
PS : comment sortir de la torpeur de l'été sous le soleil ?
(De La Rochelle) La quantité de socialistes au mètre carré dans les rues vendredi soir a donné un aperçu de l'intérêt que représente à nos yeux ce temps fort de la vie militante. Pas la peine de chercher trop longtemps à savoir si les choses vont vraiment changer au Parti socialiste.
Les réunions de courant qui ont eu lieu en fin de journée consistaient d'abord à sortir de la torpeur estivale pour s'entendre sur un dénominateur commun en termes d'alliances et de calendrier.
Croisé par hasard devant le bar à rhum « Via Brazil » à une heure assez avancée de la soirée, le député PS Christian Paul se veut rassurant mais lucide. Vérification faite, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Martine Aubry et les autres « Reconstructeurs » se parlent encore. Ils font de la remise du parti au travail le point de départ de quelque chose.
Minuit, c'est trop tôt encore pour savoir de quoi demain sera fait. Pour autant, il existe des points de convergence entre tous : éviter la présidentialisation d'un parti miné par les rivalités personnelles, ou encore chercher à donner le meilleur de soi pour s'opposer à la droite.
A ce stade, on se réjouit seulement de savourer un dernier cocktail, avant de se mettre à plancher sur les motions, dès lundi prochain. On cherche encore l'inspiration, mais bon ça viendra car au fond la ligne est claire : il s'agira plus de calage stratégique que de blabla philosophique . Pourquoi pas, à vrai dire ?
Si « les français attendent de nous un changement d'attitude », disent la plupart, on ne peut s'empêcher de nourrir la bête. Sans repolitiser fortement le PS, celui-ci restera soumis au diktat d'un appareil sclérosé par le syndicalisme électif.
Quant à l'équipe sortante, elle ne sera probablement pas tout à fait sortie si tout ce petit monde finit par cheminer ensemble. Et on se demande encore qui François soutiendra (et vice versa), comment Bertrand Delanoë compte s'y prendre, et ce que feront Benoît Hamon et Henri Emmanuelli du Nouveau Parti socialiste.
Une chose est sure, assez loin de là, un nouveau parti de gauche vient de se créer : le NPA d'Olivier Besancenot. Lui a réglé et la ligne et le leadership d'une seule traite. Normal quand on ne se pose pas comme préalable la question du pouvoir qui est tout à la fois source d'action et source de corruption.
Demain, le soleil va encore chauffer. On va sortir la crème pour se protéger des mauvaises radiations des ultraviolets. Quoi qu'un hâle légèrement plus rose…
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