Une bonne raison d'apprendre l'allemand

Currywurst (Kent Wang/Flickr).

A la question « pourquoi diable faudrait-il apprendre l'allemand », je répondrais tout de go : pour mieux lire l'Autrichien Arthur Schnitzler dans le texte. Sa prose grivoise et légère réconciliera nos honorables lectrices et lecteurs avec la langue de Heine, avec laquelle le Français est fâché pour de multiples raisons, l'une d'entre elle, sinon la principale, étant la demi-finale de Séville 82, je me comprends.

Il semblerait cependant que depuis l'avènement du groupe Tokio Hotel, un grand nombre de jeunes gens et surtout de jeunes filles françaises veuillent se mettre subito à l'allemand, et si possible en cours particulier avec le chanteur Bill, dans la « Zimmer 483 ». C'est sûr, ce n'est pas avec Modern Talking qu'on aurait eu cette tentation.

Il y avait bien eu les « 99 Luftballons » de Nena, mais un seul tube n'aura pas suffi… Même si à la Route du Rock cru 2009, on y a eu droit entre chaque concert -une version en partie francisée d'ailleurs, pas mal du tout. Pour ceux que ça intéresse, Nena est devenue entretemps grand-mère et prévoit une grande tournée à partir d'avril 2010 en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

Et puisqu'on est dans les bonnes nouvelles, je vous signale, dans un autre genre et avec quelques mois de retard certes, que Sandra a sorti son album « Back to life » en mars de cette année. Oui, Sandra. La rivale de Sabrina, si vous préférez. On a beau dire, les années 80, quand même, c'était du lourd. Et garanti sans silicone.

L'Autrichien rit, l'Allemand non

Revenons à Schnitzler. Schnitzler peint une société de galants, de danseuses et de porteurs d'uniformes, dont les affaires de cœur s'entrecroisent avec insouciance et cruauté, loin des pesanteurs romantiques chères aux Allemands. Ces derniers ne se sont en effet toujours pas remis du suicide de Werther.

"Reigen" d'Arthur Schnitzler (DR).Je vous conseille ardemment le recueil « Reigen », série de pas de deux dans la Vienne du début du XXe siècle, dont le ton badin ravira un esprit français. C'est donc à cela que l'on distingue l'Autrichien de l'Allemand : le premier rit, l'autre non. Une autre particularité est que l'un mange de la Wienerschnitzel, l'autre préfère la Currywurst -cette dernière fait indéniablement partie de l'identité allemande, un musée à Berlin lui est d'ailleurs consacré depuis peu.

« Comme disait Karl Valentin, un humoriste allemand, “ce qui sépare les Allemands des Autrichiens, c'est la langue commune” », me dit Jochen, répondant à ma question sur la psychologie des deux nations :

« Les Autrichiens sont des Allemands sans sentiment de culpabilité nazie. Ils sont plus enjoués et politiquement plus incorrects que nous. Ils nous agacent et se moquent de nous en permanence. Ils sont de manière générale plus créatifs et ont un humour plus prononcé. Mais ils ne construisent pas de voitures, ce qui fait qu'on ne peut pas prendre cette ethnie véritablement au sérieux. »

Je retourne la question à Florian, un ami autrichien, à quelques jours d'intervalle :

« Les Allemands sont fainéants. Leur humour est très différent du nôtre. Ils n'ont aucun “schmäh”. »

Le « schmäh », explique Florian, c'est cette attitude face à la vie, cette disposition humoristique du Viennois qui lui permet de résoudre les conflits entre personnes. « Les Allemands sont très bureaucratiques, très dogmatiques. Ils se soumettent à l'autorité avec bonheur. Ils regardent vers la Prusse, nous, vers les l'Italie. » Il se reprend : « Non, vers les Balkans. »

« Nous, nous avons hérité de cette bureaucratie monarchique, qui est une bureaucratie de théâtre avec laquelle on peut toujours s'arranger. La séverité de la loi est adoucie par une certaine négligence. »

Ce ne sont pas les personnages de Schnitzler qui diraient le contraire. « En ce qui concerne le passé nazi, les Autrichiens se sont arrangés pour faire porter le chapeau aux Allemands, » reconnait Florian, qui ne sait rien des réponses de Jochen. Et de conclure :

« Comme disait Karl Kraus, un humoriste autrichien, “ce qui sépare les Autrichiens des Allemands, c'est la langue commune” ».

