Mais eux ? …
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 23H17 | 05/10/2008 |
Dieusait si je suis un défenseur de la qualité des paysages, notamment quand ils sont salopés par des centrales nucléaires (qui en profitent lâchement pour saloper autre chose, qui ne se voit pas tout de suite*).
Et pourtant, je suis admiratif devant les champs d'éoliennes, ces gigantesques mobiles-stabiles de Calder dont la légèreté jamais n'écrase, qui participent à la beauté des panoramas tout comme les longs traits de platanes qui me rendent jaloux du Sud, moi qui vis dans une ville où les réseaux non enfouis jettent comme un vaste toile d'araignée sur ma tête.
Mais bon, d'accord, ces choses-là c'est comme le sucre dans mon café : point trop n'en faut. Alors, chers anti-éoliens animés de nobles intentions aussi nobles que le Giscard d'Éteint, pourquoi ne militez-vous pas contre la surconsommation électrique ? Tiens, par exemple, rien que ces bureaux vides illuminés toute la nuit et toutes les nuits sur dix vingt trente étages pour faire de la pub aux sociétés qui les occupent, ces rues où pas un rat ne passe passé minuit mais qui brillent encore plus que les montres de parvenu de Notre Seigneur ?
* Dans Idées Noires, de Franquin, retrouver cette bande où la femme d'un employé de centrale nucléaire dit son amour pour cette source d'emmerdements, heu, d'énergie.
à compte supprimé 22
De déluge
menuisier | 09H27 | 06/10/2008 |
Absolument ! Il serait temps d'être RAISONABLE !
(J'ai piqué cette image éclairante sur un post de brogilo)
à déluge
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 10H14 | 06/10/2008 |
La notion de de pollution lumineuse nocturne n'est pas une lubie de bobo écolo. Même si c'est parfois joli à voir (ah Grenoble la nuit vu de la descente du Vercors par la D106…)
- Nuisance pour un certain nombre d'espèces animales aussi indispensables à la bonne marche de la planète que l'animal humain.
- Fourmillement de lampadaires tous plus protubérants et excessifs les uns que les autres. Combien de nos petits bourgs aux architectures modestes sont défigurés par ce maquillage de pute*.
- Et, moins évident mais réel : perte du contact avec la nature. Nature que nous devons connaître sous peine qu'elle se venge. (Non, je ne la divinise pas, mais roulez à 130 sur autoroute dans le brouillard et vous, si j'ose dire, allez voir). Il y a plus de vingt ans, je faisais des centres aérés. Nous campions en rase campagne. Mes garnements foutaient le souk dans leurs tentes au lieu de dormir. De colère je te fais lever-rhabiller tout ça, puisque vous n'êtes pas fatigués vous allez marcher. Eh bien la punition s'est transformée d'un coup en expédition. La plupart d'entre eux n'avaient jamais vu un ciel étoilé. Stupéfaction. Jaillissement de leurs questions sur l'univers, sur la place que l'homme y occupe. Oui, des mômes de pas 10 ans. Découverte pour eux que l'homme est si petit dans un monde si grand et si beau. Que ce petit homme ne survivra que s'il connaît ce monde et le respecte.
Eh bien, comptez autour de vous les enfants qui ont vu la Voie Lactée.
(Dernière partie déjà mise ici il y a quelques mois. Donc, piqûre de rappel : -)
* Respect à ces dames, que Brassens a chantées dans Pauvre Vénus.
à compte supprimé 22
De déluge
menuisier | 22H20 | 06/10/2008 |
Très très d'accord avec « le maquillage », et bien vu surtout.
(ainsi qu'au renvoi bienvenue à GB).
Quant à un ciel étoilé…
De fermtag
23H22 | 05/10/2008 |
Un des problèmes de l'éolienne c'est… le vent ! Pas de vent, pas d'électricité. Si vous investissez dans une éolienne de 2MW, elle vous fournira 2MG que si le vent est maximum (25m/s, soit 90 Km/H -vous n'aimeriez sûrement pas ça ! -). En moyenne, une éolienne idéalement placée produit 20 à 70% de sa puissance nominale, le total de la moyenne tournant autour de 25 à 30 %.
