
Netanyahou-Obama : des visions opposées du Proche-Orient

Le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et l'Israël ne ressemble à aucun autre. D'habitude, lorsqu'une grande puissance apporte sa protection et des garanties stratégiques -sans parler de l'aide financière massive- à un pays plus faible, ce dernier est censé satisfaire les exigences de son protecteur.
Les rapports entre Israël et les Etats-Unis ne suivent pas cette règle générale. Quand il y a un désaccord entre les Etats-Unis et Israël, la plupart du temps, ce sont les Américains qui renoncent à leur position initiale et non Israël. Ce petit Etat semble être plus fort dans leurs relations bilatérales que son partenaire « hyper puissant ».
Une seule « relation spéciale » : avec Israël
Un expert britannique a même écrit après la guerre d'Irak que la « relation spéciale », devise de la diplomatie anglaise, n'était plus d'actualité, le Royaume-Uni ayant perdu toute possibilité d'influencer les décisions stratégiques américaines.
Cette capacité appartient désormais uniquement à Israël. Les raisons profondes de cette tendance générale sont d'ordre historique et politique. Mais celle-ci n'avait jamais été aussi forte que sous la présidence de George W Bush, notamment à l'image de la guerre de Gaza à la toute fin de son second mandat et de cette anecdote révélatrice.
Le Premier ministre Ehud Olmert essaye de joindre le président américain par téléphone. L'équipe de George W. Bush répond qu'il est injoignable puisqu'il est en train d'adresser un discours officiel. Olmert se met alors en colère et Bush interrompt son discours pour venir lui parler. Olmert lui demande de changer immédiatement le vote américain au Conseil de sécurité des Nations unies concernant Gaza. Bush accepte sur le champ.
Les tensions entre les deux pays se creusent
Mais les choses peuvent changer dans un futur proche. Les tensions entre les deux pays se creusent et Obama ne semble pas prêt à accepter d'obéir systématiquement aux exigences d'Israël. En fait, les agendas diplomatiques respectifs des Etats-Unis et d'Israël sont assez différents, voire même opposés dans une certaine mesure. Par ailleurs, le fait que le gouvernement actuel d'Israël soit le plus à droite de l'histoire du pays n'arrange pas les choses.
La priorité stratégique d'Obama est d'apaiser les rapports entre les Etats-Unis et le monde musulman. Mais pour cela, il sait qu'il faut plus que des discours sympathiques sur le dialogue entre les civilisations, l'éloge du caractère pacifique de l'islam et des sourires adressés aux Arabes.
Si un réel progrès sur le conflit israélo-palestinien, avec des apports directs et pas seulement des perspectives vagues à long terme, n'est pas atteint, sa crédibilité et sa popularité -à son apogée actuellement- vont progressivement disparaître.
Un grand bond en arrière au Proche-Orient
Même si le précédent gouvernement israélien n'a pris aucune mesure particulière dans le sens d'une solution durable, c'est la première fois depuis 16 ans qu'il y a au pouvoir un gouvernement qui renie le principe même d'un Etat palestinien. Il s'agit d'un grand bond en arrière.
Un autre différend entre les deux pays concerne l'Iran. Le gouvernement israélien, en partie en le pensant réellement, en partie par choix tactique -afin de créer un sujet central autre que le dossier palestinien- présente le programme nucléaire iranien comme la principale menace contre la sécurité mondiale et essaye de faire accepter l'idée selon laquelle une guerre pour empêcher l'Iran de fabriquer des armes nucléaires serait moins nuisible que si celui-ci y parvenait.
Israël fait donc pression pour une intervention militaire afin de détruire les capacités nucléaires iraniennes. Mais Obama n'y accorde que peu de crédit, pour quatre raisons :
- Tout d'abord, il sait qu'il ne peut pas se permettre de lancer une nouvelle guerre dans cette région, qui s'ajouterait à celles en Afghanistan et en Irak.
- Il sait aussi qu'une telle opération aurait des effets secondaires stratégiques catastrophiques, compte tenu de la récente guerre de Gaza, de l'absence de solution en vue en Irak et en Afghanistan et de la situation de plus en plus préoccupante au Pakistan.
- Troisièmement, il pense que l'Iran peut plus facilement accepter d'arrêter son programme nucléaire à travers des négociations et en obtenant des compensations que par un bombardement militaire.
