PS : Royal devant, mais « on est tous minoritaires »

Rue89 a suivi depuis le siège du Parti socialiste le vote des militants sur les motions. Résultats, réactions et décryptage.

Royal et Collomb en octobre à Toulouse (Jean-Philippe Arles/Reuters)

Après le vote sur les motions

Le quatuor de tête dans l'ordre est pressenti depuis 1h du matin, en cette nuit de jeudi à vendredi, mais tous les journalistes s'agitent rue de Solférino, au siège du PS, dès qu'un responsable socialiste daigne venir s'exprimer. Le but : en savoir plus. A l'arrivée : pas grand-chose.

Alors il faut analyser les signes. Patrick Menucci et David Assouline, cosignataires de la motion de Ségolène Royal, sont tout sourire. Les conseillers en communication de Bertrand Delanoë font grise mine, esseulés au milieu de la cour. A part le discret François Lamy, aucun soutien de Martine Aubry à l'horizon. Razzy Hammadi, bras droit de Benoît Hamon, vient très vite au devant de la presse.

Finalement les résultats quasi complets sont annoncés officiellement à 2h30 du matin. La participation s'élève à 55,39%, soit 128 978 votants. (Voir la vidéo)

  • Ségolène Royal - Motion E (29%)
  • Bertrand Delanoë - Motion A et Martine Aubry - Motion D (25%)
  • Benoît Hamon - Motion C (19%)
  • Utopia - Motion F et le Pôle écologique - Motion B (2%)



Mais les chiffres restent des chiffres, et ne présagent en rien des futures candidatures à la tête du PS. Ce jeudi, les militants votaient sur des programmes. Le 20 novembre, ils éliront une personne.

Ségolène Royal ressortira-t-elle seule du « frigidaire » ? Probable, à moins qu'elle ne laisse la place à l'un de ses lieutenants, comme Vincent Peillon. Son score pourrait en tout cas lui donner suffisamment d'avance pour ne pas avoir besoin de s'allier avec les tenants d'une autre motion (ce qui ne l'empêche pas de débaucher des personnes), même si c'est de son devoir de vainqueur d'appeler officiellement au rassemblement.

Sans oublier qu'elle a exclu mercredi ce genre de procédé, qui signifierait « un retour à la case départ » pour le PS et remettrait au goût du jour l'ancienne mode de la synthèse molle. Pour l'instant, son état-major joue l'esquive : « Seule la victoire est belle », s'est contenté de susurrer David Assouline.

Hamon et Aubry « discutent souvent »

Bertrand Delanoë, grand perdant de la nuit, devra également appliquer ce que lui et son camp ont promis durant cette campagne d'avant-congrès. François Hollande l'a fait savoir clairement plus tôt dans la journée : il refusera toute convocation d'un « camp du drap rose ». Il préfère se dispenser « de ce type de conciliabules, de surenchère ou de partie de cartes ».

Si alliance il doit y avoir, la plus probable est celle entre Martine Aubry et Benoît Hamon, seule tête de liste de premier plan à s'être déplacée à Solférino, fort d'un score qui dépasse presque ses espérances. Ce dernier s'est d'ailleurs ostensiblement et longuement entretenu à l'une des fenêtres avec François Lamy. « On discute souvent », a uniquement rapporté le fidèle de Martine Aubry.

Benoît Hamon a lui été un peu plus loin. « Mon portable est ouvert », a-t-il d'abord glissé, avant de poser ses conditions, sa condition : « Je suis plus que jamais candidat au poste de Premier secrétaire. »

Pourquoi lui ? Car « on est tous minoritaires » ! Et il fait l'analyse suivante : les militants ont voté pour le changement par rapport à la direction actuelle en mettant Ségolène Royal en tête et Benoît Hamon plus haut que prévu. C'est maintenant aux quatre autres tenants de motion de choisir entre ces deux lignes du changement.

Revoilà le « tout sauf Ségolène » ?

Une hypothèse qui, si elle se réalisait, pourrait même finalement convaincre Bertrand Delanoë, qui s'est fendu d'un communiqué au bout de la nuit. Un communiqué plein de vacuité, excepté une phrase :

« Le pôle central d'un rassemblement de toutes les forces progressistes de gauche (…) exclut toute perspective d'alliance avec un parti qui ne s'assumerait pas clairement de gauche. »

En clair, s'il s'allie avec une motion, ce ne sera pas celle de Ségolène Royal, qui, après avoir proposé le poste de Premier ministre à François Bayrou dans l'entre-deux-tours présidentiel, avait demandé au cours des municipales une union avec le MoDem « partout » où cela était possible.

