Royal à la conquête de l'Elysée sans le PS? Une fausse info

Selon cette dépêche Reuters, reprise un peu partout sur le Net, Ségolène Royal aurait affiché dimanche son ambition de partir à la conquête de l’Elysée, avec ou sans soutien de son parti  :

Royal pense pouvoir entrer à l’Elysée sans le soutien d’un parti

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal estime qu’il est possible de gagner l’élection présidentielle en France sans le soutien d’un parti politique.

Interrogée sur ce point dimanche, l’ancienne candidate socialiste à l’Elysée a répondu  :  » Je pense (que oui) » .

Pour y parvenir, a-t-elle ajouté sur le plateau de Canal+,  » il faut une très grande cohérence (…) un travail de longue haleine (…), beaucoup de modestie, d’humilité » .

 

Le  » que oui » est bizarre. Pourquoi ces parenthèses  ? En réalité, l’ex-candidate n’a pas prononcé ces mots,  » que oui » .

La journaliste qui l’interrogeait sur Canal+, Laurence Ferrari, lui avait demandé  :  » Est-ce que vous pensez que l’on peut gagner une élection présidentielle sans avoir le parti derrière soi  ?   »

Royal commence par répondre  :  » Je pense… »

Le journaliste de Reuters, probablement trompé par une longue incise, a visiblement interprété ce  » je pense… » comme étant une réponse affirmative.

Ce n’est pourtant pas la réalité, comme l’a relevé, non sans exaltation, le blogueur RichardTrois. Il y a un  » que » après le  » je pense » . Royal pense  » qu’il faut une très grande cohérence » avec le parti.

Voici sa phrase complète  :

 » Je pense -c’est une très bonne question et l’expérience vient de le montrer- qu’il faut une très grande cohérence entre une organisation politique, il faut un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts, il y a un potentiel d’élus de terrain exceptionnel chez les Socialistes, avec des gens qui font beaucoup de choses sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a aussi ce travail là aussi à faire, il faut de l’imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie, aussi, d’humilité, et c’est comme cela que je compte m’engager. »

Ecoutez vous-même, c’est à la neuvième minute  :



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Par ThomasLefebvre
12H37    10/12/2007

Mais non, elle n’a dit ni « oui », ni « mais ». Ce que je pense de SR n’a aucune importance (comme tout ce que j’écris d’ailleurs). Regardons plutot ce que dit SR. Si j’étais un des pontes de la rue Solferino, j’aurais attendu de SR qu’elle dise « Comment osez-vous dire cela? Je ne concois pas gagner la bataille de la prochaine election presidentielle sans le parti. Cette question est absurde ».

Or, que répond SR? En avant pour un peu de segonologie:

Elle commence par dire que:

1) « Je pense » ==> Ni oui, ni non

2) « C’est une tres bonne question » => ce n’est pas une question absurde. On a le droit de se poser la question quand on vient de perdre avec les socialistes si on peut refaire une campagne, la gagner SANS le parti. TRES BONNE QUESTION. Je me la pose tous les matins quand je mets le lait dans mes corn-flakes.

3) « qu’il faut une très grande cohérence entre une organisation politique » ==> Ahah, on brouille les pistes, peut-etre est-elle allée trop loin dans la premiere phrase.

4) « il faut un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts, il y a un potentiel d’élus de terrain exceptionnel chez les Socialistes, avec des gens qui font beaucoup de choses sur le terrain et qui a pas beaucoup de visibilité, donc il y a aussi ce travail là aussi à faire » ==> En aucun cas, SR dit qu’elle veut faire campagne avec le PS. Cette phrase, veut plutot dire que SR veut s’appuyer sur les militants du terrain en court-circuitant le parti. En d’autres termes, SR veut s’approprier les militants du terrain PS

5) « donc il y a aussi ce travail là aussi à faire, il faut de l’imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie, aussi, d’humilité, et c’est comme cela que je compte m’engager. » => Elle ne dit pas si elle va s’engager aux cotés du PS ou non. Elle dit qu’elle veut s’appuyer sur les militants du terrain.

Perso, je crois que le fait que le/la journaliste ait raccourci, un poil, était voulu. SR veut jeter un pavé dans la marre, genre: « a quoi ca sert le PS si ce n’est pas pour me soutenir »?

Une idée commme une autre…

 
Par machinchose
14H06    10/12/2007

il est étonnant de voir que cette info de Royal qui concerne assez directement tous les journalistes n’a pas bénéficié de la même publicité :

PARIS, 9 déc 2007 (AFP) - Ségolène Royal s’est déclarée dimanche favorable à un « débat public » sur l’indépendance des médias, dénonçant des « sujétions financières » qui entraînent des « connivences ».
L’ex-candidate socialiste à la présidentielle a cité, sur Canal+, le récent « mouvement dans le journal Les Echos (…) à cause justement des échanges de droits de propriété sur ce journal ». « Je crois que les vrais problèmes, c’est les ressources de la presse écrite qui diminuent », a-t-elle ajouté.
« C’est très difficile. En tous cas, il faut un débat public sur cette question-là », a jugé la présidente de la région Poitou-Charentes.
Car « c’est vrai que lorsqu’il y a des sujétions financières, eh bien je crois qu’il y a des connivences qui se font. Tout le monde le sait. Je suis sans doute même en dessous de la vérité », a-t-elle ajouté.
Il faut, selon elle, « une loi, ou des règles, ou des règles éthiques, ou un code éthique. Vous savez, on ne règle pas tout par la loi. Surtout à force d’annoncer des lois qui ne sont pas appliquées. Donc je crois que la question de fond, c’est un débat de fond sur la question de l’indépendance des médias ».

 
Par bertchrist
15H43    10/12/2007

Pour tout ceux qui y ont cru « erratum » de reuters :
PARIS (Reuters) - Bien lire dans notre dépêche transmise dimanche 9 décembre une correction au 2e paragraphe, à savoir omettre entre parenthèses. Une version corrigée et actualisée suit.

Ségolène Royal est restée vague dimanche sur le rôle qu’un parti politique, en l’occurrence le PS, joue pour gagner l’élection présidentielle en France.

Interrogée sur le point de savoir si on pouvait gagner une élection présidentielle « sans avoir le parti derrière soi », l’ex-candidate socialiste à l’Elysée n’a pas répondu directement et a déclaré, sur Canal+ :

« Je pense, et l’expérience vient de le montrer, qu’il faut une très grande cohérence entre l’organisation politique, c’est aussi un travail de longue haleine (…), beaucoup de modestie, d’humilité ».

« C’est comme cela que je compte m’engager », a souligné Ségolène Royal, qui n’en a pas dit plus sur ses intentions dans les prochains mois, notamment sur la question de savoir si elle briguera la succession de François Hollande à la tête du PS.

« Je m’inscris à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste », a-t-elle simplement ajouté.

Gilles Trequesser