Parachutes dorés : moralisation, piège à cons

Un soldat coréen à l'entraînement près de Séoul (Jo Yong hak/Reuters).

A Toulon, dans son long discours sur la politique économique du 25 septembre, Nicolas Sarkozy a fustigé les parachutes dorés de certains des dirigeants d'entreprise. Est-ce la bonne cible ?

Certes, on peut condamner à l'envi les 38 millions d'euros de Daniel Bernard, qui n'a fait à Carrefour qu'un travail pour lequel il était déjà grassement payé, les 6 millions d'euros de Patricia Russo, qui n'a eu pour mérite que de vendre une canard boiteux -la société Lucent- à Alcatel, société présidée par Serge Tchuruk… qui a lui-même touché presqu'autant pour avoir fait perdre 60% de la valeur boursière du groupe en un temps record après avoir, en treize années, multiplié volte-face stratégiques, ventes d'usines et plans de licenciements.

Sans oublier les 8,5 millions d'euros de Noël Forgeard, PDG d'EADS, remercié suite à un soupçon de délit d'initiés. Forfait qu'il dément, au prétexte qu'il ignorait la situation du programme phare de la principale filiale -Airbus- de son groupe -posture qu'aucun patron sincère ne juge crédible, sauf à devoir admettre une réelle incompétence… vraiment bien rémunérée.

La moralisation a fait chou blanc

Donc, haro sur les parachutes dorés. Les boucs émissaires de la crise sont tout trouvés, mais la ficelle est un peu grosse. Est-ce au nom d'une moralisation de la vie des affaires qu'il faille les pointer du doigt ? Les grands sentiments n'ont pas cours dans les affaires d'argent. Des dispositions prévues pour « moraliser » ces pratiques existent déjà, et depuis longtemps. Elles n'ont pas fonctionné.

Le premier document qui parle de comité de rémunération dans les grandes entreprises avec des administrateurs indépendants pour fixer les rémunérations des grands patrons et leurs conditions de sortie remonte à… 1995.

C'était le premier rapport Viénot, du nom du président de la Société générale, qui avait conduit sa privatisation. Pour faire bonne mesure, il y eut même un deuxième rapport Viénot, puis en 2002 un rapport Bouton (PDG de la Société Générale lui-aussi), toujours pour introduire de l'éthique dans le « gouvernement d'entreprise ».

Le résultat est qu'on parle encore des rémunérations des grands patrons. Dans les cas cités -et ce n'est pas la généralité- les mesures ont été inopérantes et tout le monde doit être montré du doigt : les bénéficiaires des parachutes, mais aussi ceux qui leur attribuent, qui sont souvent les mêmes et souvent proches du pouvoir. La moralisation a fait chou blanc ! Et qu'a fait le pouvoir depuis tout ce temps ?

Les parachutes, un détail dans le maelström financier

Mais surtout, dans cette crise, le sujet le plus important n'est pas les parachutes dorés. Lorsqu'on parle de milliers de milliards de dollars aux Etats-Unis, lorsque les expositions de banques françaises aux risques des établissements américains défaillants se chiffrent en centaines de millions d'euros après des milliards d'euros de provisions pour solder leur indigestion de « subprimes », le problème posé par la crise n'est pas à l'échelle des parachutes dorés -fussent-ils totalement illégitimes.

Le désarroi américain suffit à le démontrer : le problème posé est celui de la faillite d'un système financier dont les Etats-Unis ont été les champions, et que le président de la République française a lui-même célébré voilà à peine plus d'un an, en mettant en scène ses vacances non loin d'un président américain pourtant en fin de mandat et à la popularité déclinante.

Pourtant, déjà, la crise couvait et des signes avant-coureurs annonçaient la fin de la fuite en avant américaine. Nous étions en août 2007, le marché immobilier américain dégringolait déjà depuis le début de l'année, les économistes clairvoyants (pas ceux qui tirent le signal d'alarme après la déflagration) insistaient sur l'imminence d'une explosion brutale.

Sarkozy et le modèle américain

Après les crises du capitalisme libéral des années 90, après la dépression entamée en l'an 2000 et amplifiée par les attentats du 11 septembre 2001.

Après le tsunami de l'affaire Enron et ses suites, après qu'on a déjà parlé à l'époque de « risque systémique ».

Après que les agences de notation des entreprises cotées ont été montrées du doigt pour n'avoir pas rempli leur rôle, après que des analystes financiers de banques d'affaires vedettes furent suspectés d'avoir travesti la réalité.

