
Le spectacle vivant, un « trésor national » méprisé
Récemment, Christine Albanel, ministre de la Culture et de l'audimat, était sur le plateau du tournage du feuilleton français « Plus belle la vie ». Quelques jours auparavant, elle n'était pas à l'enterrement de Christine Fersen, la doyenne de la Comédie française. On ne peut pas être partout. Mais Albanel a tenu à faire savoir à la presse qu'elle était sur le plateau où l'on tournait le millième épisode de ce feuilleton à succès. Une fois n'est pas coutume, elle savait sur le bout des doigts de quoi elle parlait : les acteurs ont été éberlués de sa connaissance des personnages de « Plus belle la vie ».
Nonobstant, la vie n'est pas belle pour tout le monde, à commencer par les artistes du spectacle vivant. Pas un jour sans que l'on apprenne que telle compagnie d'art dramatique a ses crédits si lourdement amputés que cette réduction drastique en vient à ruiner des projets et à menacer l'existence même de la compagnie. Pas un jour sans que l'on apprenne que tel projet dans une école -crucial dans une classe de primo-arrivants ou d'élèves en grande difficulté-, mené conjointement par un professeur et un acteur, ne sera pas reconduit l'an prochain faute d'argent, la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et le rectorat qui cofinançaient se renvoyant la balle. Pas un jour sans que l'on évoque un gel de crédits qui confine à la glaciation à vie ou menace de fermeture un centre culturel de quartier.
Et pourtant, à en croire Madame Albanel et son éternel sourire crispé, tout va bien, la France des arts n'a jamais été si rayonnante. Et l'éducation artistique est riche de promesses, surenchérit le bonimenteur agrégé Xavier Darcos. Pourtant, non, elle n'est pas belle la vie de bien des artistes.
Irrespect et mépris, honte et colère
Cependant, il y a pire que cette dichotomie entre le dire et le faire. Quelque chose qui relève d'une coupable ignorance, de l'irrespect et du mépris, et suscite en nous honte et colère : la façon dont on traite en haut lieu nos artistes les plus vénérables et les plus talentueux. Et ce -c'est encore plus flagrant- à l'heure où le chef de l'Etat cherche un retour en cour en s« abritant sous le parapluie du nouvel album de sa chanteuse d'épouse.
Comment de pas avoir honte d'entendre le metteur en scène Claude Régy raconter comment un haut fonctionnaire du ministère de la Culture lui a conseillé de prendre sa retraite. Peut-on oser dire cela à un homme dans la pleine force de son art et de son écriture, un octogénaire sarcastique comme un galopin, qui est un modèle pour toute une génération ? Peut-on même seulement oser lui demander de rendre des comptes ? C'est pourtant ce que l'on fait, au sein de la commission de la DRAC Ile-de-France quand arrivent sur le tapis les cas de grands artistes comme Armand Gatti ou Jean-Marie Patte. On entend les “évaluer” ( ! ! ) à l'aune de “critères” comme celui, semble-t-il sacro-saint, du nombre de représentations.
Au piquet avec zéro subvention
C'est ainsi que le metteur en scène Jean-Marie Patte est présentement considéré comme un mauvais élève (de 67 ans) parce qu'il n'a pas suffisamment donné de représentations (alors même qu'il n'a pas les moyens de financer seul un spectacle). Le génie de Patte se mesure-t-il en nombre de représentations ? Il ne se mesure pas. Il est. Un homme comme lui ne devrait pas être soumis au couperet du nombre de représentations.
Si l'on avait “évalué” un Jerzy Grotowski au nombre de ses spectateurs (un nombre restreint et pour finir plus de spectateurs du tout), la DRAC d'Ile-de-France ou de Péatouchnok l'aurait envoyé au piquet avec zéro subvention. Or l'importance et l'influence de Grotowski -dont peu de personnes ont vu le travail- sont aujourd'hui considérables. On doit à des Jean-Marie Patte quelques-uns de nos souvenirs les plus mémorables. Cela n'a pas de prix. Ce n'est pas évaluable.
