
Delanoë out, le match continue entre Royal, Aubry et Hamon
Au terme d'une nuit de déchirements, le maire de Paris s'est retiré de la course. Les militants trancheront entre les trois autres leaders.
(De Reims) Ils étaient quatre leaders socialistes sur la ligne de départ de la course à la candidature au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste. Ils sont trois à l'arrivée. Après Benoît Hamon dès le 23 septembre, Ségolène Royal le 14 novembre, Martine Aubry s'est déclarée à son tour.
C'est désormais officiel, le dépôt des candidatures est clos depuis ce dimanche, 9h30. Martine Aubry a flirté avec l'heure limite, mais a fait elle-même acte de candidature auprès du bureau d'enregistrement. On prend pratiquement les mêmes et on repart pour un, voire deux tours ! Seul le maire de Paris manque à l'appel.
Déjà considéré comme le grand perdant du vote des militants sur les motions, le 6 novembre dernier, Bertrand Delanoë confirme sa défaite. Il s'est dit « triste » de ne pas avoir réussi à faire alliance avec les motions de Martine Aubry et Benoît Hamon, mais ne voulait pas accentuer encore les « divisions ».
Le Parti socialiste ressort en effet du congrès de Reims sans orientation politique majoritaire. C'est donc sur les personnes que les militants devront tenter de dégager une majorité, en votant le 20 novembre (et le 21, en cas de second tour) pour élire leur futur Premier secrétaire.
Une situation qui s'est décantée tôt dans la matinée, après « la nuit des longs couteaux » de samedi à dimanche, qui a vu la Commission des résolutions tourner court. Ségolène Royal a rapidement claqué la porte, sans que les trois autres motions ne parviennent non plus à trouver un accord. Revivez heure par heure tractations et déclarations.

03h20. La nuit finit comme elle a commencé : sans aucun accord, et avec François Hollande qui décrypte les imbroglios socialistes. En tant qu'actuel Premier secrétaire, il constate l'absence de tout rassemblement (pour l'heure cependant, car tout peut encore se passer d'ici la fin du congrès, dimanche à 13h) :
« La motion de Ségolène Royal a cherché, tout au long de la soirée, à trouver cette majorité. Elle n'est pas venue. Ensuite, les trois autres motions ont elles-mêmes tenté de faire un rassemblement. Il n'a pas été possible. » (Ecouter le son)
Aucune majorité n'a donc été dégagée. Mais au milieu de ce qui ressemble de plus en plus à un naufrage, François Hollande se fait fort de relever tout de même les raisons d'espérer :
« J'avais moi-même mis en garde, en disant “attention, quand il y a plusieurs motions, quand aucune n'arrive majoritaire, il y a un risque'. Mais, néanmoins, c'est le Parti socialiste qui va gagner, et ce sont ses militants qui vont lui donner la solution.” (Ecouter le son)
Sous-entendu : le futur Premier secrétaire devra bien réunir plus de 50% des suffrages pour être élu par les militants le 20 novembre (et le 21 en cas de second tour). Une majorité sera donc obligatoirement dégagée.
Mais toute relative, car les membres de deux des trois organes de gouvernance du parti, le Bureau national et le Conseil national, sont élus proportionnellement aux scores obtenus par les motions, et non par le Premier secrétaire. Sans accord entre les motions, pas de majorité pour gouverner. Ou comment créer une cohabitation à l'intérieur d'un même parti…
Si les dernières réunions de ce dimanche matin n'aboutissent toujours pas à une double clarification, en termes politiques et de personnes, ce congrès de Reims pourrait constituer l'une des dates les plus noires de l'histoire du Parti socialiste.
02h57. Grâce à Bertrand Delanoë, on apprend qu'il y a une porte dérobée au Centre des congrès de Reims. Le maire de Paris l'a utilisée pour sortir sans être confronté aux questions des journalistes, sur une situation dont il doit avoir lui-même bien du mal à savoir comment elle va se décanter.
