
Paris offre enfin une place et un square à Léo Ferré
Enfin, ce jour tant attendu est arrivé ! C'est l'inauguration du square Léo-Ferré, qui vient ponctuer un long combat. Normalement, au vu de l'œuvre de Léo Ferré, et ne serait-ce que de la façon dont il a chanté Paris, les édiles auraient dû, par elles-mêmes, prévoir un espace public à son nom.
Il n'en fut rien et, treize ans après sa mort, il n'y avait toujours rien. J'ai écrit une première lettre sur le sujet à Bertrand Delanoë le 31 octobre 2006. Face à l'inertie des pouvoirs publics, j'ai publié un article dans Libération, le 22 février 2008.
J'y déplorais que l'attribution de nom pour les espaces publics soit à l'image de ce qui se passait autrefois pour les logements : pour les proches mais pas au mérite -ce qui a eu pour effet de réveiller les élus. Christophe Girard m'a reçu peu après, et les choses se sont mises, lentement mais sûrement, en place.
Mon rêve initial était de débaptiser la rue dans laquelle j'habite, rue du Dahomey, pour la renommer rue Léo-Ferré. Le Dahomey n'existe plus. Et comme j'aurais kiffé d'habiter rue Léo-Ferré ! La classe absolue.
Mais on m'a expliqué qu'il n'était pas possible de débaptiser une rue : cela entraîne de nombreuses complications pour les riverains qui ne sont pas toujours d'accord pour changer cartes de visite, relevés d'identité bancaire etc.
J'ai alors jeté mon dévolu sur la place enclose dans le faubourg Saint-Antoine, où se situe le métro Faidherbe-Chaligny. En plus, c'est en face de la librairie Page 189, gérée par l'ami Alain Caron, grand fan lui aussi de Léo Ferré. Hélas, elle venait juste d'être baptisée.
Finalement, la mairie a proposé une petite place et un square dans le XIIe arrondissement, entre la rue de Citeaux et la rue Crozatier. Elle n'est pas très grande, mais aucune place n'étant de toute façon assez grande pour le talent de Léo, alors, va pour celle-ci !
J'ai reçu l'accord de la famille de Léo, Marie-Christine et ses enfants Mathieu, Manuella et Marie-Cécile.
Apres un premier cafouillage sur les dates, l'inauguration prévue le 5 septembre était reportée au 24 octobre, soit trois ans après mon premier courrier -pas idéal question météo pour un événement en plein air. Mais bon, on avait une date.
Le jour dit, il pleuvait finement, puis de plus en plus dru. Je rejoins Marie-Christine, Manuella et Marie-Cecile déjà sur place qui, avec beaucoup de gentillesse et d'émotion, me remercient pour mes efforts. Deux cent personnes sont là, qui bravent la pluie et les parapluies, amis anciens de Léo ou admirateurs, ravis de l'hommage.
Esther Palacci, nouvelle responsable du protocole, agit avec compétence en maîtresse de cérémonie. On déplace les chaises prévues du fait de la pluie et chacun se resserre autour du petit chapiteau.
Hélas, le protocole est formel. Sur le carton d'invitation figure une kyrielle d'élus qui doivent, pour beaucoup, se foutrent de Léo mais qui n'imaginent pas que leur nom ne figure pas sur tout document qui sorte de la mairie. Michèle Blumenthal, maire du XIIe, prend la première la parole.
Apres une référence assez décalée à Saint-Exupéry, elle lit un discours qui a l'avantage d'être bref et a manifestement été écrit par un collaborateur qui connaît l'œuvre de Léo. Puis Richard Martin, patron du théâtre Toursky à Marseille, vieux complice de Léo, qui sort à peine d'une longue grève de la faim pour maintenir les subventions de son théâtre, lit, avec un souffle qui saisit l'assistance et force l'admiration de chacun, « Madame la misère ».
Un pur moment de bonheur, on a l'impression que Léo est présent, qu'il va venir au pupitre. Agnès Jaoui arrive un peu essoufflée et lit, à son tour, « A Saint Germain des Prés ». C'est au tour de Bertrand Delanoë qui improvise un hommage qui aurait gagné à être écrit.
Delanoë est sans conteste un bon orateur, mais visiblement pas un connaisseur de Léo Ferré. Pas un mot pour remercier ceux qui se battent depuis trois ans pour que le nom de Ferré soit donné à un espace public à Paris. Merci, c'est sympa.
Mais l'objectif essentiel est atteint, la mémoire de Léo est honorée, ses proches et admirateurs en sont heureux. Ça, ça fait chaud au cœur. Puis la sono passe : « Paris Canaille » sur un CD que j'ai fourni, les restrictions budgétaires empêchant certainement un achat si dispendieux.
