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Secrétaire d'Etat chargé du Logement et de l'Urbanisme

Enseignants-chercheurs : aucune raison de s'opposer !

Benoist Apparu, député UMP de la Marne et rapporteur de la loi LRU, s'étonne des réactions des syndicats et des dirigeants socialistes contre le décret sur les enseignants-chercheurs :

« Je veux rappeler que ce décret est la suite logique de la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités) et notamment de son article 19 qui prévoit expressément que le conseil d'administration de l'université a le pouvoir de moduler les obligations de services des enseignants-chercheurs. A l'époque, les syndicats, notamment l'Unef, et les députés socialistes ne s'étaient pas insurgés contre cette disposition !

J'aimerais comprendre pourquoi ils appellent maintenant à manifester contre une mesure qu'ils ne dénonçaient pas il y a un an, et que certains d'entre eux défendaient. Cette mesure de souplesse avait déjà été envisagée en 1984. Il y a vingt-cinq ans.

Je veux rappeler, par exemple, qu'Alain Claeys, député PS et principal orateur du PS lors de la discussion de cette loi, a signé un rapport en 2006 qui prévoyait des dispositions plus contraignantes encore, et notamment la création d'un “contrat de service pluri-annuel entre l'université et chaque enseignant chercheur, prévoyant la répartition de son temps de travail entre enseignement, recherche et autres tâches”.

L'Unef a accepté cette loi sans jamais dénoncer cette modulation

Je rappelle aussi que l'Unef, après avoir obtenu gain de cause sur deux points (sans aucun lien avec ce décret), a accepté cette loi sans jamais dénoncer cette modulation. Ce décret est au cœur de la réforme de l'autonomie de l'université qui vise à coller au plus près des besoins réels et des aspirations des établissements.

Quelle est l'autonomie d'une université si elle ne dispose pas de la gestion de ses ressources humaines ? Comment accepter qu'un enseignant chercheur ne soit jugé et promu que sur ses activités de recherche et de présence devant les élèves, et jamais sur ses activités d'encadrement pédagogique, de suivi des étudiants, d'encadrement de ses équipes de recherche ou de son investissement de direction au bénéfice de son université ? Comment comprendre que la répartition entre activité de recherche et activité d'enseignement soit figée tout au long de la carrière d'un enseignant-chercheur, alors qu'il peut avoir besoin de plus de temps pour la recherche à un moment de sa carrière ou bien l'inverse ?

Ce décret a fait l'objet d'une longue et vaste écoute et concertation avec les personnels. Il a été adopté par le CTPEN (Comité technique pédagogique national). Toutes les précautions ont été prises pour écarter le risque d'arbitraire : impossibilité d'augmenter le service d'enseignement d'un enseignant-chercheur bien évalué sans son accord, une évaluation par les pairs, une proposition du Conseil National des Universités, un recours contre les décisions.

Aucun gouvernement n'a jamais autant fait pour l'université

La ministre s'est par ailleurs engagée à recevoir la communauté universitaire mercredi 11 février pour leur présenter une charte nationale de bonne application du décret. Toutes les garanties sont là.

Je tiens également à rappeler qu'aucun gouvernement n'a jamais autant fait pour l'université avec plus d'un milliard d'euros par an pendant cinq ans, avec des revalorisations salariales très fortes : de 12 à 25% d'augmentation de salaire pour les jeunes enseignants-chercheurs, des primes scientifiques et de responsabilité pédagogique pouvant aller jusqu'à 15 000 euros par an.

Il faut donc cesser de faire croire que notre majorité veut supprimer la liberté des enseignants-chercheurs. Nous voulons que la recherche française reprenne une place honorable dans la compétition mondiale, et ce n'est pas en s'opposant au moindre changement que l'on y parviendra.

