Armstrong et le faux procès d'antiaméricanisme fait à la France

Passage de Lance Armstrong entre Martigny et Bourg-Saint-Maurice le 21 juillet (Bogdan Cristel/Reuters).

Le retour de Lance Armstrong sur le Tour de France, troisième épreuve sportive mondiale la plus regardée après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques, a déchaîné les passions.

Lance Armstrong a gagné le titre de champion du monde de cyclisme sur route en 1993. Il est classé neuvième cycliste mondial en 1996 lorsqu'il doit interrompre sa carrière, car il souffre d'un cancer des testicules. Il réussit à vaincre la maladie et, mieux encore, alors qu'on le croyait perdu pour le sport de haute compétition, il signe un contrat professionnel avec l'équipe américaine US Postal en 1998. Parallèlement il lance une fondation contre le cancer : la « Lance Amstrong fondation » également appelée « Live Strong ».

Un retour pas tout à fait désintéressé

Il gagne son premier Tour de France en 1999, épreuve qu'il va remporter sept fois d'affilée, ce qui constitue le record absolu. Il interrompt sa carrière à l'issue de sa septième victoire en 2005. En septembre 2008, il dit vouloir reprendre le maillot et participe au Tour de France 2009.

Au même moment, dans un livre intitulé « Le Sale tour », Pierre Ballester et David Walsh affirment que le retour de Lance Armstrong dans le peloton est avant tout une affaire économique et politique. Il songerait à se présenter aux élections de gouverneur du Texas en 2014. Ils révèlent par ailleurs que son combat contre le cancer n'est pas tout à fait désintéressé. Il se ferait payer 200 000 dollars par conférence (le double de Bill Clinton ! ), somme qu'il garderait pour lui et ne reverserait pas à sa fondation.

Lance Armstrong a été l'objet de nombreuses accusations et suspicions de dopage. Lors de sa première victoire, il avait été contrôlé positif aux corticoïdes, mais avait bénéficié d'un certificat médical présenté a posteriori. Dans un livre publié en 2004, « L.A. confidential », il est fait état de doutes de son ancienne masseuse et d'anciens coéquipiers.

Le 23 août 2005, le journal L'Equipe publie une enquête dans laquelle il est révélé que six échantillons d'urine de Lance Armstrong datant de l'épreuve cycliste de 1999 contenaient de l'EPO. Armstrong a toujours nié ces accusations, les mettant sur le compte de la jalousie et arguant du fait qu'au cours de sa carrière, il n'avait jamais été contrôlé positif.

Une personnalité controversée

Il est extrêmement populaire aux Etats-Unis où sa lutte -et sa victoire- contre le cancer sert de modèle et d'espoir pour ceux qui souffrent de cette maladie. Il a noué une relation de proximité avec George W. Bush, adepte du cyclisme et texan comme lui. Lance Armstrong a dominé le cyclisme pendant une décennie sans jamais être réellement populaire en Europe.

Curieusement, il n'y a jamais été considéré comme quelqu'un de chaleureux
et d'humain, et sa victoire contre le cancer n'a pas suscité
le même courant de sympathie qu'aux Etats-Unis, où le cyclisme n'est pas un sport majeur, et où il est plus populaire pour son combat contre le cancer que pour ses victoires sportives. Son caractère hautain et relativement cassant, et la répétition de ses victoires y sont pour beaucoup.

Homme des courses d'un jour avant sa maladie, il est devenu le roi incontesté des courses d'étape qui demandent beaucoup plus d'endurance, ce qui a alimenté les rumeurs de dopage. Il avait des rapports ambivalents avec la France, puisque c'est sur le Tour, épreuve cycliste reine, qu'il a fait sa renommée.

Il a toujours reproché aux Français de lui mettre des bâtons dans les roues et de le faire par « antiaméricanisme », sentiment qui s'exacerbe par sa proximité avec Bush, peu populaire en Europe après la guerre d'Irak. Pourtant, il a reçu un bon accueil et la presse française a évité de lui poser des questions gênantes sur le dopage.