Tout est dit, non ?

Photo : Currywurst (Kent Wang/Flickr).

112 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Frère bien aimé

De Frère bien aimé

13H00 | 22/08/2009 | Permalien

Ça serait pas plutôt la guerre de14 et celle de 39-45 ? ? ?
Et je dirais même plus ,« ce qui sépare les Allemands des Autrichiens, c'est la langue commune »

Portrait de Courageux anonyme

à Frère bien aimé Portrait de Frère bien aimé De John Lénine

18H04 | 22/08/2009 | Permalien

tt ça a commencé à Leipzig 1813 (ils nous ont botté le cul) , puis en 1870 (j'en parle mêmepas), puis en 1914 (on l'a fini à l'arrache) enfin en 1940 (on avait des coéquipiés) , faut pas pousser non plus , hein , ils nous ont bien cassé les pieds . On est pas vindicatifs mais …..Séville82 c'est la goutte d'eau…….

Portrait de Compte supprimé le 21 janvier 2

De Compte supprimé le 21 janvier 2

13H08 | 22/08/2009 | Permalien

Très très classe, l'association entre votre nom et l'illustration.

Portrait de zelectron

De zelectron

13H15 | 22/08/2009 | Permalien

@Alain-Xavier Wurst

Currywurst absolument pas c'est la Bratwurst ! vous devriez avoir honte.

p.s.
moi je m'en fout, je suis Européen mes copains sont Italiens, Hollandais, Autrichiens, Anglais, Allemands, Serbes et Croates, et les autres aussi : ça va comme ça ?

Portrait de AC-89-

De AC-89-

13H26 | 22/08/2009 | Permalien

Monsieur Saucisse, on écrit bureaucratie en français.
Herr Wurst, bitte schreiben bürokratie nur in deutsch.

Portrait de Alain-Xavier Wurst

à AC-89- Portrait de AC-89- De Alain-Xavier Wurst (auteur)

Journaliste | 13H42 | 22/08/2009 | Permalien

Vous avez bien sûr raison. Comme on dit, « malgré tout le soin apporté à nos produits, il se peut… »
Ach.

Portrait de AC-89-

à Alain-Xavier Wurst Portrait de Alain-Xavier Wurst De AC-89-

15H55 | 22/08/2009 | Permalien

Noch einmal bitte ; -)

Portrait de Pascal Riché

à AC-89- Portrait de AC-89- De Pascal Riché 7

Rue89 | 21H17 | 22/08/2009 | Permalien

ist korrigiert

Portrait de compte sup. à la demande du riverain 25.08

à AC-89- Portrait de AC-89- De compte sup. à la demande du riverain 25.08

chat de garde | 11H38 | 23/08/2009 | Permalien

Vous vouliez dire « auf “ Deutsch ?
Je vois que le (la ) signaleur fou a frappé ! Il montre là sa volonté de nuire, je faisais juste remarquer qu'on dit auf Deutsch, et non in deutsch !
Qu'il signale, on prend son plaisir comme on peut !

Portrait de martine silber

De martine silber

journaliste et blogueuse | 13H29 | 22/08/2009 | Permalien

et en contre point thomas berhardt…
à part ça lire en vo est tjrs un plaisir

Portrait de Bartabasco

De Bartabasco

Lisse et un. | 13H30 | 22/08/2009 | Permalien

Un ami suisse francophone m'avait dit que les germanophones étaient un peu choqués par la fainéantise des français


et carrément anéantis par celles des italiens en service militaire.

(obligatoire 2-3 semaine par an il me semble jusqu'à un certain âge)

Portrait de Marie-Sophie Keller

De Marie-Sophie Keller

Rue89 Eco89 | 13H43 | 22/08/2009 | Permalien

« L'Autrichien rit, l'Allemand pas »

Sûrement n'avez-vous jamais essayé de faire s'amuser des Autrichiens à une fête d'anniversaire : -) Ils s'attablent et descendent une bière après l'autre, au mieux obtenez-vous quelques soupirs ponctués de « ah jo »… tandis que les Allemands savent avoir l'alcool exubérant voire dansant.

