Foundtaping: les trésors des cassettes jetées à la poubelle

Dégoteur de bandes magnétiques esseulées, remonteur de cassettes audio écrasées, stockeur de souvenirs jetés : ainsi va le paradigme sémantique du Foundtaping, acte de récup’ qui va sans doute émoustiller votre nostalgie de la mécanique bancale. Un des grands maîtres en matière de trouvailles phonographiques se nomme Harold Schellinx :
Extrait de l'émission « Décibels », sur France Culture, diffusé en mars 2008.
Au gré de ses vagabondages à Paris et sa proche banlieue, ce « cassettophile » néerlandais ramasse des bouts de bandes magnétiques abandonnées dans la rue, sur les parkings, les bords d’autoroutes et autres recoins urbains.
Une fois le gibier analogique entre ses mains, il le ressucite : démêlage de l’imbroglio de bandes, rembobinage dans une nouvelle cassette, écoute, sélection de fragments sonores numérisés puis collectés dans son exposition virtuelle (disponibles en podcast). Messages de répondeurs téléphoniques, récitations du Coran, patchwork musical, conférences, conversations privées… le monde précieux du souvenir analogique est enfin réhabilité et retentit a fortiori en mode déformé.
« Fotex 34 », le 34e « foundtapes montage » d’Harold, avec des bandes magnétiques récupérées sur l'avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly -sur-Seine le 7 juillet 2005.
Texturé « noisy », craquelé, troué, ce médium organique, même en voie de décomposition, reprend goût à la vie entre les doigts avertis d’Harold, lequel passe un temps démentiel à dénouer les morceaux de bandes entortillées. Ce travail fastidieux, il vous le présente lors de ses moult performances. La prochaine session est prévue début juillet 2008 à Berlin dans le cadre du festival Tuned City.
Par ailleurs, le principe de récupération est le nerf de la guerre des soirées Found Footage qui élargit son champ de récup’ aus courriers personnels, films super 8, diapos, cassettes de dictaphones.
Avec tous ces ingrédients, les artistes en présence créent un mix aléatoire : lecture de correspondances érotiques sur vidéo estivale à Ibiza, au son d’un accordéon malmené par feu-Gilou. Vous pourrez découvrir ce « grand mix du hasard nécessaire » le 23 mai à la Veilleuse, à Paris. Un avant-goût en vidéo :
► Objets trouvés : la nécessité du hasard soirée Found Footage dans le cadre du Festival Fou à la Veilleuse, 24, rue des Envierges, Paris XXe - vendredi 23 de 20h à 2h. Venez accompagné de vos films, lettres, diapos, cassettes de dictaphones et autres broutilles nécessaires.
► : D'autres artistes adeptes du Found Taping : Zoë Irvine (Royaume Uni), Gunter Krüger (Allemagne), Asa Stahl (Suède).
► : K7 Monster, site de réhabilitation de la cassette audio.
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Ce qui m’épate, c’est qu’il y ait encore des cassettes ! Merci pour l’article.
Enormément d’oeuvres n’ont pas été converties au DVD. On trouve des trésors sur les K7. Avant de jeter une K7, toujours se renseigner si le film (ou concert ou reportage ou autre) est réédité. Ce genre de K7 trouve preneur dans un bon vide-grenier (ne soyons pas vénal)
Tout à fait d’accord ! Sauf que pour moi, le problème est plutôt au niveau de la musique, un certain nombre de trésors sont introuvables sur CD ou autre support numérique…
J’en profite pour lancer un APPEL AU PEUPLE :
quelqu’un connaîtrait-il un moyen de faire passer les cassettes audio sur support CD et/ou numérique, bref, de quelque chose qu’on puisse continuer à écouter longtemps et qui ne s’usera pas… J’ai peur pour certaines bandes, mes préférées bien sûr, qui sont aussi les plus usées…
Réponse du peuple ^-^:
Allez voir là….tout est expliqué…
http://www.commentcamarche.net/faq/sujet-192-enregistrement-cassette-aud…
C’est très facile, bon courage
Il faut d’urgence écouter le travail de Kawa Sorix :
http://ui.universinternational.org/mp3.html#douze
Un véritable dieu du Mix tape, et autre cassettes bricolées…
Un PC !
Tout simplement.
Enregistrez sur le disque dur, utilisez un logiciel (libre de préférence) pour enlever les craquements ou autres saloperies qui vous dérange, et roule ma poule.
Mais il va vous falloir quelque chose de rare en ce moment, de la patience !
Bon courage.
Haaaa !
Le craquement (comme pour le vinyl), et « autres saloperies » fait aussi parti du charme !