Soit 2 * 0,3= 0,6MW.
Ce qui débouche sur un autre problème : il n'y a pas de corrélation entre la puissance du vent et nos besoins en énergie. Donc il faut stocker l'énergie, ce que l'on sait TRÈS mal faire (le rendement d'une batterie, très coûteuses et très polluantes est très faible), d'où une perte énorme du rendement global, une charge énorme d'entretien, et une nouvelle pollution à gérer.
Un cœur de centrale nucléaire produit 1500MW qui sont modulables (pas de perte d'énergie de stockage, donc). Elle produit en moyenne 1m³ de déchets hautement radioactifs dont il faut se débarrasser. De combien de m² le manteau terrestre immergé (4/5e de la planète qui fait en gros 6300Km de rayon moyen) est-il formé ? À la louche : 400 milliards de m². Avant de parler de pollution désastreuse, dangereuse, gravissime, etc., il faut regarder un peu les chiffres… ! Je vous rappelle au passage pour comparaison que le soleil n'en a plus « que » pour 2,5 milliards d'années…
Après cette petite digression, sur la « pollution » nucléaire,
une centrale « standard » comportant 3 cœurs, elle produit 1500MW * 3 = 4500MW.
Ainsi donc, pour fournir *dans le meilleur scénario possible*, ce que fourni une centrale nucléaire, il faudrait y substituer :
4500MW/0,6MW = 7500 éoliennes, placées idéalement.
Comme elles ne pourront pas être toute placées idéalement et fonctionner au meilleur rendement possible tout le temps, comptons 10.000 à 12.000 éoliennes/centrale nucléaire. Le tout, bien sûr, dans des régions venteuses (Mistral, Tramontane, etc.
heuuu, non en fait : ce sont les deux seules grandes vallées venteuses en France…
Ça vous paraît *vraiment* raisonnable comme solution ? ? ? ?
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PS : si vous trouvés une erreure de calcul, c'est tout à fait possible, j'ai fait ça vite fait : merci de la signaler…
à fermtag
De efji
00H01 | 06/10/2008 |
Votre calcul est pompé sur celui des quelques pékins qui ont manifesté ce WE derrière la bannière de VGE, grand visionnaire scientifique (les avions renifleurs) et fleuron de la protection de l'environnement…
Quelques remarques :
1/ Il y a de nombreuses pistes possibles pour stocker l'énergie issue des éoliennes de manière « douce » : création d'hydrogène, d'air comprimé ou remontée d'eau :
http://energie-verte.blogspot.com/2007/01/des-ides-pour-stocker-l-des-eo…
2/ les centrales nucléaires sont très loin d'être en fonctionnement à plein temps : il y a les périodes de maintenance, les changements de combustibles et les pannes diverses.
3/ Votre calcul sur le volume des déchets comparé au volume du manteau terrestre est tout simplement ridicule. Je peux vous en faire un du même genre : sans vous connaitre je sais que votre masse corporelle est d'environ 70 kg. Mais si vous ingérez 50 millièmes de mg (5x10^(-8) kg) de plutonium, soit moins d'un milliardième de votre poids, vous êtes mort.
4/ De toute façon votre lobby nucléaire n'a que peu de temps à vivre. Les réserves d'uranium correspondent à quelques décénies au rythme de consommation actuel, soit probablement moins que les réserves de pétrole. Des durées négligeables devant l'espérance de vie du soleil et même, espérons-le, l'espérance de vie de l'humanité.
A l'horizon de la fin du siècle nous seront bien obligés de passer à des modes de production de l'énergie qui seront entièrement renouvelables. Ce qui est le cas de l'énergie éolienne, entre autres.
à efji
De déluge
menuisier | 09H33 | 06/10/2008 |
Tout à fait.
Il convient de mentionner également la durée de nuisance des déchets (100 000 ans pour le splus violents, non ? ).
Dans 20 000 ans qui saura où ils se trouvent ?
Pour mémoire, Khéops a aproximativement 4500 ans !
à efji
De fermtag
15H39 | 06/10/2008 |
Désolé, je ne connais pas ces gens et n'aime pas particulièrement VGE : les calculs, je les ai fait hier soir à la calculette et à la va-vite.
