« Nous sommes le peuple ! », ce slogan qui changea le monde

à Dresde, le 1er octobre 2009, commémoration des 20 ans de la libération de 4000 Allemands de l'Est qui s'étaient réfugiés à l'ambassade allemande de Prague (Wolfgang Rattay/Reuters).

Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989, mais le véritable tournant de la révolution allemande eut lieu un mois plus tôt. Ce jour-là, un slogan est né. « Wir sind das Volk ! » (« Nous sommes le peuple ! ») allait changer la face du monde. Nous avons pu rencontrer son auteur. Un cadeau de la Providence journalistique et une exclusivité de Rue89, qui n'a jamais aussi bien porté son nom.

Peter habite Berlin. Nous nous sommes donné rendez-vous chez lui pour qu'il me raconte les événements de 1989, dont il a vécu chaque heure intensément. Il n'a que 22 ans lors de la chute du Mur, mais a déjà un long passé activiste derrière lui. Il fréquente dès l'âge de 14 ans les cercles de mouvements pour la paix, affiliés à l'Eglise protestante.

L'Eglise a joué en Allemagne de l'Est un rôle majeur pendant la révolution, bien que différent de celui tenu par l'Eglise catholique en Pologne, avec Solidarnosc. Elle n'a pas conçu la révolution à proprement parler, mais elle demeurait le seul endroit où il était possible de penser et parler librement. C'est dans les églises que se réunissent au début des années 80 les premiers mouvements pour la paix, témoigne Peter :

« On y parlait de tout, de la menace nucléaire, qui était réelle en Allemagne, en raison du stationnement des missiles américains Pershing à l'Ouest et SS-20 soviétiques à l'Est, mais aussi d'écologie, et bien sûr, des changements à l'intérieur de la société. Ces cercles pacifistes sont essentiels pour comprendre le mouvement de 1989. Sous le manteau de l'église, ils ont été les artisans de la résistance politique. »

A la croisée des chemins entre ces mouvements et l'Eglise se situent les « Montagsdemo », les manifestations du lundi, dont on peut dire qu'elles vont sonner le glas du régime. Parties début septembre de Leipzig, elles prennent rapidement de l'ampleur et s'étendent à l'ensemble des grandes villes du pays.

« A la fin du culte, les gens sont restés ensemble et ont manifesté pour plus de liberté. C'est comme ça que ça que tout a commencé. »

La foule réclame la liberté d'expression et le droit de circuler librement à l'étranger.

« A aucun moment, il n'a été question de réunification entre les deux Allemagnes. Jusqu'à la chute du Mur, les gens n'y pensaient absolument pas. C'était tout simplement inimaginable. »

Le contexte international, en cette fin d'été 1989, est tendu. De plus en plus d'Est-Allemands fuient la RDA. Le 10 septembre, la Hongrie ouvre ses frontières avec l'Autriche. Des milliers d'Allemands profitent de cette brèche pour rejoindre l'Ouest. D'autres choisissent le chemin des ambassades de la République fédérale d'Allemagne en Pologne ou en Tchécoslovaquie, afin d'obtenir des visas.

« Tout ce qu'on voulait, c'était mettre enfin en œuvre les idéaux socialistes qu'on nous avait inculqués depuis la tendre enfance et dont on voyait qu'ils étaient trahis tous les jours. Il fallait que ça change. »

« Le moment-clé de la révolution a eu lieu, selon moi, le 9 octobre », analyse Peter :

« A Berlin, l'atmosphère était très tendue ce jour-là. Je me suis rendu à la Gethsemanekirche, à Prenzlauer Berg, un des endroits principaux de la résistance. C'était un lundi et nous savions que la police avait reçu cette fois-ci l'ordre d'intervenir violemment. Bref de tirer. »

Jusque lors, la police et la Stasi avaient interpellé de nombreuses personnes, mais il n'y avait pas eu effusion de sang. La direction du parti SED, débordée par la tournure que prennent les événements, est divisée sur la position à tenir. La ligne dure s'impose.

« Il y avait un monde fou à l'église. A la fin de la cérémonie religieuse, personne se songeait à rentrer chez soi. Chacun savait qu'il allait se passer quelque chose mais personne ne savait vraiment quoi. C'est alors que la police est venue sur nous de tous les côtés.