02h44. Martine Aubry part murée dans un quasi silence, le masque des mauvais jours greffé au visage. Quelques secondes plus tard, loin des journalistes, c'est pourtant une Martine Aubry hilare que Rue89 a aperçu à travers les vitres du Centre des congrès.
Mais la consigne devait être d'afficher cette nuit un air grave. En témoigne la seule phrase lâchée par Arnaud Montebourg, un de ses partisans : “C'est extrêmement difficile à vivre, nous préférons le silence, vous le comprenez.”
02h30. Au tour de Benoît Hamon de quitter le Centre des congrès et d'acter l'échec de la soirée : “La Commission des résolutions n'est pas parvenue à dégager autour de la motion E de Ségolène Royal une synthèse.” Et au quadragénaire de s'en prendre aux mêmes déclarations précédentes de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle :
“Ce qui s'est joué ce soir, ce n'est pas une bataille entre le jeune parti et le vieux parti. Je n'ai pas l'impression d'appartenir au vieux parti, parce qu'on a cherché jusqu'au bout à se rassembler.”
Les représentants de l'“autre âge”, selon le député européen, sont plutôt ceux qui, comme Ségolène Royal, ont bénéficié du soutien de “grosses fédérations, où justement là le vieux parti amène à cadenasser les résultats et à gonfler considérablement les résultats”.
Quant à lui, il est “toujours candidat ce soir et demain matin au changement”. Un changement “ancré à gauche”, plutôt qu'un changement “qui amène à regarder beaucoup plus sur la droite”, et qu'il souhaiterait réaliser avec le soutien de Martine Aubry. (Voir la vidéo)
02h13. Pierre Moscovici, l'un des principaux animateurs de la motion de Bertrand Delanoë, descend voir les journalistes. Il confirme d'abord l'absence totale d'accord, avant de réagir vivement aux déclarations précédentes de Ségolène Royal :
“On ne peut pas à la fois vouloir diriger le parti et ne pas accepter des règles qui sont communément admises. Il ne s'agit pas d'un ‘autre âge’, ce sont les règles du Parti socialiste, ce sont ses statuts. (…) On ne peut pas à la fois jouer à un jeu et changer la règle du jeu.” (Ecouter le son)
Pierre Moscovici ajoute que “ça paraîtrait logique” que lorsque que la motion arrivée en tête ne parvient pas à dégager de majorité, que ce soit à la motion arrivée en seconde position (en l'occurrence, celle qu'il défend) de tenter de le faire et de proposer un candidat issu de ses rangs.
Aucun nom n'est toutefois confirmé. Pas plus le sien que celui du maire de Paris. Seules les candidatures de Ségolène Royal et Benoît Hamon demeurent donc officiellement en lice.
02h05. Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon, accompagnés chacun de leur soutien le plus proche (respectivement Harlem Désir, François Lamy et Henri Emmanuelli), terminent leur aparté à six sans avoir trouvé d'accord. Martine Aubry a proposé à Bertrand Delanoë de choisir Benoît Hamon comme candidat commun, mais le maire de Paris a refusé.
01h32. A peine deux heures de débats et c'est déjà fini ! Ségolène Royal quitte la Commission des résolutions. La séance n'a pas repris à l'issue de la suspension : Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon se sont isolés pour examiner leurs points d'accord.
Considérant la pratique inacceptable, la désormais candidate au poste de Premier secrétaire, Ségolène Royal, suivie de la majorité de ses partisans, a donc claqué la porte, non sans dénoncer des “méthodes d'un autre âge” :
“La main tendue que nous avions offerte à l'ensemble des autres projets qui ont émergé lors de ce congrès n'a pas été saisie. (…) Maintenant, j'en appelle à tous les militants du Parti socialiste qui vont avoir à prendre toutes leurs responsabilités. (…)
Ils vont avoir à choisir entre le retour d'un parti aux méthodes d'un autre âge, celles à laquelle nous assistons, et un nouveau Parti socialiste tourné vers l'avenir, avec une nouvelle génération.” (Voir la vidéo)
00h08. Premier thème débattu en Commission des résolutions : justement la question des alliances avec le MoDem et la proposition de Ségolène Royal (voir note précédente). Les motions de Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon refusent cette proposition.