Reponses :
----------
! / Les rendements sont extrèmement mauvais.
2/ Heureusement que la redondance est prévue, et elle est encore plus nécessaire pour les éoliennes.
3/ Pourquoi « ridicule ? 1m³ comparé à 400 millards de m³, ça montre bien que c'est absolument négligeable. Quand au plutonium, c'est une autre problème car les sels de plutonium sont toxiques en eux mêmes par ingestion, indépendamment de toute radioactivité ! Vous voulez aussi comparer la dilution des quelques kilogramme de plutonim par rapport à la masse des océans ? Là, c'est plus ridicule, c'est risible.
4/ Je ne fais parti d'aucun lobbie, je me contente de réfléchir et d'essayer de faire la différence entre ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Quant à l'épuisement des ressources (uranium), c'est comme le pétrole : elle est extrêmement sous évalué et ont peut en extraire partout (même dans votre jardin environs 3g/m³ en moyenne). C'est juste un problème de prix de revient.
Les océans en regorgent : ils contiennent environs 3mg d'uranium par m³ d'eau (soit environs 45 milliard de tonnes ! ) et on sait désormais l'extraire de l'eau, le Rhône en charrie à lui tout seul 29 tonnes/an) . De plus, la nouvelle génération de centrale (EPR) consomme 40 à 50% de moins de carburant pour une production 30 à 30% de plus. L'épuisement des énergie fossiles n'est pas à notre portée, mais juste un fantasme écolo-écologiste (on peut être écolo sans être anti nucléaire).
Aujourd'hui, je suis désolé, j'ai bien cherché, il n'existe pas d'énergie renouvelable crédible pour la production énergétique d'un pays. J'en suis le prmier désolé et je m'en inquiète : nous avons pris beaucoup de retard… de part les réactions politiques face au anti-nucléaires !
Quoique le nucléaire pourrait faire partie des énergie renouvellables en grosse partie si l'on avait pas abandonné le développement de centrales du type Super-Pœnix à l'époque…
Les piste les plus prometteuse dans les 100 à 200 ans à venir sont clairement dans les réacteurs à fusion.
Conclusions
-----------
Pour en revenir aux éoliennes :
1/ ce n'est pas crédible
2/ puiser l'énergie à haute dose dans les vents implique une certitude de perturbations climatiques
3/ les oiseaux détestent et j'aime bien les oiseaux
4/ on a pris beaucoup de retard dans l'exploitation du nucléaire, dont les ressource ne sont pas en danger et il nous faut mettre les bouchées doubles pour assurer dans les 40 ans qui viennent notre survie énergétique
5/ se voiler la face et rejeter en bloc la simple réalité et le bon sens relève de la politique de l'autruche
à fermtag
De efji
16H37 | 06/10/2008 |
On peut répondre point par point.
Je ne reviendrai pas sur votre calcul concernant les déchets. Vous avez oublié de m'expliquer comment on pourrait garantir la sécurité de tonnes de déchets hautement radioactifs pour les quelques millénaires à venir (imaginez que Ramsès II vous ait légué une petite décharge nucléaire).
Je peux répondre point par point, mais je vais me restreindre à ce qui me fait le plus bondir :
« Les piste les plus prometteuse dans les 100 à 200 ans à venir sont clairement dans les réacteurs à fusion. »
Il faut avouer que le lobby des physiciens nucléaires est très habile. Il a réussi en quelques années à se faire payer un accélérateur géant pour trouver un boson (le LHC) et à faire croire qu'un réacteur à fusion de type Tokamak pouvait fonctionner, à condition d'en construire un à taille réelle.
Ce qui est extraordinaire c'est la réaction des hommes politiques, qui sont d'habitude réticents à tout plan pluriannuel, pourtant nécessaire dans le domaine de la recherche. Pour ITER, ils se sont mis d'accord sur des sommes fabuleuses avec un horizon temporel très lointain. Tant mieux pour la recherche qui va bénéficier largement de la manne financière. Mais n'attendez pas de faire chauffer votre café avec ITER (discutez avec des physiciens du domaine et vous verrez). De plus, contrairement à ce qui a été vendu aux media, ITER sera loin d'être « propre ». Certes la réaction de fusion donne de l'eau, mais les effets collatéraux sont très polluants.
