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Secrétaire d'Etat chargé du Logement et de l'Urbanisme

Non, cette crise ne signe pas la mort du capitalisme

Le capitalisme est-il pourri ? J'imagine déjà la très grande majorité des internautes de Rue89 répondre oui, trois fois oui, à cette question. En effet, nous assistons depuis plusieurs semaines à une agitation incessante des marchés financiers et des milieux bancaires. Le capitalisme semble devenu fou. La bourse yoyote chaque jour tout en contredisant les fins économistes et leurs prévisions de la veille.

Force est de constater que nous n'avons pas vu réellement venir cette crise, et je dois reconnaître que j'étais le premier, il y a un ou deux mois, à considérer que la France était à l'abri de la crise des subprimes. Je suis donc mal placé pour tenter aujourd'hui de rassurer quiconque ou de prédire ce qui se passera demain.

J'ai pourtant une conviction. Cette crise ne signe pas la fin ou la mort du capitalisme. Elle signe, à l'évidence, la fin du capitalisme exclusivement financier, de la dérégulation à outrance. Le capitalisme a besoin de règles pour fonctionner. Il a besoin d'être encadré pour ne pas dériver comme il dérive aujourd'hui. C'est la leçon que nous devons tirer à moyens et longs termes pour adapter l'économie de marché à cette réalité et que nous avions tous, moi compris, trop rapidement oubliée.

Mais avant même de tirer des enseignements et de réformer les marchés bancaires et financiers, nous devons à court terme gérer cette crise et répondre à l'instabilité actuelle avant que la crise financière n'engendre parallèlement une crise économique et sociale profonde.

Harmoniser les décisions au niveau européen

Loin de moi l'idée de donner un satisfecit permanent au gouvernement, ou d'apparaître comme le supporteur indéfectible du président de la République qui ne sait dire que « amen » aux décisions prises par notre exécutif.

Loin de moi l'idée de faire de la politique dite politicienne, comme il m'arrive d'en faire souvent pour ne pas dire régulièrement dans les colonnes de Rue89. Mais il me semble que les préconisations et les décisions du gouvernement français et des institutions européennes sont les seules réponses à la crise que nous vivons. Ces réponses vont dans trois directions :

  • Remettre des liquidités dans le marché interbancaire pour ne pas brider le crédit.
  • Rassurer et protéger les épargnants qui ne doivent pas devenir les victimes de cette crise.
  • Soutenir tous les établissements bancaires pour éviter une succession de faillites.

Par ailleurs, toute le monde sait bien que la France ne résoudra pas une crise d'une telle ampleur toute seule. Pour produire des effets, les interventions sur le système financier globalisé nécessitent d'harmoniser les décisions au niveau européen. C'est ce que s'emploient à faire Nicolas Sarkozy et son gouvernement depuis plusieurs jours.

Le meilleur résultat que nous pourrions obtenir proviendrait sans doute d'une prise de conscience collective de l'ensemble des responsables européens. Cette crise est peut-être le moment où jamais de jeter les bases d'une politique économique communautaire et harmonisée, recentrée sur l'économie réelle et sur un capitalisme d'entrepreneurs.

5 commentaires sélectionnés

Portrait de lioe

De lioe

berlin | 12H39 | 09/10/2008 | Permalien

Bonjour

 » Je suis convaincu que le libéralisme est voue au même échec que le communisme et qu il conduira aux mêmes excès. L un comme l autre sont des perversion de la pensée humaine »

Jacques Chirac 2007

Mr le député, il vous aurait suffit de lire quelques articles de R89(et cela depuis deja plus de deux mois), cela vous aurait aider a voire venir cette tempête ! en espérant qu elle ne devienne pas un ouragan de pauvreté(elle est pas de moi, mais je trouve l image tellement juste)
Non seulement le capitalisme a montre ses limites, mais il démontre surtout son cote dangereux(même pour les riches, alors vous imaginez)
Je ne sais pas si c est de l inconscience ou du courage ou même autre chose, d affirmer que le capitalisme n est pas mort. Effectivement les grands de ce monde feront tout pour que cela ne disparaisse pas, mais nul ne pourra plus venir vante les biens faits du capitalisme.
Seriez vous le dernier ?

Portrait de Benoist Apparu

De Benoist Apparu (auteur)

Secrétaire d'Etat chargé du Logemen... | 14H16 | 09/10/2008 | Permalien

Le capitalisme est à l'origine du développement de nombreux états dans le monde. Comme tout système, il comporte des effets pervers. Le capitalisme financier qui rythme nos économies sans régulation est à l'origine de nombreux maux. Comme je l'indique dans mon article, la France ne peut malheureusement pas régler cette question toute seule. Les décisions doivent au minimum être européennes voire mondiales pour espérer des résultats.

Portrait de Utilisateur désinscrit 2

De Marina

nc | 20H08 | 09/10/2008 | Permalien

Ok, on n'est pas d'accord avec M'sieur Apparu. Ok, il récite la leçon de son petit chef. Ok, son argumentaire s'étiole vite.

Mais de s'exposer ici, en terrain (pour une fois) non conquis, sachant que la critique et les mots seraient acerbes… Je trouve ça téméraire.

De se mettre un peu en danger, au lieu d'opter pour la facilité du copinage des médias, faut reconnaître, c'est couillu.

Portrait de michel 13

De michel 13

| 21H07 | 09/10/2008 | Permalien

M. Apparu évoque la moralisation du capitalisme. Ca fait cent cinquante ans qu'on le promet. Même Bush et Sarkozy s'y mettent. Mais en réalité c'est aussi impossible qu'un tigre végétarien ou un nuage sans pluie. Car le capitalisme repose sur trois principes : 1. La propriété privée des grands moyens de production et de financement. Ce ne sont pas les gens qui décident, mais les multinationales. 2. La concurrence : gagner la guerre économique, c'est éliminer ses rivaux. 3. Le profit maximum : pour gagner cette bataille, il faut réaliser un taux de profit non pas « normal et raisonnable », mais un taux de profit maximum qui permet de distancer ses concurrents. Le capitalisme, c'est donc bien la loi de la jungle, comme l'écrivait déjà Karl Marx : « Le Capital a horreur de l'absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire ; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime. » (Le Capital, chapitre 22)

Portrait de jjezfm

De jjezfm

Internaute | 08H58 | 10/10/2008 | Permalien

je ne suis d'accord qu'avec le 1er point : débloquer, voire augmenter, la liquidité interbancaire

mais pas avec les suivants

* « protéger les épargnants qui ne doivent pas être victimes », mais de qui parle-t-on ?
a) la majorité des français n'a pas (plus) les moyens d'épargner, et c'est d'abord à eux qu'il faut penser
b) ceux qui ont des sous à placer pouvaient utiliser nombre d'outils sans risques. Quand on place en bourse, on risque de perdre, c'est la règle du jeu. D'autant qu'avant de baisser, la bourse avait bien grimpé, que je sache (trop ? )

* « éviter les faillites bancaires ». Sans faire preuve d'un optimisme béat, il est clair que pas une seule banque française ne risque la faillite. Donc…

C'est avant tout les actuels et futurs chômeurs et précaires qui risquent d'être victimes, mais ça, le gouv. et l'Europe s'en f… Et vous ?

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