François Hollande, actuel Premier secrétaire mais aussi soutien de Bertrand Delanoë, demande que ce refus soit acté par un vote. Le camp Royal s'y oppose, de peur d'être mis en minorité, et obtient la première suspension de séance de la nuit.
23h34. L'un des principaux points d'achoppement abordé lors de cette Commission des résolutions est la question des alliances avec le MoDem. A la lecture des motions, les positions divergent.
Si Martine Aubry n'exclut pas que “le PS agisse avec d'autres démocrates”, Bertrand Delanoë considère en revanche que les alliances “doivent être à gauche” et constate “lucidement” que le centre “n'est pas à gauche”, et Benoît Hamon pose comme “préalable le refus d'alliance au centre”.
Pour passer outre ce désaccord, Ségolène Royal a proposé plus tôt dans la journée, durant son discours, “une consultation directe des militants sur la question” le moment venu. Tonnerre d'applaudissements des délégués socialistes, qui scandent : “Un vote, un vote, un vote…”
Deux minutes plus tard, Ségolène Royal reprend la parole et conclut sur le sujet d'un ton comminatoire : “Cette question ne pourra plus servir de prétexte au refus du rassemblement autour de la motion arrivée en tête.” (Voir la vidéo)
23h04. Les 102 socialistes présents au sein de la Commission des résolutions sont tous arrivés depuis une demi-heure. Pour l'heure, aucun n'en est encore ressorti. Rien ne filtre. Pas non plus de textos notables échangés avec les journalistes (oui, souvent ça marche comme ça).
Des journalistes qui ne sont plus dans la très équipée salle de presse du Parc des expositions, mais dans le hall d'entrée du Centre des congrès, de l'autre côté de Reims (oui, le Parti socialiste a eu envie de changer d'endroit pour cette “nuit des longs couteaux).
21h15. En début de soirée, avant le démarrage de la Commission des résolutions, tandis qu'il parle devant les représentants de la motion de Delanoë dont il est co-signataire, François Hollande, actuel Premier secrétaire, semble préoccupé.
Alors qu'il vient de plaider, non sans réserves, en faveur d'une recherche de majorité avec les motions Aubry et Hamon, avec comme candidat à sa succession Bertrand Delanoë, il fait part de son souci de voir Ségolène Royal élue le 20 au soir.
‘Il y a un risque’, répéte-t-il avant d'inviter l'assistance à faire en sorte que la décision de cette nuit ne soit pas infirmée dans les urnes par la base. Et n'ouvre une crise au sein du parti. (Christiane Chombeau)
- 44158 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






























313
(Pour réagir, connectez-vous)
à gudule62
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H21 | 16/11/2008 |
@ gudule62
Ben dans la région où je vis, rien qu'à écouter discuter les militants PS entre eux, j'ai compris que je n'y avais pas ma place. Les combines m'ont toujours débecqueté.
Aussi j'en suis au même point que vous et je partage entièrement votre conclusion.
à Servais-Jean
De Jean de Lille
22H12 | 16/11/2008 |
j'avais repéré le psychanalyste orphelin alors je l'ai cherché ppour lui demander un truc :
ne trouvez vous pas qu'à travers les interventions des uns et des autres on pourrait illustrer tous les discours sur la jouissance et la pulsion de mort ? On dirait que les riverains de rue 89 jouisse de voir que le PS pourrait être détruit et au fond sont très satisfait de voir que ce congrè de Reims ne les déçoit pas. Personne ne vient là mettre un terme à cette jouissance mortifère, ouf on va pouvoir continuer le même jeu.
à Losc
De jivé13
salarié comme plus de 90%des actifs... | 20H50 | 16/11/2008 |
I had a dream ! J'ai fait un rêve en mai 2007. Ou plutôt un cauchemard. Ségolène avait gagné et nous avions (nous électeurs de gauche), François Bayrou au poste de Premier Ministre.
PLUS JAMAIS CA ! ! ! ! ! ! !