Après que les Etats-Unis ont du légiférer sur la gouvernance d'entreprise (loi Sarbanes Oxley de 2002) et donner un grand coup de balai à Wall Street pour ramener le calme et la confiance…

Après tout cela et moins de dix ans de convalescence, la rechute s'annonçait.

Malgré toutes ces alertes et aux antipodes d'une attitude gaullienne selon laquelle « la politique de la France se fait pas à la Corbeille », le sixième président de la Ve République sonnait il y a un an le resserrement des liens transatlantiques, et affirmait avec élan ses références à des valeurs dont l'échec était en germe.

La faillite d'un système

Là est le problème : dans la faillite d'un système. Et l'absence de vision de l'échec. Parle-t-on de le moraliser ? Plutôt que de se payer de mots qui n'ont jamais eu cours en économie, parlons de la réformer efficacement avec un seul objectif : redistribuer les fruits de la croissance.

On est loin d'une simple remise à plat des rémunérations de quelques grands patrons, destinée à braquer les projecteurs sur une scène où chacun jouerait une partition bien commode, avec des bons et des méchants.

S'agit-il, en revanche, de « refonder le capitalisme », comme Nicolas Sarkozy l'a exprimé aussi à Toulon ? Chiche. Mais quelle refondation, lorsque jusqu'à présent de Bercy à l'Elysée, le président de la République a joué la carte ultra-libérale et la financiarisation de l'économie en s'affichant avec ses acteurs les plus emblématiques ?

Le sujet qui mérite d'être placé sous projecteurs est le retour d'une régulation de l'économie. Rien, depuis mai 2007, n'est allé dans ce sens.

A lire aussi : Pour Sarkozy, la crise financière marque « la fin d'un monde »

Photo : un soldat coréen à l'entraînement près de Séoul (Jo Yong hak/Reuters).

147 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 10H53 | 28/09/2008 | Permalien

D'accord et pas d'accord : oui, le problème est bien la faillite d'un système, celui du capitalisme financier, et de ce point de vue les incantations moralisatrices sont bel et bien un piège à cons. Mais non, les parachutes dorés ne sont pas un détail dans cette crise.

Si l'on s'en tient aux sommes en jeu, bien sûr les montants (même additionnés) sont relativement négligeables. Mais là où ça coince, c'est qu'ils sont le signe, peut-être le plus évident, de la perversion du système (à supposer que le système ne fût pas pervers dès l'origine ! ). Ils manifestent en particulier très clairement l'esprit de lucre (le mot anglais greed me paraît pour le coup très opportun) triomphant sur l'esprit d'entreprise.

Or il me semble qu'on peut tenir pour valable (dans une certaine mesure) le modèle capitaliste pour ce qui concerne la production. Pour ce qui concerne la distribution des revenus, en revanche, le système capitaliste, en particulier lorsqu'il est livré à lui-même, ne vaut rien ou à peu près : ce que démontre avec éclat le système des parachutes dorés et aussi celui des stock option.

Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De RueDeLaPoupéeQuiTousse

11H58 | 28/09/2008 | Permalien

Je ne suis pas certain qu'on puisse tabler aussi tranquillement qu'on a tendance à vouloir le faire sur la distinction entre la production et la finance.
D'une part parce que la production est en elle-même, de la conception jusqu'à la consommation, (ordonnée à la) production de la plus-value. Autrement dit la production est déjà en elle-même financière, le travail est en lui-même une des formes du capital (et je vois mal comment il pourrait ne pas l'être, c'est-à-dire ipso facto être commandé par la logique inhérente au capital). D'autre part parce que la redistribution de la richesse produite est directement liée à et commandée par cette production.

Portrait de Adelyne sur le sable

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Si je savais | 12H49 | 28/09/2008 | Permalien

Je ne vais pas m'étendre, car là je perdrais mon temps qui est utilisé à bon escient, mais si je raconte à mes enfants que :
« le travail est en lui-même une des formes du capital (et je vois mal comment il pourrait ne pas l'être, c'est-à-dire ipso facto être commandé par la logique inhérente au capital) », je suis mal.
Il vous faut revoir votre copie jeune homme, ou bien ce serait un signe, que vos professeurs en économie ont été bien « légers ».
Magnifique pour le premier venu de lire ; « ipso facto ».
C'est vraiment pertinent, (mdr), comme écrivent certains.
Mais SVP, revenez avec des arguments plus étayés.