Nous étions pris en étau. Jusqu'alors, le mot qui circulait était “Wir sind ein Volk”, “nous sommes un seul peuple”. On voulait signifier à la police qu'eux et nous, nous étions ensemble. Mais la police commençait déjà à nous charger. Je me suis dit, ils sont trop cons, on leur crie “Nous sommes un peuple”, et ils ne comprennent pas. A ce moment-là, j'ai eu une illumination, et j'ai crié “Nous sommes le peuple ! ”. »

La foule reprend la formule, comme une évidence. Ce mot deviendra le leitmotiv d'un peuple en colère. Ce jour-là, la police ne tira pas, ni à Berlin ni à Leipzig, ville où se déroula la plus importante manifestation. Ce fut le tournant. Le pouvoir avait capitulé. La révolution pacifique était en marche, plus rien ne pouvait l'arrêter. Peter sourit :

« Je sais bien que ça parait délirant, mais j'ai l'impression que je suis le premier à l'avoir dit. »

On ne le saura jamais, mais je veux le croire. Et puis qu'importe ? « When the legend becomes fact, print the legend. »

Photo : à Dresde, le 1er octobre 2009, commémoration des 20 ans de la libération de 4000 Allemands de l'Est qui s'étaient réfugiés à l'ambassade allemande de Prague (Wolfgang Rattay/Reuters).

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De ysengrimus

13H46 | 10/10/2009 | Permalien

Franchement, ces recycleurs du slogan hautement suspect « das volk » qui se servent de la calotte excécrable comme d'un tremplin pour retourner se nicher dans les replis fétides de l'empire capi, je ne suis pas impressionné. Parler de « révolution » en décrivant cela, ma foi, c'est du journalisme à la Marianne…

Comme quoi, bien, « le peuple » ne fait pas toujours la révolution. Sauf que…

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/09/les-revolutions-du-futur-ne-s…

des révolutions, des vraies, il y en aura encore, allez….

Paul Laurendeau

Portrait de christobal0094

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citoyen du monde | 14H04 | 10/10/2009 | Permalien

L'usage du mot revolution vous heurte, ce n'est pas tres grave.

mais « nous sommes le peuple » reste un slogan sublime.

Le peuple sans organisation n'est rien. Dans l'etat de deliquescence de nos societes quelle structure, qui, peut dire aujourd'hui, dans nos telecraties, nous sommes le peuple ?

et bien sur la structure parvenue au pouvoir trahit toujours le peuple.

mais on n'entend pas trop parler de l'eglise protestante de l'ex-RDA, elle a prete ses locaux, protege les citoyens ( droit d'asile ? ) et ne joue plus aucun role politique, a ma connaissance.

Portrait de ysengrimus

à christobal0094 Portrait de christobal0094 De ysengrimus

14H08 | 10/10/2009 | Permalien

Hum… « nous sommes le peuple » reste un slogan… populiste, sans plus.
P.L.

Portrait de Crepitus

à christobal0094 Portrait de christobal0094 De Crepitus

Retraité | 15H13 | 10/10/2009 | Permalien

Quelle organisation, une église, un parti ? merci nous connaissons, nous avons déjà donné. Je ne sais quelle réponse donner mais surtout pas celles précitées.

Portrait de christobal0094

à Crepitus Portrait de Crepitus De christobal0094

citoyen du monde | 15H59 | 10/10/2009 | Permalien

me suis-je mal exprime ?

les eglises protestantes et c'est clairement rappele dans l'article, n'etaient que des lieux de rassemblement de « dissidents ». Il s'agissait de clandestinite.

et arrives au pouvoir avec ou sans vote les revolutionnaires ont tjrs trahit le peuple.

de Napoleon a Staline, reste lesa utopies. Mais je prefere personnellement le non-etat et les idees de Proudhon.

je n'ais jamais donne dans les clerges et partis.

Portrait de yan

à ysengrimus Portrait de ysengrimus De yan

loin | 23H47 | 10/10/2009 | Permalien

Avant de parler de « recycleurs du slogan » je parlerais de recycleur de sujet.

Je ne sais plus sur quelle chaine (Arte, France5…) un docu est passé à la télé à ce sujet il y a 8 jrs environ.