De riverain désinscrit à sa demande 28.01
abcdef | 15H51 | 16/11/2008 |
Le problème est que le PS est un parti de petits fonctionnaires dirigé par des hauts fonctionaires
De Ernest Petiot
charcutier tripier volailler | 16H11 | 16/11/2008 |
Le militant socialiste est un cocu genetique.
Segolene Royal 2 semaines apres les avoir defendus pendantles presidentielles de 2007 : « vous savez la retraite a 60 ans et les 35 heures, c'est le P.S qui me les a imposes… personnellement …'
Cocus un jour, cocus toujours !
De domtom
educateur | 16H13 | 16/11/2008 |
Madame royal a gagné le premier tour ..Les militants décideront à présent et c'est tant mieux : elle sort gagnante cependant du congrés car fidèles et fermement convaincus , déterminés : pour NOUS , pour beaucoup c'est Elle !
à domtom
De Losc
juriste | 16H20 | 16/11/2008 |
NON MERCI
à domtom
De valzeur
quidam | 16H46 | 16/11/2008 |
« pour NOUS , pour beaucoup c'est Elle ! » :
Ô effroyable contagion de ce style sulpicien à la mords-moi le chose…
ELLE ! - pourquoi la majuscule ? Ségolène Royal, c'est la Vierge Marie ? Marie-Antoinette ? Diane Chasseresse ?
Foi, fidélité, constance, émotion même plus retenue ; bienvenue dans le monde magique de l'affect porté en bandoulière.
C'est sûr, encore un peu de bons sentiments, de chants scouts, de postures sacrificielles et on va gagner, non ?
Ben non, on ne va pas gagnet et Sa Sainteté Ségolène Sainte et Martyr de la gauche nous conduit droit dans le mur, incapable qu'elle est de rassembler à gauche, et à fortiori à droite.
Point n'est besoin d'avoir lu tout Marx et Jaurès pour s'en rendre compte. Il suffit de l'ECOUTER. Tout en elle sonne faux. Si seulement elle incarnait correctement ce populisme de gauche dix-neuvième avec grand trémolos, si elle était convaincante et qu'elle nous assurait une victoire en 2012, ce ne serait pas très glorieux ni très élégant comme positionnement, mais OK signons là, banco ! Malheureusement, elle est mauvaise comme un cochon dans ce rôle, une sorte d'Arielle Dombasle brune sans second degré salvateur.
Si, par malheur elle emporte le titre de 1 er secrétaire, ce sera Plus Belle la Vie à gauche pendant 4 ans avant la Bérésina de 2012.
« Le sommeil de la raison engendre les monstres » (Francisco Goya).
Bon sang ! Réveillez-vous !
à valzeur
De Losc
juriste | 17H01 | 16/11/2008 |
Voilà…parfaitement résumé
De said sellali
cadre à nantes | 16H14 | 16/11/2008 |
Pitoyable dirigeants du PS . En effet, alors que l'ultra libéralisme économique qui était l'alpha et l'omega de toute politique économique depuis 30 ans s'effondre, ils choisissent de se quereller publiquement sur des questions de personnes.
Risible, alors qu'une fenêtre de tir pour un retour des idées de gauches -régulation , intervention de l'état dans l'économie, main- street plutôt que wall-street- est plus ouverte que jamais,les dirigeants socialistes ont jurés de se flinguer et nous avec. Même Sarko n'avait pas rêvé d'une telle situation.Pour un type de gauche comme moi, j'avoue ma lassitude et ma fatigue face à cette situation ubuesque.
De Zorro
médecin à Lunéville | 16H31 | 16/11/2008 |
Ségolène Royal ? Euh, attendez voir… C'est pas celle qui a reconnu au lendemain de sa défaite qu'elle ne croyait pas à son programme ?
Ce sont des gens comme ça qui redresseront la gauche, c'est sûr !
à Zorro
De Losc
juriste | 16H54 | 16/11/2008 |
Je vous suis.