Portrait de kiki21120

à Adelyne sur le sable Portrait de Adelyne sur le sable De kiki21120

sans emploi | 14H17 | 28/09/2008 | Permalien

Adelyne il y a 2 parties dans la production, la première c'est les matières premières la seconde c'est les ressources humaines. Alors comment expliquer à tes enfants « vous êtes une ressource » comme les minerais, je ne sais pas, moi j'aime l'être humain pas la ressource, ça je le sais.
amicalement

Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse

à Adelyne sur le sable Portrait de Adelyne sur le sable De RueDeLaPoupéeQuiTousse

15H35 | 28/09/2008 | Permalien

Je ne vois strictement rien dans ce que vous écrivez qui montre que le travail soit autre chose que du capital, organisé et existant en tant que tel, et qu'il soit voué à autre chose qu'à produire du capital.
Que vous ayez du mal à dire ce qui est à vos enfants, ça tient à ce qui est et/ou à vous, pas à moi. Si vous voulez leur raconter quelque chose qui ne correspond pas à la réalité du CAPITALISME actuel, dites leur ce qui vous chante !

Portrait de spartacus1

à RueDeLaPoupéeQuiTousse Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse De spartacus1

18H35 | 28/09/2008 | Permalien

@RueDeLaPoupéeQuiTousse

Vous prenez le contre-pied exact de Marx, pour lequel le capital est du travail cristallisé. De là découle l'injustice fondamentale du capitalisme qui confisque le travail des prolétaires (je simplifie ne voulant pas trop m'étendre).
Je sais, le marxisme n'est plus trop à la mode, il n'empêche que le vieux barbu a bien des fois eu raison. Ce qui se passe actuellement est une nouvelle preuve.
Et il faut dire aussi que la quasi totalité de ceux qui critique l'ensemble de l'oeuvre de Marx ne l'on pas lue. Je sais, pas facile à lire, mais profitable.

Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse

à spartacus1 Portrait de spartacus1 De RueDeLaPoupéeQuiTousse

19H50 | 28/09/2008 | Permalien

Oui, en effet. Je peux me tromper, mais je dis cela tout à fait consciemment. Cela n'a pas empêché Marx lui-même de parler d'une accumulation primitive du capital, comme vous le savez, signe que la relation du travail au capital n'était pas aussi simple ni aussi unilatérale à ses yeux.
Pour répondre à la question que pose Thucydide, oui le capital existe avant le travail. Cela ne signifie pas que le travail soit improductif, bien évidemment. Le sens véritable de cette antériorité n'est pas tant chronologique que logique. Le travail présuppose le capital, au moins en tant que raison d'être du travail. Remonter au paléolithique ne change rien à cette antériorité logique - en dehors de l'erreur consistant à chercher à comprendre la logique du capitalisme à partir du paléolithique.
Que signifie la confiscation du travail du prolétariat si ce n'est que le travail est, du début à la fin, ordonné à la production du capital ? Je ne voulais rien dire d'autre que ce que vous dites vous-mêmes, en bonne logique marxienne.

Portrait de Thucydide

à RueDeLaPoupéeQuiTousse Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 20H40 | 28/09/2008 | Permalien

Le travail présuppose le capital, au moins en tant que raison d'être du travail. Remonter au paléolithique ne change rien à cette antériorité logique - en dehors de l'erreur consistant à chercher à comprendre la logique du capitalisme à partir du paléolithique.

Je commence à comprendre comment on a pu en arriver là.
N'oubliez pas de bien ranger vos antériorités logiques avant de vous coucher.

Portrait de Thucydide

à RueDeLaPoupéeQuiTousse Portrait de RueDeLaPoupéeQuiTousse De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H31 | 28/09/2008 | Permalien

J'ai l'impression que vous avez tout simplement inversé la chaîne de dépendance entre capital et travail.

Si le travail est commandé ipso facto par la logique inhérente au capital : c'est donc que le capital existait avant le travail ? …

Question :
C'était quoi, le capital au paléolithique ?
Nous savons qu'il y avait déjà du travail, et du travail spécialisé, même. Essayez de tailler une feuille de laurier dans un silex ou une obsidienne, vous comprendrez que celui qui fabriquait des outils n'avait pas beaucoup de temps à consacrer pour la chasse ou la cueillette.

Le commerce est arrivé ensuite (on a retrouvé des pierres taillées sur les falaises anglaises jusqu'en Pologne : elles sont aisément reconnaissables à leur facture).
Ensuite ce fut le tour de la monnaie, il y a à peine 2500 ans (empire Perse)

Ensuite, il y a eu l'esclavage (Grèce, Rome…), le servage…
La logique inhérente au capital n'a de sens qu'à compter des premières banques, quand il est devenu nécessaire de rémunérer des travailleurs libres.