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Portrait de vol19

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De vol19

awash | 23H00 | 06/02/2009 | Permalien

Comme chacun sait, les médias ont la mémoire courte, pour la rafraichir, voici ce que le Député Apparu publiait sur Rue 89, le 30 mai 2008 relativement à la modernisation de l'économie, et annonçait que grace à la politique politique du gouvernement, la crise économique avait été évitée… :

« Cette semaine, les députés vont débattre d'une autre réforme ambitieuse : la modernisation de l'économie. Comme pour celle des institutions, j'invite à ouvrir la réflexion et à construire le consensus autour des enjeux visés par ce texte … »

« Surnommé le “ président du pouvoir d'achat ”, Nicolas Sarkozy entend bien poursuivre le combat et concrétiser à travers ce texte notamment les promesses pour lesquelles les Français l'ont élu… »

« En agissant rapidement sur le travail, l'emploi, la fiscalité et les salaires, le gouvernement a anticipé la crise internationale actuelle et mieux armé le pays pour la traverser plus sereinement que nos voisins européens. »

« Aujourd'hui, le projet de loi de modernisation de l'économie a pour ambition de stimuler la croissance et les énergies, en levant les blocages structurels et réglementaires que connaît l'économie de notre pays. Pour ce faire, il faut remettre le consommateur au centre de la chaîne économique en favorisant la concurrence et faire baisser les prix. Grâce à cette réforme, en trois ans nous devrions compter 150000 emplois en plus et améliorer notre croissance de 1%. »…

« Il est également prévu de relancer la concurrence, notamment dans la distribution. Non pas par idéologie mais pour une raison simple : mettre de la concurrence à tous les étages est le seul moyen de faire baisser les prix »…
 » Par ailleurs, il est impératif d'attirer les capitaux étrangers et la place financière de Paris sera donc renforcée. » …« Plus de croissance dès demain »

« J'entends (ou je lis) déjà les détracteurs de ce projet de loi crier à l'ultra-libéralisme, s'insurger contre les méchants capitalistes, et préparer leurs argumentaires récurrents d'opposition aux changements. Il faut dire que parler d'économie en France reste tabou, d'autant plus quand il s'agit de favoriser l'essor économique. En effet, nous nous apprêtons à donner plus de libertés aux agents économiques et à laisser plus facilement la concurrence s'installer et jouer pour faire en sorte que les prix diminuent. C'est le moyen le plus efficace à mettre en œuvre pour répondre au plus vite à la problématique du pouvoir d'achat. Car il y a urgence ! Nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre pendant dix ans les résultats de nos politiques de recherche et d'enseignement supérieur, même si celles-ci sont des plus prometteuses. Il faut plus de croissance dès demain. Certains bien-pensants aimeraient sans doute augmenter les salaires, et continuer ainsi à alimenter la spirale inflationniste. »

« D'autres saupoudreraient peut-être quelques primes ou allocations gadgets ici et là, creusant inévitablement les déficits publics. D'autres encore souhaiteraient plutôt réglementer plus fermement l'économie française, en taxant davantage les investisseurs (qui prendraient la fuite instantanément), et en s'opposant aux règles du marché. »

« Nous faisons un autre pari et laissons de côté toutes ces mesures dépassées. Nous avons besoin qu'un vent nouveau de liberté et de concurrence souffle sur notre économie. Il ne faut pas avoir peur des politiques novatrices. Elles correspondent aux réalités d'un monde globalisé, qui impose à la France d'imaginer et de créer de nouvelles formules. Le débat du projet de loi de modernisation de l'économie est primordial pour l'avenir de notre pays et il doit donc être intelligent. »

« Au-delà des traditionnels discours dogmatiques, je souhaite que l'on analyse ce texte de manière pragmatique et que l'on ne préjuge pas de ses effets, avant même qu'il ne soit appliqué. Nous ne pourrons faire le bilan de son efficacité qu'après son expérimentation au regard des résultats qu'il produira. »

-> Pas de dogmes… ? si au moins un, celui de la concurrence et du marché (le consommateur au centre). et on voit bien comment cette idéologie est présente dans ce projet sur les universités, on voit aussi comment ce gouvernement ne comprend pas les changements de paradigmes, les évolutions des représentations de la population…
Pour ma part, je n'ai pas à rougir de mon post du 30.05 19h54 ou je développais que comme en 1929 la crise viendrait avec un décalage de quelques mois…pour être arrivé à ce constat , il y a longtemps.
Le 14 septembre 2008, le « lundi noir des bourses » commença le crack boursier…

Désolé, mais là également avec votre projet sur les universités vous êtes dans une impasse… il y aura un réflexe de survie collectif qui a le mérite de permettre une résurgence de ce que c'est que la culture de la recherche.

Portrait de Courageux anonyme

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De l´axe du bien

23H43 | 06/02/2009 | Permalien

merci ChampsElysées89 de réserver a la France d´en haut la place qui lui revient de droit : devant les riverains !

Apparu, dehors ! ! !

Portrait de unagi

à Pascal Riché Portrait de Pascal Riché De unagi

Fatalitas | 23H45 | 06/02/2009 | Permalien

Bonsoir,
Du cran, Avoir du cran c'est sortir du discours officiel et de défendre son point de vue.
Chaque apparition de ce mec est un bras d'honneur à vos lecteurs, l'expression du plus profond mépris des affairistes au pouvoir.
Ce clown n'a aucun point de vue, la destruction est elle un point de vue ? l'accaparement des institutions est elle un point de vue ?
Je ne partage pas votre joie, vous avez l'air d'avoir trouver le dernier avatar d'un courage corrompu.
Le fait que soyez « rarement » d'accord me fait frémir, je ne l'ai jamais été mais vous me répondrez de ça ne m'est strictement personnel.
mais j'ai une autre idée du courage politique.
Vous participez aux débats sur la liberté de la presse, Quelle presse ?

Portrait de PhiPoePsy

De PhiPoePsy

Etudiant à Strasbourg | 15H30 | 06/02/2009 | Permalien

Votre dernière phrase est révélatrice : « Nous voulons que la recherche française reprenne une place honorable dans la compétition mondiale, et ce n'est pas en s'opposant au moindre changement que l'on y parviendra » : réduire la recherche aux concepts de « compétition », de « rentabilité » ou de « classement » est une perversion typiquement héritée du dogme capitalistique consistant à évider le contenu de savoir et de liberté en faveur des résultats chiffrés ! Ici, il en va de la survie de la réflexion critique et du développement de l'imaginaire…

Portrait de titeso

à PhiPoePsy Portrait de PhiPoePsy De titeso

en marge d'un monde que je ne compr... | 16H46 | 06/02/2009 | Permalien

et de la capacité à réfléchir des gens… donc à ne pas devenir des robots obéissants et exploitables à merci….
Et pour M. Apparu, quand vous aurez pratiqué quelques années de recherches et que vous aurez fait autre chose que de la politique et critiquer sans connaitre, à ce moment là, vous aurez le droit de jeter la pierre aux enseignant-chercheurs ! de plus une réduction de moyen et une mise au pas de l'université par rapport au pouvoir ça s'appelle une dictature !
ce n'est pas la peine de nous donner des leçons quand on voit que les critiques du président sont mesquines et l'expression d'une frustration !

Portrait de Benoist Apparu

à titeso Portrait de titeso De Benoist Apparu (auteur)

Secrétaire d'Etat chargé du Logemen... | 15H45 | 07/02/2009 | Permalien

mais personne ne jette la pierre aux enseignants chercheurs ! et depuis quand 1,8 milliards de plus chaque année c'est réduire les moyens de l'univeristé ? Enfin de grace essayons au moins d'éviter les mots du type dictature qui n'apporte pas grand chose au débat.

Portrait de léo solo

à Benoist Apparu Portrait de Benoist Apparu De léo solo

11H27 | 09/02/2009 | Permalien

Oui

parlons gros sous :

Tous les établissements d'enseignement supérieur états-uniens, publics et privés, sont payants. Dans le privé, les frais d'inscription vont de 15 000 à plus de 40 000 dollars par an. Dans le public, de 3 000 à 10 000. Les bourses sur critères sociaux ne sont pas à la mesure du coût des études. Ces frais sont souvent couverts par des prêts bancaires, avec un taux d'intérêt moyen autour de 8 % par an, et il n'est pas hors du commun de finir ses études avec une dette de 50 000 à 100 000 dollars.

Portrait de désinscrit à sa demande

à PhiPoePsy Portrait de PhiPoePsy De désinscrit à sa demande

Entrepreneur | 20H26 | 06/02/2009 | Permalien

L » exigence de résultats est légitime de la part d'un employeur. Appeler cela de l'ultralibéralisme est une mauvaise plaisanterie.

Portrait de Gimp

à désinscrit à sa demande Portrait de désinscrit à sa demande De Gimp

01H16 | 07/02/2009 | Permalien

Luis Miguel : entrepreneur ?

Avec le temps que tu passes sur rue89 camarade, tu ne dois pas entreprendre grand'chose.

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 15H40 | 06/02/2009 | Permalien

Brillante démonstration (thèse-antithèse-synthèse, très peu pour vous). Merci d'être passé. Au revoir Benoist.

Portrait de antonh

De antonh

curieux | 15H39 | 06/02/2009 | Permalien

« Il faut donc cesser de faire croire que notre majorité veut supprimer la liberté des enseignants-chercheurs. Nous voulons que la recherche française reprenne une place honorable dans la compétition mondiale, et ce n'est pas en s'opposant au moindre changement que l'on y parviendra. »
marrant, parce qu'à voir la mobilisation, j'aurias plutot tendance à croire le contraire…
d'autre part, ne pas s'opposer au changement, c'est une chose, s'opposer à la casse en règle de 50 années d'acquis sociaux au nom de critères obscures, c'en est une autre.
on fait fit des ces memes critères lorsqu'il s'agit de prêter aux banques…
faites donc revoter le traité de maastricht (après tout, on fait bien revoter les irlandais quand ils ne repondent pas bien à la question qui leur est posée…), on verra si les changements vont vraiment dans le sens de l'histoire que vous prétendez nous écrire…

Portrait de Blaise11

De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 15H41 | 06/02/2009 | Permalien

Pourquoi tous les députés ou autre conseiller en com » de la droite qui publient ici, ont leurs photos plus grosses que les autres ?

Portrait de G2G

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De G2G

15H46 | 06/02/2009 | Permalien

Non, c'est pas vrai : Serraf, il a une photo taille normal…
Ah merde, il est de gauche ! Pardon.

Portrait de Blaise11

à G2G Portrait de G2G De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 16H14 | 06/02/2009 | Permalien

Mais Serraaaf, y connait pas son séraaail.
il ne sait pas d'où il vient, ni ne sait où il ira.
C'est un vagabond libéral.

Apparu, lui, y sait !
Un bon toutou du sarkozisme, pas encore élevé comme un Lefebvre au grade de tonton, mais il y travaille.

@ Benoit Apparu
Vous a-t'il déjà témoigner de sa gratitude pour ce moment où, encore seul dans son bureau, il entend, monter des salons de l'Élysée jusqu'à ses oreilles, vos heureux glapissements ?

Portrait de antonh

à Blaise11 Portrait de Blaise11 De antonh

curieux | 18H43 | 06/02/2009 | Permalien

ils le rabachent assez ! ! ils ont gagné, c'est la démocratie, blablabla…
du coup, ils ont la grosse tête ! !

Portrait de Veum

De Veum

doctorant | 15H54 | 06/02/2009 | Permalien

-Les AG des étudiants et personnels votent toutes l'abrogation de la loi LRU

-L'UNEF a écrasé la mobilisation contre la LRU pour favoriser le passage sans encombres de Julliard dans l'équipe municipale de Delanoe. L'opinion de l'UNEF n'a donc aucun intérêt.

-Les chercheurs et enseignants chercheurs, lors des états généraux de la recherche à grenoble en 2004 ont présenté un rapport argumenté et chiffré de 90 pages sur une réforme consensuelle de la recherche. Rapport ignoré par la droite depuis lors, donc arrêtez de taxer les enseignants chercheurs de conservatisme !

-Le lien du CTPEN renvoie à l'association des chefs de travaux de l'enseignement technique privé. Aucun rapport, et je n'ai pas trouvé de trace de ce comité ailleurs…

-Sauvons la recherche a démontré que le budget de la recherche est en baisse en 2008. Effort jamais vu en effet : une augmentation négative !

-La recherche française n'aurait pas une place honorable dans le monde ?

5ème mondiale pour le 18ème budget mondial ! C'est pas de la rentabilité ça ? !

PS : du coup l'article expliquant les raisons de la mobilisation des chercheurs disparait de la première page de rue89, bien joué M. le député !

Portrait de léo solo

De léo solo

15H54 | 06/02/2009 | Permalien

Une raison

parmi d'autres
faisant devoir de s'opposer :

La dérive marchande européenne :
La loi LRU s'inscrit dans un processus européen et mondial de mise en concurrence et de marchandisation de l'enseignement supérieur.