Développer une ligne politique claire et y rester fidèle, c'est une priorité….je maintiens qu'il y a beaucoup trop de girouettes au PS… et c'est un drame car cela décrédibilise l'ensemble des citoyens sincèrement de gauche
De gudule62
17H00 | 16/11/2008 |
quand ce parti aura enfin intégré que la constitution française impose le fait que seule la présidentielle compte vraiment, et que le principe de : le parti décide et chosit un candidat qui portera un programme écrit collectivement pour faire plaisir à tout le monde (donc vide) même si elle(il) n'y croit pas, et bien, ca conduit à perdre cette élection, on pourra avencer. Assez d'hypocrisie !
à gudule62
De Losc
juriste | 17H04 | 16/11/2008 |
Je ne comprends rien à votre réaction ! vouloir vendre du vide à tout prix, pour moi, cela tient de la bêtise…s'acharner pour Royal au détriment d'une lecture réaliste de la situation économique et sociale du pays est pour moi impardonnable
à Losc
De gudule62
17H09 | 16/11/2008 |
vou soutenez hamon, grand bien vous en face… mais expliquez moi en quoi son discours était plus crédible ? ? ? le ps qui dépasse besancenot à gauche quand il débat pour installer fabius ou dsk aux finances une fois élu, voilà ce qui l'a conduit à se perte !
à gudule62
De Losc
juriste | 17H14 | 16/11/2008 |
Je pense qu'Hamon était la moins langue de bois. Il a présenté une ligne politique claire. Il souhaite selon ses partisans incarnait le cœur de la gauche au PS comme si ce parti était de droite ! En arrivez à cela c'est déjà grave. J'ai par ailleurs perçu dans son discours une volonté d'oppositions, une volonté politique que je n'ai pas retrouvée chez les autres.
à Losc
De Losc
juriste | 17H16 | 16/11/2008 |
Une ligne à gauche, assumée sans ambages. Une volonté et un courage politique. Mais aussi de la crédibilité et du sérieux dans les analyses. Un leader à la hauteur de la tâche, une opposition dure, impitoyable.. voilà ce que recherche certain d'entre nous
à Losc
De gudule62
17H19 | 16/11/2008 |
vous êtes donc bien un militant, contrarement à ce que vous vanciez en début de discussion, et un vrai bon militant, habitué au trvail masqué… bravo ! le ps a de l'avenir !
à gudule62
De Losc
juriste | 17H28 | 16/11/2008 |
Je vous garantis que je ne suis pas encarté. Si vous aviez lu mon premier commentaire sous cet article vous auriez compris. J'ai tout simplement suivi sur LCP le congrès, point
Cela ne m'empêche pas d'avoir un point de vue et de vouloir qu'une opposition crédible se développe.
De jojomigrateur
Photojournaliste | 17H01 | 16/11/2008 |
Je ne sais pas ce que Ségolène fume, mais çà à l'air beaucoup plus toxique pour les neurones que ces fameux « actifs toxiques » des banques américaines…
Plus sérieusement, les socialistes sont ils tous aussi stupides pour ne pas se rendre compte du spectacle affligeant qu'ils offrent… ?
Et s'ils commençaient à réfléchir sur la légitimité de toutes ces « motions » qui ne sont peut-être pas en phase avec les citoyens… Cela ne pose t'il pas un problème que les projets sur lesquels voteront des millions de gens soient proposés par des militants qui ne reflètent pas forcément la composition de l'électorat potentiellement socialiste… ?
Les élus ne sont pas « propriétaires » de leurs voix et ils devraient réaliser que l'électorat n'est jamais défonitivement acquis…
Les éléphants du parti devraient enfin constater que les pachydermes ne sont plus en odeur de sainteté et qu'il est temps pour eux de disparaitre avant que cela ne leur soit signifié de manière cruelle lors de prochaines élections…
Il est temps de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de se débarasser des antiquités préhistoriques qui encombrent ce parti pas encore moribond… Mais presque !