Pur hasard de calendrier bien sur.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 13H54 | 10/10/2009 | Permalien

Et vingt ans après , le slogan , c'est quoi ?

« Nous sommes le consommateur “ ?

‘Nous sommes le spectateur ?

>

Portrait de dU8cHI8rONd

De dU8cHI8rONd

amateur de luttes finales | 13H49 | 10/10/2009 | Permalien

ouais…. un article de plus qui se rajoute au déluge de propagande anti communiste qui deferle sur les ondes, dans la presse et à la télé à l'occasion des 20 ans de la chute du « mur ».

Ainsi, le « monde libre » l'a emporté sur le « totalitarisme ».

On dirait que la droite rence et les bobos de Libération ne savent pas que la guerre froide est terminée et repetent inlassablement les mêmes ponisifs éculés sur les pays socialistes.

On aurait pu esperer, la menace disparue, un peu d'objectivité et de lucidité sur ce qu'a été le quotidien des millions d'habitants de ces pays pendant près d'un demi siècle. Bah non. On en reste aux caricatures.

Moi j'aimerais bien qu'on me dise ce qu'on gagné les Allemands de l'est à l'annexion de leur pays par les capitalistes de l'ouest.

La « liberté » me direz vous. La liberté d'être au chômage, la liberté de perdre son logement, la liberté de ne pas avoir les moyens de se soigner, celle de ne pas pouvoir financer les études de ses enfants …

Bien sûr que le totalitarisme bureaucratique avait depuis longtemps étouffé les idéaux socialistes, et qu'on ne pouvait pas attendre grand chose de la gérontocratie au pouvoir, mais fallait il pour autant jetter le bébé avec l'eau du bain ?

Partout, dans ces pays, on est passé du stalinisme naftaliné au liberalisme le plus barbare dans des conditions qui n'ont pas profité au plus grand nombre. Voir le taux de chômage dans les ex landers et les scores électoraux de « die linke » dans ces ex-distrikts de RDA.

Portrait de Alain-Xavier Wurst

à dU8cHI8rONd Portrait de dU8cHI8rONd De Alain-Xavier Wurst (auteur)

Journaliste | 14H49 | 10/10/2009 | Permalien

Merci pour votre commentaire. Je vais l'envoyer à Peter, Christian, Evelyn, Kerstin et tous les autres, qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur - comme vous, n'est-ce pas ? J'attends leurs réactions avec impatience. Allez savoir pourquoi, ils sont tous très conscients, comme nous tous, des limites et insuffisances de notre société, mais je n'en connais pas un/e qui regrette le temps passé. Il est vrai qu'ils en ont payé le prix, eux. Mais sans doute sont-ils tous de bien méchants financiers, qui ne pensent qu'à produire, exploiter et accaparer.
Bonne lutte.

Portrait de ysengrimus

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De ysengrimus

15H07 | 10/10/2009 | Permalien

Ouf… facile… C'est comme cette brillante réponse. On va la lire à haute voix aux analphabètes canadiens tiens, quêteux, robineux, immigrants chômeurs et autres laissés pour compte du pognon et du « succès » de Toronto et de Montréal. À l'occasion, ils en causeront peut-être avec les ruinées du système de $anté du pays du billet vert. La chute du mur était sensée leur donner à tous de l'idéal et réduire les gabegies des guerres…. On attend toujours tous ensemble de pas crever la gueule ouverte sur le continent le plus « libre » et le plus « riche » du monde…

Tant qu'à la jouer populiste, hein…
Paul Laurendeau

Portrait de dU8cHI8rONd

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De dU8cHI8rONd

amateur de luttes finales | 16H37 | 10/10/2009 | Permalien

Tout est toujours si simple avec les anti-communistes primaires comme vous. Tiens, allez lire ça : http://mai68.org/spip/spip.php ? article375 ça vous changera de votre propagande.

Bonne désinformation.

Portrait de Aloïs

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De Aloïs

Etudiant | 17H21 | 10/10/2009 | Permalien

Le commentaire d'avant parle du communisme, hors l'URSS n'a jamais été communiste, si on respecte ce qu'a dit Marx du communisme, l'URSS s'est arrêtée à la phase socialiste.

