
Delanoë soutient Aubry et lance un front anti-Royal

Les trois avaient réussi à se mettre d'accord sur un texte commun durant la « nuit des longs couteaux » au congrès de Reims, mais pas sur le candidat pour le porter. Le maire de Paris s'était dit dimanche « triste et déçu » de ne pas être parvenu à trouver cet accord, il s'était refusé à toute consigne de vote, voulant « respecter la liberté de conscience de chaque militant ».
Pas de soutien donc à Martine Aubry, et encore moins à Benoît Hamon, les deux candidats qui affronteront Ségolène Royal lors du vote des militants pour le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.
Revirement de situation lundi midi : dans une lettre adressée aux militants, Bertrand Delanoë appelle « à voter massivement » pour Martine Aubry :
« Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims : l'identité même du Parti socialiste.
“Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur.”
“Ce front existe, on le voit bien”
Même si François Hollande et Pierre Moscovici n'emboîtent pas le pas de Bertrand Delanoë, qui semble ici inspiré par Lionel Jospin, la maire de Lille s'est dite, le soir-même sur RTL, “heureuse” du soutien d'une “personnalité remarquable” du PS :
“Nous avons travaillé depuis longtemps et pendant ces trois jours à ce que notre ligne politique soit la même. Et si nous n'avons pas pu nous mettre d'accord avec Benoît Hamon sur un nom, nous savions que nous étions d'accord sur l'essentiel.”
Un soutien qui, lorsqu'on additionne strictement les scores des deux tenants de motion lors du vote des militants du 6 novembre, placerait Martine Aubry (24,32% + 25,24% = 49,56%) devant Ségolène Royal (29,08%).
Interrogée vendredi sur France Inter, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a reconnu que “ça compliquait arithmétiquement” la donne. Et de dénoncer : “Ce front existe, on le voit bien.”
“Vieille logique du règlement de comptes”
Ce front anti-Royal, son lieutenant François Rebsamen l'avait déjà pointé du doigt, dès lundi après-midi. Il tenait toutefois à se montrer rassurant, au micro de BFM Radio :
“Je vois bien qu'il y a là une stratégie d'empêchement pour empêcher les socialistes de donner une majorité à celle qui est avec son équipe en capacité de porter un rassemblement dans le Parti socialiste. (…)
Mais jusqu'à présent les appels des grands élus n'ont pas été trop entendus. Je pense que les militants sont assez libres pour, en conscience, faire un choix par delà les consignes de vote qui peuvent être données.”
Et si, en cas de second tour qui se profile de plus en plus, Benoît Hamon (18,52%) faisait de même, la tâche serait plus ardue encore pour Ségolène Royal. Mais rien n'est moins sûr, pour l'heure. Devant la presse, le député européen a jugé lundi soir “décevant” cet appel. Ajoutant :
“La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement.”
► Mis à jour le 18/11/2008 à 11h44 avec les réactions de Martine Aubry et Ségolène Royal.

Dessin : Baudry
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De STEPHAN75020
consultant | 18H32 | 17/11/2008 |
Oui ça vole bien bas… le front anti-royal a des arguments tristement indignes d'un débat politique. Ce qui m'étonne dans le ralliement de Delanoe c'est qu'au plans des idées purement politiques, il est plus proche de Royal que d'Aubry (lire les motions du PS). Cela est décevant de voir que cet homme pourtant droit s'abandonne à des tactiques purement personnelles. Il est maintenant logique de penser que les pro Hamon se rallieront à Aubry s'il y a deuxième tour. Ségolène est donc perdue, le PS en sortira-t-il grandi ? En sortira-t-il tout court ? Que va faire Aubry avec le PS ? Quelle est sa véritable image auprès des français ? …
De Nicolas Cadène
Collaborateur parlementaire - Conse... | 20H29 | 17/11/2008 |
Oui, ce « front anti Royal » qui ne dit pas son nom est symptomatique d'un parti aux vieilles méthodes et entre les mains d'anciens qui refusent de passer la main.
Nous avons vécu trois jours difficiles lors de ce 75ème congrès socialiste. En effet, être délégué d'une fédération socialiste dans un tel climat politique n'est pas chose facile. Alors que nous tous espérions repartir de Champagne avec une nouvelle gouvernance et une ligne politique éclaircie, nous en sortons sans aucune ligne politique ni majorité claires.
La motion E (Ségolène Royal et Gérard Collomb), avec près de 30% des suffrages socialistes était arrivée en tête des six motions le 6 novembre dernier, avec 4 points d'avance sur la seconde. Pourtant, il lui a été très clairement refusé de rassembler. Dans la nuît des résolutions de samedi à dimance, les motions A, C et D ont en effet décidé de ne pas négocier avec le texte politique choisi par le plus grand nombre de socialistes… alors même que tous les gestes avaient été fait : entretiens avec chacun des porteurs de motion, courriers, documents de travail, ouverture de la gouvernance du parti à des membres de chaque courant, etc.