Bref la fusion, à horizon visible (100 ans) c'est non.
Concernant les réacteurs à fission nucléaire, ils ne représentent pour le moment qu'une faible proportion de notre consommation énergétique. Vouloir l'étendre dans le monde serait pure folie. Il est par exemple incroyable que la vente de centrales à la Lybie n'ait pas créé plus de remous dans l'opinion.
Multiplier les centrales c'est multiplier les risques et la quantité de déchets pour lesquels vous n'avez toujours pas de solution depuis tout à l'heure. A part l'enfouissement. Et c'est vous qui me traitez d'autruche ! ! !
Sinon je peux vous peindre un tableau idylique d'un futur proche et durable :
Véhicules (roulants et volant) fonctionnant à l'hydrogène produit par electrolyse dans des petites unités délocalisées. La station service du futur aura quelques éoliennes à axe vertical, des panneaux solaires à haut rendement et une unité de biomasse qui produiront localement l'hydrogène.
Les habitations n'auront presque pas besoin de chauffage grâce à l'ingéniosité de leur construction. Une bonne partie de l'électricité consommée viendra aussi de petites unités de production locales (solaires et éoliennes).
Il y aura aussi de plus grosses centrales, solaires, marémotrices ou éoliennes (y compris off-shore).
Tout ceci existe déjà. Cela suppose une révolution technologique, mais qui n'est pas si importante qu'on pourrait le croire si on la compare à l'avènement de la civilisation du pétrole qui a pris environ 50 ans.
à efji
De déluge
menuisier | 19H30 | 06/10/2008 |
Je suis nettement moins optimiste que vous sur le futur.
Ceci dit, sur les mirages technologiques que nous vendent les technos du nucléaire, là, je vous suis complètement : Qui se souvient de Super Phénix, de son coût et du flop technologique de nos petits génis ?
Pour moi, les décisions à prendre ne sont pas d'ordre technologiques (au sens d'en inventer d'autres), mais de comportement et d'économie (batiment à faible consommation, voire positifs). Il faut être raisonable.
Avec l'énergie, mais aussi avec les matières premières.
Il nous faut devenir sobres, ou crever dans la misère.
à déluge
De Saheyus
Rêveur invétéré | 22H21 | 06/10/2008 |
« Pour moi, les décisions à prendre ne sont pas d'ordre technologiques (au sens d'en inventer d'autres), mais de comportement et d'économie (batiment à faible consommation, voire positifs). »
Et pourquoi pas les deux, mon général ?
A mon avis, l'un sans l'autre nous mènera forcément vers la ruine. Que ce soient les nouvelles énergies sans la modération, ou la modération sans les nouvelles énergies.
à Saheyus
De déluge
menuisier | 07H37 | 07/10/2008 |
Dans le moyen/long terme : Pourquoi pas.
Mais à échéance, disons de 20 ans, à mon avis on peut oublier.
Tout simplement à cause du retard de la recherche à des solutions alternatives au couple infernal pétrole/nucléaire.
Alors qu'immédiatement on peut sabrer sans douleur dans la consommation d'énergie, via la rénovation des batiments, mise en place de petits réseaux locaux de transport en commun (bus)…
Ce n'est pas pour vous que je l'écris, mais je me méfie de cette pensée magique qui devant les problèmes se contente d'un appel à de futures techniques à inventer pour résoudre l'équation.
Il serait temps d'être un peu sâge et de faire avec ce qu'on a : Ce qui est déjà pas mal si les mannes sont réparties à la fois équitablement et intelligemment.
à efji
De fermtag
06H06 | 07/10/2008 |
On voit bien que vous ne maîtrisez pas de tout le sujet : pour obtenir de l'hydrogène, l'électrolyse àle plus mauvais rendement qui soit !
De bêtises en discours utopiste non-fondé (vous m'avez fait rèver avec votre futur idéaliste, merci), vous rejetté le nucléaire sans aucun fondement.
