L'ambassadeur d'Obama débute son mandat par Villiers-le-Bel
La visite du diplomate américain dans la ville des émeutes de 2007 est un signal adressé à la classe politique française.
L'inauguration d'une fresque murale au collège Martin Luther King de Villiers-le-Bel (Val d'Oise) aurait pu n'être qu'un événement local du genre convenu et policé. Mais la présence, dans cette ville-symbole du malaise des banlieues, du représentant de Barack Obama en France en faisait déjà un petit événement diplomatique.
La proposition, par le directeur général de Cultures France Olivier Poivre d'Arvor de créer une année culturelle franco-américaine a achevé d'inaugurer une nouvelle ère politique entre les deux pays, après des années de glaciation sous les présidences Bush et Chirac.
Une telle initiative serait une première pour les Etats-Unis
Lorsqu'il lance l'offre de services à « Son Excellence » l'ambassadeur Charles H. Rivkin, tout juste nommé, le représentant de Bernard Kouchner a conscience de la portée du geste :
« Ce serait une première pour les Etats-Unis. Il n'y a jamais eu d'année américano-russe ou américano-chinoise ou autre, alors que nous célébrons cette année le Brésil après bien d'autres pays… mais ça ne s'est jamais fait avec les Etats-Unis. »
Rendez-vous a été pris pour essayer de mettre à l'agenda des deux présidents le sujet, dans l'espoir d'une concrétisation en 2013. (Voir la vidéo)
Olivier Poivre d'Arvor ne cache pas les bénéfices attendus d'un projet « bilatéral » : il doit permettre de « rénover nos images réciproques, sortir des stéréotypes », et présume déjà que « converser avec le modèle culturel français devrait intéresser (la) personnalité » du président Obama.
La France a tout à y gagner : Obama incarne un modèle pour de très nombreux jeunes de couleur, il rend ainsi indirectement service à une classe politique française qui ne sait plus sur quel ton s'adresser à sa banlieue.
Dans sa volonté de développer une stratégie de « soft power » (une « puissance douce » capable d'influencer les autres acteurs sans recourir à la force), la diplomatie d'Hillary Clinton, secrétaire d'Etat, pourrait également y trouver son compte.
L'ambassadeur invite à « faire confiance au talent » des jeunes des cités
Pour Villiers-le-Bel, qui « a acquis une notoriété internationale fin 2007 », comme le souligne ironiquement son maire Didier Vaillant (PS), recevoir ce proche d'Obama était déjà un sacré coup de pouce en vue d'améliorer son image médiatique.
Les propos de Charles Rivkin sur l'« énergie créatrice » de ces quartiers, les encouragements envers cette jeunesse « dans toute sa diversité » à faire « confiance à son talent » ont fait chaud au cœur à cette population trop souvent délaissée et privée de services publics.
Aux médias qui ont relayé en boucle les émeutes urbaines consécutives à la mort de deux jeunes, tués par une voiture de police, l'édile rappelle :
« Nous voulons montrer que oui il s'est passé quelque chose pendant deux jours mais il se passe aussi des choses le reste de l'année ». (Voir la vidéo)
C'est cette célébrité soudaine acquise par Villiers-le-Bel en 2007 qui a amené les équipes du Mural Art Program de Philadelphie à choisir cette ville, avec Bondy et Bagnolet (en Seine-Saint-Denis), pour y faire venir des artistes pour réaliser, avec les jeunes des quartiers, une œuvre murale géante.
« Reconnaître la diversité de notre propre société »
Ici, sur la façade d'un collège que ses élèves ont exceptionnellement eux-mêmes choisi de baptiser Martin Luther King, ils ont peint une figure géante du pasteur noir, leader du mouvement des droits civiques, mort assassiné en 1968. Le visage du pasteur est l'oeuvre des artistes américains, et les enfants ont réalisé tout le reste, ce qui en fait une vrai oeuvre participative et collective.
A Philadelphie, ville-creuset de la culture américaine, ce sont quelque 3 000 murs qui sont ainsi décorés, et « ils ne sont jamais tagués », paraît-il. Un vrai patrimoine, donc. Comme nous y invitait le sociologue Michel Wieviorka au lendemain de la victoire historique d'Obama :
« Si nous voulons donner tout son sens au résultat de l'élection américaine, nous devons agir pour reconnaître la diversité de notre propre société. »
- ► Le "Mural Arts Program" de Philadelphie
- ► Le rogramme franco-américain de peintures murales urbaines
- ► Dans le New York Times : "Après le changement aux Etats-Unis, la France se regarde dans le miroir"
- ► Dans le Dondy blog: "Oncle Sam à Villiers-le-Bel : y a comme un goût de…"
- ► Le site de John Meldrum and the Highlites
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Jour 1 / électronique et vieux plastiques
Une réflexion qui revient souvent en écoutant les membres de la délégation Cap Digital au Japon, c'est que l'électronique japonaise a l'air « vieillie. » Tout donne l'impression d'avoir été construit pour durer.

Tous les distributeurs automatiques ont l'air vieillis.

Et personne n'est capable si les GPS sont des modèles d'il y a 6 mois ou d'il y a 10 ans.
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« Objectif Maison Blanche » est en ligne !
Ecoutez notre dernier tour d'horizon américain (avec d'ailleurs un reportage parisien dans ce numéro) réalisé avec RFI, avec des vrais morceaux de Sarah Palin…
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Plus de caissières ! Et la « valeur travail » ?