Martine Aubry y verra-t-elle le seul moyen de barrer la route à Ségolène Royal, sa meilleure ennemie ? D'autant qu'elle a martelé à plusieurs reprises sa vision des choses : ce n'est pas la motion qui arrivera en tête qui triomphera, mais celle qui parviendra à rassembler.

Un « tout sauf Ségolène » dont chacun ne veut parler ouvertement, mais qui pourrait ressurgir à l'heure où l'ex-candidate socialiste effectue un come-back à l'ampleur inattendue.

Pendant le vote sur les motions

A l'occasion du vote ce jeudi, Rue89 fait le point sur les ambitions de chacun des six leaders socialistes pour le parti. Quel avenir pour le Parti socialiste ?

Les six leaders de motion du PS interviewés par Rue89 (Rue89)

Ce jeudi, au minimum après minuit, on saura. Pas tout, mais on saura. Et vous pourrez le vivre en direct sur Rue89. On connaîtra laquelle des six motions est arrivée en tête des suffrages des militants, qui votent de 17h00 à 22h00 dans quelque 3 200 sections. Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Martine Aubry, Benoît Hamon, tel est, dans l'ordre, le quatuor de tête selon les derniers sondages.

Mais les sondages ne font pas l'élection. Encore moins au Parti socialiste. Les instituts de sondages interrogent en effet les sympathisants, alors que ce sont les adhérents qui voteront. Le parti s'attend à une participation d'environ 60%. Un parti qui compte 233 000 adhérents, dont 65 000 ne pourront voter que s'ils se mettent en même temps à jour de cotisations.

Des cotisations qualifiées mercredi par Ségolène Royal de « taxe sur le droit de militer », selon les propos rapportés par l'AFP. Depuis La Bellevilloise, dans le XXe, à Paris, elle a affirmé que « le coût de l'adhésion ne doit plus être un obstacle » à rejoindre le PS. Avant d'ajouter :

« Je les appelle à prendre quand même leur droit à voter et à participer à l'avenir de notre parti. Nous les rembourserons, en tout cas nous trouverons une solution. »

Aucune motion ne devrait obtenir la majorité absolue

Habile manière d'attirer les votes à elle… Mais elle n'est pas la seule. Tous y sont allés de leur appel à la mobilisation depuis 48 heures. Chacun appelle à voter pour le fond, afin d'éviter les combinaisons. « Je dis la clarté, la clarté, la clarté », a martelé Bertrand Delanoë, mercredi à Strasbourg.

Mais pour la première fois depuis le début des années 1990, aucune motion ne devrait obtenir la majorité absolue. Loin de là. Si l'une d'elles recueille 30% des voix, ce sera déjà beaucoup. D'où les interrogations, nombreuses : la motion qui arrivera en tête parviendra-t-elle à discuter et rallier les autres ? Si ce n'est pas le cas, deux autres motions ou plus s'allieront-elles pour la supplanter ? Etc.

Ce vote sur les motions ne devrait donc servir qu'à déterminer les rapports de force avant le congrès de Reims, qui se déroulera du 14 au 16 novembre et comportera certainement de longues nuits de conciliabules, tant pour établir une motion majoritaire que pour se mettre d'accord sur le ou les candidats au poste de Premier secrétaire.

François Hollande, après onze année passé à la tête du PS, ne passera en revanche la main que quelques jours plus tard. Le 20 novembre exactement, nouveau jour de vote pour les militants, qui choisiront alors entre la ou les personnes en lice.

Avant le vote sur les motions

Le futur du PS est en jeu, sur le fond mais aussi concernant la vie du parti. Une question abordée par chacun des six leaders socialistes interrogés par Rue89.


Batho : « Il faut discuter
avec Besancenot et Bayrou »

L'injonction de François Hollande, qui vient d'appeler de nouveau à la discipline au sein du parti fait bondir Delphine Batho, députée proche de Royal. Pas sur le fond, mais du fait de son auteur :

« On aurait aimé que la direction actuelle fasse respecter le vote des militants pendant la campagne présidentielle ou pendant la campagne du référendum sur l'Europe, et ça n'a pas été le cas. »

Delphine Batho entend également « arrêter l'hypocrisie sur les alliances ». Ségolène Royal a été très critiquée pour avoir proposé à François Bayrou le poste de Premier ministre durant l'entre-deux tours de la présidentielle et pour avoir prôné des alliances « partout où cela est possible » au cours des municipales.

