11/12/2008 à 13h04

Direction du PS : qui de Royal ou Aubry a fermé la porte ?


Chacun des camps renvoie à l'autre la responsabilité de l'absence de rassemblement au secrétariat national.


Martine Aubry et Ségolène Royal en août à La Rochelle (A. Robert/A. Cerdan).

La question demeure sans réponse depuis la mise en place de la direction du parti, samedi par Martine Aubry. Pourquoi la nouvelle première secrétaire a-t-elle constitué un secrétariat national avec les partisans de Benoît Hamon et Bertrand Delanoë, laissant de côté les alliés de Ségolène Royal ?

Chacun des camps des deux femmes renvoie à l'autre la responsabilité de cette absence de rassemblement. Dès vendredi, veille du conseil national, les royalistes, par la voix de Vincent Peillon, avaient stigmatisé la maire de Lille :

« Les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry. »

Rebelote samedi matin, avant même le début du conseil national. Ségolène Royal n'est pas présente, mais ses lieutenants se chargent une nouvelle fois de porter l'estocade à sa place.

« Cette porte, elle reste ouverte »

Alors, quand Martine Aubry prend la parole pour clore la réunion d'un discours de près de une heure et demie, elle revient sur la polémique et en donne sa version, parce qu'elle « préfère que les choses soient claires » :

« Je lui ai proposé que ce soit un de ses proches qui puisse présider ce forum des territoires [instance nouvellement créée, ndlr]. Je lui ai proposé aussi qu'il puisse y avoir, à côté de notre secrétaire national chargé de la rénovation, des hommes et des femmes qui l'entourent.

Je lui ai proposé aussi qu'il y ait des amis à elle -que je ne vais pas citer, puisque nous avons parlé de noms- qui soient au secrétariat national.

Ségolène Royal et ses amis ont pris une décision, qui est de ne pas accepter ces propositions dans la cohérence de leur pensée et je la respecte. (...) Mais cette porte, elle reste ouverte. » (Voir la vidéo)



Sitôt son discours terminé, Vincent Peillon improvise une conférence de presse aux abords de la salle du conseil national. Hors de question pour lui de laisser de tels propos sans réponse. Alors il dégaine, calmement mais aussi sûrement que... Martine Aubry : « Je vais donc démentir ceci, ce n'est pas vrai. »

« Ça s'appelle une gifle, une porte fermée »

Et d'affirmer sa vérité. Il aurait demandé la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (Fneser) pour Ségolène Royal, un poste de numéro deux du parti pour lui-même « et un certain nombre de secrétariats nationaux ». Quant aux affirmations de la nouvelle première secrétaire :

« Elle avait proposé peut-être deux ou trois secrétariats nationaux à des gens qui représentent 50%. Ces gens là, Delphine Batho est venue m'en parler, n'ont pas été joints au téléphone. Et deux ou trois, c'est la moitié moins que la motion qui fait 18% d'Henri Emmanuelli et Benoît Hamon. Ça s'appelle une gifle, une porte fermée.

Ce qui est vrai, c'est que Martine Aubry a appelé personnellement vendredi matin Gérard Collomb, notre premier signataire et maire de Lyon, pour lui proposer, en dehors d'une logique collective qui est la nôtre, de prendre le forum des territoires. Il en a été fort en colère, ce ne sont pas des pratiques qui se font entre nous. » (Voir la vidéo)



Quel a été le véritable contenu des discussions entre les deux femmes ? Elles seules le savent. Elles qui s'étaient pourtant rencontrées à deux reprises pour organiser la composition de la direction, dans une « très bonne ambiance » selon Ségolène Royal.

A en croire les différentes déclarations et confidences des uns et des autres, certains postes auraient effectivement été proposés aux royalistes, mais ils étaient loin de correspondre à leurs attentes. Ségolène Royal n'a d'ailleurs pas laissé entendre autre chose, dimanche soir sur France 2 :

« Nous attendons que Martine nous propose des responsabilités à la hauteur de ce que nous pouvons apporter aux Français. »

Quoi qu'il en soit, cet épisode illustre bien ce qui restera comme l'un des congrès les plus sanglants de l'histoire du Parti socialiste. Qui se termine de la pire des manières, comme beaucoup le craignaient dès les premiers mois : avec un parti clivé, dans lequel il va être plus ardu qu'au Zénith de Paris de faire entrer le terme « fraternité », l'une voyant la porte ouverte, l'autre la jugeant fermée.

Photos : Martine Aubry en août à La Rochelle (A. Robert). Ségolène Royal en août à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89).

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  • Jaycib
    • Posté à 13h59 le 11/12/2008

    Puisqu'on ne sait rien sur ce qui s'est vraiment dit entre les deux principales protagonistes, on en restera là question info.

    Personnellement, je ne crois pas que le PS soit simplement « clivé ». En supposant que Ségolène continue sa propre campagne et Martine la sienne, un jour ou l'autre Ségo sera considérée par la direction comme étant sortie des clous, et il n'y aura pas d'alternative à l'exclusion pure et simple...

    On voit ça d'ici :

    PS Aubry
    ex-PS Royal (+ Désirs d'avenir)
    PG Mélenchon
    PC façon Buffet
    PC façon Robert Hue (ce n'est qu'un « club » pour l'instant)
    LO
    NPA Besancenot
    Et qui d'autre encore ? [Nota : je laisse les Verts hors du coup puisqu'ils ont choisi l'option strictement écolo Cohn-Bendit-Hulot-Waechter.]

    Avec une opposition comme celle-ci, Sarko a encore de beaux jours devant lui...

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 14h32 le 11/12/2008
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    Au menu :
    devant les crises mondiales, il va y avoir du chômage considérable, des dépressions et après grosse inflation.
    le tout saupoudré de troubles sociaux-politiques..

    Et on fait quoi ?

    on se ferme les portes aux nez, on fait des caprices, on se crêpe le chignon...

    il faut finir la récréation maintenant... et bosser
    sérieusement.

    N'oubliez pas mesdames et messieurs les dirigeants du PS (et les autres), ces crises vont rester tatouées longtemps dans l'histoire. Entrez avec honneur dans l'histoire au moins.

    l'important ce sont les crises (sérialisons les problèmes par importance)

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 15h02 le 11/12/2008
    • Internaute
      sur le fil

    C'est normal qu'Aubry récompense en premier lieu ceux qui ont appelé a voter pour elle. Royal s'est donc vu, logiquement, offrir des secretariats nationaux de second choix. Plutot que d'accepter et donc, ce faisant, enterrer la hache de guerre et se ranger derrière Aubry, elle préfère refuser et prendre la posture de victime, ce qui est bien plus payant en terme de visibilité et surtout la consacre en tant que chef non officiel de la moitié du PS.

    Royale est donc devenu la leader de l'opposition de l'opposition...Si on fait les comptes elle s'ait prit deux bonnes claques electorales coup sur coup, on peut a juste titre se poser quelques questions.

  • ecor1
    ecor1 répond à PierreAdrien06-
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    • Posté à 15h15 le 11/12/2008
    • Internaute
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    Aubry ou Royal, c'est deux lignes sommes toute assez diférentes. Royale fait parti de la droite dure du PS, un poil reac de surcroit, pour preuve elle était disposée a laisser le poste de premier ministre a Bayrou en cas de victoire en 2007.
    Aubry elle se situe plus a gauche sur le curseur interne du PS, pas besoin de rappeller ce qu'elle a fait sous Jospin, et qui sommes toutes sont les dernières avancées sociales que la France ait connu au cours de la dernière décade.

    Donc Aubry ou Royal, l'enjeu était de taille et la bataille livrée se justifie. Dans le contexte actuel, je crois plus que jamais avoir un PS qui s'affirme à gauche est bien plus salutaire que de le voir lentement (mais surement) dérivé vers le centre (et donc la droite).

    Pour finir donc, la bataille pour la tete du PS ne peut se résumer a une question de personne, mais a été aussi une bataille extremement violente sur les futures orientation du parti. Avec Aubry comme leader, les militants on se rester a gauche, ce qui en soit est un bon choix.

  • vroomus
    • Posté à 15h50 le 11/12/2008

    En gros les aubryistes bien que minoritaire idéologiquement et obtenant une majorité contestable avec des alliances contre nature, propose à la ligne de la motion E majoritaire et victorieuse officieuse des élections interne du parti des postes grotesques.

    En gros on propose à un polytechnicien de s'occuper des toilettes, et on hurle à la main tendu qui est refusée.
    Celui-ci refuse donc naturellement en arguant qu'il peut apporter et doit apporter autre chose que sa simple servilité. ET qu'on ne lui a rien proposer de sérieux.

    Voici la triste réalité. non content d'avoir volé la victoire interne, ils veulent aussi humilié leur « amis ».
    Vraiment quelle drole de personnage.
    Un sectarisme qu'il laisse entrevoir, l'incapacité de s'adresser à un electorat déboussoler par le sarko show permanent.

    Bref, Aubry et la bande à Jospin continuent à étouffer le parti.
    Je redoute la cata aux européennes (<10%) , Ils auront fait perdre un an au parti et à la gauche. Et on reviendra au point de départ car le leadership usurpé de M.Aubry sera alors contesté au sein même de ses pseudo alliés de circonstance.

    Je vote Mélenchon en attendant que Royal et son équipe reprenne le PS car c'est l'ordre des choses, c'est la logique démocratique, et c'est ce que veulent les militants.

    Je pense d'ailleurs qu'il y a bien plus de point commun entre Mélenchon et Royal et qu'entre certains au sein de l'équipe Aubry ... C'est tout dire.

    La victoire volée de M.Aubry est une catastrophe pour la gauche qui est devenu sa propre caricature dont la droite se délecte sans effort.

  • vincort
    vincort
    citoyen moyen
    • Posté à 19h05 le 11/12/2008
    • Internaute
      citoyen moyen

    Qui porte la responsabilité ?
    Je dirais tous, tout ceux qui font partie de la hiérarchie du PS.
    Les sympathisants (dont je suis et je reste encore fidèle) sont furieux et se sentent trahis, ils souhaitent un parti en ordre de marche et ,vu les circonstances, peu importe la ligne précise d'autant que le social-libéralisme est désormais enterré pour longtemps.

    Il faut tout de même faire un parallèle avec l'UMP, où le changement de responsable se fait à la discrétion du « Prince » et où le débat est totalement muselé.

    Qui est l'ennemi principal ? , là est la seule question.