- Enfin, dernier élément, et non des moindres, il a besoin de l'attitude conciliante de Téhéran pour pouvoir obtenir des solutions satisfaisantes en Irak et en Afghanistan.
Par conséquent, un fossé est en train de se creuser entre les priorités stratégiques des Etats-Unis et d'Israël et si l'Etat hébreu pense que ses points de vue vont l'emporter encore une fois, rien n'est moins sûr.
Photo : Benjamin Netanyahou et Barack Obama à Jérusalem en juillet 2008 (Eliana Aponte/Reuters).
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De ALLAIN JULES C@MMUNICATION
16H28 | 17/05/2009 |
Bonjour M. boniface,
Puisse Obama régler cette situation qui perdure.
« L'Iran n'est pas notre priorité » aurait dit une haute autorité américaine aux membres de la délégation israélienne.
Renier le principe d'un Etat palestinien est une volonté de vouloir pourrir le processus de paix, de ne vouloir rien régler. Ce qui est normal lorsqu'on s'allie avec Israël Beitenu de » Avigdor Lieberman, le parti raciste dit ultranationaliste selon la dialectique soft qui veut noyer tous les Arabes, les Palestiniens.
Vite un Etat palestinien !
à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
De beauregar
15H54 | 18/05/2009 |
On fait peut-être trop confiance à OBAMA. Ou peut-être pas assez comme le prétend cet article de ce matin .
http://nouvellesociete.wordpress.com
Je porterai mon jugement sur Obama et les « Nouveaux USA » quand il aura apporté la paix et la justice en Palestine. CE QUE LES USA POURRAIENT FAIRE. Juste une conversation sérieuse.
De mauser
16H49 | 17/05/2009 |
Tant la cruche va à l'eau. Jusqu'aux expéditions de Bush fils les intérêts primordiaux des USA n'étaient pas menacés maintenant oui. Les opérations désastreuses en Afghanistan et en Irak doivent trouver une fin et pour une sortie sans trop de casse des adversaires d'Israël sont nécessaires.
Les opérations israéliennes elles même non seulement dressent comme d'habitude la rue arabe contre cet état mais certains dirigeants arabes commencent à protester. Pire les occidentaux eux aussi se posent des questions.
En plus la crise persiste et l'état d'Israël et dans une moindre mesure la Palestine pèse sur le budget US mais aussi sur celui des ses alliés clients européens.
Alors il est largement temps de solder la chose.
De corbeau deciitre
Educateur spécialisé | 17H08 | 17/05/2009 |
S'aimer c'est regarder ensembles dans la même direction !
De Hlebon
étudiant en droit | 17H09 | 17/05/2009 |
Effectivement les intérêts Israeliens font peur aujourd'hui.
Néanmoins on a vu pendant la campagne qu'Obama a bien fait attention a bien rappeler qu'il apportait tout son soutien a Israel, Hilary elle même était allée l'appuyer.
Le lobby juif est très fort aux US (heureusement pour Israël d'ailleurs).
Et peut-être qu'aujourd'hui cet écart dont vous parlez est le sillon d'un chemin vers la paix.
Israël qui ne peut continuer a déféquer sur la palestine et qui doit continuer a garder son alliance avec les US n'aura pas d'autre moyens que de choisir la paix.
C'est un peu le monde des bisounours mais je l'espère.
à Hlebon
De Motomo
12H38 | 18/05/2009 |
Deux précisions :
1. il ne faut pas parler du lobby juif mais du lobby pro-israélien. De nombreux juifs ne sont pas des néo-sionistes bornés.
2. l'activité de lobby est parfaitement légale aux USA.
à Motomo
De Hlebon
étudiant en droit | 21H44 | 18/05/2009 |
1. Je parlais bien d'un lobby juif, je suis juif et je sais de quoi je parle.
Même si tout les juifs ne sont pas des néo-sionnistes bornés, tout les juifs s'inquiètent de savoir si le dirigeant de leur pays va soutenir Israël ou non.
Et par soutenir j'entends de manière générale et non pas dans une théorie « jusqu'au boutisme ».