Pas de quoi ébranler le camp royaliste. Après avoir rassemblé le PS et la gauche, « nous disons et nous assumons qu'il faut discuter avec l'extrême gauche, notamment avec Olivier Besancenot, et avec François Bayrou ». Dans un seul but, battre la droite :

« La question leur est posée : est-ce qu'ils veulent être partie prenante d'un dispositif pour battre Nicolas Sarkozy en 2012, ou même pour garder les régions à gauche lors des prochaines élections régionales ? »

Et qudel résultat espère-t-elle ? « Je n'aime pas les pronostics… Le plus gros score possible ! » (Voir la vidéo)




Delanoë : « Aucun de nous au PS
n'est au-dessus du vote démocratique »

Bertrand Delanoë aussi commente la déclaration de François Hollande, qui avait donc tenu à resserrer les rênes, lors du dernier « Dimanche soir politique », l'émission de France Inter/Le Monde/i-Télé :

« Je le dis aux militants socialistes : si vous voulez que la discipline (…) soit la règle collective, votez pour une motion dont tous les signataires ont eu ce respect. »

Suivez son regard. Bertrand Delanoë le reçoit droit dans les yeux : « François a raison, c'est vraiment une caractéristique de notre motion. »

Prendre garde toutefois à ne pas trop en faire. « Quand les militants ont voté, aucune et aucun de nous n'est au-dessus du vote démocratique » : c'est vrai, Laurent Fabius ou Jean-Luc Mélenchon, qui ont fait campagne pour le non quand les militants avaient dit oui au traité constitutionnel européen, soutiennent d'autres motions.

Mais continuer en affirmant qu'« il y a besoin d'ordre et de solidarité dans le Parti socialiste » est un peu gros pour qui a de la mémoire concernant les soutiens du maire de Paris :

  • De la mémoire quelque peu lointaine : si Lionel Jospin n'a pas bronché durant la campagne présidentielle, il a dit tout le mal qu'il pensait de Ségolène Royal sitôt la défaite actée.
  • De la mémoire très immédiate : Michel Rocard ne vient-il pas de déclarer qu'il quitterait le PS si Ségolène Royal en prenait la direction ?

C'est avec ces points communs et ces différences que Bertrand Delanoë se dirige vers le vote des militants du 6 novembre, sans donner de pronostics, mais en espérant que sa « motion arrive très nettement en tête pour rassembler l'ensemble, mais sur des bases claires ». (Voir la vidéo)




Aubry : « La démocratie participative
ne doit pas remplacer la politique »

Martine Aubry se montre également critique sur le PS, surtout lorsqu'elle évoque la campagne de la dernière présidentielle. « Le Parti socialiste n'a pas suffisamment travaillé à un projet solide et crédible », écrit-elle, avant d'ajouter face caméra : « Aujourd'hui, Solférino [le siège du PS, ndlr] est vide. »

Même si « elle en prend sa part de responsabilité » et assure ne pas viser la démocratie participative chère à Ségolène Royal, elle glisse à l'adresse de sa meilleure ennemie :

« La démocratie participative ne doit pas remplacer la politique. La politique doit donner le sens, doit donner la vision. »

Et quand on évoque son alliance avec le MoDem au deuxième tour de la municipale à Lille, c'est encore l'ex-candidate à la présidentielle, qui avait demandé dans l'entre-deux-tours à François Bayrou d'être son Premier ministre en cas de victoire, qui semble en prendre pour son grade :

« Ceux qui me le reprochent aujourd'hui sont parfois ceux qui ont fait appel au MoDem parce qu'il craignaient de ne pas être réélus sans lui, et avant le premier tour ; ou ceux qui au niveau national pensaient que, avant de réunir la gauche, on pouvait aussi se rapprocher du MoDem. » (Voir la vidéo)



A Reims, la maire de Lille et son attelage de soutiens hétéroclites (Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Jack Lang, Jean-Christophe Cambadélis…) auront fort à faire pour devancer la motion de la présidente de Poitou-Charentes. Un pronostic ? « Je ne sais pas… Vraiment… », conclut-elle dans un sourire.