Victime de son antipathie

L'argument de l'antiaméricanisme paraît peu pertinent car les mêmes Français éprouvaient pourtant une très grande sympathie pour Greg Lemond, cycliste américain vainqueur de deux tours de France, et l'avaient même applaudi lorsqu'il avait battu de 8 secondes le Français Laurent Fignon sur le Tour de 1989. Lemond apparaissait aux Français comme sympathique et humain.

Ce dernier s'est d'ailleurs plaint des manœuvres d'intimidation de Lance Amstrong à son égard lorsque il avait émis des doutes sur les performances de son compatriote. Ce n'est donc pas par antiaméricanisme qu'Armstrong et Bush sont critiqués. Preuve en est la grande popularité d'Obama et de Lemond.

Photo : passage de Lance Armstrong entre Martigny et Bourg-Saint-Maurice le 21 juillet (Bogdan Cristel/Reuters).

3 commentaires sélectionnés

Portrait de inuit

De inuit

grand nord | 15H09 | 23/07/2009 | Permalien

« Il se ferait payer 200 000 dollars par conférence »
« somme qu'il garderait pour lui et ne reverserait pas à sa fondation »
au lieu d'enchainer les conditionnels douteux, de susciter la suspicion, il est préférable d'énoncer des faits avérés et de contredire ceux qui ont été clairement infirmés
il a suffisament de défauts, à vous lire, pour ne pas avoir à en rajouter des foireux…

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 15H17 | 23/07/2009 | Permalien

Les français n'aiment surtout pas les résultats sportifs stéréotypés.
Armstrong a gagné ses tours de France avec une méthode quasi identique à celle d'Indurain, qui l'a gagné 5 fois. En gros depuis près de 15 ans le tour est identique à lui-même et ne nous raconte plus rien qu'une seule et unique histoire : un type super costaud à la fois en montagne et au contre la montre (autrement dit un type à la fois rouleur et grimpeur, ce qui est presque antinomique dans le cyclisme, car ces deux exercices exigent des qualités physionomiques plutôt différentes) écrase toute la concurrence.
En foot les 7 victoires consécutives de Lyon nous ont tout autant rasées !

Portrait de CAubrée

De CAubrée

21H10 | 23/07/2009 | Permalien

Article franchement insuffisant et trop général. Il y a beaucoup de simplification à vouloir distinguer coureurs de courses d'un jour et coureurs de courses à étapes, surtout à 25 ans, l'âge d'Armstrong en 1996, comme deux espèces de cyclistes différents alors que le passage de l'un à l'autre est assez logique durant une carrière,
Par ailleurs, si les réflexions d'Armstrong sur l'amertume de Français contre lui parce qu'ils nauraient plus de coureurs français capables de gagner le Tour depuis plus de vingt ans, il faut quand même bien admettre que es critiques françaises contre lui reprennent les arguments typiques de l'antiaméricanisme (arrogance, surpréparation un peu mécanique et inhumaine, et surtout équipe dominante totalement soumise et très défensive, bref une incarnation typique de la superpuissance aux yeux d'une puissance moyenne aigrie). Armstrong est très aimé et respecté en rance en 99 et 2000, e désamour vient de suspicions de dopage et surtout, comme pour Induran, de l'ennui que provoquent ses victoires sns panache et selon un schéma tactique immuable. C'est aussi pour cela que la comparaison avec Lemond, venu au Tour comme second d'Hinault et acceptant en fait sa domination sur le peloton, puis vainqueur de l'un des Tours les plus beaux et les plus indécis de laprès-guerre en 89, n'a pas de sens : cette année-là, Lemod n'a qu'une équipe de second rang, incapable de l'aider, rien à voir avec les US Postal de la haute époque.
et Lemond a gagné trois fois le Tour (86, 89 et 90) pas deux fois.

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