De kawouede
17H09 | 16/11/2008 |
Heureusement qu'il n'y a pas que le PS à gauche !
http://www.lepost.fr/article/2008/11/15/1326697_pendant-ce-temps-les-ver…
De Nicolas Cadène
Collaborateur parlementaire - Conse... | 17H21 | 16/11/2008 |
Nous avons vécu trois jours difficiles lors de ce 75ème congrès socialiste. En effet, être délégué d'une fédération socialiste dans un tel climat politique n'est pas chose facile. Alors que nous tous espérions repartir de Champagne avec une nouvelle gouvernance et une ligne politique éclaircie, nous en sortons sans aucune ligne politique ni majorité claires.
La motion E (Ségolène Royal et Gérard Collomb), avec près de 30% des suffrages socialistes était arrivée en tête des six motions le 6 novembre dernier, avec 4 points d'avance sur la seconde. Pourtant, il lui a été très clairement refusé de rassembler. Dans la nuît des résolutions de samedi à dimance, les motions A, C et D ont en effet décidé de ne pas négocier avec le texte politique choisi par le plus grand nombre de socialistes… alors même que tous les gestes avaient été fait : entretiens avec chacun des porteurs de motion, courriers, documents de travail, ouverture de la gouvernance du parti à des membres de chaque courant, etc.
L'argument de l'absence de majorité des motions portées par Ségolène Royal et le Pôle écologique n'en est pas un. Certes, il y a 69% des militants qui n'ont pas voté pour elles, mais il y a 75% des militants qui n'ont pas non plus voté pour la motion de Bertrand Delanoë, 76% celle de Martine Aubry et 80% celles de Benoît Hamon et d'Utopia. C'est cela la démocratie. Et n'oublions pas que les 70% qui ont voté un autre texte que le E sont très loins d'être homogènes puisque réunissant la motion la plus à gauche (C) et celle la plus modérée (A) du parti.
Aucune question de fond n'explique le refus d'alliance. La question du MoDem n'est qu'un faux prétexte car la stratégie de rassemblement de la gauche avant toute ouverture sur la base de notre projet n'a jamais été abandonnée. Ici, nous n'avons qu'à rappeler le discours de François Mitterrand à Épinay le 13 juin 1971 : « Nous devons rassembler l'ensemble des forces de gauche (…) puis reconquérir les libéraux (…) qui acceptent comme nous l'héritage démocratique dans le domaine politique, mais qui refusent nos méthodes et nos structures sur le plan de l'économie » …
La vraie raison, nous la connaissons tous : elle s'appelle Ségolène Royal. Depuis maintenant plus de deux ans, toute une partie de notre formation politique refuse de voir ce qu'elle représente et cherche à la sortir du paysage politique purement et simplement (aidée en cela par l'UMP). Ce changement profond des pratiques politiques qu'elle incarne, la ligne politique nouvelle et rassembleuse qu'elle propose ont tout pour déplaire aux « éléphants » du parti. Le risque pour eux ou leurs anciens disciples, est tout simplement de perdre leur pouvoir local, de perdre un mandat cumulé, de ne plus contrôler les militants, de ne plus « tenir » leur bastion face à d'éventuels nouveaux venus au militantisme. Ils disent ne pas vouloir d'un parti de « supporters », mais ce qu'ils craignent en réalité c'est un parti de masse, vivant, dynamique, moins facile à « vérouiller ». Chez Ségolène Royal, tout les dérange : sa façon d'être, sa popularité, sa manière d'aborder de front les sujets, jusqu'à son vocabulaire. Ils rejettent en bloc et avec une étonnante violence cette manière de faire autrement que selon les bonnes vieilles règles de la bonne vieille politique. Leurs petites phrases ont d'ailleurs largement alimenté les médias : « la secte de Ségolène », « Qui va garder les enfants », « ce n'est pas un concours de beauté », etc.
Que l'on nous parle pas de victimisation alors même que les auteurs de ces phrases, parfois prononcées en pleine campagne présidentielle, n'ont jamais exprimé le moindre remord mais n'ont pas manqué d'accuser Ségolène Royal d'être la première fautive et seule responsable de la défaite en 2007… Sans jamais se remettre en question et penser que leurs querelles internes pouvaient donner, encore aujourd'hui face à une droite dure, une mauvaise image de la gauche et flouter encore un peu plus notre message politique.