L'argument de l'absence de majorité des motions portées par Ségolène Royal et le Pôle écologique n'en est pas un. Certes, il y a 69% des militants qui n'ont pas voté pour elles, mais il y a 75% des militants qui n'ont pas non plus voté pour la motion de Bertrand Delanoë, 76% celle de Martine Aubry et 80% celles de Benoît Hamon et d'Utopia. C'est cela la démocratie. Et n'oublions pas que les 70% qui ont voté un autre texte que le E sont très loins d'être homogènes puisque réunissant la motion la plus à gauche (C) et celle la plus modérée (A) du parti.
Aucune question de fond n'explique le refus d'alliance. La question du MoDem n'est qu'un faux prétexte car la stratégie de rassemblement de la gauche avant toute ouverture sur la base de notre projet n'a jamais été abandonnée. Ici, nous n'avons qu'à rappeler le discours de François Mitterrand à Épinay le 13 juin 1971 : « Nous devons rassembler l'ensemble des forces de gauche (…) puis reconquérir les libéraux (…) qui acceptent comme nous l'héritage démocratique dans le domaine politique, mais qui refusent nos méthodes et nos structures sur le plan de l'économie » …
La vraie raison, nous la connaissons tous : elle s'appelle Ségolène Royal. Depuis maintenant plus de deux ans, toute une partie de notre formation politique refuse de voir ce qu'elle représente et cherche à la sortir du paysage politique purement et simplement (aidée en cela par l'UMP). Ce changement profond des pratiques politiques qu'elle incarne, la ligne politique nouvelle et rassembleuse qu'elle propose ont tout pour déplaire aux « éléphants » du parti. Le risque pour eux ou leurs anciens disciples, est tout simplement de perdre leur pouvoir local, de perdre un mandat cumulé, de ne plus contrôler les militants, de ne plus « tenir » leur bastion face à d'éventuels nouveaux venus au militantisme. Ils disent ne pas vouloir d'un parti de « supporters », mais ce qu'ils craignent en réalité c'est un parti de masse, vivant, dynamique, moins facile à « vérouiller ». Chez Ségolène Royal, tout les dérange : sa façon d'être, sa popularité, sa manière d'aborder de front les sujets, jusqu'à son vocabulaire. Ils rejettent en bloc et avec une étonnante violence cette manière de faire autrement que selon les bonnes vieilles règles de la bonne vieille politique. Leurs petites phrases ont d'ailleurs largement alimenté les médias : « la secte de Ségolène », « Qui va garder les enfants », « ce n'est pas un concours de beauté », etc.
Que l'on nous parle pas de victimisation alors même que les auteurs de ces phrases, parfois prononcées en pleine campagne présidentielle, n'ont jamais exprimé le moindre remord mais n'ont pas manqué d'accuser Ségolène Royal d'être la première fautive et seule responsable de la défaite en 2007… Sans jamais se remettre en question et penser que leurs querelles internes pouvaient donner, encore aujourd'hui face à une droite dure, une mauvaise image de la gauche et flouter encore un peu plus notre message politique.
Que l'on nous parle pas non plus d'inexpérience ou d'amateurisme de l'ex-candidate. Jusqu'à la présidentielle de 2007, elle a tout gagné, et pas dans des circonscriptions acquises. Dans les années 80 elle a pris une circonscription à la droite pour la garder depuis, à gauche. Plus récemment elle a gagné la région Poitou-Charentes à l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En obtenant 47% à la présidentielle à partir d'un total cumulé de la gauche à 36% elle a su fédérer les gauches comme seul François Mittérrand (et dans une certaine mesure Lionel Jospin) avant elle avait su le faire, tout en parvenant à convaincre bien au delà. Mise à l'écart du parti dès juin 2007 par de sombres tactiques politiciennes, des ambitions mal avouées, des rancunes tenaces et des jalousies déplacées elle n'a jamais cessé de combattre… la droite. Pendant que les autres la combattait elle, elle combattait nos ennemis communs : Nicolas Sarkozy et sa majorité. Jamais elle n'a abandonné ses électeurs, jamais elle n'a cédé au découragement, jamais elle ne s'est faite prier pour être de toutes les luttes.
En réalité, le seul fondement valide d'une alliance des porteurs (je ne parle que de certains porteurs, pas des militants, qui je pense n'ont pas validé ce type d'alliance et ces tractations) des motions A, C et D qui ont de vraies divergences sur le fond (davantage qu'avec la E qui se veut centrale au sein du PS) était le goût de certains pour ces pratiques politiques archaïques et parfois une inquiétante déconnection des réalité de la société française d'aujourd'hui. Même si elle a malheureusement été tentée, cette alliance n'a pas eu lieue. Les militants encore lucides n'ont pas accepté ces arrangements absurdes sur le dos du débat de fond.
L'enjeux est de taille, la question n'est pas anodine, c'est la nature même du projet socialiste qui va se dessiner jeudi. c'est sa modernité, son retour au réel, sa projection dans l'avenir par son retour à la source de tout notre engagement : la lutte quotidienne de nos concitoyens pour plus de justice, plus d'égalité, plus de liberté et plus de fraternité.
Le projet dépersonnifié de Ségolène Royal mettant en avant une équipe autour de Vincent Peillon va dans le bon sens et permettra ce renouvelement et cette clarification tant attendus.