Bref, la logique de l'entreprise et de l'économie de marché a rattrapé le monde du travail théâtral : il faut du rendement (nombre de représentations, etc.) et toute personne en âge de partir à la retraite doit immédiatement cesser toute activité artistique et laisser sa place à des jeunes plus corvéables et moins chers à l'instar des stagiaires -les compagnies dramatiques étant au théâtre ce que les stagiaires sont à l'entreprise.
Une contribution à la beauté du monde et au savoir des hommes
Devant tant de bêtises et d'arrogance, nos gouvernants devraient regarder avec humilité du côté de l'Empire du soleil levant. Les Japonais ont inventé une distinction qui est un honneur mais avant tout une reconnaissance de la nation : la notion de “trésor national vivant”. Des acteurs, des écrivains, des potiers, des danseurs vénérables, bref des maîtres, reçoivent ce titre et les subsides qui vont avec, ce qui leur permet de poursuivre leur travail artistique sans rendre de comptes, ou tout simplement de vivre et de finir leur vie entouré de respect. On les considère. Ce faisant, la nation les remercie d'exister et d'avoir apporté leur contribution à la beauté du monde et au savoir des hommes. C'est la nation qui leur est redevable et non l'inverse, comme c'est le cas en France comme cela ne l'a jamais été avec autant de suffisance.
Il faut imposer dans notre pays cette idée de “trésor national vivant”. Il faut que des génies –pour ne considérer que le seul domaine du théâtre- comme Roland Dubillard, Armand Gatti, Claude Régy, Jean-Marie Patte, des acteurs hors normes et isolés comme Serge Merlin, soient considérés comme des “trésors nationaux vivants” et que cela ne soit pas seulement une distinction honorifique (sucette très française) mais que ce titre leur donne les moyens de vivre et de travailler comme bon leur semble. Sans retour sur investissement. Pour services rendus à la nation. L'argent qu'il leur arrive de recevoir (souvent de moins en moins) sous forme de subvention, ce n'est pas une aumône, ni une aide, c'est un dû. Leur vie, leur art, c'est de l'or, et cet or est un trésor.
Il semble que cette idée de “trésor national vivant” fasse son chemin. Denis Olivennes (ex-PDG dela FNAC aujourd'hui à la tête du Nouvel Observateur) en parlait récemment sur France Culture ; Michelle Kokosowski qui a fondé et dirigé l'Académie expérimentale des théâtres milite dans ce sens. Et d'autres semblent vouloir leur emboîter le pas. Ce n'est qu'un début.
► A lire aussi : Qui veut la peau du spectacle vivant ?
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De vincelle
12H18 | 24/06/2008 |
Spectacle vivant méprisé ?
Ah bon ? un « homme de petite taille » en compagnie de cendrillon à disneyland, ce n'est pas du spectacle ça ?
sarko veut être partout. Le spectacle est permanent depuis 1 an…
Mais il coûte très cher aux Français.
à vincelle
De karlM
13H30 | 24/06/2008 |
Un excellentisime spectacle vivant, sensible et engagé :
http://portezvousbien.skyrock.com/
à karlM
De quetzal2012
enseignant précaire | 14H26 | 24/06/2008 |
Le spectacle vivant ça dérange forcément d'autant plus que certaines compagnies très engagées n'hésitent pas à rentrer dans le lard du gouvernement et regonfler les coeurs les plus atrophiés, non seulement ils emploient leur talent au service de la cause mais ils s'investissent concrétement sur le terrain aux côtés des travailleurs…
Il faut sortir le poing des poches et aller voir (si ce n'est déjà fait)ça : www.cie-joliemome.org/ - 49k -
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 12H28 | 24/06/2008 |
Mme Albanel, ministre de la Culture(physique) !
en effet elle à peine le niveau du ministre des
Sports et Casinos ( Mr Laporte)
Vive la culture bling bling et sa bayadére Carla !
à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
De ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
cadre(guidon)retraité | 12H51 | 24/06/2008 |
le nain national a obtenu son bac trés jeune ,
à 20 1/2 ans ( cf Canal+du 17 juin)
Il ne connait pas Moliére ! pourquoi le ministre Gargamel(*)
devrait assister aux funérailles de la doyenne de la
Comédie Française ! !
