18/12/2008 à 11h00

Résultats définitifs du PS : « belle mascarade » pour l'outre-mer


Les résultats du second tour de l'élection du premier secrétaire du PS avait été rendus publics moins de huit heures après la clôture des bureaux de vote, mais il a fallu atteindre plus de deux semaines avant de connaître les corrections apportées par la commission de récolement, qui examinait fin novembre les réclamations portées par les deux camps.

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Le week-end suivant le vendredi 21 novembre et le vote du second tour, lesdites contestations s'étaient répandues dans les médias. Il faut dire que l'écart entre les deux prétendantes n'était alors que de 42 voix. Ici, quelques bulletins en plus pour Martine Aubry. Là, une poignée de suffrages oubliés en faveur de Ségolène Royal.

Jusqu'à la tenue de la commission de récolement, qui devait mettre tout le monde d'accord. Les deux jours de conciliabules partaient mal, comme on l'apprenait avec les premières pauses et confidences aux journalistes :

  • Jean-Pierre Mignard (représentant de Ségolène Royal) évoque des problèmes signalés dans « une quarantaine » des 105 fédérations socialistes.

  • Kader Arif (représentant de la direction du parti) affirme que « très peu de fédérations » sont concernées par les contestations.

Le même Jean-Pierre Mignard ne lâchait cependant rien, et produisait un mémoire de dix-sept pages énumérant toutes les erreurs ou fraudes relevées par son camp. En vain. Les résultats corrigés démontrent que seules sept fédérations ont vu leurs résultats corrigés par la commission de récolement.

Cinq des sept corrections étaient déjà connues

On peut enfin savoir comment l'écart de Martine Aubry a été porté à 102 voix, où les 60 voix supplémentaires ont été dénichées. Et on découvre que les treize membres de la commission n'ont rien révélé, puisque cinq des sept corrections avaient déjà été rapidement mentionnées par les médias, comme le montre le tableau établi par Rue89 quarante-huit heures après le second tour :

Europe 1 révélait dès le samedi qu'une « erreur humaine » en Moselle donnait 12 voix de plus à Ségolène Royal et 12 de moins à Martine Aubry. Problème de retranscription également dans le Haut-Rhin : L'Alasce indiquait que Ségolène Royal devait compter six voix de plus.

La fédération du Nord allait aussi se retrouver sous les feux des projecteurs. Tricherie ou erreur, démontée par France 3, avait ôté 20 voix à Ségolène Royal dans la section de Lille Centre (et une voix dans la section du Vieux Lille, qui a fait polémique après une plainte contre X déposée par la secrétaire de section).

Rue89 dévoilait le dimanche que 19 voix en faveur de Martine Aubry avait été oubliées dans la fédération des Français de l'étranger, en raison de résultats parvenus tardivement à Paris. Et l'AFP que 52 voix, également pour la maire de Lille, manquaient en Gironde, avec là aussi une erreur de retranscription en guise d'explication.

« C'est une belle mascarade ce truc-là »

A côté de ces cinq erreurs confirmées et corrigées, la commission de récolement en a donc acté deux nouvelles... et visiblement oublié une autre :

  • Dans la fédération de Meurthe-et-Moselle d'abord. Trois voix en plus pour Martine Aubry, trois en moins pour Ségolène Royal. « On n'avait pas alerté les médias parce qu'il s'agissait de simples corrections techniques dans deux petites sections transmises dès le lendemain du vote au siège du parti », explique à Rue89 Mathieu Klein, premier fédéral.

  • Dans la fédération de Guadeloupe ensuite. Mais là, le « premier fédéral », Jules Otto, s'attarde beaucoup plus longuement sur les conclusions de la commission de récolement :

    « Vous me l'apprenez ! Pourtant, Isabelle Sima [représentante de la direction au sein de la commission, ndlr] m'avait affirmé que les résultats de la Guadeloupe avait été validés...

    “Je ne sais pas où ils ont trouvé huit voix en plus pour Martine Aubry et vingt-six en moins pour Ségolène Royal. Je n'ai jamais été consulté. Si vous voulez mon avis, c'est une belle mascarade ce truc-là.”

  • Autres îles, autre étonnement. La fédération de Nouvelle-Calédonie, dès le dimanche suivant le scrutin, s'inquiétait “de voir ses votes non pris en compte”, puis écrivait deux jours plus tard :

    “La section PS de Nouvelle-Calédonie renouvelle sa confiance à la commission de récolement et vous informe que les contacts téléphoniques pris avec le siège du PS à Paris nous ont assurés que les votes ont été pris en compte dans les résultats globaux en cours de traitement.”

    Mais les résultats corrigés font toujours apparaître une série de zéros dans la ligne correspondante aux résultats de l'archipel, qui avait pourtant transmis au siège du PS des résultats que Rue89 avait révélés : sur 49 adhérents, 13 avaient voté pour Ségolène Royal et 3 pour Martine Aubry.

La commission de récolement a finalement fait beaucoup plus de bruit qu'elle n'a entraîné de conséquences sur le score final. Pas de quoi aplanir les différents entre les deux camps, ni savoir si la commission a étudié beaucoup plus de cas que ceux mis en lumière dans les médias. Pierre Moscovici a donné, lui, son avis sur son blog :

“La commission de récolement a conventionnellement donné 102 voix d'avance à Martine Aubry. Le vote du 21 novembre restera pour toujours entaché d'un soupçon.”

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  • Ermite
    Ermite
    Consultant IT
    • Posté à 11h59 le 18/12/2008
    • Internaute
      Consultant IT

    Je remarque pour ma part que, malgré les menaces à la « retenez-moi où je fais un malheur », le camp de Mme Royal n'a pas saisi les tribunaux.
    Pourtant, si Mme Royal et consorts sont si persuadés de leur bon droit, avec les preuves qui vont avec, je ne vois pas ce qui les en empêche.

    Je dirais même que porter cette affaire devant la justice si on a les preuves d'une manipulation électorale est un devoir démocratique.

    Et qu'on ne vienne pas me dire « par souci d'apaisement », l'attitude de Ségolène et de ses fidèles ne peut certes pas être considérée comme très « diplomatique » depuis les résultats finaux du scrutin : le « même si j'ai perdu, je réclame les meilleurs postes » et le « de toutes façons, je m'en fous du PS, je ferai vivre mon mouvement personnel en parallèle » ne peuvent pas être considéré comme une attitude de diplomate.

    Conclusion ?
    Ma foi, pas grand'chose, la pièce a été jouée et le rideau est tombé.
    Pas grand'chose sauf ceci : si Mme Royal n'a pas mis ses menaces à exécution, peut-être est-ce tout simplement parce qu'une enquête vraiment approfondie et non partisane sur ce scrutin aurait révélé qu'elle et ses fidèles se sont AUSSI livrés à des manipulations coupables...
    Ce qui expliquerait également le soutien particulièrement mou de certaines fédérations (connues pour leur « tradition » du bourrage d'urnes et autres manœuvres) pourtant considérées comme acquises à Ségolène dans le cadre de ses contestations... En résumé, pas de vagues sinon on va finir par se reprendre cette histoire dans la gueule tel un boomerang...

  • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
    • Posté à 12h03 le 18/12/2008

    un petit rappel des faits :

    - en 95 Jospin perd l'élection mais est maintenu a la tete du parti.

    -En 2007 Royal réalise un score exceptionnel au premier tour, les commentateurs disent alors qu'elle devrait rester a la tete du parti avec un tel score (supérieur a celui de Jospin en 95). La défaite du PS est due, selon les études, a un manque de crédibilité du parti. Ce manque provient du fait d'une trop grande hétérogénéité qui lui nuit : « lun dit noir, l'autre dit blanc. Les mauvaises langues accusent Royal de la défaite car ca les aarangent. Mais les analystes ne sont pas dupes. Ils savent que la défaite est due aux querelles internes. Or ces querelles sont dues a la non aceptation de la victoire de Royal lors des motions. Elle fut taillée en piece par Fabius ou DSK. “Qui va garder les gosses” ? ? ? Elle est “incompétente”. Les Francais n'ont fait qu'écouter les éléphants. Et aujourdh'ui les mauvaises langues, soumis a leur idéologie, disent : “elle a perdu, elle a fait ce score”. Evidemment, l'analyste en rappellera les causes....

    - Au vote des motions, Delanoe est favori. Hollande le soutien. Il dit donc que le premier en tete sera légitime. Mais contre toute attente, Royal gagne. Il oublie évidemment sa phrase. Aubry est poussée en avant par les éléphants pour se présenter et éviter sa victoire, notamment parce qu'elle est l'éléphant le moins abimé électoralement et que Delanoe rennonce. Elle était sortie de la scène politique depuis belle lurette mais a probablement été rappelée par les savants stratèges fabusiens et jospiniens. Du Balzac : “si vous aviez cherché dans l'Histoire les causes humaines des évènements au lieu d'en apprendre par coeur les étiquettes...‘Je rappelle qu'elle avait dit a Royal au téléphone (pensant qu'elle ne gagnerait pas, si tu gagnes, tu es légitime).

    - 1er tour des élections internes. Aubry, poussée par les éléphants, est alliée avec Jospin et Fabius les anciens freres ennemis. Elle fait 34%. Royal 43% seule.

    - Au second tour elles font 50%/50% sauf qu'aubry enregistre encore de nouveaux soutiens hétéroclytes, ennemis hiers et amis aujourdh'ui pour éviter la victoire de Royal et leur garantir une chance d'avoir un bon poste pour les prochaines échéances. Hamon et Delanoe la rejoigne. Il y a des irrégularités, comme dans ttes les anciennes élections. Mais la, le score serré impose soit l'étude de ttes les voix (c'est la démocratie), soit un revote. Une comission est mise sur pied. Les résultats publiés deux semaines apres, seules quelques départements ont été révisés. Cette commission était pro Aubry.

    - Les militants PS ne veulent d'un premier secrétaire qui fasse la synthese. Or l'élection d'Aubry est due a l'alliance stratégique de tous les éléphants. Elle a donc un pouvoir faible car elle est redevable. Hamon lui met déja la pression. Fabius et d'autres le feront le moment venu. Elle n'aura pas d'autre choix que de mener la politique de conciliation d'Hollande, qui produit des avancées millimétrées. Le but était de mettre un premier secrétaire faible au pouvoir, comme Hollande, pour garder les mains libres en 2012. Comment Sarkozy a til gagné ? ? ? ? Il était le chef de l'UMP, et tt le monde était plus ou moins derriere lui. Le PS refuse cette présidentialisation du parti que seuls portait deux candidats, Hamon et Royal, qui ne représentatient qu'eux. En 2012, si AUbry ou un candidat de synthese passe, ou si ils s'acharnent sur un candidat ne représentant que son courant (comme contre Royal en 2007), la défaite est assurée. Pourquoi la présidentialisation du parti est refusée ? ? ? ? Parceque personne ne reononce a ses reves de pouvoirs. on prefere faire perdre le parti que d'avoir le coruage de ne pas en etre le chef.

    Maintenant nous verrons bien ce qui se passe. J'espere que le PS va sortir de cet enfer dans lequel il se plonge lui meme volontairement.

  • norman
    norman répond à Numerosix
    • Posté à 12h15 le 18/12/2008
    • Internaute

    Mais c'est du n'importe quoi ! Je n'ai rien contre Martine Aubry mais le doute restera sur la légalité de son élection. Aucun démocrate ne peut se satisfaire de la façon dont le PS a voté et dépouillé. Sarkozy peut doucement se marrer, ses sbires de l'UMP aussi. Même si chez eux, la démocratie interne rete inconnue.

  • olitsuke
    • Posté à 12h38 le 18/12/2008
    • Internaute

    je suis de gauche depuis bien longtemps, ce petit jeu me désole... à une époque ou le ps avais largement de quoi s'exprimer , le parti ,ou plutôt ses dirigeants ,nous donne un joli contre exemple !
    nous avons un président de la république élu par 53 % des inscrits ayant exprimé leurs votes....cela ne fait pas tant que cela en fin de compte ( quid des votes blancs, des non inscrits, des personnes privés de leurs droits de votes....)
    au ps c'est pire puisque 50% des votants socialistes ne sont pas représentés, ou est la légitimité de l'une comme de l'autre ?
    légitimité par défaut mais vrai pouvoir de décision quand même....
    je n'ai plus de carte au ps, le npa est bien tentant mais ou est l'intérêt de voter pour un parti qui ne veut pas du pouvoir ! !
    je risque de me retrouver comme beaucoup d'entre nous à voter pour le moins pire ! ! super perspective !
    et la démocratie reste pourtant le meilleur des systèmes politiques !

  • gasper
    gasper
     ? ? ? ?
    • Posté à 12h51 le 18/12/2008
    • Internaute
       ? ? ? ?

    bon... merci à Rue 89 de ne pas avoir lâché le morceau. Triste conclusion.
    Et de m''interroger encore... les militants sont ils fatigués au point de fermer les yeux sur ces pratiques inacceptables qui ne permettront jamais de savoir qui des 2 femmes a été désignée par les militants...

  • A déménagé le 9-8
    • Posté à 13h18 le 18/12/2008

    ça me laisse cent voix.

  • gasper
    gasper
     ? ? ? ?
    • Posté à 13h24 le 18/12/2008
    • Internaute
       ? ? ? ?

    Extrait du blog François Hollande (25/11) :

    « Il a fallu du temps, un long processus et beaucoup de difficultés pour les socialistes, mais je considère que le dénouement est meilleur (sic ! ) que le déroulement de ce congrès.

    C'est sans doute difficile et cruel pour celles et ceux qui avaient voté pour Ségolène Royal, et qui, à quelques dizaines de voix près, ne trouvent pas la victoire de celle qui portait leur idéal. Mais telle est la leçon de la démocratie : accepter qu'un écart, même faible, désigne un vainqueur qui doit avoir la même légitimité que s'il avait une majorité plus forte.

    Je suis donc pleinement derrière la Première secrétaire. Je l'aurais été derrière Ségolène Royal, je le serai derrière Martine Aubry. Je l'aurais d'ailleurs été aussi derrière tout autre qui aurait eu la consécration du vote militant. »

    ah ben si François est content alors...