Le maire et un quarteron d'élus, parmi lesquels Marie-Christine et ses filles, ont du mal à se frayer un chemin, dévoilent la plaque. Les yeux de Marie sont embués de larmes, j'ai du mal à réprimer les miennes. On reste là à bavarder, tout le monde se fout de la pluie.
Esther me donne une plaque au nom de Léo Ferré et me fait cadeau de la photo géante réalisée pour l'occasion.
On a laissé la pluie et les élus pour aller casser la croûte « Aux crocs », rue de Cotte. Marie avait amené de Toscane fromage et charcuterie et surtout le vin qu'elle fait elle-même. Une super ambiance entre 50 ou 60 fidèles sur fond de projection musicale et échanges chaleureux. Une véritable communion.
Léo nous fit la surprise de passer, il était avec chacun d'entre nous.
Je repartis chez moi avec ma plaque, ma photo et une bouteille offerte par Marie. J'étais « flanqué de Léo Ferré, qui était venu musarder sous nos chimères. C'est bête, il fallait y penser. Saluons-le. Au square Léo-Ferré ».
- 11069 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















103
(Pour réagir, connectez-vous)
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 10H56 | 28/10/2009 |
Une place pour la poésie.
Il n'y a pas une place pour la poésie
toute la place est pour la poésie.
"Avec le jour au bout comme un suffixe"
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 11H05 | 28/10/2009 |
à patrick du 14
De nono le simplet
gardien de phare en intérim | 11H58 | 28/10/2009 |
merci , trés belle chanson
De monisme
clm | 11H07 | 28/10/2009 |
"Ce jour tant attendu" ou ce jour de gloire?
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri
Allez Léo: résiste!
De Bardamu
difficile | 11H24 | 28/10/2009 |
Eh, la Rue, ça vous arrive de relire les articles avant publication?
"Edile" est masculin, et c'est "se foutre", pas "se foutrent"...
Surtout pour rendre hommage à un orfèvre de la langue comme Léo, c'est mal venu.
à Bardamu
De onapatouvu
perdu pour la science | 11H48 | 28/10/2009 |
"Surtout pour rendre hommage à un orfèvre de la langue comme Léo, c'est mal venu."
Hormis ces fautes, ce que je trouve particulièrement mal venu dans cet article, c'est la façon dont son rédacteur se met en avant, d'un bout à l'autre ; c'est indécent.
à onapatouvu
De Marie-France
Toujours ailleurs | 12H53 | 28/10/2009 |
Pourquoi "indécent" ? Le rédacteur est partie prenante de l'évènement, sans ses efforts il n'y aurait toujours pas de rue ou de place Léo Ferré.
à Marie-France
De onapatouvu
perdu pour la science | 13H15 | 28/10/2009 |
Votre réaction confirme exactement ma remarque.
L'article, qui prend prétexte de rendre un hommage à Léo Ferré, met surtout en avant la personne du rédacteur. Si son action avait été désintéressée et sincère, il n'en parlerait même pas ; mais manifestement, il estime que le rappel incessant de son ego est indispensable. Chacun son avis ; personnellement, je déplore.
à onapatouvu
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 16H25 | 28/10/2009 |
Si tu te sens perdu pour la science
fais en sorte de ne pas l'être pour la poésie.
De la magnanimité
de la reconnaissance pour ceux qui œuvrent pour.
A l'école de la poésie, on ne déplore pas
on se bat !
à onapatouvu
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 05H54 | 29/10/2009 |
Merci a Pascal Boniface. Merci à ceux par qui les choses arrivent. Je ne comprends pas l'intérêt de cette attaque mesquine. Je ne comprend pas que l'un de ceux qui n'ont évidemment rien fait pour la mémoire de Ferré vienne ici le faire remarquer.
On n'a pas tout vu de la médiocrité béatement satisfaite de son insignifiance, si on le l'a pas entendue parler de désintéressement de façon si inintéressante... par un quidam dont le propre égo doit se limiter a rappeler que son pseudo existe en l'accolant de temps en temps à des critiques qui n'apportent rien
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De taurus
coté soleil | 11H13 | 29/10/2009 |
Plutôt pompeuse comme dernière phrase ... non ?
Ceci dit vous avez raison:
Il n'y a pas de mal à être fier de ce qu'on réalise (vraiment) avec ténacité.
à taurus
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 15H15 | 29/10/2009 |
@ Taurus:
Elle est TRES pompeuse. Je ne voulais d'abord que lever mon chapeau à Ferre et à ceux qui lui ont obtenu cette reconnaissance méritée... C'est chemin faisant que j'ai mis le pied dans le commentaire de Onnemapatousvu et que j'ai pensé qu'il valait la peine d'en souligner la mesquinerie pour éviter cette mésaventure aux autres. Je me suis laissé emporté par l'indignation. Je ferai mieux la prochaine fois.