L'Autrichien - ce n'est que mon sentiment - est déprimé, un effet « bloc de l'est » sans doute : ni jamais très heureux, ni jamais très malheureux, toujours à râler ou se plaindre.

Il n'a en outre pas nettoyé sa conscience collective de la 2e Guerre mondiale et éprouve encore aujourd'hui un sentiment ambivalent à ce sujet, contrairement à ce qui s'est passé en Allemagne. Des générations de jeunes Allemands ont appris la culpabilité et désappris la fierté nationale, ça n'a pas eu lieu en Autriche, où l'extrême droite et le racisme s'affichent bien plus ouvertement et « légitimement » qu'en Allemagne.

L'Autrichien est complexé par rapport à l'Allemand auquel il se réfère tout le temps (alors que l'Allemand ignore l'Autrichien - ce qui doit agacer, c'est sûr). Sans doute ne digère-t-il pas que pour le reste du monde, Hitler soit Allemand et non pas Autrichien, alors qu'il a été son principal produit d'exportation : -) (tout en se défaussant sur l'Allemand soi-disant « envahisseur » quand ça l'arrange). Et sans doute est-il aussi pesant à la longue d'être constamment réduit à Sissi et Fanz-Jo, qui sans Romi Schneider auraient eux aussi sombré dans l'oubli depuis longtemps d'ailleurs…

Il souffre aussi du complexe de l'ancien empire devenu un gros village et en veut à l'Allemagne d'être aussi écrasante à côté. Et Vienne, capitale démesurée par rapport au pays est certes créative, mais ce n'est pas Berlin et la capitale autrichienne n'est d'ailleurs pas représentative de la mentalité générale.

Ok, l'Autriche a son « Schmäh », et Tex Rubinowitz dont les dessins absurdes dans Falter ne manquent pas de charme, mais c'est en Allemagne qu'est né Loriot : et c'est bien avec lui qu'on a le fou rire.

Portrait de LePassantQuiPAsse

De LePassantQuiPAsse

Mouhai ! | 13H57 | 22/08/2009 | Permalien

Qui a dit : Les autrichiens ont reussi l'exploi de faire croire au monde que Mozart était autrichien et Hitler Allemand ?

Portrait de Fald

De Fald

Vieux (con)vaincu | 14H16 | 22/08/2009 | Permalien

L'Allemand ne rit pas, et pour le démontrer, on cite Karl Valentin, un mec qui a appris au reste du monde à écrire des sketchs qui ne soient ni des clowneries de cirque ni des comédies en cinq actes. Je ne dis pas qu'on n'aurait pas eu Coluche et Devos sans Karl Valentin, mais il faut savoir rendre à César ce qui est à Jules.

Quand on connaît les Allemands, on sait qu'ils aiment rire, et pas seulement autour d'une saucisse. Bien sûr, la bourgeoise parisienne qui s'assoit à table dans l'espoir de maigrir, elle ne peut que fuir devant cette cuisine de paysans et de chasseurs. Mais si on aime rigoler en se mettant des bonnes choses derrière la cravate, alors on peut aller en Allemagne. Et comme ils ont vraiment adopté les diverses cuisines de leurs immigrés, on peut aussi y manger léger, et en rigolant. Et quand un Allemand vous reçoit, vous risquez la cirrhose longtemps avant l'ennui.

Et très important pour moi : ce sont d'excellents viticulteurs, eh oui, et peut-être les meilleurs boulangers du monde.

Quant aux humoristes, je ne connais pas les plus récents en détail car pour le peu que j'en ai vu, je leur reprocherais la même chose qu'aux nôtres : n'osant pas faire de satire de fond contre le système social et politique, ils servent toujours la même variante de sketch sur leur vie privée et sexuelle. C'est un peu comme les films pornos et les églises baroques, quand on en a vu un, on les a vus tous. Mais pour ceux à qui ça plait et qui sont légions puisque les salles sont pleines, ce qui se fait en Allemagne vaut bien ce qui se fait en France.

Il faut dire peut-être aussi une chose : l'humour allemand repose souvent sur une ironie qui ne fait pas péter de rire tout de suite ou sur un absurde un peu surréaliste qui échappe aux Français. La kolossale rigolade bien grasse n'est peut être pas toujours du côté du Rhin que l'on croit.