Suite à des remarques de nos internautes reprochant une erreur de calcul, cet article a été retiré de la page d'accueil, avant d'être réécrit et publié ici.
Rue89
Un Intermarché à Rennes annonce, avec fierté, qu'il vient d'installer une dizaine de caisses automatiques remplaçant des caissières ; les clients passent eux-mêmes chaque article, avec son code barre, devant le lecteur, après quoi la machine affiche le prix à payer qu'ils règlent avec une carte de paiement. Un contrôle, nous dit-on, par le poids du chariot, est effectué avant et après enregistrement des articles.
En fait, il ne s'agit aucunement d'une première. Le système est déjà en place dans d'autres hypermarchés, notamment dans les « Géants Casino ». Argument mis en avant : réduction des délais d'attente, donc avantage pour le client. Vraie raison, avancée avec moins de transparence, de cette traditionnelle substitution du capital au travail : gains de productivité entraînant un moindre coût des opérations de paiement dans la grande distribution.
Regardons y de plus près ! Une telle machine, coûte , d'après les indications dont nous disposons , de 12.000 à 15.000€ . Mettons 10.000€ pour renforcer le raisonnement. Ces investissements s'amortissent en général sur cinq ans ; soit 2.000 € par an, auxquels il convient d'ajouter un cout de maintenance qui doit être de 750 à 1.000€ par an, et le salaire de la caissière qui surveille quatre caisses automatiques. Admettons qu'elle soit au SMIC chargé de 30% (1.717€), grâce aux baisses de charges sociales. Le coût d'exploitation total annuel d'une telle caisse serait alors, en moyenne, de 3.300€ , soit , apparemment, 1,9 fois le coût de la caissière supprimée ! Même si on amortit la machine sur 10 ans et si on réduit à 500€ la maintenance, le coût reste supérieur au salaire chargé de la caissière. Mystère ?
Ou est le biais dans le calcul ! Pourquoi procéder à cette substitution si elle ne permet pas d'économies directes ? Peut-on imaginer que le seul désir d'accélérer les opérations pour le bien-être du client pousse les dirigeants des sociétés à accepter ce surcoût, dans une logique de concurrence ? Dans ce cas les avis des clients eux-mêmes dénient ! Les enquêtes menées auprès d'eux près de ces nouvelles caisses sont très incertaines ; nombre d'entre eux ne trouvent aucun avantage par rapport aux caisses traditionnelles.
Certains disent que l'automatisation n'aura d'intérêt que lorsque le simple passage du chariot plein devant un capteur suffira à la lecture automatique de tous les codes-barres. D'autres, plus soucieux du chômage, regrettent la suppression des emplois. C'est un peu la même problématique qu'avec les péages autoroutiers. La simple substitution des caisses ou l'usager doit enfoncer le ticket de péage, puis la carte, aux caisses « humanisées », n'a guère d'intérêt pour l'utilisateur. Seul le « télépeage » avec abonnement, en présente un, les jours de grande affluence, car il réduit vraiment le temps d'attente.
Il est vrai que la liberté d'ouverture de surfaces de vente qui vient d'être accordée, et qui va entraîner une multiplication des magasins à bas prix ( « hard discount ») , qu'ils soient allemands , ou filiales de groupes français de distribution , va exacerber la concurrence interne du secteur.
Peut-on penser que l'installation des caisses automatiques est une mesure préventive contre cette concurrence à venir, des hyper classiques qui ne veulent pas adopter les normes de gestion du personnel absolument scandaleuses des « hard discount » ? Mais, d'ailleurs, si ces caisses automatiques sont économiquement si performantes, pourquoi ces derniers , en recherche permanente de productivité, ne les ont-ils pas adopté les premiers ? Bref, le mystère subsiste !
Quelle utilité sociale ?
Mais quelle qu'ait été la vraie motivation des dirigeants des « hypers » (réduction du coût d'exploitation, ou désir concurrentiel d'améliorer le paiement pour le client) , comme des »hard discount » , on peut se poser le problème de l'utilité « sociale » de ce substitutions.
Le secteur de la distribution dans son entier, classiques ou « hard discount » est un secteur qui, comme le bâtiment et les travaux publics hors de ses activités d'exportations, n'est pas en concurrence extérieure dans la mondialisation. Il n'est pas menacé par des importations de substitution du service de distribution. Ses dirigeants ne pourraient-ils donc pas s'entendre pour retarder ce qui est peut-être une prouesse technique, mais revient, et reviendra plus encore avec l'automaticité totale, à supprimer des emplois à bas niveaux de salaire qui, justement, sont ceux qui manquent à tous les jeunes qui quittent le système scolaire sans diplômes.
On connaît la réponse un peu hypocrite : ces métiers , « débitrices », comme on disait autrefois, dans les hypers, ou caissières de péage autoroutiers, sont sans intérêt.
N'est-il pas socialement utile de les supprimer. Leur automatisation ne va-t-il pas dans le sens du progrès humain ?
Bien sûr ! A condition que cette automatisation soit compensée par une réduction équivalente de la peine des hommes, c'est-à-dire du temps de travail. Or c'est tout le contraire que vise l'actuelle majorité qui a mis tant d'ardeur à abolir les 35 heures. La prendre à son propre idéal de « valeur travail » ne serait-ce pas, justement, limiter pour l'instant cette destruction du travail par le capital ?
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