2. Je ne pense pas avoir dit que l'activité de Lobby était illégal…
à Hlebon
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 09H51 | 19/05/2009 |
Losque vous dites « tous les juifs », vous oubliez surement les Naturei Karta, groupe ultra religieux qui pronent le dementellement de l'etat d'Israel car ils considerent la destruction de l'etat Juif antique comme accomplissement de la volontee divine et que seul le Messie sera autorise par Dieu a le retablir…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Neturei_Karta
à Azza
De Hlebon
étudiant en droit | 13H02 | 19/05/2009 |
Leur nombre est estimé entre 2 000 et moins de 1 000 au début du XXIe siècle.
Populaion Israël : 7 411 000 habitants
à Hlebon
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 15H21 | 19/05/2009 |
Juste pour illustrer la diversite du monde juif et pour relativiser l'« indefectible amour des juifs pour Israel ». Voyez, vous je connais meme des juifs qui n'en ont rien a foutre d'etre juifs, et encore moins a foutre d'Israel.
à Hlebon
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 14H22 | 18/05/2009 |
« Lobby pro-Israelien » me semble plus correct que « Lobby Juif »
à Hlebon
De Peureux anonyme
18H56 | 18/05/2009 |
Lobby juif ? ? ?
Personnellement, je ne sais pas ce qu'est un juif ou un non juif.
Il n'y a que des spécialistes au savoir faire bien particulier qui savent désigner les juifs et/ou les non juifs.
à Peureux anonyme
De tlaloc
Retraité | 10H56 | 19/05/2009 |
Pourquoi alors dans des labos israéliens certains recherchent un gène spécifique ?
De Yfig
Poète sans illusions j'écris des ch... | 17H13 | 17/05/2009 |
Israël a exigé que Obama porte un pyjama à pois, mais madame Obama a refusé tout net !
Depuis, les relations entre Israël et les US sont dans le rouge (c'était la couleur des pois ! )
Moi, si Israël m'ordonne de porter des panties, j'accepte, j'ai pas envie de dormir sans pyjama juste pour faire plaisir à Obama !
Toutes ces histoires de « je te tiens tu me tiens on se tient par la barbichette » commence à friser …… le ridicule en même temps que la moustache.
Obama sera bien obligé de se soumettre puisque le congrès entier est juif !
Alors inutile de tergiverser, il fait ce qu'on lui dit et pis c'est tout !
à Yfig
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H54 | 17/05/2009 |
Bullshit ! (C'est un mot poétique d'avant-garde qui traduit exactement mon appréciation de votre message.)
De Phil2922
Retraite invalidité | 17H16 | 17/05/2009 |
Qu'Obama soit capable de virer les agents du Mossad infiltrés dans de nombreux pays et après, on y verra un peu plus clair…
Et vite, un état palestinien… ! Depuis le temps qu'on attend çà… ! !
http://phil195929.overblog.com
à Phil2922
De kasherhallal
pour le métissage | 09H40 | 18/05/2009 |
que voulez-vous dire en affirmant que les agents du Mossad sont infiltrés dans de nombreux pays ? J'ai peur de comprendre …
à kasherhallal
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 14H05 | 18/05/2009 |
Que serait le monde sans une bonne dose de conspirationisme ?
Phil, vous imaginez que le Mossad ait faussé le resultat des élections présidentielles en France ? Un agent dans chaque urne ?
De caviar
Chef de produit | 19H11 | 17/05/2009 |
On reconnait aisement dans cet article la vision et les analyses systematiquement tendancieuses et erronees de M.Boniface quand il s'agit d'Israel. Comment peut on dire que l'etat d'Israel « semble être plus fort dans leurs relations bilatérales que son partenaire » americain ?
La politique israelienne, quelle soit de gauche ou de droite, ne fait que suivre les directives americaines, et ce depuis plusieurs decennies. Example, James Baker et la premiere administration Bush qui ordonne a Israel de ne pas intervenir dans la premiere guerre en Irak alors qu'Israel fu attaque par les scuds et cette meme administration qui a force Israel a participer au sommet de Madrid. L'administration suivante sous Clinton a aussi impose son dictat avec le soit-disant processus de paix qui a legitime l'organisation terroriste d'Arafat, qui a permi a de nombreux de ses amis terroristes de venir s'installer a Gaza.
L'administration suivante a egalement impose ses vues, c'est d'ailleurs ainsi que s'est tenu le sommet d'Anapolis plus recemment.