Hamon : « Les problèmes sont
devant Besancenot »

Benoît Hamon change de cheval pour faire désormais cavalier seul. Il n'est plus proche de Laurent Fabius, qu'il avait soutenu durant la campagne interne pour la candidature socialiste à la dernière présidentielle. L'ancien Premier ministre a choisi de se ranger derrière Martine Aubry. N'est-ce pas un élément manquant au rassemblement de la gauche du PS ? « On aurait bien vécu avec, on vit bien sans aussi… »

« Le grand rassemblement de la gauche », de toute la gauche cette fois, en jetant « les bases d'un puissant Parti du Progrès » (écrit avec des majuscules dans la motion, comme s'il s'agissait du nom d'un futur parti) pourrait aussi attendre.

S'il a beau affirmer que « son adversaire dans la vie n'est pas Olivier Besancenot », et dire « si je dois être une arme dans le Parti socialiste, c'est contre Sarkozy », il glisse cependant :

« Il y a des limites à ce que le NPA [le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, ndlr] puisse prospérer sur la crise du PS et du PC. Ça ne durera pas, les problèmes sont franchement devant eux.

“La notoriété et la popularité, ça crée des responsabilités. Et on ne peut pas éternellement vivre sur ‘c'est pas bien ce qui se passe, ça va de plus en plus mal’ sans rien faire.”

Benoît Hamon sent qu'il “monte”, qu'il a “le vent en poupe” et espère recueillir sur sa motion, sans l'avouer publiquement, au moins 20% des suffrages des militants socialistes. Il pense ne pas être si loin des Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Martine Aubry, et être le seul à pouvoir faire consensus à la tête du parti :

“J'espère qu'on va faire un score qui va me mettre en situation d'être la colonne vertébrale de la majorité, me permettre d'être candidat au poste de Premier secrétaire et de le devenir dans quelques semaines.” (Voir la vidéo)




Utopia : “Si on n'aimait pas le PS,
on n'y serait pas”

La palme de la critique revient toutefois au mouvement Utopia. A se demander si ses membres aiment le PS ! L'une des porte-paroles, Corinne Morel-Darleux, rassure -ou pas d'ailleurs- les militants socialistes : “Si on n'aimait pas le PS, on n'y serait pas.”

Leur tumultueuse histoire d'amour commune dure depuis 1996 et la création d'Utopia au sein du parti. Le mouvement en est déjà à sa troisième présentation de motion. Utopia se garde bien toutefois de tresser des lauriers aux premiers signataires d'autres motions. Pour les questions d'alliances, ils verront plus tard.

Mais ils comptent bien peser sur les débats en réalisant un score d'environ 5%. Aux derniers congrès de 2003 et 2005, Utopia avait à peine obtenu 1%. (Voir la vidéo)




Caresche : “Le Parti socialiste
n'est pas raisonnable”

Le Parti socialiste devra avant tout, pour le député Christophe Caresche et le Pôle écologique, se montrer plus clair sur le thème de l'écologie, ne pas refaire le coup de la gauche plurielle, “dans laquelle les Verts n'ont pas suffisamment été considérés”.

Préférera-t-il ensuite se ranger derrière Bertrand Delanoë, dont il a été l'adjoint à la mairie de Paris sept années durant, ou Ségolène Royal, qu'il avait soutenue dès la campagne interne au parti en 2006 ? Il ne tranche pas. Il verra “qui sera en mesure de faire une majorité ou pas”. De toute façon, chaque candidat a “des titres à faire valoir” en matière d'écologie. Et il aura au moins réussi, il espère, “à faire progresser [sa] cause”.

Malgré tout, Christophe Caresche prédit dans sa motion que ce congrès a “toutes les chances de ne rien trancher du tout”, car, complète-t-il devant la caméra :

“On a quatre candidats au poste de Premier secrétaire, ce n'est pas raisonnable. Ce n'est pas plus raisonnable que le fait d'avoir présenté trois candidats à la candidature à l'élection présidentielle. Dans ce parti, il y a un problème de responsables politiques qui n'arrivent pas à travailler ensemble.” (Voir la vidéo)



A côté de ces quatre principaux candidats à la direction du parti, le leader de motion dit espérer rassembler au moins 5% des suffrages des militants socialistes, le minimum pour que le Pôle écologique ait sa place au sein des instances nationales du PS.