Que l'on nous parle pas non plus d'inexpérience ou d'amateurisme de l'ex-candidate. Jusqu'à la présidentielle de 2007, elle a tout gagné, et pas dans des circonscriptions acquises. Dans les années 80 elle a pris une circonscription à la droite pour la garder depuis, à gauche. Plus récemment elle a gagné la région Poitou-Charentes à l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En obtenant 47% à la présidentielle à partir d'un total cumulé de la gauche à 36% elle a su fédérer les gauches comme seul François Mittérrand (et dans une certaine mesure Lionel Jospin) avant elle avait su le faire, tout en parvenant à convaincre bien au delà. Mise à l'écart du parti dès juin 2007 par de sombres tactiques politiciennes, des ambitions mal avouées, des rancunes tenaces et des jalousies déplacées elle n'a jamais cessé de combattre… la droite. Pendant que les autres la combattait elle, elle combattait nos ennemis communs : Nicolas Sarkozy et sa majorité. Jamais elle n'a abandonné ses électeurs, jamais elle n'a cédé au découragement, jamais elle ne s'est faite prier pour être de toutes les luttes.
En réalité, le seul fondement valide d'une alliance des porteurs (je ne parle que de certains porteurs, pas des militants, qui je pense n'ont pas validé ce type d'alliance et ces tractations) des motions A, C et D qui ont de vraies divergences sur le fond (davantage qu'avec la E qui se veut centrale au sein du PS) était le goût de certains pour ces pratiques politiques archaïques et parfois une inquiétante déconnection des réalité de la société française d'aujourd'hui. Même si elle a malheureusement été tentée, cette alliance n'a pas eu lieue. Les militants encore lucides n'ont pas accepté ces arrangements absurdes sur le dos du débat de fond.
L'enjeux est de taille, la question n'est pas anodine, c'est la nature même du projet socialiste qui va se dessiner jeudi. c'est sa modernité, son retour au réel, sa projection dans l'avenir par son retour à la source de tout notre engagement : la lutte quotidienne de nos concitoyens pour plus de justice, plus d'égalité, plus de liberté et plus de fraternité.
Le projet dépersonnifié de Ségolène Royal mettant en avant une équipe autour de Vincent Peillon va dans le bon sens et permettra ce renouvelement et cette clarification tant attendus.
Un délégué pour le Gard
à Nicolas Cadène
De valzeur
quidam | 21H19 | 16/11/2008 |
Humm, c'est beau comme de l'Antique.
J'apprécie tout particulièrement « le projet DEPERSONNIFIE de Ségolène Royal »…
Et si elle poussait la dépersonnification jusqu'à ne plus encombrer le PS de son égo sulpicien ?
à Nicolas Cadène
De jivé13
salarié comme plus de 90%des actifs... | 21H32 | 16/11/2008 |
Si Ségolène Royale n'était pas puissamment soutenu par le PPA (le Parti de la Presse et de l'Argent), avec ses couvertures de magazines, ses éditorialistes,ses sondages,et cela depuis 2006 (pour la primaire du PS),sa stature politique se réduirait à peu de chose.
Elle est comme maintenue sous perfusion médiatique.Et de ce fait le Congrès a paru un peu alambiqué parce que sous peine de représailles immédiate du PPA, personne n'avait la liberté de lui dire ses 4 vérités.
Médiocre sur la forme, erratique dans ces propositions, donc sans fiabilité, et surtout dangereuse pour le PS par son tropisme qui porte à droite.
Une rectification : Ségolène n'a jamais battu Raffarin ! !
Elle affrontait la suppléante de celui-ci !
Oh ! et puis encore : Son principal soutien JN Guérini des B du Rhône disait au début du Congrès qu'il n'en voulait pas comme Premier Secrétaire.Il préférait que ce soit Peillon ! ! !