A part ça, il n'y a pas que l'humour intello dans la vie. Un certain Otto (Otto Waalkes), originaire des très austères et protestantes côtes de la Mer du Nord fait marrer les Allemands depuis 40 ans.

Et les dessins animés de Werner ! Werner, c'est une espèce de Gaston Lagaffe, mais en plus de fainéant et maladroit, il est ivrogne, chauffard, …, bref, tout pour plaire. C'est le mec, quand il répare un tuyau, on est sûr de l'inondation, sauf que généralement, le tuyau ne transporte pas que de l'eau, si vous voyez ce que je veux dire… Pas vraiment du Walt Disney. Et lui, il vient des bords de la Baltique.

Mer du Nord et Baltique. Je précise, car au vu de l'article ci-dessus, on dirait que l'humour vient d'Autriche, fait une petite incursion en Bavière et ne remonte pas plus haut que Munich.

Pour les plus vieux, vous pouvez toujours aller voir sur Youtube les sketchs de Wolfgang Neuss (Berlinois) et les chansons de Georg Kreisler (un Autrichien à l'humour très noir et très percutant).

Etc. etc.

Ceci dit, ce n'est pas parce qu'on manquerait de chanteurs et d'humoristes de langue allemande que les jeunes Français ne l'apprennent plus.

Si les jeunes Français ne font plus d'allemand, c'est à cause d'un tas d'arguments plus cons les uns que les autres. Difficulté, alors que ses règles de bases ont inspiré la grammaire de l'espéranto, et surtout inutilité, alors que dans les offres d'emploi demandant la maîtrise de deux langues, 100% demandent bien sûr l'anglais, mais 60% l'allemand en plus.

Chez les moins de quarante ans, ceux qui n'ont pas fait d'anglais se comptent sur les doigts de la Vénus de Milo. Ah si, je connais une fanatique de musique classique, devenue pianiste professionnelle, qui a tenu dès le collège à faire allemand et italien. L'exception confirmant la règle. Mais à quelques unités près, les 100% d'anglais, on les a. Par contre, on est extrêmement loin des 60% d'allemand.

Or, pour raisons de comptabilité à court terme, nos gouvernants ont depuis 30 ans tout fait pour uniformiser les langues à l'école sur anglais-espagnol. Les options comme le choix des langues sont l'empêcheur de tasser les élèves au maximum dès la 6ème. Nos ministres et administrateurs peuvent tenir tous les discours pédagogiques qu'ils veulent, leurs actions concrètes visent toujours à mettre le maximum d'élèves devant le minimum de profs dans le minimum de locaux.

Vous l'aurez compris, je suis prof d'allemand. J'arrive à la fin de mon anti-carrière, je pourrais donc me dire « après moi le déluge », mais j'ai du mal.

Mais bon ! si la masse des jeunes ne veulent faire que de l'anglais et de l'espagnol, qu'ils le fassent et ne viennent pas pleurnicher quand ceux qui ont fait de l'allemand leur piquent les emplois. Car j'en connais plusieurs qui ont eu leur premier CDI à 21 ou 22 ans uniquement parce qu'ils sont capables de correspondre et de téléphoner en allemand. Tant pis pour les autres, c'est cynique mais c'est comme ça.

Juste pour le plaisir, puisque j'ai nettement plus d'années derrière moi que devant, je finirai sur une note de nostalgie selon Karl Valentin : « Früher war sogar die Zukunft besser », c.a.d. « Autrefois, même l'avenir, il était mieux ».

Portrait de lioe

à Fald Portrait de Fald De lioe

berlin | 15H13 | 22/08/2009 | Permalien

Bonjour

Merci de votre post et de l amour que vous portez a l Allemagne !

Juste une petite chose, lorsque vous parler de boulangerie, vous voulez dire Patisserie peut etre ? : -)

IMit freundlichen Grüßen

Portrait de Fald

à lioe Portrait de lioe De Fald

Vieux (con)vaincu | 17H33 | 22/08/2009 | Permalien

Non, non ! je veux bien dire BOULANGERIE. La pâtisserie est réputée, par contre le pain allemand est trop ignoré. En réalité, il faut dire LES pains. Il y en a une multitude.

Le Français est trop habitué au pain blanc et recule parfois devant ces pâtes qui vont du gris clair au marron foncé, et ils ont tort.