Si l'Humanité a attendu cette logique pour se mettre au travail, c'est bien con, à voir le sublime chemin parcouru sans rien foutre ( ! ! ) dans le million d'années qui précède.

Par contre, si vous admettez que le travail est une des forme du progrès c'est-à-dire ipso facto commandé par la logique inhérente à la répartition des tâches dans une société, tout s'arrange !

Et nous pouvons sans difficulté considérer le capital comme le résultat de l'accumulation égoïste (dans le sens de strictement individuel) des fruits du travail.

C'est pas le tout, J'avais raison d'être paresseux, faut que j'y retourne

Portrait de emmanuel24

à Thucydide Portrait de Thucydide De emmanuel24

08H03 | 29/09/2008 | Permalien

il y a 2500 ans les celtes copiaient déjà les pieces grecs,c'est moins 2500-3000,et monnaie n'est pas piece,encore avant on échangeait des haches,armes,poteries,barils de lessive.

Portrait de pablico

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De pablico

13H45 | 28/09/2008 | Permalien

le sheriff sarko, doit crier aux indiens parachutés, aux indiens voleurs, aux indiens des iles caïmans et autres paradis fiscaux à plumes, pour être crédible. Mais ses cris, ne resteront que des cris indignés, parce qu'il a de trop petits bras pour les battre (les vilains indiens).
Il nous a même fait le coup du capitalisme à papa, le capitalisme « sain » des entrepreneurs. qui a été remplacé début des années 80 par les financiers avides.(début du chômage)
sur ce point on peut le suivre, mais ce n'est que de la nostalgie, on ne pourra jamais revenir en arrière.
Il nous a parlé du premier métier des banques, là aussi ce n'est que de la nostalgie, les banques ont gouté au fruit défendu de la spéculation.

Mais il parait qu'aux us, il y a deux hommes qui vont tout aranger cela avec leur plan de redressement. Deux non politiques, ce sont eux les vrais sheriffs.

Notre président n'a pas fait de la pédagogie.
(le pédagogue enseigne à des gens qui n'ont pas tout compris), mais il a fait de la démagogie, qui feint d'expliquer qu'à des gens qui en savent autant que lui. (blabla entre convaincus) …

Portrait de Thucydide

à pablico Portrait de pablico De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H43 | 28/09/2008 | Permalien

le sheriff sarko, doit crier aux indiens parachutés, aux indiens voleurs, aux indiens des iles caïmans et autres paradis fiscaux à plumes, pour être crédible

C'est facile pour lui, de crier aux indiens.

Spécialiste des écrans de fumée, il n'a plus qu'à leur faire des signaux.
Il suffit d'agiter un chiffon rouge, et ça aussi il sait faire.

Portrait de kevangel

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De kevangel

Chercheur | 14H20 | 28/09/2008 | Permalien

Je ne peux qu'approuver ce post. Je ne comprends pas que l'article mette en opposition les parachutes dorés et la faillite du système. Les parachutes dorés sont le symbole éclatant de la catastrophe du capitalisme financier. Il est plus qu'urgent de revenir à un capitalisme industriel et cesser de rémunérer en priorité les financiers. En effet, seule l'industrie produit des richesses, et la finance n'est là que comme parasite pour s'engraisser sur le dos des travailleurs.
Il est intéressant d'ailleurs de revoir les déclarations de Ford il y a un siècle. Il était un industriel et plaidait pour des salaires les plus élevés possibles afin de maintenir la consommation et établir un cercle vertueux. Il était loin d'imaginer les rémunérations des actionnaires en priorité, les parachutes dorés,…

Portrait de marc b

à kevangel Portrait de kevangel De marc b

anarchiste communautaire | 20H30 | 28/09/2008 | Permalien

Toute la classe politique américaine semble tombé daccors pour sauver le système en injectan,pour commencer, de 700 à 1000 milliards de dollards.

Cet Argent public pèseras très lourd sur tous les contribuables.

Ce chiffre est à rapprocher des 10 milliards de dollards nescessaire pour mettre en place un service de santé.

Gageons que la santé des financiers passeras avant celle des simples citoyens…

Portrait de haiker

à marc b Portrait de marc b De haiker

11H43 | 29/09/2008 | Permalien

Gageons que ces 700 milliards ne suffiront pas.