Portrait de Numerosix

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 18H26 | 10/10/2009 | Permalien

Were captive on the carousel of time
We cant return we con only look behind
From where we came
And go round and round and round
In the circle game.

Joni Mitchell

Portrait de spartak-millau

à Numerosix Portrait de Numerosix De spartak-millau 84113

(comité libertaire lyophilisé) | 00H14 | 11/10/2009 | Permalien

Follow the Moskva
Down to Gorki Park
Listening to the wind of change

Did you ever think
That we could be so close
Like brothers…

Scorpions

Je me suis toujours demandé s'ils avaient été subventionnés par des reliquats de la CIA pour aller faire leur grand show à Moscou
http://www.youtube.com/watch ? v=HxobuyB4H38

Portrait de kk

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De kk

star malgré elle | 08H42 | 11/10/2009 | Permalien

On peut noter la pertinence de votre réponse.
Il se trouve que je passe du temps dans le Meck-Pomm, Land de l'Est.
Votre réponse, je vais l'envoyer à Christiane, Ludger, Mathias, Karl, Ute qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur et disent fréquemment « Avant, au moins, on avait, on pouvait … »
Vous ne les avez pas rencontrés ?

Ce gardien de musée à Berlin qui a grommelé derrière mon dos « Avant, c'était gratuit pour les enseignants » quand je demandais si je pouvais bénéficier d'une réduction, vous ne l'avez pas rencontré ?

Vous n'en connaissez pas un ou une qui regrette le passé.
A Berlin ?

Vous devriez sortir de Prenzlauer Berg et visiter Lichtenberg, le Meck-Pomm, vous trouveriez peut-être plus de personnes à qui envoyer nos commentaires (on s'occupe comme on peut)

Portrait de Calvin

à kk Portrait de kk De Calvin

Physicien à Paris | 10H32 | 11/10/2009 | Permalien

Je n'en connais pas beaucoup en république tchèque en tout cas… et je connais bien le pays. C'est bien joli votre réponse, mais les élections sont libres et que je sache les communistes ne font pas de très bons scores… Alors qui est de mauvaise foi ?

Portrait de kk

à Calvin Portrait de Calvin De kk

star malgré elle | 11H02 | 11/10/2009 | Permalien

- Je ne suis jamais allée en république tchèque et ne m'y suis jamais intéressée ; je n'en dirai donc rien
- Je n'ai jamais parlé de mauvaise foi mais de pauvreté d'argument pour un rédacteur d'article
- les élections sont libres :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/09/27/die-linke-l-autre-vainqu…
http://www.paperblog.fr/2259840/percee-de-die-linke-aux-elections-region…

27,4% en Thuringe pour die Linke, si ce n'est pas un très bon score dans un Land de l'ancienne RDA, on peut au moins parler de bon score non ?
Et 34,8 % dans l'ancien Berlin est
http://www.lepetitjournal.com/content/view/47365/1030/
47,5 % à Berlin Lichtenberg
http://en.wikipedia.org/wiki/Berlin_Lichtenberg_(electoral_district)
De mauvaise foi dites vous ?

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à kk Portrait de kk De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 10H45 | 11/10/2009 | Permalien

Réponse extrêmement pertinente, au contraire. Amnesty International était à l'époque fort occupée avec un nombre considérable de prisonniers d'opinion enfermés dans les geoles de la Stasi…

Pour avoir encadré plusieurs fois des groupes d'ados en Allemagne de l'Est, pour des prétendus « échanges » à sens unique - puisque si les jeunes Français y allaient, les jeunes Allemands n'avaient pas le droit de franchir la frontière : « Nein, verboten ! » - j'en ai vues de vertes et de pas mûres. Un mois de séjour, dont 15 jours en usine et 15 jours de tourisme. Un mois pendant lequel les enfants étaient soumis à une propagande intense - on rassurait leurs parents avant le départ en leur disant, « Ne vous en faites pas, c'est une bonne expérience, ils reviendront vaccinés », et en effet ! Il n'y avait pas mieux pour devenir anticommuniste viscéral !