Ein « reichliches Frühstück », comme l'annoncent volontiers les propriétaires de chambres d'hôtes. ÇA, c'est du petit déjeuner ! ! !

Personnellement, je ne reviens jamais d'Allemagne sans faire mes provisions dans une boulangerie. Et je maintiens : les boulangers français ne peuvent s'aligner qu'assez loin derrière leurs collègues allemands.

Portrait de Danielle29

à Fald Portrait de Fald De Danielle29

21H33 | 22/08/2009 | Permalien

J'espère que vous avez goûté le « pumpernickel » authentique, pain de seigle de Wesphalie, qui est un vrai régal. Sinon, n'attendez plus !

Portrait de Dan51

à Fald Portrait de Fald De Dan51

15H15 | 22/08/2009 | Permalien

La satire politique est toujours à l'honneur en Allemagne. Toutes les semaines sur 3Sat - en voici quelques émissions :

http://www.3sat.de/dynamic/sitegen/bin/sitegen.php ? tab=4&source=/kleinku…

es élections législatives approchent et un artiste a réussi un coup de génie, tout le monde en parle et rigole :

http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/19/01003-20090819ARTFIG0035…

Le Nouvel Obs publie aussi une vidéo avec les vrais politiques qui font partie du film et espèrent profiter du succès de l'artiste. Sauf un qui prend la chose trop au sérieux et devrait perdre pas mal de points :

http://teleobs.nouvelobs.com/rubriques/teles-du-monde/articles/le-coluch…

Un article du très sérieux journal Die Zeit http://www.zeit.de/online/2009/34/kerkeling-horst-schlaemmer le montre devant la Chancellerie. Et la FAZ
http://www.faz.net/s/Rub475F682E3FC24868A8A5276D4FB916D7/Doc~EB54B8C208D…
lui consacre un long article.

Kerkeling n'est pas le seul, mais le plus réussi. Il y en a aussi d'autres qui font rire en ces temps de crise où Angela Merkel jouit d'une immense popularité. Le groupe autour de Sonneborn qui a créé un « parti » pour reconstruire le Mur de Berlin.

Ils utilisent tous la dérision et l'humour pour faire passer quelques messages importants aux politiques qui ne font plus rire…

Et voici le vrai Hape Kerkeling http://de.wikipedia.org/wiki/Hape_Kerkeling alias Horst Schlemmer, candidat à la Chancellerie.

Il parle 5 langues couramment dont le français et s'engage pour une école sans racisme et avec courage pour éduquer au « courage civil »… plus de 600 écoles y participent.

http://www.schule-ohne-rassismus.org/start.html

C'est loin des lieux communs stupides contenus dans cet article ! ! !

Portrait de Fald

à Dan51 Portrait de Dan51 De Fald

Vieux (con)vaincu | 09H30 | 23/08/2009 | Permalien

Danke für den Tipp !

Portrait de Atalante

à Fald Portrait de Fald De Atalante

Illusionnée | 17H27 | 22/08/2009 | Permalien

Ah non, ah non ! Pas d'accord ! Bien sûr que ça parait difficile l'allemand, quand à onze ans vous le prenez, curieux et motivé, comme LV1 et que le premier mot qu'on vous apprend, c'est Merschweinchen ! Et que dès la première leçon, vous vous demandez, les yeux ronds et la langue pendante, ce que vous avez bien pu faire pour mériter de devoir apprendre des déclinaisons quand vos copines chantent John Lennon en cours d'anglais !

Problème de pédagogie sûrement…On nous apprend la grammaire avant de nous donner envie de parler. J'ai aimé l'allemand toute ma scolarité, la langue elle même, ses sonorités, l'allemagne, ses habitants, sans réussir à vaincre ma hantise de parler, par peur de ne pas utiliser le datif correctement.

Aujourd'hui, j'habite à Hambourg et je maudis ce satané prof de collège qui a si bien su me décourager dès la première heure, et m'a obligé à cravacher, une fois adulte, pour obtenir un niveau correct, alors que mes profs d'anglais m'ont fait adorer leur matière dès le début.

Portrait de Fald

à Atalante Portrait de Atalante De Fald

Vieux (con)vaincu | 18H17 | 22/08/2009 | Permalien

Et inversement pour d'autres qui se seront embêtés en anglais. Je suis toujours surpris qu'on ne chante pas plus en cours d'anglais, vu le répertoire qui existe. Vous avez eu de la chance.