Merci
PJCA
à pierrejcallard
De ourwa
oeiciole | 13H03 | 29/10/2009 |
" Les trompettes de la renommée", de Brassens, vous connaissez ?...une maladie du siècle, qui dure depuis des siècles...et qui s'aggrave depuis quelque temps par le biais des médias...y compris par des journaux en ligne...
Léo Ferré ne mérite pas ça, lui qui épinglait la pub et la marchandisation de la culture qu'on continue à vendre, comme s'il s'agit " du savon à barbe" ( cf l'une de ses chansons). L'anar de la chanson doit fulminer de colère dans sa tombe...ou éclater d'un rire méprisant et déçu.
Cet article est eminemment rasant!... A dégueuler !
à ourwa
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 13H58 | 29/10/2009 |
"Cet article est eminemment rasant!... A dégueuler !"
la muse de la poésie est bien éloignée de cette plume
à leo s
De ourwa
oeiciole | 18H14 | 29/10/2009 |
Quelle plume ? celle de l'auteur de l'article ou la vôtre ? Si cela vous chagrine, vous pourriez toujours vous en servir..pour agrémenter...vos lobes !
à Marie-France
De onapatouvu
perdu pour la science | 13H19 | 28/10/2009 |
Si vous ne l'avez pas déjà fait, je vous encourage à regarder Léo Ferré chantant "l'Affiche rouge" : http://www.dailymotion.com/video/xdvkv_leo-ferre-laffiche-rouge .
Vous comprendrez mieux le sens de ma remarque. Ce "petit monsieur" n'a rien à voir !
à Marie-France
De DBL8
Retraité | 13H54 | 28/10/2009 |
EXACT !!!
MERCI Pascal !
Le Delanoë a encore eu l'occasion de ce mette en avant sans avoir fait quoi que ce soit, heureusement que Léo n'a pas pu venir car il y aurait eu des coups de pieds au cul qui aurait volé ! N'oubliez pas les paroles : ils mordent aussi !
MAIS le plus désolent, c'est qu'à part la rue, qui en a parlé ? Je n'ai pas lu ou entendu cette info ailleurs, j'y serait allé volontiers.
à Marie-France
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 00H56 | 29/10/2009 |
marie françe , je t'ais toujours aimé , rappelle toi chez cressol
à onapatouvu
De monisme
clm | 16H09 | 28/10/2009 |
Merci. Il fallait le dire.
à onapatouvu
De varenne louis
09H03 | 29/10/2009 |
Et toi pauvre pomme, tu as fait quoi ???
à Bardamu
De monisme
clm | 16H10 | 28/10/2009 |
Excellent.
à monisme
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 16H27 | 28/10/2009 |
cln
c'est
la
nuit
De leojacquesgeorges
Libre penseur | 11H24 | 28/10/2009 |
Bonjour,
Enfin ! une place pour la poésie, une place pour l'intéligence, une place pour l'humanité, une place pour la musique, n'oublions pas que Léo FERRE était chef d'orchestre et grand compositeur de musique !
En résumé, une place pour un homme éminement talentueux, et non conformiste " et Basta !! "
"Pour le rien on vous le laisse..."
Merci Léo et Bravo!
De flixp
11H26 | 28/10/2009 |
il y a des événements sympas parfois.
Bien que je ne suis pas sur que Léo Ferré eut apprécié un lieu à son nom. Sauf à ce qu'un drapeau noir soit placé non loin.
à flixp
De Petrakis
misanthrope | 12H11 | 28/10/2009 |
C'est également la question que je me posais...
à flixp
De VILLON
13H08 | 28/10/2009 |
" Le drapeau noir, c'est encore un drapeau !"
De leo s
noyaudecondensationdanslanébuleused... | 11H32 | 28/10/2009 |
Léo aurait-il approuvé la mairie de Paris refusant récemment le nom de Robespierre à l'une de ses rues ?
De leojacquesgeorges
Libre penseur | 11H33 | 28/10/2009 |
Bonjour,
Une place pour la poésie, une place pour l'intelligence, une place pour l'humanité, une place pour la musique, n'oublions pas que Léo était chef d'orchestre et grand compositeur de musique !
En résumé une place pour un homme éminemment talentueux et non conformiste " et Basta, tout le reste est littérature..."
Et " pour le rien on vous le laisse..."
Merci Léo et Bravo.
De onapatouvu
perdu pour la science | 11H40 | 28/10/2009 |
Que la ville de Paris rende hommage (même petitement) à Léo Ferré est une évidence ; une lacune enfin réparée.
Lien pour "l'Affiche rouge" : http://www.dailymotion.com/video/xdvkv_leo-ferre-laffiche-rouge
De le copain de fredo
Un coup avec un coup sans | 11H55 | 28/10/2009 |
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes
Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuv'nt gueuler encore
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes
Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuv'nt frapper encore
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups d' pied au cul
Faudrait pas oublier qu' ça descend dans la rue
Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout