
Royal préfère l'opposition interne à une alliance avec Aubry

On sentait l'excuse venir et elle est venue : les royalistes refusent de faire partie de la direction du Parti socialiste « et la responsabilité en incombe à Martine Aubry ». On attend maintenant la réaction de la nouvelle première secrétaire, qui devrait déclarer que ce sont au contraire les partisans de Ségolène Royal qui ont repoussé sa main tendue.
La surprise vient du fait que les royalistes n'invoquent pas des raisons de fond, mais mettent en cause la « méthode ». « Les conditions d'un rassemblement ne sont pas là », a affirmé Vincent Peillon, qui réunissait vendredi les journalistes dans le QG parisien de Ségolène Royal, boulevard Raspail. « Ce n'est pas le texte qui pose problème, c'est la méthode. »
La méthode, en l'occurence, c'est un texte, faisant office de « feuille de route » socialiste, qui est arrivé tard et déjà signé par Martine Aubry, mais aussi par Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. D'où la réaction des soutiens de l'ex-candidate à la présidentielle, la veille de la tenue du conseil national, qui désignera l'exécutif du parti que représentent le bureau national et le secrétariat national.
A ces problèmes de « méthode » s'ajoute une question de personnes. Vincent Peillon confie que Ségolène Royal avait réclamé pour lui-même le poste de numéro deux du parti et pour elle la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (Fneser). Fin de non-recevoir de Martine Aubry.
Il y a toutefois dans le texte présenté par la nouvelle première secrétaire, et dévoilé ce vendredi soir par LeMonde.fr, deux points qui démontrent que la rupture est consommée sur le fond entre les deux femmes. La maire de Lille a refusé d'intégrer deux propositions avancées par la présidente de Poitou-Charentes, concernant la conception du parti qui a tant divisé les socialistes : les adhésions à 20 euros et la porte ouverte au MoDem.
La fin de l'ère de la synthèse -péjorativement qualifiée de « molle“- est donc actée. Comme l'UMP avec les sarkozystes et les villepinistes, le Parti socialiste aura bien une majorité et une opposition. Sauf que la présidente de Poitou-Charentes répète qu'elle représente ‘la moitié, et peut-être même un peu plus, du Parti socialiste’. ‘Seulement 30%, autant que sa motion’, corrige-t-on dans l'entourage de Martine Aubry.
► Mis à jour le 05/12/2008 à 21h42 avec le texte d'orientation soumis par Martine Aubry à Ségolène Royal.
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De Asse42
Royalais | 13H06 | 06/12/2008 |
Julien
Si tu penses vraiment que le rassemblement d'Emmanuelli à Rocard n'est pas une synthèse molle alors tu nous prends pour des cons. La direction Aubry c'est finalement la continuité d'Hollande. On rassemble tout le monde sur un même texte où sur le fond il n'y a rien de repoussant. On continue comme avant quoi.
Avec royal nous aurions eu une ligne claire d'orientation, de méthodes et de stratégie pour l'avenir. Avec Aubry il y a beaucoup de non-dits et d'hypocrisie comme sur la question des alliances. Comment le Modem à Lille partage les mêmes valeurs que la socialiste Aubry et pas au niveau national ? J'avoue que c'est une des questions dont je n'ai pas la réponse.
De persistant
Cadre | 17H45 | 06/12/2008 |
Les socialistes sont assez déprimants. Non contents d'aller de défaite en défaite, ils continuent a se tirer une balle dans le pied. Moi, je ne suis pas de gauche, mais je pense qu'un parti de gauche intelligent avec de bonnes propositions est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie. Mais il n'y en a pas.
Forts de leurs 20 millions d'€ de fond annuel, les socialistes ont oubliés qu'ils étaient payes pour représenter leurs électeurs et peut-être le hésitants.
Leur problème, c'est qu'ils n'ont pas grand chose a proposer contre le gouvernement actuel. L'approche du gouvernement d'aider les entreprises est bonne ; car n'oublions pas que ce sont les entreprises qui fournissent des emplois. Il faut donc les soutenir. C'est le role d'un gouvernement.
La gauche parle toujours des plus démunis. C'est son rôle et d'ailleurs il faut aider ces gens. Mais ce ne sont pas eux qui vont relancer l'économie avec 200, 500 ou 1000€. Vont-ils acheter une voiture française ? une télé française ? une moto française ? Ah ils vont tout mettre chez l'Oreal ? bon au moins c'est assez français.
Que les socialistes se repositionnent a gauche pourquoi pas. leur seule chance est d'avoir une crise qui soit encore tres forte dans trois ans.
Que Segolene fonde son propre parti pourquoi pas. Peut-etre que dans 3 ans un peu de gauche + un peu de centre operera mieux si la crise commence a faiblir.
Mais enfin, qu'ils commencent a bosser.
De Emgann
présent | 19H33 | 06/12/2008 |
La rhétorique masque mal la réalité. Disons les choses comme elles sont : les petits calculs et les « grosses » alliances n'ont pour objectif que de barrer la route à Ségolène Royal. L'alliance qu'elle propsoe avec le Modem est le prétexte pour faire barrage.
Je pense que si des constats et des objectifs doivent être provisoirement partagés avec Bayrou, il ne faut pas s'en priver surtout quand ils sont vrais. Ce n'est pas une idéologie qui est à défendre mais un pouvoir qui est à prendre et il est à prendre avec urgence et détermination pour empêcher à tous prix que les plus faibles , les plus défavorisés, les plus démunis ne continuent à payer le prix fort de la politique actuelle. J'ajouterai que quand Bayrou et Royal attiraient notre attention sur le devenir de la démocratie, ils avaient complètement raison. Il est temps d'ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans ce pays.