Les israeliens recoivent en effet une aide financiere considerable mais l'Egypte recoit presque qu'autant et ce depuis les accords de Camp David qui ont permi la signature du traite de paix entre ces deux pays. Cette aide financiere pour l'Egypte a ete un argument de poids dans la signature de ce traite et l'Egypte recoit toujours cette aide financiere. Pourquoi ne pas la mentioner, M.Boniface, comme on parle de l'aide a Israel ?
Les USA ont tres souvent fait pression sur Israel et Israel a du ceder a de nombreuses reprises, ce fut le cas avec Sharon, et meme Olmert (guerre contre le Hezbollah en 2006). M. Boniface a une facon tendancieuse aussi d'expliquer les relations avec l'Iran. Je cite « Obama pense que l'Iran peut plus facilement accepter d'arrêter son programme nucléaire à travers des négociations et en obtenant des compensations que par un bombardement militaire. ». Je doute qu'il y ait beaucoup d'americains et meme d'europeens qui pensent sincerement que l'Iran est pret a accepter un arret de son programme nucleaire. Obama n'est pas naif au point de croire a cette possibilite. Le pays dirige par les mollah et la marionette qu'est son president ont tout sauf un raisonnement rationel quand il s'agit des relations internationales.
« le fait que le gouvernement actuel d'Israël soit le plus à droite de l'histoire du pays n'arrange pas les choses ». Quelles inepties ! Le plus a droite ? Ce gouvernement inclu des travaillistes et il s'agit d'une coalition, son premier ministre fut le dernier a avoir signe un accord tangible avec les palestiniens (Wye en 1998). M.Boniface pense peut etre qu'un gouvernement forme par une coalition est plus a droite qu'un gouvernement entierement a droite. Bien sur il sous entend qu'avec la presence de Lieberman ce gouvernement est forcement le plus a droite, il pourrait pourtant indiquer la presence de travaillistes (gauche israelienne) mais il ne le fait pas car M.Boniface a toujours cette facon tordue de blamer Israel a chaque fois qu'il ecrit sur l'Etat Juif. Quand a cette histoire que Olmert se serrait ennerve et fait interompre un discours official de George W.Bush, je doute que nombreux ici et ailleurs avaleront cette couleuvre. C'est meconnaitre Bush et Olmert, Olmert qui fut surement le premier ministre le plus faible de toute l'histoire d'Israel. Bref cet article de M.Boniface est comme nombreux de ses precedents, pathetiques, depasse dans ces fausses conceptions et tendancieux dans ses buts.
Pour finir je rajouterais que si il y a des tensions entre Obama et Israel, cela provient surtout du fait que Obama a depuis longtemps frequente des antisemites et antisionistes virulents tels Ali Abunimah, Rashid Khalidi, ou Jeremiah Wright pour n'en citer que trois. Sa popularite au sein de l'extreme gauche americaine est aussi du a ses positions ambigues sur Israel. Si les relations entre les deux allies venaient a se deteriorer il faudrait mettre cela sur le compte du nouveau venu a la Maison Blanche qui changerait des concepts importants de la politique etrangere americaine. Ce que Obama devrait comprendre c'est que parler differement et se comporter differement ne transformera pas des ennemis en amis, ni des pays hostiles aux USA en pays amis. Les USA peuvent toujours compter sur Israel pour soutenir une presence americaine au sein du proche orient, Israel etant un etat fiable et fidele. Les divergences ne changeront rien en cela, et si cela devait etre le cas, l'influence americaine en serait diminuee, perdre un allie de poids n'aiderait en rien a augmenter l'influence americaine. Obama n'est pas dupe, il a peu a gagner du soutien des pays arabes.
à caviar
De àcourtdidées
retraité | 20H09 | 17/05/2009 |
Le crédit des USA a beaucoup diminué dans les pays du Moyen-Orient (et dans le monde) et Obama aurait beaucoup à gagner à mettre un bémol à la réthorique bushienne et israelienne usée jusqu'à la corde ; c'est peut-être ce qu'il fera lors de sa visite en Egypte en juin, comme il l'a fait en Europe en mars dernier. Attendons avant de juger, l'héritage qu'il a reçu est très lourd.
Les israeliens et les palestiniens sont les deux faces d'une situation dont ils sont bien incapables de sortir par eux-mêmes.