à Nicolas Cadène
De Jean de Lille
22H37 | 16/11/2008 |
Bel argumentaire mais aussi belle réthorique. On oublie quand même depuis quelque temps que la politique c'est un combat. Et si les autres ne regardent pas trop leur mains qu'ils n'ont pas très propre dans l'échec des présidentielles, Mme Royal ne prend pas non plus ses responsabilités dans son échec et n'en tire guére d'autre conclusion que j'avais raison, les autres tort et m'en ont fait. Où est l'analyse politique de l'echec de la stratégie de Mme Royal ? Dans l'incantation du changement ?
Et avez vous pensé que les choses politiques comme l'économie ne sont pas forcément rationnelle et qu'il existe des gens comme moi qui ont joué le jeu, alors qu'ils auraient préféré une autre candidature : vote PS aux deux tours, participation au site désir d'avenir… Ceux là pourraient se trouver déçus par cette absence de questionnement et avoir la tentation de reprendre des réflexes prémiterrandiens, à savoir vote extrême ou abstention en sachant qu'on aura la droite mais que les luttes qui organisent des rapports de force peuvent parfois la faire plier (ex droit à l'avortment. Comme quoi avoir bénéficié d'un soutien des électeurs de gauche à un moment ne lui donne aucune garantie sur la pérennité de ce soutien.
à Nicolas Cadène
De Au sud de nul part
Situation | 01H45 | 17/11/2008 |
Bonsoir.
Vous n'êtes pas socialiste : point. Inutile de brandir le mot « modernité », comme une sorte de talismant magique : vous n'êtes pas socialiste. Royale : vous souvenez vous de sa position quant aux salaires et à l« économie lors des denrières élections présidentielles ? Non ? Déjà oublié ?
Votre royale va se ratatiner lors des vraies élections , ou alors elle va affronter la gauche. Ce que vous n'êtes pas.
A.S.D.N.P
De Losc
juriste | 17H32 | 16/11/2008 |
et la conclusion ?
De alain64
conseiller à l'emploi | 17H52 | 16/11/2008 |
Enfin la synthèse n'a pas eu lieu !
La grande erreur de l'ère Holaande a été celle des congrès à synthèse ou les idées étaient ravalées à des amuses gueules pour mettre en selle des présidentiables
ET SURTOUT pour éviter de faire l'analyse des erreurs du passé, de 2002 comme de 2007.
pour préserver une image de façade d'unité on a abandonné la richesse du débat militant aux ambitions personelles.
La direction du parti est devenue autiste à sa base pour ne pas faire son autocritique, et de ce fait n'osait plus se présenter devant les militants.
La grande réussite de la motion C, portée par Benoit HAMON, outre qu'elle est celle qui porte les idées dont je suis le plus proche, est d'avoir fait son score sans le soutient des grandes baronnies.
Son score est vraiment celui de militants ayant lu et accepté d'être de gauche, vraiment de gauche, sans compromis.
Quant à Ségolène Royal pour laquelle je me suis battu à la présidentielle mon sentiment le plus significatif est celui de TRAHISON. Trahison du travail fait par les comités désirs d'avenir à la présidentielle, trahison d'une idée du socialiste intègre, qui peut discuter avec les autres composantes de la gauche, les entendre et les respecter, voire admettre qu'elles aient raison.
Au contraire elle a préférée privilégier la tactique et quémander une alliance à droite avec le MODEM, elle a préférée la facilité populiste en préconisant la baisse du prix des carburants plutôt que le développement des transports en commun…Beaucoup de petites et de grandes trahisons qui font que je ne me sentirait pas chez moi dans un PS dirigé par cette personne dont je ne sais pas quoi attendre : le mauvais ou le pire.
De flastflood
Situation | 17H55 | 16/11/2008 |
l'atitude des certains ps ,de l'ump et d'autres envers segolene doit être rapprochée du lynchage d'edith cresson en son temps .
à flastflood
De Losc
juriste | 18H04 | 16/11/2008 |
et voilà, j'attendais la victimisation ! non mais elle n'a pas d'orientation politique claire et elle n'est pas crédible…jamais elle ne réalisera un score comme lors de la dernière élection présidentielle ne …faut pas rêver…