Mieux vaut plusieurs pages culturelles de LIBé sur
la sortie du CD sur la CAME
nb : pourtant le nain national a de nombreux points
communs avec Mr Jourdain
(*) j'ai ,encore une fois de plus,confondu
Albanel et Gargamel
à ROI DAGOBERT(la culotte à l'endroit)
De vincelle
13H44 | 24/06/2008 |
> « pourtant le nain national a de nombreux points
communs avec Mr Jourdain. »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bourgeois_gentilhomme
« Il aime les flatteries nobiliaires et y croit, aspirant à devenir gentilhomme. Il est vaniteux, naïf et capricieux. »
sarko n'est pas naïf…ou alors c'est de la naïveté perverse.
On va dire que du mot culture il n'a retenu que la première syllabe.
De Naradamuni
sans | 12H30 | 24/06/2008 |
« ministre de la Culture et de l'audimat », est-ce vraiment compatible ?
à Naradamuni
De HellSea
Ingénieur en MdR | 13H07 | 24/06/2008 |
Art et « audimat » sont complètement incompatibles, ne prenons comme exemple que Monet pour la peinture et Mozart en fin de vie pour la musique.
C'est beaucoup moins sûr que des musées entiers soient consacrés à « C'est plus belle la vie » (encore que, avec un président qui sacralise ses relations à Disney…).
L'art ne s'évalue par l'audimat au moment de la création, mais déjà plus dans la pérennité de l'œuvre.
à HellSea
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 13H33 | 24/06/2008 |
Sauf si pinault s'en mêle en exposant par exemple à Versailles des sculptures d'un copain à lui.
http://www.rue89.com/en-pleine-culture/jeff-koons-chouchou-de-pinault-a-…
De re-belle
mère au foyer | 13H03 | 24/06/2008 |
elle était de banlieue parisienne, d'une famille modeste, sa seule issue « LA CULTURE » ! ! ! …
pour les élites, la culture c'est plutot l'issue de sortie, réfléchir c'est trop dur ! ! ! …
De amilcar
peureux célèbre | 13H14 | 24/06/2008 |
spectacle vivant, nouvel avatar des langues de bois, ça s'oppose évidemment à spectacle mort, spectacle de la mort même, l'art quel qu'il soit pousse les gens à se révolter, à réfléchir, à l'indocilité, pour un gouvernement c'est inacceptable, subventionner l'indocilité ils ne sont pas fous, le ministère de la culture est un service de soins palliatifs pour les arts, accompagnement de fin de vie des arts vivants, mais c'est le public qui est mort, trop de télé, trop d'agitation, trop de nouvelles insensées, sans sens. quant à attribuer le label trésor vivant à nos artistes, excusez moi mais c'est un gadget, appelez nous trésors mourants, et que nos râles accompagnent votre recherche, notez au passage que les chefs de village essaient de nous tuer depuis la nuit des temps, bien que nous fussions un trésor que vous avez un peu du mal à définir, un trésor immatériel, quand 80% d'une classe d'âge ne sait pas ce que c'est que l'abstraction, auriez-vous besoin de quelque chose d'immatériel, ça serait étonnant, et avec cette question lancinante, comment financer l'immatériel, attendez j'appelle les clowns, bon vous arrivez à peine à racketter les malades, vous vous passionnez pour l'eau sur mars, dieu est grand qui vous a mis de l'eau à portée de fusée, donc comment aussi financer de l'immatériel ? , vous financez déjà tellement d'usines à gaz, la foule solidaire tend au silence, tout le monde est un trésor vivant. Avant de faire épitapher sur nos tombes « viande pourrie ».
à amilcar
De saintgui
22H47 | 24/06/2008 |
spectacle « vivant » s'oppose (quant aux termes) aux arts ou spectacles « de support » qui sont par essence figés.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 13H24 | 24/06/2008 |
Albanel est incollable sur la série « plus belle la vie » ?