Un délégué pour le Gard
De simontrois
chercheur | 21H27 | 17/11/2008 |
Pas difficile de comprendre que Bertand Delanöé a été « retourné » à un de ceux qui dans l'ombre du congrès veillent sur leur petit capital de vindicte (Lionel Jospin ? ) et que la haine rend aveugles.
Soutenir que Ségolène Royal n'a aucun programme, c'est de la pure mauvaise foi ; Les grands technocrates qui proclament leur radicalité de gauche et se contentent, une fois au pouvoir de panser les plaies du libéralisme (bien mal d'ailleurs) ont très peur de voir émerger des réponses qui remettent en cause leur confort moral.
Les postures hypocrites deviennent de plus en plus des impostures.
Je suis t« moins que les dénigrements contre Ségolène ont commencé dés sa déclaration de candidate à la candidature aux dernières présidentielles. Et d'aucuns n'ont cessé de savonner la planche jusqu'à la veille de l'élection (n'est ce pas Michel Rocard ? )
Même si certaines formulations, et l'exés dans le compassionnel me gênent un peu, et parce qu'il est
temps d'en finir avec l'hypocrisie je vais voter pour Ségolène !
De NuitDesRevolutions
La Dame des Trente Cinq Leurres, no... | 21H34 | 17/11/2008 |
Déçu par la volte-face de Bertrand. Déçu, vraiment. Deux-mille douze. Voilà, finalement ce qui l'intéresse.
« Paroles, paroles, paroles », Monsieur l'Orateur. Pas de consigne de vote. J'avais le sentiment d'être respecté dans mon choix de jeudi. Et qu'on nous épargne les traditionnelles consignes. L'idée me plaisait. Patatras. Dommage.
Et Martine, qui fréquente les plages lilloises modemiennes. Du pur « trente-cinq leurres, qui, à la dernière minute, dépose sa candidature.
Benoît, je l'aime. Ségolène, aussi. Un couple improbable, je sais. En Hamon, je vois Ségolène. En Benoît, la voie Royal.
Alors, mon coeur balance. Il faut savoir la passer la main. La donner, même. Oui, Il faut casser la “baraque à fric”. L'idée d'une adhésion à vingt euros n'est
pas de vouloir brader le parti. Vous le savez, Camarades.
Un dernier truc. Faudrait-il être considéré comme un illuminé quand on prononce des mots comme coeur, amour,
partage, fraternité, solidarité… Tiens, et MILITANT. Serait-ce aussi un mot décalé ? Pire, un gros mot ?
Alors, Monsieur Bruce89. Professeur, vous l'êtes. J'en doute. Je le redoute. J'attends votre distribution de mauvais points. Un quelconque brevet. La “hainologie” est peut-être une de vos matières préférées ou enseignées.
Allez, j'attends vos corrections. Si j'en vaux la peine.
Sinon, je sais dire m… Aussi.
De AgateZeblues
23H44 | 17/11/2008 |
Les 2 meilleurs alliés de la droite (ses meilleurs ennemis), ce sont : Royal et Besancenot. Royal, parce que c'est une machine à perdre. Besancenot parce qu'il prend au PS évidemment.
Face à quelqu'un comme Martine Aubry, la droite la ramènerait moins.
Parce qu'Aubry est une socialiste. De conviction (de celles qui ont pleuré quand Le Pen a été au second tour. Comme moi d « ailleurs. Pas de la fragilité. Non, de la sensibilité. Différence de taille).
Parce qu'Aubry sait parler. C'est une communicante. Naturelle. Avez-vous regardé son discours au congrès du PS. Moi oui : salle debout, qui tapait des pieds. Emportée. La forme et le fond, l'assurance, le leadership. Tout y était.
Royal a ma sympathie. Elle a été nettement au dessus de Jospin, ce lâche qui a abandonné le navire quand il coulait. Qu'on l'oublie ! Royal n'a pas été epargnée et elle a eu du cran.
Mais question communication : Zéro de chez zéro ! Pas de confiance en elle, c'est flagrant. Qu'elle soit ambitieuse et obstinée évidemment. Mais pas de confiance en elle, ses hésitations dès qu'elle parle la rendent soporifique. Du coup, évidemment elle prend des cours de Com, et on a droit au vide de ses discours : aucun fond. Des mots creux : amour, fraternité, soignons-nous et autres niaiseries.
Niaiseries, parce que mon bonheur, mes amours et mon altruisme, c'est pas la politique qui les régente.
Aubry a tenu le discours politique que la gauche attendait : résistance avec les sans-papiers, manifestations aux cotés des ouvriers, syndicats et asso, défense des acquis sociaux gagnés par la gauche. Etc etc…
Alors, rien de perso contre Royal. On lui dit merci. Mais pour la prochaine fois ça va pas être possible. Alors au passage, merci a Delanoe d'avoir soutenu Aubry, histoire qu'une majorité se dégage enfin et qu'on évite le retour de la pauvre Royal que les media veulent nous revendre, histoire d'installer la droite pour 10 ans au pouvoir. Non merci