D'abord, l'usine : ces petits Français partaient avec l'idée bien arrêtée d'en foutre le moins possible, bien sûr. Et à leur immense stupéfaction, ils ne réussissaient pas à en faire moins que les ouvriers allemands auprès de qui ils « travaillaient » ! Et il faut souligner que l'Allemagne de l'Est était le PHARE des pays communistes : là où ça marchait le moins mal !

Les magasins vides, la suspicion généralisée, la hantise de se faire arrêter, les privilèges des aparatchiks… Très joli modèle ! D'ailleurs, il n'est que de constater à quelle allure il a volé en éclats : dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort, ils ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer. A la première brèche (ouverture de la frontière hongroise), ils se sont précipités en masse !

C'est vrai : la réponse de l'auteur est fort pertinente.

Portrait de kk

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De kk

star malgré elle | 11H30 | 11/10/2009 | Permalien

Je vois que comme vous le faites régulièrement, vous répondez « à côté »
Mais ce n'est pas grave, j'en ai l'habitude

Vous pouvez bien écrire ce que vous voulez sur le régime communiste d'Honecker et la Stasi que je n'ai jamais défendus, il n'empêche qu'il existe dans l'ex RDA des nostalgiques d'« avant », que j'en connais, et que n'avoir pour seule réponse que « Merci pour votre commentaire. Je vais l'envoyer à Peter, Christian, Evelyn, Kerstin et tous les autres, qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur - comme vous, n'est-ce pas ? »
est un peu pitoyable venant de quelqu'un qui s'annonce journaliste.
Il aurait du ajouter « nananèreuh ! »

J'en connais des qui …

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à kk Portrait de kk De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 12H00 | 11/10/2009 | Permalien

« Vous pouvez bien écrire ce que vous voulez sur le régime communiste d'Honecker et la Stasi que je n'ai jamais défendus »

Sans blague ! Ca y ressemblait pourtant comme deux gouttes d'eau, puisque selon vous ils sont tellement regrettés ! M'accuser de « répondre à côté » c'est bien pratique, mais c'est d'une mauvaise foi sans nom.

« il n'empêche qu'il existe dans l'ex RDA des nostalgiques d'“ avant ” »

Il existe toujours et partout des « nostalgiques d'avant » (il est difficile d'être « nostalgique d'après ») - parce que quand on avait 20 ans, c'était forcément « mieux » que quand on en a 70… Et encore, vous parlez de ceux qui sont restés.

Vous en connaissez des qui quoi ? Vous connaissez une belle meute, effectivement.

Portrait de kk

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De kk

star malgré elle | 12H11 | 11/10/2009 | Permalien

Je n'ai jamais parlé du régime d'Honecker ni de la Stasi.
Je connais des personnes dans le Meck-Pom qui sont nostalgiques d'« avant »
Votre ironie est déplacée parce que « avant » est le terme que les ossies emploient souvent pour parler de la RDA,

Le mur est tombé il y a 20 ans et les personnes que je connais parlent de quand il y avait du travail, de la dignité (eh oui ! ), l'avortement facile et pas de leur jeunesse.
Et ils n'ont pas 70 ans.
Ceux qui sont restés ?
Ce n'est pas le propos, encore une fois, vous détournez le sujet.

Une belle meute ? mes amis de Berlin et du Meck-Pom ?
Vous n'êtes pas très gentille avec eux, vous leur en voulez parce qu'ils sont restés ?

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à kk Portrait de kk De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 13H03 | 11/10/2009 | Permalien

« Je n'ai jamais parlé du régime d'Honecker ni de la Stasi. »

C'est d'autant plus hypocrite : vous avez parlé d'« avant ».

« les personnes que je connais parlent de quand il y avait du travail, de la dignité (eh oui ! ) »

La « dignité » d'avant ! Elle est bonne ! Ce dont se plaignaient tous les habitants des ex-pays dits « de l'Est », c'est qu'on leur avait VOLE leur dignité en les réduisant à la misère et en les obligeant à courber l'échine. Avant, il y avait du travail, et quel travail !

Décidément, nous n'avons pas la même conception de la « dignité » : c'est confirmé.