Les huit années Bush ont démontré que l'usage de la force, de l'armement sophistiqué et de l'idéologie pure ne donnent pas les résultats que leurs promoteurs croyaient pouvoir obtenir. C'est pareil pour Israel.
A vous lire Caviar, on réalise que vous êtes obsédé par l'antisémitisme. Vos critiques de l'article de Pascal Boniface concernant sa partialité peuvent vous être retournées et il faudrait quelqu'un d'autre trempe que vous (ou moi) pour tracer une autre voie.
à caviar
De zorbek
21H53 | 17/05/2009 |
« Obama n'est pas dupe, il a peu a gagner du soutien des pays arabes. »
C'est vrai, mais vous auriez pu rajouter : « …et il a même beaucoup à perdre s'il s'oppose au lobby pro-israélien », ce serait plus clair.
Reste que pour faire la paix, Obama ou pas, il faut être au moins deux à le vouloir. Stopper net toutes les colonisations en Cisjordanie serait un signe fort, mais ce serait aussi prendre le risque de créer de nouvelles zones de lancement de missiles en direction d'Israel, comme cela s'est passé avec l'évacuation de Gaza. Je n'ose pas imaginer la propagande de la droite américaine si c'était le cas, même si les armes fournies par l'administration US font infiniment plus de dégâts dans les populations civiles que les Qassam qui en comparaison ne sont que des pétards mouillés…
Reste que, même si Israel est un allié de poids aujourd'hui, c'est aussi un allié particulièrement encombrant. Entrainer les US dans une nouvelle guerre parce qu'un pays même pas voisin envisage de se donner la possibilité de construire ce que l'on a soi-même mis au point 40 ans auparavant (et nié pendant 30, Amadenijad n'étant pas le premier menteur dans la région), ce serait donner un tour de vis supplémentaire à un anti-américanisme musulman déjà très virulent et particulièrement aggravé par la croisade de Bush. Il faudrait peut-être aussi qu'un jour les Israéliens se rendent compte que le soutien inconditionnel qu'ils ont forcé en 67 a un prix que le contribuable US n'est peut-être plus prêt à payer indéfiniment…
à zorbek
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 12H05 | 18/05/2009 |
Juste deux petits points, Zorbeck :
1) Sans vouloir justifier une éventuelle guerre israélo-iranienne, vue les velléités régionales de l'Iran et l'anti-israélisme (sinon plus) obsessionel de certains de ses leadeurs, c'est tout de meme compréhensible que les Israéliens se sentent menacés par l'armement nucléaire de l'Iran.
2) Concernant l'influence israélienne sur la politique américaine et vice versa : un article de Haaretz rappelle le versant « versa » ignoré par Boniface, à savoir l'influence massive d'un think-tank néocon, l'institut Shalem, créé en 1994 en Israel par de puissants donateur$ néo-con$ américain$, qui a réussi à implanter des positions jusqu'alors très marginales en Israel et d'où sont issu bon nombre du personnel politique du gouvernement israélien actuel :
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1086260.html
(…)
Money, money, money
What is the secret that has made the Shalem Center so much more influential than similar research institutes ? Sarit Ben Simhon, a Tel Aviv University researcher who studies the role of think tanks in Israel, says the key word is money.
« The order of magnitude of the funding they received is one of the highest in the country, » she said. « There is no other institute of this kind that can compete with them from the budget perspective. »
The funding discrepancy has a significant effect on the think tanks » ability to influence policy, said Ben Simhon.