Ceci dit, ce n'est pas toujours évident de faire chanter les élèves. J'essaye car j'aime ça et c'est le meilleur moyen de joindre l'utile à l'agréable pour travailler la prononciation, mais ce n'est pas toujours évident. Faut dire qu'actuellement, j'ai plutôt des « grands », un peu inhibés.

La déclinaison, il faut voir comment on la prend. Toutes les langues varient leurs articles et leurs pronoms. Sinon, il n'y a pas de phrase possible. En français, on fait cela par contraction « le au du » ou comme on peut, en allemand par déclinaison « der den dem », pas de quoi fouetter un chat.

Au contraire : imaginez un Allemand qui se demande quand il faut mettre « je ou moi » pour « ich », « me ou moi » pour « mich », « me ou à moi » pour « mir », expliquez lui aussi pourquoi « me » et « moi » servent deux fois dans des fonctions différentes. En fait, il y a toujours variation, et « absence de déclinaison » est une formulation aimable pour « sac de noeuds ».

Petite statistique : tous les verbes allemands à tous les temps de tous les modes, c'est un peu moins de 200 variations. En Anglais, un peu plus de 200. En Français, un peu plus de 2600.

Chaque fois qu'un Français se plaint qu'une langue étrangère est difficile, il n'a qu'à avoir une pensée émue pour les étrangers qui se coltinent avec la sienne.

Le problème, par contre, c'est que les quelques difficultés de l'allemand se montrent dès le début de l'apprentissage. Un élève de sixième qui ne connaît pas ses fonctions (sujet, objet, etc.) en français aura vraiment du mal à démarrer. Mais est-il normal de sortir du primaire sans les connaître ? De même, les seules difficultés de conjugaison sont au présent de l'indicatif. Donc au début.

En fait, nous avons un gros problème de maîtrise du français chez nos gosses. Ne plus faire d'allemand (ou de latin) est juste un moyen de casser le thermomètre au lieu de guérir la fièvre.

Sinon, je ne sais pas quand vous avez été élève, mais je pense que c'était dans les années 90 quand un des personnages du manuel le plus vendu avait un cochon d'Inde. Le massacre des notes par les intégristes de la déclinaison de l'épithète aurait déjà dû appartenir au passé. Là, par contre, vous n'avez pas eu de chance.

Depuis longtemps, pour corriger, on se demande si un germanophone comprendrait ce que le candidat raconte, et la note monte dès que la réponse est oui, même s'il manque un n ou un e presque inaudible à l'oral à la fin d'un adjectif.

Rassurée ?

Portrait de Atalante

à Fald Portrait de Fald De Atalante

Illusionnée | 15H30 | 23/08/2009 | Permalien

Touché ! J'ai bien appris l'allemand avec Axel und Sabine, ainsi que Strubbel le cochon d'Inde qui était tout le temps weg. ; )

Oui, je suis rassurée, en même temps j'avais compris assez tôt que mon prof était un « intégriste de la déclinaison de l'épithète », avec des méthodes vraiment étranges, comme par exemple de ne jamais nous donner la traduction des mots que l'on devait noter dans nos cahiers et en nous interdisant de les chercher dans le dictionnaire, il fallait en deviner le sens selon le contexte. Hum, hum. Je sais pas vous mais moi, ado, jouer au jeu des devinettes avec « warscheinlich », au demeurant mot trés utile, ça me gonflait.

Enfin, l'important est que j'ai gardé la foi et réappris l'allemand plus tard ! Et mon boss s'en fout si je mets -en à la fin d'un adjectif au lieu de -e, donc je vis ma vie de germanophone bancale plutôt sereinement.. : )

Portrait de Scotian

à Atalante Portrait de Atalante De Scotian

| 04H50 | 23/08/2009 | Permalien

Perso, j'ai fait des années d'allemand sans rencontrer « Merschweinen ». Au contraire, je trouve (avec le recul) que mes bouquins d'allemand était mieux foutus que ceux d'anglais.

Portrait de Atalante

à Scotian Portrait de Scotian De Atalante

Illusionnée | 15H32 | 23/08/2009 | Permalien

Vous n'avez donc pas appris avec Grenzenlos, sinon vous l'auriez renconré dès le premier cours. : )

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à Fald Portrait de Fald De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 22H32 | 22/08/2009 | Permalien

Merci pour votre texte délicieux, mon cher collègue.