D'un prisonnier politique d'ex-RDA à Amnesty International après la chute du Mur : « A la 3000ème lettre, le directeur de la prison m'a rendu mon pantalon »… Dignité…

Portrait de kk

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De kk

star malgré elle | 13H51 | 11/10/2009 | Permalien

Je n'ai pas parlé d'avant ; les ossies emploient souvent ce terme
Qui êtes vous pour parler à la place des gens ?

Mais dites moi, Béatrice, de quand date votre dernier voyage dans l'ex RDA ?

Le 17 septembre, vous énonciez sur ce site : « “ La grande majorité des Allemands est pour la criminalisation du communisme ‘
Je vous demandais des sources, j'attends toujours
Que dites-vous, puisque sans dévier de mon propos, je parle des nostalgiques de la DDR, de Gesine Lötzsch, d'abord élue sous l'étiquette communiste (PDS) puis, il y a un mois, élue Die Linke avec plus de 47% des voix à Lichtenberg, quartier de l'ex Berlin est
Comment fait donc l'auteur de cet article pour écrire mais je n'en connais pas un/e qui regrette le temps passé’ ?
Je lui conseille donc de sortir de Prenzlauerberg pour aller à Lichtenberg ou en Saxe, ou dans le Meck-Pom …
Là, ne vous en déplaise, des nostalgiques, il y en a.

Si je vous dis que je connais des intégristes nostalgiques de l'église catholique d'avant , vous allez dire que je fais l'apologie de cette église catholique fondamentaliste ?
Vos arguments n'en sont pas.

Portrait de kk

à kk Portrait de kk De kk

star malgré elle | 19H10 | 11/10/2009 | Permalien

C'est rigolo comme vous ne répondez jamais aux questions qui vous dérangent Béatrice.
Votre stratégie est toujours la même dans ce cas là : soit vous dérivez et tentez de faire porter le débat sur autre chose, soit vous ne répondez pas.
Là, vous ne répondez pas.
Comme vous ne répondez pas sur les 47,5% d'électeurs qui votent die Linke à Lichtenberg.

Portrait de kk

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De kk

star malgré elle | 13H50 | 11/10/2009 | Permalien

« Avant, il y avait du travail, et quel travail ! “
Vous pouvez préciser ?

Portrait de malatrie

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De malatrie

12H53 | 11/10/2009 | Permalien

« geoles » : geôles
« dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort, ils ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer. » : dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer.

Portrait de malatrie

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De malatrie

12H54 | 11/10/2009 | Permalien

Et cautionner ce type d'« échanges », c'est moral ?

Portrait de malatrie

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De malatrie

12H57 | 11/10/2009 | Permalien

Et cautionner ce type d'« échanges », c'est moral ?

Portrait de Alain-Xavier Wurst

à kk Portrait de kk De Alain-Xavier Wurst (auteur)

Journaliste | 23H37 | 11/10/2009 | Permalien

Difficile de répondre à l'déologie, par définition réfractaire à toute forme de débat. Je laisse de côté l'argument de la gratuité des musées, argument surréaliste en regard de ce qu'était la nature du régime. Mais l'essentiel n'est pas là.

Chaque jour, depuis vingt ans, mes amis d'Allemagne de l'Est notent le fossé qui existe entre eux et les « Wessis », les Allemands de l'Ouest. La façon, par exemple, dont le passé est revisité ou réécrit par l'Ouest - un travail historique vraiment exhaustif de cette période charnière que furent la révolution de 1989 et les premières années de la réunification reste encore à écrire. Ou encore les préjugés sans fin sur eux. Ou encore, les différences socio-économiques très marquées entre les Länder de l'Ouest et de l'Est, malgré un transfert de ressources considérable.

Les personnes que je cite ne sont nullement des gens qui rejettent la RDA ou renient le passé. Loin, très loin s'en faut. Ils ont aimé et aiment l'Allemagne de l'Est, et se sentent profondément « Ossis », comme ils disent. Cette appellation renvoie à une identité, qui, là encore, reste à étudier et à analyser - par exemple, pourquoi un jeune homme de vingt ans ne se déclare pas aujourd'hui Allemand, mais d'abord « Ossi », alors qu'il est né après la chute du Mur ?