6 commentaires sélectionnés

Portrait de Passant

De Passant

19H59 | 06/11/2008 | Permalien

♦ Ce soir la surprise (et je fais le pari ! ) sera le mauvais score que fera la motion A de Delanoë-Jospin-Hollande-Rocard.

♦ Sauf à penser que les militants socialos sont décidément inqualifiables ?

♦ Car comment la motion A de Bertrand Delanoë peut-elle espèrer mieux que les autres quand :

1• Ses déplacements et meetings de campagne en province ont été d'une telle médiocrité !

Hier encore il était à Strasbourd et il n'y avait que…150 militants pour son dernier grand meeting. Et ce, malgré la présence de tout le gratin local qui soutien sa motion. Quelle raclée !

2. Sa motion (A) est celle qui aura récueilli le moins de soutien militants parmis les grands textes -et très loin - derrière Royal, Aubry et Hamon.

♦ C'est à peut-être les deux seuls éléments objectifs dont on dispose pour juger de ce que pourrait être l'expréssion des militants PS dans les urnes ce soir.

Portrait de Dubitatif

De Dubitatif

21H48 | 06/11/2008 | Permalien

Je ne sais pas de quoi l'avenir du PS sera fait mais je pense très humblement qu'il n'ira nulle part tant que l'on trouvera à l'intérieur d'un même parti des personnes comme Strauss-Kahn, Walls ou Rocard d'un côté et Emmanuelli, Mélenchon, Lienemann ou Hamon de l'autre.

Il serait temps d'accepter, quelle que soit son orientation, que tous ces gens n'ont rien à faire ensemble, que le « rassemblement » que certains appellent de leurs vœux n'est qu'une chimère et que le parti socialiste, tel qu'il se présente aujourd'hui, à autant de chances de progresser qu'un dahu au milieu d'une autoroute.

Enfin, j'en connais un du côté du faubourg Saint-Honoré qui va bien se bidonner à l'annonce des résultats, promesses d'un incommensurable bordel à venir.

Portrait de Lairderien

De Lairderien

03H22 | 07/11/2008 | Permalien

A tous les crapauds sarkozystes ou autres, qui crachent leur venin sur Mme Royal à longueur de post sur tous les forums, dites vous que sa bravitude ça paye ! ! ! !

En tête avec 30% et 5 motions contre elle + tous les vieux mammouth, dont les Rocards et Jospin ces vieilles gloires du passé qui peuvent enfin aller se recoucher définitivement, c'est pas mal ! ! ! ! ! !

Elle est la et bien la, incontournable, maintenant.

Encore un effort pour faire la synthèse et remettre enfin les socialistes en ordre de bataille pour affronter le vrai adversaire : le sarkoland ! ! ! !

C'est pas gagné, mais avec une volonté et une ténacité pareille, personne d'autre n'est en mesure de vaincre.