Pour rappel, Lehman Brothers a elle seule avait accumulée des dettes pour plus de 600 milliards de dollars…
Si le premier domino que personne n'a pu ne pas voir tombé (contrairement à tous les précédents depuis près de 1-2 ans) pesait 600 milliards de perte, combien on pari que l'ensemble des autres dominos qui tombent à sa suite vont peser bien plus que 700 milliards ! ?

Portrait de marc b

à haiker Portrait de haiker De marc b

anarchiste communautaire | 12H02 | 29/09/2008 | Permalien

Merci Haiker, je voulais rester optimiste.

Le plus « drôle », si l'on écoute nos chers politiques, économistes, industriels et financiers, c'est que toutes les dépenses sociales se heurtent toujours au même argument :

« Le contribuable ne le supporteras pas ».

Portrait de jyeden

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 16H58 | 28/09/2008 | Permalien

il me semble que vous vous trompez en voulant opposer un esprit d'entreprise (positif) à un esprit de lucre qui serait négatif
le capitalisme a justement l'esprit de lucre, d'interet personnel et egoiste comme moteur
qui voudrait entreprendre, risquer des capitaux juste pour produire et distribuer ?
on peut etre contre le capitalisme, mais ne nous trompons pas en cherchant un capitalisme « sain »

Portrait de paysan2

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De paysan2

retraité actif | 18H22 | 28/09/2008 | Permalien

Une seule chose a retenir : Sarko est un énorme menteur, un imposteur et un hypocrite. Oser dire tout cela de la finance et de l'ultra-libéralisme alors que depuis 1 an et demi, il a fait tout le contraire relève tout simplement du foutage de gueule. Mais il ne nous aura pas !

Portrait de Sylap

à paysan2 Portrait de paysan2 De Sylap

Citoyen | 08H42 | 29/09/2008 | Permalien

Peut-être qu'il ne nous aura pas nous mais en sera-t-il de même pour la majorité de nos concitoyens ?

Portrait de Thucydide

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 18H33 | 28/09/2008 | Permalien

Votre analyse est d'autant plus pertinente à mes yeux que vous ne noyez pas votre lecteur dans un jargon technique trop souvent utilisé pour faire accroire que l'économie est une science.

Je me permettrais toutefois d'aller dans votre sens avec un additif :
Les parachutes dorés sont plus qu'un signe de perversion, ils sont la proclamation solennelle de la protection de l'incompétence à la tête des grandes entreprises.

Ce qui, en plus de la dérive capitaliste observée, ajoute la nuisance permanente d'une gestion carrément idiote (quand elle n'est pas malhonnête), chez des acteurs parmi les plus significatifs et les plus indispensables de l'économie.

Nous pourrions saluer la prise de conscience soudaine des chefs d'État dits « de Droite » et leur remise en question de leur credo habituel par des interventions massives des fonds publics voire dans certains cas des nationalisations…

Mais s'agit-il vraiment d'une remise en question ? Je ne le crois pas.
Ils vont tout simplement au bout de leur logique et mettent une fois de plus en pratique la règle de nationalisation des pertes, a très grande échelle cette fois.
Quand tout ira mieux, les sociétés nationalisées et remises sur pied à grands frais seront privatisées à des conditions particulièrement avantageuses pour les futurs repreneurs.

Les discours pour faire avaler la pilule sont déjà prêts, je dirais même rodés, depuis longtemps

duralex

Portrait de nemo3637

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De nemo3637

Déchoukeur | 22H08 | 28/09/2008 | Permalien

« Or il me semble qu'on peut tenir pour valable (dans une certaine mesure) le modèle capitaliste pour ce qui concerne la production. »

« le système capitaliste, en particulier lorsqu'il est livré à lui-même,… »

Vous avez une interprétation très personnelle de certains concepts : production, système-capitaliste-livré-à-lui-même (il lui arrive de ne pas être livré à lui-même ? )… Et ce pour terminer par une approximation amusante énonçant que le système capitaliste « ne vaut rien ou à peu près ». Le « à peu près » lui laisse donc un petit espoir. Tout n'est pas perdu.

En clair, il y a de l'abus (les stock options) mais il faut faire le tri.

Il est « à peu près » à craindre que la situation soit un peu plus compliquée pour le système capitaliste en général et que les stocks options ne soient ici qu'un épi-phénomène.

Mais vos propos géniaux ont l'air de plaire.

Portrait de Mr_Quiconque

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Mr_Quiconque

07H18 | 29/09/2008 | Permalien

Thierry Reboud, a vous focaliser sur des détails vous perdez la vue d'ensemble qui est en définitive assez simple. Parachutes dorés et stock-options sont un chiffon rouge que l'on agite à la vindicte de la populace qui demande des comptes pour détourner son attention des traits essentiels.

En réponse à un édito (tout pourri) de Franz-Olivier Giesbert, j'ai trouvé un message (que j'ai déjà copié-collé ailleurs sur Rue89 (mais puisque c'est ici aussi le sujet, bref)), qui résume la situation selon une grille de lecteur qui peut paraitre poujadiste, mais à vous de voir :

--- début du copier-coller ---
Erod - samedi 27 septembre | 09 : 54

« Quand l'irresponsabilité….

… est érigée en modèle de société, voici les résultats ! Mais cette responsbilité dans le désastre n'est pas seulement le fait de la finance et du dogme capitaliste, il est le fait de notre classe politique, incapable de gérer les budgets nationaux, entraînant les nations dans des conflits dont l'aboutissement et les coûts sont sans commune mesure avec les ambitions proclamées.
La dérive des pouvoirs démocratiques au profit de collusions d'affairistes promus et encouragés par une caste politique corrompue, permet cette dérive. Désigner les financiers et capitaines d'industries engraissés aux stock-options et aux salaires démentiels, c'est oublier un peu vite les systèmes mis en place, par et pour, le seul profit d'une élite internationalisée, d'une mafia pourrait-on dire, qui confisque les richesse naturelles, ravale le travail humain au rang d'esclavage, détournant les fruits engendrés par ce travail (1) dans une escroquerie planifiée de détournements de capitaux, de jeux monétaires, de caches offshore pour se soustraire à l'impôt, d'escroqueries en tous genres.
En voulant purifier le système financier, on ne purifiera que la partie émergée et visible de l'iceberg, la partie immergée restera secrète, car de sa discrétion dépend sa survie. Moraliser la vie publique est une entreprise qui relève de l'utopie, la nature humaine est ainsi faite qu'on n'effacera jamais la cupidité , la mégalomanie, et la perversion du pouvoir.
Seule la stricte gestion de la démocratie, c'est-à-dire la séparation des pouvoirs et leur contrôle serait en mesure d'atténuer les risques sans toutefois les éliminer. Quand verra-t-on des représentants élus ou des banquiers embastillés à cause de leur perversité et de leur concussions ? il suffit d'observer : tous les scandales financiers débouchent soit sur un secret d'Etat (2) qui ferme la porte à toute forme d'investigation soit sur un non lieu. La pègre politico-affairiste a encore de beaux jours devant elle ».

http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/quand-la-tete-est-pourrie/98…
--- fin du copier-coller ---

Croyez-vous que cette crise inquiète la « pègre » en question quand de toute façon elle sait qu'il est toujours possible de nationaliser les pertes abyssales ?
C'est un hold-up organisé. Ou plutôt une prime, cerise sur le gateau, du hold-up réalisé précédemment grace aux dérèglementations.
Il se trouve également que cette crise systémique est connue et annoncée (3) depuis 2 ans, que les pouvoirs publics connaissaient à l'avance l'ampleur de l'onde de choc qui ne fait que commencer. Ils prétendent ne découvrir que maintenant son étendu ! ? C'est une vaste supercherie.
Il n'y a qu'à voir les manoeuvres de Sarkozy en direction du pétrole de Poutine et de Kadhafi. C'est parce qu'il connaissait à l'avance que cette crise va bouleverser l'ordre économique internationale mis en place après la 2nde guerre mondiale et qui s'appuyait sur le dollar et donnait la suprématie aux USA. Le dollar va surement continuer de chuter mais les USA ont déjà perdu leur suprématie (monétaire, financière, diplomatique). De nouveaux « équilibres » entre pays vont se mettre en place.

(1) (cette référence n'était pas dans le texte original)
Partage des richesses, la question taboue
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507

(2) (idem, mais autant faire un petit rappel)
Frégates de Taïwan, affaire Tapie : nous n'avons plus de justice
http://www.rue89.com/2008/08/07/fregates-de-taiwan-affaire-tapie-nous-na…

(3) (A LIRE ABSOLUMENT si vous pensez que la crise est récente)
LEAP/2020 : Annonce Spéciale Crise Systémique Globale
http://www.leap2020.eu/LEAP-2020-Annonce-Speciale-Crise-Systemique-Globa…

Portrait de PANCH

à Mr_Quiconque Portrait de Mr_Quiconque De PANCH

Cadre | 14H30 | 29/09/2008 | Permalien

Ouf… et merci beaucoup pour ce copier/coller et pour votre commentaire.

Je retrouve beaucoup de ma vision des choses dans ce que vous dites et citez. En particulier, l'évidence qu'il existe une MAFIA politico-affairiste internationale. Il n'est plus possible d'en douter.

J'ai comme l'impression que la participation de l'Etat français s'est particulièrement accru dans ce domaine depuis une certaine éléction. Plus que jamais nos impôts, notre travail, notre richesse mais aussi notre patrimoine sont détournés et nos temps de loisirs rognés pour les comptes en banque de cette PEGRE.

Encore avant quand nos impôts servaient notre modèle social, je m'en accomodais. Aujourd'hui, après tant d'anné de politique de droite, on a tout un chacun 20 000 euros de dette à suporter, et un modèle social anéantit. Quel intérêt dans ces conditions d'avoir la nationalité française quand on est que simple travailleur ? Toute notre sueur n'alimentent que les comptes en banque de tout ces profiteurs de la PEGRE et de la PEGRE elle-même.

SARKOZY DEMISSION !
SARKOZY DEMISSION !
SARKOZY DEMISSION !
SARKOZY DEMISSION !

Voilà ce qu'il nous faut !

Portrait de marie 75

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De marie 75 3563

08H51 | 29/09/2008 | Permalien

VOUS AVEZ DIT MORALISATION ? ? ? ? ? ?

26 septembre 2008
L'Air Force One de Sarko est avancé
Enfin ! Le nouvel avion présidentiel français est arrivé. Comme l'a révélé Air&Cosmos, il s'agit d'un Airbus A330 qui a autrefois appartenu à la compagnie Swiss. Les autorités françaises refusent obstinément de confirmer l'information (« appelez la Défense », dit l'Elysée, « demandez à l'Elysée », dit la Défense), mais elle est vraie. Après les aménagements d'usage, l'appareil devrait entrer en service en 2010.

Pourquoi un nouvel avion ? L'ancien, plus petit, ne pouvait pas voler assez loin. « Le président américain peut traverser le monde sans escale, alors que le français doit s'arrêter pour faire le plein. Ça ne fait pas sérieux », explique un connaisseur du dossier.

L'autre justification est moins rationnelle. « Sarko va s'amuser comme un gosse quand il le recevra, prédit la même source. Vous pouvez être sûr qu'il va voyager comme un fou pendant quelques temps. »

Si cela peut consoler quelqu'un, le gouvernement suisse n'a toujours pas osé demander l'achat d'un nouvel avion pour remplacer son minuscule biréacteur, qui doit faire escale sans arrêt pour ravitailler. Un nouveau jet, gros et cher, juste pour frimer devant les autres chefs d'Etat ? Vous imaginez le scandale au parlement…
cf le temps, blog de besson correspondant Paris

Portrait de peretz1

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De peretz1

Retraité | 14H52 | 29/09/2008 | Permalien

Coupables ou responsables ?
La crise économique actuelle peut-être vue comme une purge, de grande importance certes, mais qui par le simple jeu de la loi des marchés financiers, va assainir provisoirement celui-ci. Les conséquences seront douloureuses, car l'économie mondiale va se ralentir, au détriment des populations. La loi des marchés est dite invisible. Sarko pourra toujours chercher quelques boucs émissaires responsables de la catastrophe, ce ne seront pas seulement ceux qui ont profité du libéralisme financier. Sont coupables et responsables ceux qui ont débloqué la machine infernale de l'ultralibéralisme.

En tant que chef de la majorité, tenant en main les rênes pouvoir, il devrait lui-même faire partie des premiers responsables, car, comme tous les libéraux qui nous ont gouvernés, il était parfaitement informé de la situation dénoncée depuis quelques années par la plupart des économistes. Non seulement ils n'ont rien fait pour éviter cette situation, mais ils l'ont préparé en toute connaissance de cause en acceptant le traité de Lisbonne (qui en cela faisait suite au traité de Maastricht) qui a laissé libre cours aux mouvements de capitaux. Il aura beau jeu de dire, que ce sont les Américains, pourtant ses amis, les responsables : ce ne sont pas eux qui ont rédigé l'article 56 renuméroté 63 dans le traité de Lisbonne. Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne, Troisième partie, Titre IV, Chapitre 4, page 93.

« Les restrictions aux mouvements de capitaux sont interdites entre les états-membres et entre les états membres et les pays tiers. »

Mouvements devenus de fait incontrôlables, accentués par l'instantanéité des ordres passés par ordinateurs (affaire Kerviel), qui, techniquement, permet leur accélération au grand plaisir des financiers et des banques déjà attirés par le profit rapide et démultiplié du crédit.