« There is a direct connection between the mode of funding of institutes of this kind and their ability to influence, » she said. « Most of the institutes in Israel that deal with social and economic policy can be placed on the left side of the map, but they get very limited budgets. The left-wing institutes cannot spend time on formulating and promoting their world view because they don't have the money. Because of lack of resources, they write paper after paper, but their influence is limited. The Shalem Center has such large budgets that it can encompass large numbers of fields and employ people on a daily basis for a prolonged period. The Shalem Center funded the research carried out by Moav, Oren and Sharansky for a good few years. Other institutes are unable to do so. »
Bringing intellectual prestige to the right
« The American right understood that it had had political successes, like Bush and Reagan, but that it did not have intellectual prestige, » said political analyst and literary critic Nissim Calderon. « That is why they decided to circumvent institutionalized academic knowledge and set up these think tanks. The same is true of the Shalem Center, which zealously supports a market regime and an aggressive and armed concept of propagating democracy. The neoconservatives in the U.S. brought disasters to the world, and now they are doing the same in Israel. »
(…)
à leconcombrevert
De Lugi
17H20 | 18/05/2009 |
« 1) Sans vouloir justifier une éventuelle guerre israélo-iranienne, vue les velléités régionales de l'Iran et l'anti-israélisme (sinon plus) obsessionel de certains de ses leadeurs, c'est tout de meme compréhensible que les Israéliens se sentent menacés par l'armement nucléaire de l'Iran. »
Faut arrêter de fumer le pétard aussi. Le gouvernement iranien s'il obtient l'arme nucléaire ne fera jamais péter de bombe sur Israel faut être sérieux.
Pourquoi ? Parce qu'atomiser une ville provoque des retombées sur tout une zone qui couvrira, entres-autres, l'Iran, mais aussi tous les pays du proche-orient (sans mentionner la Cisjordanie qui risque d'être vaporisée pour l'occasion). Je parle même pas des conséquences de l'usage d'une arme nucléaire à des fins militaire quelque part dans le monde. Le calcul est vite fait.
Et la thèse qui veut qu'ils soient suffisamment stupides et/ou fous pour le faire ne me semble pas tenir debout itou.
à Lugi
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 22H52 | 18/05/2009 |
Évidemment, on ne peut qu'espérer que les Iraniens ne seront pas assez stupides pour se servir de l'arme nucléaire ….mais on a vu que les Americains l'ont fait …. alors, pourquoi d'autres ne le feraient pas « le jour venu » ? Nous connaissons tous le Docteur Follamour, il peut se reveler iranien, pakistanais, indien, coréen ….ou israélien, bien sûr, et pourquoi pas français.
On est mal parti.
Ce qui est tout de même inquiétant, c'est que l'Iran s'entête à vouloir son « nucléaire » (civil ou militaire) malgré le prix très élévé que les pays occidentaux lui font payer à travers les sanctions qui durent depuis des années. Pourquoi insistent-ils tellement ?
Il me semble bien que cela n'inquiète d'ailleurs pas que Israël, mais aussi pas mal les pays arabes du Golfe ….
Mais ce n'est pas dans mon intention de jouer les Cassandres.
à leconcombrevert
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 08H28 | 19/05/2009 |
La légitimité de l'utilisation du nucléaire civil n'est presque plus à démontrer : il est utile partout (recherche fondamentale, électricité) et permet de gagner plein de pognons ou, au minimum, de ne pas en perdre. Peut-être les experts comptables iraniens ont trouvé un résultat positif en additionnant les pertes liées aux sanctions et les gains possibles grâce au nucléaire…
Cela dit, c'est une belle hypocrisie.
En 2020, les Occidentaux, emmenés par l'Allemagne et… l'Autriche, seront en mesure de débattre sereinement dans nos hémicycles de l'arrêt du nucléaire civil et militaire. Pour ne pas fâcher les shootés à l'uranium, on en gardera un peu pour la physique nucléaire, et c'est même, comme son nom l'indique, fondamental.
Nous sommes capable, dès aujourd'hui, de produire une énergie grâce à la fusion d'éléments légers comme l'hydrogène. Les conditions pour une production à grande échelle, moindre cout, et dont la fabrication ne nécessite pas plus d'énergie qu'elle n'en produit, doivent encore être réunies. Mais la communauté scientifique s'accorde à dire que cela sera possible. La recherche cherche.
Donc vouloir à tout prix son carré de nucléaire, en émettant de larges sourires au prétexte qu'il ne peut être que civil, est fondamentalement et intellectuellement d'une incroyable malhonnêteté.
Si l'Iran veut se montrer progressiste, qu'il s'associe aux occidentaux dans cette recherche-là. Qu'il dévoile son plan de partenariat pour cette recherche dans la fusion d'éléments légers. Et, pourquoi pas, qu'il profite entre temps de son ensoleillement exceptionnel pour produire des gigawatts d'énergie solaire.
Soit qu'il anticipe le virage en même temps que nous.
à Blaise11
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 18H21 | 19/05/2009 |
Tout à fait d'accord !