Ainsi, l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) prévoit l'inclusion de l'enseignement et la recherche dans le processus de marchandisation et de libéralisation du commerce des services. Cet accord, engagé dès 1995 par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), concerne aujourd'hui 153 pays. Dans un premier temps, l'Union européenne (UE) avait affirmé que l'enseignement public sortait du champ de l'AGCS, parce qu'il était organisé par les États. Mais, sous la pression des néolibéraux de pays anglo-saxons, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et d'entreprises multinationales, les États européens préparent l'intégration pleine et entière de l'enseignement supérieur dans le grand marché mondial.

Ainsi, la Stratégie de Lisbonne (2000) fixe pour l'UE l'objectif d'une « économie de la connaissance la plus compétitive » du monde. À cette fin « l'esprit d'entreprise et les aptitudes sociales » sont mis explicitement sur la liste des « nouvelles compétences de base dont l'éducation et la formation tout au long de la vie doivent permettre l'acquisition » [4].

Un an auparavant, en 1999, le Processus de Bologne avait programmé l'harmonisation du système européen de l'enseignement supérieur, notamment en vue « d'améliorer la compétitivité du système d'enseignement supérieur européen à l'échelon mondial » et d'établir « un espace européen de l'enseignement supérieur » [5]. Concrètement, il s'agissait d'homogénéiser les diplômes, les acteurs et les pratiques. Mais, par là-même, seraient finalement réalisées les conditions nécessaires à la création d'un marché prêt à s'ouvrir au plan mondial, comme l'indiquait en 2002 le Dr Andris Barblan, de l'Association européenne des universités (qui regroupe les présidents des universités européennes et participe activement au processus) : « La reconnaissance et la comparabilité de différents systèmes d'enseignement supérieur, nationaux ou autres, représentent une étape nécessaire de collaboration avant que les pays puissent s'accorder sur la comparabilité des actions qui est nécessaire pour l'application de l'AGCS. Lorsque les deux premières étapes de coopération seront accomplies, les procédures de l'AGCS pourront être appliquées, grâce à cette nouvelle confiance entre les acteurs, devenus partenaires dans le champ de l'enseignement supérieur. »

Votre chronique benoite, douceureuse ne trompe que les Bizounours.

Portrait de Autre raleur

De Autre raleur

16H25 | 06/02/2009 | Permalien

Monsieur Apparu,

Je suis maitre de conférence en mathématiques. Je pense faire partie de ces enseignants-chercheurs qui n'ont parait-il rien à craindre de cette réforme. J'y suis portant très fortement opposé. Je ne veux pas donner d'arguments trop idéologiques ni trop politiques. Je ne veux même pas approfondir le fait qu'une possibilité de modulation cumulée avec une diminution du nombre de postes semble plutôt indiquer un souci d'économie qu'un souci de favoriser la recherche ou de rendre plus attractives les carrières. Et, surtout, j'éviterai de parler du discours insultant et rempli de demi-vérités (un euphémisme) de Nicolas Sarkozy le 22 janvier.

J'aimerais par contre (je suis sincère) connaître vos contre-arguments face à l'argument technique suivant (un argument parmi beaucoup d'autres). Je me permet de reproduire un billet que j'ai déjà posté il y a quelques temps sur ce site (et sur d'autres d'ailleurs).

Résumé : sanctionner les chercheurs peu productifs rend-il la recherche plus efficace ? Je suis convaincu que non.

Je pense que ce qui dérange beaucoup de personnes, c'est qu'il existe des chercheurs fonctionnaires qui ne cherchent plus (ça existe effectivement et c'est pénible) ainsi que des chercheurs fonctionnaires qui ont été recrutés à tort (ça existe aussi).

Cependant (et c'est là le point délicat), imposer des évaluations régulières et détériorer les conditions de travail du chercheur en cas d'évaluation négative n'est pas une bonne solution pour la recherche (et donc pour le contribuable, qui finance tout cela).

Admettons qu'il y ait 20% de chercheurs incompétents ou oisifs (c'est une surévaluation de ce que je vois autour de moi). Les 80% restants sont compétents et travailleurs. Si ces 80 % de chercheurs gardent leur travail et leurs moyens pour travailler même s'ils ne trouvent rien alors ils peuvent consacrer tout leur temps à faire de la bonne recherche. Grosso-modo une efficacité de 80%. Ce n'est pas 100%, mais peut-on faire mieux ?