Si j'osais, je vous rappelerais que la fin quasi inéluctable de l'enseignement de l'allemand dans le secondaire est en bonne partie due aux professeurs d'allemand eux-mêmes. Car c'est largement eux qui ont fait à cette belle langue sa réputation de « difficulté » (on se demande presque comment les Allemands eux-mêmes arrivent à l'apprendre ! ) - ça leur a en effet permis d'user et d'abuser d'un « privilège » pendant des années : n'avoir que de « bons élèves ». D'autre part, si moi-même enfant j'adorais « die Loreleï » et les histoires de Siegfried tuant le dragon, le monde a changé et les germanistes se sont mis aux méthodes modernes bien longtemps après les anglicistes - ils ont continué à travailler à partir de textes de Goethe bien après que nous ayons abandonné Shakespeare (lors des premières années d'enseignement), et pour beaucoup à l'enseigner presque comme une langue morte.

Il ne faut pas oublier en outre que l'allemand a bénéficié pendant 40 ans d'un traitement de faveur, qui lui a permis d'être choisi comme « l'autre » première langue, à cause des accords franco-allemands de l'immédiat après guerre.

Apparemment, Tokyo Hotel vous a apporté du sang neuf ! Tant mieux, mais qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, quand même… Et autant dire qu'au box office, depuis les Beatles, la balance ne penche guère en votre faveur.

Enfin, pour vous consoler, les jeunes Allemands semblent manifester le même désintérêt envers le français que nos jeunes compatriotes envers leur langue : le français « langue difficile », ça marche aussi outre-Rhin, comme d'ailleurs outre-Manche et outre-Atlantique, où les élèves se ruent sur l'espagnol autant que chez nous.

Portrait de Ming_xuan

à Fald Portrait de Fald De Ming_xuan

Traducteur spécialisé | 01H34 | 23/08/2009 | Permalien

Excusez-moi, mais parler du facteur utile de l'allemand (100-120 millions de locuteurs) surtout en le comparant a l'espagnol (dans les 350 millions de locuteurs si je ne m'abuse), c'est un peu exagere, surtout si l'on considere que les Allemands ont beaucoup de facilites a apprendre l'anglais par rapport a nous et donc qu'on peut sans doute communiquer dans cette langue avec eux dans bien des situations- en tout cas c'est mon experience a l'etranger avec eux. Peut-etre que l'allemand n'est pas si dur a apprendre que ca, mais par rapport a l'espagnol, langue latine et transparente, ca ne fait pas le poid, c'est juste naturel que les petits Francais choissisent cette langue plutot que l'allemand et ca n'a plus grand chose a voir avec l'histoire entre les deux pays…
Peut-etre que les non-germanophones ratent quelques offres d'emploi interessantes a l'echelle europenne, mais si on voit plus grand, je ne crois pas que ca serve a grand chose de parler allemand, effectivement. Il y a bien d'autres options interessantes pour les jeunes Francais a mon avis.

Portrait de Barbeuz

à Ming_xuan Portrait de Ming_xuan De Barbeuz

Etudiant | 10H12 | 24/08/2009 | Permalien

350 millions de locuteurs pour l'Espagnol, certes, mais c'est 40 millions en Europe et le reste en Amérique latine et centrale… (en gros). Et le principal partenaire commercial de la France c'est… l'Allemagne… Donc niveau boulot, y'a vraiment pas photo.
Après si on voit « plus grand », il suffit d'apprendre l'anglais pour se balader (presque) n'importe où sur la planète en baroudeur (sans trop sortir des sentiers battus, sinon on tombe sur du quechua, de l'aymara, et là c'est la cata : ) ).