Beaucoup y ont cru sincèrement, et, comme Peter, se sont engagés pour que s'accomplisse le vrai socialisme. Peter explique noir sur blanc que l'objet des manifestations n'était pas d'épouser les yeux fermés la société de consommation, dont l'Est connaissait les travers, mais bien de changer de l'intérieur un système qui trahissait chaque jour un peu plus sa raison d'être (cf. citation dans l'article). Il me confiait qu'il en voulait d'ailleurs beaucoup à ceux qui ont fui, ou plus exactement était déçu de ces hommes et femmes qui abandonnaient la lutte pour se réfugier à l'Ouest. Aujourd'hui, il reconnaît la vision très idéaliste qu'il avait alors de la situation.

Les personnes que je cite savent mieux que quiconque les faillites, les contradictions et les impasses du régime communiste (à la différence de ceux, ici, qui continuent à le fantasmer), mais n'ont pas pour autant renoncé au projet de société qui le sous-tendait. Elles savent cependant que les équations d'une société sont infiniment trop complexes pour être résolues par un parti unique et une économie planifiée, auxquels s'ajoute la privation des libertés élémentaires.

Lors d'une récente discussion à Berlin, on demanda à Vaclav Havel comment il interprétait, de son point de vue, les scores parfois élevés des partis communistes dans les anciens pays de l'Est. Réponse :
« Je peux comprendre qu'on puisse voter pour le parti communiste, même si je le regrette. Voyez-vous, certaines personnes ont connu leur première amour et ont eu leur premier travail sous un régime communiste. Toute leur vie s'est déroulée sous ce système, et du jour au lendemain, on leur dit que ce qu'ils ont vécu n'a plus de sens. Pour des personnes âgées, c'est trop. Je comprends qu'elles se réfugient dans un vote communiste. Pour les jeunes gens, j'y vois un message de résistance. » Ce qui n'exclut pas qu'il y aura toujours des nostalgiques, hélas.

J'ajouterais pour finir que cette discussion aurait eu lieu, en Allemagne de l'Est, dans une église. Je préfère quant à moi un monde où l'on peut échanger publiquement, sans rien avoir à craindre, à part la violence du ton, que je trouve dans certains commentaires tout simplement sidérante.

Portrait de dU8cHI8rONd

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De dU8cHI8rONd

amateur de luttes finales | 09H59 | 12/10/2009 | Permalien

 » Je laisse de coté l'argument …. »

Oui, vous laissez de coté les arguments qui pourraient ébranler vos convictions dont le fondement trouve ses sources dans des années de propagande que vous n'avez visiblement jamais cherché à dépasser, malgré votre statut d'auto-proclamé « journaliste ».

Donc inutile de vous produire d'autres arguments, comme le plein emploi, la qualité des systèmes de soins et d'éducation, le taux d'emploi des femmes ainsi que celui de natalité, l'accés des jeunes au sport, aux études supèrieures, la qualité du logement social….

Non, non. Si on dit autre chose que « les affreux communistes mangent des enfants » (ce qui au demeurant semble difficile avec un couteau entre les dents), la police de la pensée dont vous êtes un suppot dévoué vient immédiatement rappeller la bonne parole anti-communiste.

Il y aurait pourtant tellement de choses à dire sur ce pays disparu, c'est dommage que vous et vos semblables en soient restés 30 ans en arrière, comme si nous étions en pleine guerre froide. A quand un discours objectif sur ce que fut ce pays, loin de la caricature manichéenne que vous en dressez ?

Attention, je ne fait pas l'apologie d'un système dont les travers étaient parfaitement insuportables. Système dont je suis tout à fait conscient qu'en tant que communiste convaincu j'aurais été évincé, voir inquiété. Cependant, je suis persuadé qu'il aurait été possible de l'améliorer, de le démocratiser (ce que voulaient la plupart des manifestants), sans détruire ce qu'on ne pourra sans doutes jamais reconstruire.

Je trouve que fêter comme vous le faite la fin de la RDA (jusqu'à s'en inspirer pour le nom de votre « journal ») est un défi à la dialectique. Il n'y a aucune raison de se réjouir, ni de la fin d'une utopie, ni de la façon dont elle s'est produite. En ce sens que les bobos comme vous jouent le jeu de la droite dure en laissant de coté sans autre forme de procès toute tentation de transformation sociale radicale. Hors du marché, point de salut ?

Je ne vous salue pas.

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