Admettons que vous cherchiez à régler le problème de ces oisifs ou incompétents. Vous décidez de baisser les financements des chercheurs les moins productifs. Vous décidez également de faire enseigner davantage les enseignants-chercheurs peu productifs (et donc de réduire le temps qu'ils peuvent consacrer à la recherche). Si vraiment ils ne produisent rien, vous les virez. Que se passe-t-il ?

Les 80% des chercheurs précédents vont devoir « prouver qu'ils font de la recherche mieux que les autres » (ou, plus exactement, le faire croire). Et c'est très différent de « faire de la recherche ». Cela veut dire :

- dès que le chercheur a une vague idée qui pourrait être publiée, il va le faire, même si l'idée n'est pas vraiment intéressante. Conséquence : perte de temps pour lui (rédiger un papier sexy avec une idée sans intérêt, ça prend du temps) ; perte de temps pour les arbitres des journaux auxquels il va soumettre ce papier (ce qui feront bien leur travail rejetteront le papier, cela leur prendra du temps ; les autres l'accepteront peut-être) ; perte du temps pour les chercheurs qui liront ensuite le papier publié en pensant y trouver des idées etc.

- si vous avez une idée qui pourrait débloquer votre collègue de bureau, il est peut-être plus sage de ne pas la lui donner : il pourrait ainsi avoir une publication de plus et donc enseigner moins, vous condamnant à enseigner plus et donc à chercher moins…

- si le chercheur doit choisir entre un projet intéressant (et donc dont il ne connait pas l'issu) et un projet qui aboutira avec certitude à une publication (et donc un projet inintéressant - au moins pour ma discipline, mais sans doute pour beaucoup d'autres) il aura tout intérêt à choisir le deuxième. Au mieux, il travaillera sur le premier pendant deux ans, puis, la date de l'évaluation approchant, il passera au deuxième sur les deux années suivantes s'il n'a pas aboutit (les deux dernières années sont donc perdues pour la recherche…).

Pour améliorer l'efficacité de la recherche, vous pouvez ajouter une autre idée : réserver les financements à des projets séléctionnés. Conséquences :
- vos chercheurs passent maintenant du temps à écrire des projets (il faut le faire soigneusement pour être sélectionné). Dans certaines disciplines, vous trouverez des chercheurs affirmant passer la moitié de leur temps à cela (chercher de l'argent).
- les chercheurs les plus brillants passent de plus du temps à évaluer le projet des autres…

Cumulez tous ces temps passés à prouver que l'on fait de la bonne recherche ou que l'on va faire de la bonne recherche. Constatez que cela n'est pas de la recherche. Demandez-vous maintenant si l'efficacité est supérieur à 80%. Je suis convaincu que non.

J'espère sincèrement une réponse de votre part.

Cordialement

Portrait de sinclair

à Autre raleur Portrait de Autre raleur De sinclair

17H16 | 06/02/2009 | Permalien

Inutile de se fatiguer M Apparu donne régulièrement un communique de propagande UMP a publier. Il n'a jamais daigné répondre aux réfutations de ses affirmations. Son seul but est le prosélytisme.

Portrait de Numerosix

à sinclair Portrait de sinclair De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 17H27 | 06/02/2009 | Permalien

…Et d » analyser l » etat de l » opinion de son contre-electorat libre d » ecrire ce qu » il veut .
Ne prenons jamais les adversaires pour des idiots ..

Portrait de in girum

à Numerosix Portrait de Numerosix De in girum

21H16 | 06/02/2009 | Permalien

exact. les accès de propagande de benoist apparu sont des ballons sondes pour l'ump, instructifs et peu coûteux. ne jamais mésestimer l'adversaire, numéro6, je vous suis.

Portrait de sinclair

à in girum Portrait de in girum De sinclair

22H56 | 06/02/2009 | Permalien

Bien sur ! raison de plus de ne pas se fatiguer a argumenter dans le vide

Portrait de Hulk

à Autre raleur Portrait de Autre raleur De Hulk

Gros con de droite | 19H50 | 06/02/2009 | Permalien

Désolé, mais votre argumentation ne tient pas la route.

Dans tous les environnements professionnels, les systèmes d'évaluation produisent des risques d'effets pervers tels que ceux que vous mentionnez, et pourtant on sait globalement assez bien les gérer.

Je ne vois pas pourquoi il en serait différemment dans le milieu de la recherche. Tout ça n'est que conservatisme et refus de principe du changement.