Quand on choisit les 2 langues étrangères à l'école, on pense toujours en terme d'utilité, de beauté et de facilité. Tout le monde s'accorde sur le 1er critère, pour le deuxième, des gouts et des couleurs ont ne discute pas… Par contre chercher la langue la plus facile, c'est pas forcement très malin. On se précipite sur l'espagnol ou l'italien que l'on peut comprendre en 6 mois et maîtriser en 2 ans… Quel gâchis… Autant profiter d'avoir des cours et la « contrainte scolaire » pour s'ouvrir à d'autres vocabulaires et grammaire (allemand, japonais, chinois, etc…)

Sinon, je rejoins tous les propos sur le manque de pédagogie affolant des profs d'allemand, j'ai commencé à apprécier cette langue en classe préparatoire (après… 8 ans ! ) à cause du dyptique grammaire grammairienne - listes de vocabulaire (3e année d'allemand : l'omoplate, la feuille d'érable, etc…)

Portrait de Ming_xuan

à Barbeuz Portrait de Barbeuz De Ming_xuan

Traducteur spécialisé | 12H12 | 24/08/2009 | Permalien

« Autant profiter d'avoir des cours et la “ contrainte scolaire ”… »

Ah oui, parlons-en des resultats obtenus par la contrainte scolaire dont vous parlez, avec encore une fois l'anglais que beaucoup d'entre nous ont etudie au moins 7 ans, et pour quels resultats ? Le niveau moyen des Francais au terme du cycle secondaire n'est rien moins que deplorable dans l'immense majorite des cas. Je prends mon propre exemple : bac L option anglais renforce, on peut dire que j'en ai bouffe sous toutes les formes pendant des annees. Au final, 17 de moyenne sur ma premiere et ma terminale pour des resultats du meme ordre au bac. Des commentaires de texte et du vocabulaire obsolete, ca oui pas de probleme, mais si je n'avais pas eu la chance de vivre a l'etranger je n'aurais sans doute jamais eu la possibilite de m'elever jusqu'a parler et ecrire couramment dans un registre de langue adapte a mes interlocuteurs.
Si pour reprendre Fald il faut tant de temps et d'effort pour apprendre a parler un anglais tout juste correct, c'est aussi peut-etre parce que l'enseignement des langues en France est archaique ! J'ai affaire dans mon pays d'accueil, la Chine, a des gamins d'une dizaine d'annee qui peuvent soutenir une conversation simple en anglais, apres 2 ans d'etude a raison de 2 ou 3 h par semaine, ca devrait peut-etre nous faire reflechir sur nos methodes.

Portrait de skirlet

à Ming_xuan Portrait de Ming_xuan De skirlet

a | 19H40 | 24/08/2009 | Permalien

« Si pour reprendre Fald il faut tant de temps et d'effort pour apprendre a parler un anglais tout juste correct, c'est aussi peut-etre parce que l'enseignement des langues en France est archaique ! »

Nan môssieu ! (ou madame, chais pas). Au contraire : y essaient de faire « moderne », avec une grosse pression sur l'oral, en délaissant les bases. Chez nous, c'était à la mode il y a plus de 20 ans - faire apprendre des phrases entières sans les analyser, faire parler les « apprenants » etc. Ça faisait un bel effet à la première vue… Il s'est avéré que la construction était fragile, car en dehors des phrases déjà apprises des gens étaient carrément désemparés, car l'assimilation généralisatrice est absente.

Il n'y a pas de méthode miracle. Les langues, c'est beaucoup de temps et de travail, + la motivation, sans quoi ça ne marchera pas.

Portrait de Ming_xuan

à skirlet Portrait de skirlet De Ming_xuan

Traducteur spécialisé | 23H28 | 24/08/2009 | Permalien

N'importe quoi. J'ai 26 ans et ca m'etonnerait beaucoup que les programmes aient ete bouleverses depuis que j'ai quitte le lycee.
Je suis persuade qu'il existe toujours un gros desequilibre entre la production ecrite/orale et que meme si on vous fait parler plus on continue a laisser passer absolument n'importe quoi pourvu que vous vous exprimiez. Pouvez-vous soutenir qu'on aurait enfin introduit l'usage de la phonetique corrective dans l'enseignement de l'anglais pendant le cycle secondaire ? J'en doute tres fortement.
Quant au terme « apprenant » que vous moquez, il est apparu assez recemment et n'est pas lie a la methode traditionelle a laquelle vous semblez vouloir le lier. Je maintiens que l'enseignement de l'anglais chez nous reste jusqu'a preuve du contraire tres influence par la MT (grammaire-traduction, un modele herite de l'enseignement des langues mortes).
Ce n'est pas parce qu'il n'existe pas de methode miracle comme vous dites qu'on ne doit pas chercher a ameliorer les notres.

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