Réforme de l'Etat: Sarkozy serre la ceinture

A terme, les 97 mesures présentées par le Président devraient permettre une économie de 150 milliards par an.

Dans la salle de presse de l'Elysée, mardi (Philippe Wojazer/Reuters)

« Faire que demain chaque euro public soit effectivement dépensé au service des Français sans gaspillage. » Nicolas Sarkozy a lancé mercredi une réforme de l'Etat “sans précédent par son ampleur”, devant le premier Conseil de la modernisation des politique publiques.

Trois mesures phares illustrent, selon le Président, ce chantier promis durant la campagne présidentielle :

► La mise en place d'un « budget pluriannuel [2009 à 2011] cohérent avec nos trajectoires de finances publiques ».

► La délivrance par les mairies des « permis de conduire, cartes d'identité ou passeports ».

► Un « mouvement inédit de déconcentration » avec des “préfets de région [qui] auront désormais autorité sur les préfets de département”.

Au total, cette réforme baptisée Révision générale des politiques publiques (RGPP) comprend très excatement 97 mesures. Dont deux autres qui sont également symboliques : la suppression du recours au juge pour les divorces par consentement mutuel, ainsi que la création d'un « Pentagone à la française » regroupant tous les services du ministère de la Défense sur un seul site.

Visite de Kadhafi oblige, cette réforme n'agite pas particulièrement, c'est le moins que l'on puisse dire, les couloirs de l'Assemblée nationale, les députés -qu'ils soient de la majorité ou de l'opposition- estimant qu'elle est nécessaire et que les mesures vont plutôt dans le bon sens :



Du côté du PS, on regrette cependant, par la voix de Jean-Louis Bianco, que cette réforme se fasse « dans le dogme absurde’ du non-remplacement “à l'aveugle” d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le député socialiste considère en outre que cette réforme pourrait allait plus loin, particulièrement avec ‘la simplification des procédures » législatives.

Le gouvernement devra aussi s'attendre à affronter des controverses sur certaines mesures, comme l'allègement des contrôles financiers dans le fonctionnement interne de l'Etat, ou l'installation de sas automatiques pour les contrôles d'identité dans les grands aéroports.

L'ensemble de cette « révolution », selon le député UMP Benoist Apparu, permettra toutefois de réduire les dépenses des administrations publiques, évaluées à 1000 milliards d'euros par an. L'application des premières mesures est attendue en janvier, même si la réforme globale « va mettre dix ans à se mettre en oeuvre ».

Nicolas Sarkozy entend économiser à terme 150 milliards chaque année, et s'aligner ainsi sur les finances allemandes.


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Par Le Yéti
22H56    12/12/2007

L’ENTOURLOUPE

Ah la dette publique, que de serrages de ceinture, de sacrifices, de postes non remplacés pour (paraît-il) la réduire !

Le problème, à l’analyse, c’est que la dette publique ne vient pas d’une hausse excessive des dépenses (stables depuis des années à un peu moins de 23 % du PIB), mais d’une baisse des recettes (passées de 22,3 % du PIB en 1980 à 18,8% en 2003). Car l’État dispose d’un moyen dont les particuliers que nous sommes sont dépourvus : il fixe lui-même ses recettes (l’impôt), alors que c’est pas nous qui décidons pour nos salaires ! Or vous n’avez pas été sans remarquer qu’ils n’ont pas hésité à couper sérieux dans les impôts versés par les plus riches et qu’ils épargnent outrageusement les revenus du capital.

Et quand on limite soi-même ses propres recettes, faut bien trouver d’autres sources de financement aux dépenses : c’est l’emprunt. Et à qui emprunte-t-on sous forme d’obligations du Trésor ? Aux plus riches évidemment, à la couche étroite des « épargnants » privilégiés (10% des ménages français les plus riches détiennent 40% de la richesse nationale !) Et à qui paie-t-on les intérêts juteux de l’emprunt ? Aux mêmes, aux plus riches, à ceux qui viennent de profiter éhontément du dernier « paquet fiscal » !

Vous avez compris la canaillerie ? La petite clique des « ménages » les plus aisés gagnent sur tous les tableaux : la baisse des recettes (diminution de leurs impôts), et la possibilité de se faire payer des intérêts juteux (non révisables !) par l’État. On assiste ainsi à un transfert éhonté de la richesse publique vers les portefeuilles privés les plus privilégiés.

Dites-vous bien que chaque fois qu’un puissant vous parle d’ « économie », c’est du pognon qu’il transvase de vos poches dans les siennes. Et où ils sont, les couillons de l’affaire, à votre avis ?

 
Par bécassine
21H49    12/12/2007

On nous annonce une multitude de mesures. l’objectif affiché : ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et réduire le déficit de l’Etat. Mais la grande majorité des fonctionnaires appartient à l’éducation nationale, et là, pas de recette miracle possible.
le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’intérieur pour, à terme supprimer des commissariats ou des gendarmeries n’est pas une bonne chose pour une démocratie. Deux corps distincts, dépendant de deux ministres différents afin d’assurer la police est une sécurité pour tous les citoyens d’une grande démocratie.
Le transfert aux notaires du divorce par consentement mutuel est le début de l’externalisation des services publics.
Attribuer au ministère de la justice la charge des frais de transfèrement des détenus pour généraliser la visio conférence…. bientôt les procès virtuels et les verdicts annoncés par mail !
Une multitude de mesures qui devraient être étudiées, analysées par tous les politiques, car elles sont loin d’être seulement symboliques.