On sait qu'il y a deux styles de spéculations, celle qui consiste pour ceux qui ont de l'argent disponible, à espérer un retour sur investissement, en le plaçant traditionnellement dans le commerce, l'industrie, et toute production de biens qui apportent de la richesse par le travail. L'autre méthode consiste à l'investir dans l'argent lui-même : la Bourse et autres produits financiers. Si l'investissement n'est pas du domaine de la production, dont la propagation est freinée par le rythme du travail, il devient de plus en plus difficile à suivre. D'où la spirale infernale actuelle.

Tant que cet article du traité de Lisbonne ne sera pas abrogé, cette crise du capitalisme ne servira pas de leçon : il y aura un retour inévitable de la spéculation débridée qui lui est inhérente.

Poudre aux yeux comme d'habitude de la part du Président. Si par extraordinaire, il voulait réellement légaliser des mesures de coercition, il faudrait qu'elles soient adoptées par Fillon, et ensuite par la majorité en place à l'Assemblée. Par l'Exécutif donc, car lui n'a pas de pouvoir légal pour prendre directement la moindre mesure. Il est peu probable que l'UMP accepte ce genre de mesures qui auraient un caractère anti-libéral. Et s'il y a un risque de fronde à l'UMP, il devra changer de Premier ministre et en route pour la dissolution, scénario connu. Dans tous les cas, des mesures qui viendraient s'opposer à l'ultra-libéralisme de l'article 65 du traité de Lisbonne, qui laissent toutes libertés aux capitaux de se placer où ils veulent quand ils veulent, supposeraient la rupture de ce traité… qu'il a imposé.

Louis Peretz

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H01 | 28/09/2008 | Permalien

Parachute doré ou pas, il est clair que les partisans du marché dérégulé hyper capitaliste financier vont S'ÉCRASER pendant quelques temps ..

Quelques Autruches sortent la tête du sol pour claquer du bec , certes . Mais combien de temps avant de la replonger ?

Portrait de louis maime

à Numerosix Portrait de Numerosix De louis maime

13H32 | 28/09/2008 | Permalien

Sarkozy nous a dit que la « crise » était un signe pour qu'il accélère les réformas (comprenez mise à bas de tous les services gérés par l'état).
démission !

Portrait de jyeden

à Numerosix Portrait de Numerosix De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 17H37 | 28/09/2008 | Permalien

tu crois ça ?
ça fait trente ans que les medias et les politiques nous saoulent avec le marché
il n'y pas de marché « normal » et de marché « dérégularisé »
le capitalisme porte en lui sa financiarisation extrème
les admirateurs du marché vont continuer à parler de sa « loi » à laquelle il faut se soumettre
et c'est au nom de cette « loi » que Fillon nous demandera l'union sacré.
riches et pauvres tout ensemble pour que les riches continuent à etre riches

Portrait de Thucydide

à Numerosix Portrait de Numerosix De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 18H46 | 28/09/2008 | Permalien

Et ils le feront avec d'autant plus de discrétion qu'ils auront entre temps palpé un petit milliard de dollars…

…en punition d'avoir escroqué d'insatiables couillons avec le faux espoir qu'ils ont vendu très cher à des petites gens.

Question à 100 balles : ces têtes qui sortent pourront-elles être replongées ?
Ne risquent-elles pas d'être exposées ?

Portrait de mongarsrikou

De mongarsrikou

11H09 | 28/09/2008 | Permalien

le problème reste la dérive d'un capitalisme basé sur la production sur celui d'un capitalisme financier, dont le but unique est de redistribuer à ses actionnaires des dividendes de plus en plus gros, et sur lequel se basent par exemple les fonds de pensions (l'avenir des retraites, qu'on nous serine depuis des années), qui font que boursicoteur ou pas, les prolos américains (entre autres) jouent leurs retraite à la roulette ; et comme au casino, c'est toujours le casino qui finit par gagner !
Quand de grands groupes bénéficiaires, au nom d'un risque à venir, délocalisent et licencient, ils font la preuve éclatante que le système, ou les petits payent pour les gros le risque d'engranger moins de bénéfices, est totalement perverti et se résume à la loi de la jungle ; prétendre vouloir le moraliser est aussi ridicule que de vouloir pousser un tigre au régime végétarien.
Le système capitaliste finira par s'autodétruire… avec le cortège de catastrophes géopolitiques (guerres en tous genre) que celà va entrainer. Bienvenue dans le 21e siècle…

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