Portrait de enozniwt

à Hulk Portrait de Hulk De enozniwt

20H02 | 06/02/2009 | Permalien

Le changement piloté par des considérations dictées par de pures considérations comptables, ce n'es pas un changement. C'est une marche arrière…
Et cela dans tous les domaines !

Portrait de Hulk

à enozniwt Portrait de enozniwt De Hulk

Gros con de droite | 20H04 | 06/02/2009 | Permalien

Si vous appelez le fait de mettre fin à l'inefficacité, à la gabegie, au gaspillage une « pure préoccupation comptable », alors cela veut dire que les préoccupations comptables ont du bon…

Portrait de Marx_attracts

à Hulk Portrait de Hulk De Marx_attracts

Intermittent de la recherche | 21H07 | 06/02/2009 | Permalien

Dans l'environnement professionnel bancaire, on peut en effet constater qu'on sait globalement bien gérer les systèmes d'évaluation.

D'autre part, il ne s'agit pas de savoir si oui ou non on évalue les enseignants-chercheurs, on le fait déjà. On voudrait simplement discuter comment et par qui.

Je pousserais même le réformisme jusqu'à évaluer les banques par des banquiers comme c'est le cas en recherche.

Portrait de Autre raleur

à Hulk Portrait de Hulk De Autre raleur

21H47 | 06/02/2009 | Permalien

Bonjour Hulk,

Vous n'apportez pas de contre-arguments.

<<
Je ne vois pas pourquoi il en serait différemment dans le milieu de la recherche.
>>

Personnellement, je ne vois pas pourquoi ce serait pareil partout… Si vous le pensez il faudrait argumenter en ce sens, sinon je serais contraint de penser que votre analyse relève davantage d'une idéologie que d'une réflexion.

Pour ce qui nous préoccupe ici, si vous voyez une manière d'éviter que les effets pervers dont je parle ne créent plus de problèmes qu'ils n'en résolvent, merci de nous en faire part.

Portrait de désinscrit à sa demande

De désinscrit à sa demande

Entrepreneur | 20H06 | 06/02/2009 | Permalien

Je reconnais le texte magistral que vous aviez écrit en réponse à des interrogations qui me tourmentaient. Bien que profane et disposant d'un QI somme toute assez bas, j'ose cependant vous poser quelques autres questions.
1 Comment se fait-il qu'il y ait autant de chercheurs en sociologie alors que cette discipline me semble être d'un intérêt mineur pour l'avenir de notre pays ?
2 Vous reconnaissez qu'il existe des chercheurs « incompétents » et vous en évaluez le pourcentage à environ 20%. Est-ce que le statut de fonctionnaire à vie dont bénéficient ces chercheurs ne provoque pas la stérilisation d'un nombre important de postes qui pourraient être occupés par de jeunes doctorants capables mais qui attendent désespérément au portillon ? Ne faudrait-il pas remettre en cause dans certains cas le statut de fonctionnaire ? Merci.

Portrait de Hulk

à désinscrit à sa demande Portrait de désinscrit à sa demande De Hulk

Gros con de droite | 21H46 | 06/02/2009 | Permalien

1) C'est plus facile de « chercher » dans des disciplines où le médiocre peut plus facilement se faire passer pour un génie. La sociologie en est une. Un nullard en sociologie, même attaqué durement par ses confrères de valeur, pourra crier à la cabbale, à la police de la pensée, à la divergence d'opinions, etc… ce qui est difficile dans bien d'autres disciplines

2) Au CNRS, les chercheurs sont mal payés. La contrepartie, c'est que s'ils veulent glander, ils le peuvent. C'est ce qu'on appelle un « deal gagnant-gagnant ».

Portrait de Blaise11

à Hulk Portrait de Hulk De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 12H53 | 07/02/2009 | Permalien

@ la rue

Est-il possible de supprimer ces messages qui tentent de créer une légende et de colporter des charlataneries politicardes ?

Et est-il absurde de se questionner de cette façon : les sociologues de demain seront-ils les Rroms d'hier ou les Juifs d'avant hier ? Un groupe d'individus victime de légendes qui les instituèrent rebuts de la société ? … car le procédé est exactement le même ! Et on ne mentionne pas les autres catégories !

Ahhh, vous parlez d'une troisième voix… !

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