Et oui, je le maintient, les centrales à fission sont l'avenir énergétique, qu'elle soit de type tokamak ou autre, car elles ont un excellent rendement (le carburant est présent en énorme quantités et n'est pas trop cher lorsqu'on utilise autre chose que l'électrolyse pour l'extraire) est pas de déchets (très très peu et de demie-vies très courtes).
Et vous vous enfoncez encore plus, en admettant que l'énergie nucléaire est loin d'être la plus produite : recomptez vos éoliennes !
Stockage sous forme d'ydrogène par electrolyse : vous perdez 80% d'énergie. Transformation de l'électricité en air comprimé : vous entrez dans le domaine de la termodynamique pure, car comprimer un gaz transforme l'énergie électrique en chaleur.
Révisez les deux premières loi de la thermodynamique.
Je me base sur des faits matériel et vous sur des faits subjectifs (donc rêves soit de la poudre de perlimpinpin).
Quant à ITER, vous n'imaginez même pas (et de très loin) les conséquences théoriques qu'il pourra apporter de notre conception de l'univers et de la matière. Entre autre choses, on a une théorie incomplète (physique quantique) qui pourrait être confirmée ou infirmée (probablement affinée/adaptée, sinon entièrement remise en question). Hors propos, me direz-vous ? Et bien non, on parle toujours d'énergie ! Le fameux « boson de Higgs » qui se ballade à des énergies dont nous n'avons même pas l'idée (rassurez-vous sur les trous noirs, la théorie, même partielle, et le bon sens permettent d'affirmer que le risque n'existe pas. Fantasmez sur d'autres chose plus amusantes…)
Je sais bien qu'en discuter ici est « cause perdue » car tout le monde se réfugie dans ses préjugé, sont inaptitude à faire des comparaisons d'échelles et ses croyances quasi-dogmatiques basées sur des impression. Sans aucun esprit critique constructif…
à fermtag
De kk
star malgré elle | 06H46 | 07/10/2008 |
« Je sais bien qu'en discuter ici est “ cause perdue ” car tout le monde se réfugie dans ses préjugé, sont inaptitude à faire des comparaisons d'échelles et ses croyances quasi-dogmatiques basées sur des impression. Sans aucun esprit critique constructif… »
Pour qui parlez-vous ?
Pour vous peut-être
- préjugés : oui
- inaptitude à faire des comparaisons d'échelle : oui
- croyances quasi dogmatiques : oui
- basées sur des impressions : oui
Sans aucun esprit critique constructif : Bingo !
à fermtag
De Saheyus
Rêveur invétéré | 05H09 | 06/10/2008 |
Grattez un peu l'anti-éolien, vous trouverez le pro-nucléaire… J'avais quelques doutes jusqu'à présent, je n'en ai plus guère.
C'est pitoyable.
à Saheyus
De JIEM 92
09H45 | 06/10/2008 |
Et Giscard n'a-t-il pas été le président qui a lancé le programme des centrales nucléaires en France ?
Cela dit, il faut veiller à ce que les éoliennes soient à une bonne distance des zones habitées car la gène sonore existe.
à JIEM 92
De Saheyus
Rêveur invétéré | 17H24 | 06/10/2008 |
Autant je déteste les pro-nucléaire, autant je n'ai rien contre les anti-éoliens, en théorie en tout cas. Je comprend que ça puisse être gênant d'un point de vu sonore et même, pourquoi pas, visuel. C'est pour ça qu'il faut une règlementation ferme concernant le positionnement des éoliennes. Et puis, je pense qu'il y a moyen de réduire le bruit qu'émettent les éoliennes (paraît-il que cela a déjà évolué entre les éoliennes anciennes et récentes).
En fait, le plus gros problème avec les éoliennes, ce sont les chauves-souris. Et je ne plaisante qu'à moitié.
à Saheyus
De kk
star malgré elle | 06H48 | 07/10/2008 |
« une réglementation ferme concernant le positionnement des éoliennes »
Je ne suis pas du tout spécialiste mais il me semble plus judicieux de les positionner plutôt en fonction des couloirs de vent.
à Saheyus
De fermtag
15H44 | 06/10/2008 |
Vous avez une autre solution ? Un peu plus crédible ? J'achète !
Au fait, qu'est-ce qui est « pitoyable » ? D'être réaliste ?