 
Par bertdo
21H54    12/12/2007

150 milliards d’euros économisés chaque année, c’est bien, mais à quel prix en terme d’efficacité du service public et de bénéfices pour le commun des mortels que nous sommes, nous qui ne faisons pas partie du cercle restreint du pouvoir politique et économique?
Cette réforme est dogmatique et ne fera que conforter dans leurs privilèges la clique qui nous gouverne.
Réformer pour réformer n’a jamais été une bonne politique. Monsieur Sarkozy se cache derrière des promesses de campagne pour justifier son démentèlement socio-économique de la société française.
Et bien sûr, suivant son habitude, il saupoudre ses réformes de mesures qui vont dans le sens du poil de la population, comme le faisaient jadis nos monarques lorsque la colère grondait dans les campagnes.
Qui pourrait être contre le divorce simplifié? Personne.
Et le peuple béat, une partie du moins, celle qui aura donné ses voix au grand timonier de la république, d’applaudir le sauveur du pays et d’oublier la polémique autour de la visite de Kadhafi et autres entourloupes sarkoziennes.
Ainsi va la France dans sa descente aux enfers.

http://bertdo.over-blog.net

 
Par M.T
22H01    12/12/2007

Il y avait déjà pénurie de « fonctionnaire » dans cetains endroits cruciaux comme les hôpitaux
mais il a réussi son coup puisque les Français marchent dans la combine qui veut leur faire croire que toutles fonctionnaires sont des nantis et qu’il a réussi à monter les employés du privé contre ceux de la fonction public.

On nous montre à la télé des pays où les fonctionnaires n’existent pratiquement plus MAIS sans insister sur le fait que dans ces pays l’instruction, les soins et bien d’autres choses sont payante et à quel prix

Ou est le temps où des petits fonctionnaires prenaient deux jours sans soldes pour manifester et aider les puvriers de la sidérurgie ?
Aujourd’hui on s’arrange pour dresser les uns contre les autres pour quelques euros de plus

Liberté égalité fraternité n’ont plus aucun sens

 
Par NicolasB
22H33    12/12/2007

C’est un projet à long-terme et, comme le dit très clairement le député UMP à la question, ça peut prendre une dizaine d’années. Mais peu importe le temps, les décisions seront prises très prochainement - ce qui est une très bonne nouvelle.

Bien entendu qu’il faut réduire les effectifs des fonctionnaires. Comment se fait-il qu’on ait le plus de fonctionnaires dans notre pays par rapport à l’Angleterre, l’Espagne, ou autre? Ce n’est pas normal à mon avis. Certains diront que la réduction des effections de l’Etat sera peu à peu à désengagement du service public. Mais a-t-on un service public de qualité? L’éducation nationale a bien des problèmes. La SNCF aussi. Et bien d’autres encore. En dehors de la réduction des fonctionnaires, je trouve qu’il est primordial de centraliser et d’organiser ces millions d’effectifs employés par l’Etat. Et c’est les RGPP comptent faire. Un pentagone à l’américaine en France pour la défense me semble une très bonne initiative.

 
Par thierry reboud
22H58    12/12/2007

Bon, ça m’arrache un peu la gueule de l’avouer, mais je ne suis pas opposé par principe à une réforme du fonctionnement des services de l’Etat, et il me semble qu’il y a dans le catalogue proposé des mesures qui vont dans le bon sens (pour autant que je sois capable d’en juger les implications).

Néanmoins, ce qui me pose problème, c’est la méthode. Que cette réforme réponde à l’impératif affiché de réduire le nombre de fonctionnaires, c’est (à mon avis) poser la question à l’envers.
Je crois que la réduction du nombre de fonctionnaires devrait être la conséquence éventuelle de la réforme, et non sa cause. En sorte que, oui, nous pouvons craindre une réforme mécanique, comptable et aveugle.

Une remarque à propos de ce que dit Apparu, député UMP : parler de « très long terme » quand il s’agit de dix ans nous indique assez quel est l’horizon de notre personnel politique. (Rien contre lui personnellement, je suis convaincu que son point de vue est largement partagé, à droite et à gauche.)

 
Par Jess Feuillie
00H06    13/12/2007

Je suis accord Thierry: Sarkozy a présenté la chose a l’envers. Cest en cela que les socialistes auraient été a n’en pas douter meilleurs. Mais, hélas, ils nont pas gagné. Je prend acte de la défaite et préfère accepter cette réforme que le statut quo une fois de plus, malgré tout.
Observez que tous les commentaires des détracteurs sont généraux: mal, diable, démantèlement, république bananière, USA… Aucun des détracteurs ne fait de compraraisons avec les autres pays, sur les enquêtes sur l’efficacité de l’Etat, de sa présence au niveau local… Aucun ne revient sur les doublons, sur les chevauchements, les partages de compétences…
La morale ou les grandes idées, c’est tellement pratique dans ces cas là…