Je ne transfèrerais pas mes galettes en mp3, à moins d’approcher l’état limite ; même avec leurs craquements, rayures, sauts, ils ont bien plus de charmes que les cd !
Le reste, je confirme.
T’inquiète, Prolo analogique, t’es pas obligé d’effacer les craquements quant tu numérises; par contre, tu les immortalisent!
Une bonne platine a un bien meilleur son (achetée 100 balles à Darty, la mienne a plutôt tendance à grésiller même quand rien ne tourne, ca accompagne le bruit sourd du frigo indus ou des machines de l’atelier d’en bas, dont je viens de me rendre compte qu’il ne trouvait pas son origine dans la production sonore de mon oreille interne), mais c’est quand même pratique de pouvoir sauvegarder le contenu, à défaut de la qualité. Et puis un vinyl, c’est un gateau qui s’offre ou se garde, du numérique ça s’offre et ça se garde!
Le gros problème sur les cassettes c’est le souffle. Avec audacity j’ai pas encore réussi à correctement le supprimer, ça me vire systématiquement une partie des graves. Autant les craquements ont leur charme autant le souffle c’est très désagréable. Rendez-vous compte: il s’agit de chansons que ma maîtresse m’avait enregistré en maternelle, je tuerai quiconque approcherai un aimant à moins d’un kilomètre.
A les années 80…
Tu dois acheter un convertisseur analogique/numerique, vendu avec un logiciel de capture. Ca coute environ 50 euros.
Ce n’est pas compliqué mais il faut acheter un lecteur de cassettes et le mettre en relation avec un enregistreur lecteur CD DVD
« Messages de répondeurs téléphoniques, […] conversations privées… «
« aux courriers personnels, films super 8, diapos, cassettes de dictaphones. »
Il faut faire attention à se qu’on jette alors, ou bien tout bruler :p
On devrait faire de la récup’ de paroles auprès des gens sur leur lit de mort. Ils disparaissent, et on ne sait presque rien d’eux.
On pourrait peut être aussi leur parler et les écouter un peu avant le lit de mort non ?
Ce serait encore mieux. Mais ceux que je connais parlent souvent d’eux-mêmes en creux, par non-dits. Les langues vivantes ne se délient pas facilement.
Et les langues mortes se délient encore moins !
Quand on tend une perche, on est toujours sûr de rentrer avec la pêche du jour…
« Ca, mon âme, il faut partir. »
C’est paraît-il la dernière parole de Descartes. Bof!
Encore faudrait-il qu’ils veuillent parler !!
Souvent, c’est au moment de faire le grand saut qu’ils parlent.
Que de connaissances de perdus à cause de personne qui se taisent !
Tout juste, DBL8, mais certains ne l’ont pas encore compris.
Entendu ce soir, la dernière parole de Jacques Tati à sa femme et à sa fille, il leur demande de s’approcher, elles s’attendent à un secret, un non-dit de dernière minute, dans l’hôpital,
et il dit :
« il y a quelque chose entre la fille de salle et le grand type noir qui balaie »…
comme un début d’histoire.
Et juste après il est mort.
Et Jérôme Deschamps, qui le rapporte dans un docu de Serge July sur Tati, de conclure, il travaillait toujours.
http://anthropia.blogg.org
Joli… Il a tout dit.
Un « naze » au post d’Anthropia ?… Il faudra m’expliquer.
Dans la recup K7
Je vous conseille sur ubuweb.com (site incroyable)
John Oswald
et
The Tape-beatles
(Il n’y a pas Serge July ni Jérôme Deschamps ni Ausecours toujourslesmêmes ni commentfairedufric)
« …sorte d’oratorio bruitiste qui tient autant du music-hall que du cirque. »
lu à propos de John Cage et de son ORATORIO.
L’écoute de ce morceau y fait bien évidemment penser.
bonjour,
je suis à fond là-dedans, en ce moment !
Entre le fonds audio (pour ce qui me concerne) de la fac de langues, où je sévis, et mes propres documents des années 70 - 80, période qui s’est conclue par ma période radio FM, j’ai pas mal de pain sur le planche et de quoi faire, question numérisation.
Pour la fac, toutes les méthodes de langues, les conférences et les enregistrements divers, des dizaines d’heures et autant pour mes enregistrements musicaux, copies de vinyles introuvables, enregistrements (pirates pour la plupart, mais il ne faut pas le dire, hi hi !) de concerts, du boulot, mais c’est passionnant et pouvoir ré-entendre certaines de ces vieilleries est un vrai plaisir.
Le temps des Revox® et des bandes montées aux ciseaux amagnétiques est loin, mais pas tant que ça, au fond !
K7-culture’s not dead!
http://en.wikipedia.org/wiki/Mix_Tape:_The_Art_of_Cassette_Culture