Portrait de Thomas GREDAT

De Thomas GREDAT

| 08H34 | 07/11/2008 | Permalien

Enfin une bonne nouvelle ! J'ai toujours des réserves à l'égard de Ségolène Royal. Néanmoins, il faut être réaliste : l'année dernière, elle a été la/le seul(e) au Parti socialiste à rassembler une majorité significative. Les militants ont tout simplement fait preuve de bon sens, et ça fait chaud au coeur de s'apercevoir qu'il y a encore au Parti socialiste des gens, une majorité, qui n'ont pas perdu la tête. Même s'il faut les chercher à la base plutôt qu'au sommet (quel sommet ? ), et qui sont probablement consternés par l'image que donnent la plupart de leurs dirigeants, ces enfants gâtés imbus d'eux-mêmes et perdus dans leurs querelles de préau.
La meilleure preuve de la force que représente madame Royal, c'est l'entreprise de sabotage dont elle est victime, au sein de son propre camp notamment, depuis la campagne présidentielle. Combien de fois n'a-t-on pas entendu dire que le PS avait perdu par sa faute ? Dans quelles circonstances avons-nous vu les éléphants, les éléphanteaux et les « jeunes lions » (expression chère au toujours modeste et toujours constant Arnaud Montebourg) transcender leurs divisions, si ce n'est dans l'union sacrée du TSS ? Un TSS même pas foutu de signifier « Tout Sauf Sarkozy » !
Enfin, de ce point de vue il y a encore de l'espoir, puisque, comme Julien Martin le relevait, la motion Delanoë-Aubry pourrait très bien s'allier avec la motion Hamon, uniquement pour barrer la route à Ségolène Royal. Ce serait une marque de mépris mortelle à l'égard du souhait des militants, une insulte au voeu de la majorité. C'est précisément la raison pour laquelle une telle hypothèse est envisageable. Parce que la majorité, n'est-ce pas, pour ce qu'on en pense parmi les « élites »… Et puis vous ne voudriez tout de même pas que le PS se défasse aussi facilement de son schéma mortifère ?
Admettons que cette hypothèse se vérifie, et que madame Royal soit battue au congrès de Reims. Elle aura perdu une bataille, aura-t-elle perdu la guerre ? Depuis un an et demi elle montre qu'elle a la peau dure. Malgré toutes les attaques qu'elle subit, à gauche et à droite, elle est toujours là. Le PS pourra toujours l'ignorer, quitte à se saborder, ce qui est malheureusement possible. Est-ce que ça l'empêchera d'exister politiquement ? Pas sûr ! Comme pour beaucoup de personnalités, il semblerait même que ce soit l'adversité qui la renforce.
Et après tout, rien n'est encore joué, n'en déplaise aux TSS !
Bertrand Delanoë, « Bébert roi du monde », était, paraît-il, le favori des sondages. Le problème, c'est qu'il y a plus de sympathisants UMP chez les sondés que chez les militants socialistes !

Portrait de Lavrenti

De Lavrenti

11H33 | 07/11/2008 | Permalien

On essaie de faire taire ?

Mais qui essaie de faire taire Royal et surtout qui peut pretendre avoir les moyens d'empecher un leader politique de s'exprimer en france ?

Les elephants ?

Mais Royal est active dans l'appareil du parti depuis Mitterand, elle est elle même un de ces elephants qu'elle decrie tant !

Des primaires ?

Royal les a remportées haut la main en 2006 et elle a effectivement suscité un espoir dans l'electorat de gauche au moins à cette occasion avant d'être battue à plate couture par Sarkozy ! Cet espoir a donc été déçu et vouloir le ressuciter est illusoire, il ne s'agit jamais que de ressasser des souvenirs, pas de generer une dynamique.

Lors des presidentielles elle a adopté le même type de discours que Sarkozy, à savoir la nouveauté, en se donnant un image de lutteuse contre l'establishement, les elephants. Tout comme Sarkozy il s'agissait d'une galejade mais à la difference de Sarkozy elle n'avait pas derriere elle un parti uni en ordre de bataille. Depuis elle n'a pas été capable de reformer son discours et ce qui est beaucoup plus grave elle n'a pas réussi à unifier le parti socialiste autour d'elle, elle en est resté à une guerre pachidermique.

Sa strategie politique n'a aucune constance, après avoir été la chantre tres active et souvent contre son parti de l'alliance avec le phantomatique centre de Bayrou, elle a brutalement decidé qu'il fallait que la gauche ait une identité propre qui la distingue sans ambiguité de la droite. En d'autre terme, elle a tout fait pour se rapprocher de l'electorat de droite avant de chercher à s'en dissocier. Plus fort encore, apres tous ces tours, elle pretend être à la recherche d'un dialogue avec la gauche du ps.

Tout ça fait que Royal est tres representative du ps actuel : c'est une femme d'appareil, elle s'appuie sur une partie non negligeable des militants, elle entretient activement la guerre des chefs, elle est incapable de donner une identité visible à son parti, elle n'a aucune strategie de conquete du pouvoir, elle est incapable de sortir du cadre fonctionnel de son parti, elle n'a aucune activité visible dans le jeu politique national en dehors du ps, elle ne prevoit rien au delà du lendemain, elle n'a aucune base ideologique, elle n'existe pas en dehors de son parti.

Plus fort encore peut être que les autres permanents : elle a perdu des elections après avoir individuellement incarné un véritable espoir et été portée par un élan des militants.

Je dirais donc que la seule caracteristique qui la distingue des autres elephants est son discours dans lequel elle se pretend victime de l'appareil et des mechants jaloux aigris qui veulent à tout prix la faire taire.

C'est pitoyable, un cabotinage d'acteurs au rabais incapables d'avoir une existence au delà de l'image qu'ils aimeraient donner d'eux même.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 12H40 | 07/11/2008 | Permalien

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