à leconcombrevert
De Zeky
Curieux de tout | 18H42 | 18/05/2009 |
1)Est ce incompréhensible que certains des leaders iraniens se sentent menacés par les 250 têtes nucléaires israéliennes ?
2)Sachant ceci, est il incompréhensible que les dits leaders soient opposés à leur nouveau voisin belliqueux ?
PS : en parlant Iran, il très cocasse de noter que le 27 juin 1974 un accord franco-iranien accorda les 10% d'eurodiff (European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) des suédois aux iraniens. A la mise en service de l'usine d'enrichissement d'uranium l'Iran demande son uranium enrichi mais la France a refusé.
Pourquoi ? Parce que l'autocrate n'était plus leur pantin le Shah Mohammad Reza Pahlavi mais l'Ayatollah Ruhollah Khomeini.
S'en est suivi l'assassinat de Georges Besse/les otages du Liban/divers versements etc…
N'oublions pas non plus que le Shah mis au pouvoir par le coup d'état anglo-américain de 1954 (opération ajax qui renversa le 1er ministre démocratiquement élu Mohammed Mosaddeq) fut renversé par une révolution populaire qui abouti après référendum, à une république islamique et au régime des mollahs.
à leconcombrevert
De zorbek
20H55 | 18/05/2009 |
« Sans vouloir justifier une éventuelle guerre israélo-iranienne, vue les velléités régionales de l'Iran et l'anti-israélisme (sinon plus) obsessionel de certains de ses leadeurs, c'est tout de meme compréhensible que les Israéliens se sentent menacés par l'armement nucléaire de l'Iran. »
Tout à fait d'accord avec vous, je ne souhaite pas voir l'Iran des mollahs se doter de la bombe atomique, tout comme je trouve profondément méprisable les provocations d'Amadhenijad qui joue avec le feu en narguant les Israéliens pour faire sa pub aux yeux des musulmans. Cependant, il ne faudrait pas non plus oublier que les Iraniens ont eux aussi des raisons de se sentir menacés, la guerre de loin la plus meurtrière au Moyen-Orient a été la tentative d'asservissement de l'Iran par l'Irak de Saddam (avec l'appuis des occidentaux, France comprise), et qu'aujourd'hui encore la plupart des victimes d'attentats terroristes sont des Shiites, considérés comme hérétiques par Al Qaida et consors. Mais ce qui me choque dans l'attitude israélienne c'est l'aspect 2 poids 2 mesures : si Israel ne disposait pas de bombe atomique, je comprendrais mieux son attitude belliciste, attitude que je ne partage pas face à un déséquilibre qu'il a lui-même créé, même si je peux en comprendre les raisons.
En ce qui concerne votre deuxième point, je dois avouer que j'ignorais que les neo-cons ont été jusque là, ils sont encore pire que ce que j'imaginais. Anecdote en passant à laquelle vous me faites songer : je me souviens parfaitement avoir lu à l'époque des déclarations de Sharon qui se permettait d'être très circonspect face à l'invasion de l'Irak quant à ses conséquences, ce qui d'ailleurs m'avait surpris par sa lucidité, surtout en comparaison de l'irréalisme complet du discours de certains partisans de l'invasion en France. Mais malheureusement, ce genre de propos était inaudible.
à zorbek
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H01 | 18/05/2009 |
Vous avez raison, l'Iran a été le souffre-douleur de la politique des Russes, des Américains et des Britanniques pendant pas mal de temps, avec son lot de coups d'états, de guerres, de pressions internationales, d'expoitation économique et j'en passe.
Et je peux comprendre qu'ils se sentent pas à l'aise du tout en sachant que - une fois de plus - l'Iraq se retrouve sous influence américaine (pour l'instant). J'ai beaucoup de sympathies pour les Iraniens (pas le gouvernement actuel, ni le Shah, mais les gens, la culture, la langue ….).
L'Iran, c'est un thème très complexe qui mériterait qu'on en parle plus en profondeur - dans un autre fil.
à leconcombrevert
De zorbek
06H08 | 19/05/2009 |
Oui, même si je ne partage pas le populisme d'Amadhenijad, les Iraniens ont effectivement beaucoup de raisons de se méfier des occidentaux, l'exemple de Mossadegh cité plus haut est assez emblématique, et ce n'est pas le seul.