L'intervention sur les taux de change ne marche pas en Europe

Après les élections françaises et une courte période de lune de miel, le Président Nicolas Sarkozy s'est attaqué à la mise en oeuvre de son programme. En guise de réforme économique, il a lancé un programme de relance budgétaire, qu'il considère comme moins risqué (politiquement) que de s'attaquer à l'appareil bureaucratique en France, le poids du système de sécurité sociale, ou autres dépenses publiques.

Dans sa déclaration devant l'eurogroupe, à Bruxelles, il a prévenu que la France risquait, pour ses déficits publics, de dépasser le maximum autorisé de 3% fixé par le traité de Maastricht. Après tout, l'Allemagne a déjà violé le pacte de stabilité pendant un certain nombre d'années, sans conséquences sérieuses de la part de la Commission Européenne. Le Portugal a lui aussi rompu la règle des 3% sans être inquiété. La France n'a donc pas trop de soucis à se faire si elle ne respecte pas le seuil des 3% : Nicolas Sarkozy pourra continuer avec sa politique de relance budgétaire visant à améliorer la situation économique.

Une telle politique peut cependant avoir des conséquences graves pour le reste de l'Europe. Une relance budgétaire en France pourrait en effet d'aboutir aux résultats inverses à ceux qui sont poursuivis. Elle risque d'alimenter l'inflation, ce qui conduirait la Banque centrale à réagir en augmentant les taux d'intérêt, ce qui freinerait l'activité et aurait probablement comme conséquence une nouvelle hausse de l'euro plutôt qu'un impact positif sur les exportations....

Je pense que le Président Sarkozy a tort s'il pense que la Banque Centrale Européenne finira par chercher à faire baisser la valeur de l'Euro, en vue de favoriser les exportations. Il existe trop d'exemples, dans le passé, qui ont prouvé que l'intervention sur les marchés des changes n'est pas efficace sur le long-terme et qu'elle est, par conséquent, une perte de temps et d'argent. Des interventions massives sont nécessaires pour aboutir à des résultats de très court-terme. Jean-Claude Trichet, le Président de la BCE a trop d'expérience pour choisir cette voie.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les matières premières et l'énergie sont cotés en dollars, dont la valeur n'a jamais été aussi basse, en livres sterling, depuis 26 ans. Un rétablissement du dollar, souhaité par Nicolas Sarkozy, entraînerait une hausse des prix de ces produits, et "importerait" donc de l'inflation en Europe, ce qui aboutirait à des taux d'intérêt en hausse dans la zone Euro...

Pour toutes ces raisons, plutôt que de s'essayer à une relance budgétaire ou de pousser à une baisse de l'euro, la France ferait mieux de combattre les raçines de ses problèmes économiques.

► Dirk Nitzsche est Maître de conférences en finance à la Cass Business School (City, Londres).


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Courageux anonyme
16H48 28/07/2007

les impots ont baissés pour les plus aisés.

est ce de la relance budgétaire ?

c'est une moins value pour l'état.

http://www.peuples.net/

 
C. Creseveur | scénariste
19H46 28/07/2007

Je ne vois pas le lien entre paquet cadeau fiscal et relance budgétaire.
Quand au "risque d'importer de l'inflation", j'invite Mr Nitzsche à parfois sortir de sa Cass Business School pour aller faire ses courses. L'inflation est un phénomène concret et parfaitement quotidien pour tout citoyen européen, et pour un taux bien éloigné des 2 ou 3% que nous vend l'INSEE en France chaque année.

 
Courageux anonyme
19H45 29/07/2007

faire un cadeau fiscal, c'est en soit une mesure de relance budgétaire, si ce n'est pas compensé par une réduction des dépenses... c'est ce que fait sarko: il retarde la réduction du déficit pour financer sa politique de distribution de milliards.

 
Daniel R | Visiteur d'entreprise
12H49 29/07/2007

L'article, en gros, oppose la tendance française à résoudre ses problèmes par la dévaluation et la doctrine allemande sur la monnaie forte. Il s'arrête là où le débat commence : les racines de nos difficultés.

Prenons comme critère les exportations de produits à forte valeur ajoutée. Si l'on se compare aux 2 pays qui font la course en tête, l'Allemagne et le Japon, il est clair que nous devrions nous remettre en question. Mais est-ce sur notre modèle social en cours de démantèlement - haro sur le baudet - ou est-ce sur l'adaptation de nos productions à la demande mondiale et la remise en cause du modèle industriel ?

Tant que les actionnaires privilégieront la rentabilité immédiate, les délocalisations de tout et n'importe quoi, qu'ils considéreront la recherche et développement (R&D) comme toujours trop chers et la formation professionnelle comme l’affaire de l’Etat, nous n’évoluerons pas.

Tant que l’Etat subventionnera et favorisera des entreprises geignardes et frileuses, nous serons à la traîne.

Le cas de Renault est exemplaire. Les clients, même les plus fidèles, se détournent de la marque au profit d’autres marques étrangère, japonaises et allemandes justement. Les deux raisons avancées sont : les pannes à répétition sur des véhicules coûteux achetés neufs et la conviction que le principal de la production n’est plus française, de toute façon.

Il est remarquable que les seuls domaines dans lesquels nous brillons encore soient les industries de hautes technologies ayant fait l'objet, en R&D, d'investissements d’Etat importants, dans les années 1960/1970, l’époque de l’économie mixte, de la réflexion industrielle au plus haut niveau et des investissements productifs. Les entreprises se sont contentées le plus souvent de récolter ce qu'elles n'avaient pas semé et ont pris la mauvaise habitude de tout attendre des pouvoirs publics.

Nous avons des boulets : Une surpopulation politique, coûteuse et en grande partie inutile, des divisions administratives archaïques, le clientélisme d’Etat, l’ignorance scientifique, l’entêtement, la morgue et l’avidité des élites dirigeantes.

Nous avons des atouts : Une population éduquée, des infrastructures de qualité, un niveau sanitaire satisfaisant, un pays au climat tempéré et aux paysages variés, de l’espace etc..

Les réformes, les vraies, restent à faire.

 
C. Creseveur | scénariste
10H31 30/07/2007

Je souscris tout à fait au propos de Daniel R. et j'ajouterai un exemple édifiant avec la vente récente de LU par Danone : Danone se sépare de sa branche biscuit simplement parce que l'Europe ne subventionne plus l'écoulement des produits laitiers pour lesquels nous étions en surproduction.
Autrement dit nous finançons allègrement des industries qui dégagent d'énormes profits, et qui ne se gênent pas d'aller en chercher ailleurs au mépris de leurs salariés.
Bizarrement quand la collectivité contribue au déeloppement économique de ses grosses entreprises, elle profite rarement, en retour, de leurs bénéfices: un groupe comme Coca Cola est en franchise fiscale totale en France. Il ne paye aucun impôt!
Aussi avant d'envisager une relance par l'accroissement de la dette (ce qui est drôle de manière de rompre avec les années Pompidou de la part de Sarkozy!) et la dévaluation (ce qui est une commodité à laquelle nous échapperons justement grâce la Banque centrale), doublée d'une politique de cadeau fiscal qui récompense les rentiers et non pas le travail, il ne serait pas inutile de réfléchir au moyen de moraliser le patronat et la classe dirigeante.

 
Courageux anonyme
22H10 30/07/2007

Le calcul (d'un autre temps) de Sarkozy est simple, il est de noyer la dette par l'inflation-dévaluation comme on a fait au debut des années 80...oui mais bon c'est plus le Franc que nous avons désormais. Maintenant la dette se paye au prix fort, d'autant plus que les taux d'interet sont hauts.

 
Courageux anonyme
19H59 31/07/2007

de quoi se mèle t'il ou à t'on vu que sarko était un économiste il ferait mieux de faire son jogging que de s'occuper de politique encore plus de finance ont à vus le résultat catastrophique quand il en à été le ministre