Elle est ministre de la culture alors qu'elle n'en a même pas un échantillon sur elle, comme Wauquiez qui s'occupe du travail alors qu'il n'a jamais touché un salaire de sa vie.
http://www.rue89.com/balagan/triomphe-a-chaillot-de-la-estupidez-contre-…
De kalagan
13H37 | 24/06/2008 |
Simple correction, c'est « Denis » Olivennes, et non pas « David » !
Sinon, j'espère vite qu'on change d'état d'esprit en France et qu'on puisse revenir sur tout ce qui a été voté ces dernières années…
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 13H57 | 24/06/2008 |
Jean-Pierre Thibaudat a parfaitement résumé la situation.
Christine Albanel, savait elle réellement qui était Christine Fersen, et ce que c'était le « spectacle vivant », du temps où elle « patrouillait » à Versailles !
« Nonobstant » pour vous plagier Jean Pierre, « plus belle la vie “ est un excellent exemple de ce que peux ‘prévoir’ un ministre ou ministresse d'un tel ‘Pouvoir’.
En tout cas vis à vis de la télé et de la ‘création’,
pour s'énamourer ainsi pour le millième épisode de ce feuilleton, hormis le voyage sur la belle ‘canebière’, c'est bien la preuve qu'en dépit du succès de celui ci, ces ‘gens’ au gouvernement sont à l'affut, et prêt à toutes les récupérations, pour ce qui est quelque chose de consensuel, pas totalement idiot, ‘une réussite’ comme ils disent dans les milieux autorisés des ‘décideurs’.
Il y a quelques jours un article sur le sujet a été proposé sur le problème et il me semble intitulé :
http://www.rue89.com/2008/06/16/qui-veut-la-peau-du-spectacle-vivant
de la journaliste Judith Sibony !
J'y évoquais en citant la riveraine ‘Caro’ je crois, à propos de cette femme : ‘la culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale’, et je rajoutais qu'avec elle, cette ‘culture’, (oh le gros mot pour certains), elle dégoulinait.
Hier disparaissait, à Belle Ile, et vous le citiez, Klaus Michael Grüber !
( Il se trouve que j'y résidais six mois par ans jusqu'à l'an dernier, pour des raisons professionnelles, ‘expositions’), et j'ignorais qu'il avait une maison dans ce lieu idyllique !
Combien de personnes ignorent ce que ce génial metteur en scène a apporté à la scène Française, de l'ordre des Villar et Chéreau) !
Mais la ‘Aubanel’ comme son ‘Maitre’, elle, n'ignore pas ce que veulent les citoyens si on se dispense des efforts nécessaires à la connaissance et la démocratisation de l'art, notamment du spectacle vivant !
Mais mon ‘bon monsieur’, excusez moi de vous parler ainsi Jean Pierre, ce n'est pas dans leur culture à ‘ces gens là’ de se poser ce genre de problème ; il faut ramasser par le ‘bas’ il faut élaguer, il faut diluer, il faut ‘décultiver’ le citoyen, une constante de toutes les politiques et les pensées intimes émergentes de la ‘droite de tous les temps et de tous les pays’ !
Je ne vous cacherais pas que nombre d'artiste dits de ‘gauche’, ou se situant ainsi par mode, m'ont souvent exaspérés, avec leur ‘nombrilisme aigu’, leurs prédisposition à ‘l'hermétisme’, sous prétexte de ‘culture’ avec un grand ‘C’, et leur propension à ‘l'élitisme’ !
Mais néanmoins comme ‘nez en plus’, merci pour cet article et cet appel intelligent à la défense de ce ‘trésor’ qu'est le spectacle vivant, avec tous les créateurs que vous avez cités, à la défense de cet outil indispensable et incomparable qu'est ‘l'Art’, puisque une civilisation sans art, est une civilisation qui se meurt !
Et ceci hélas, n'est pas de moi !
à adaunis
De zénon denon 84
Bonne | 06H46 | 26/06/2008 |
Combien vous voyez juste,vous aussi.
Allez surtout pas de découragement…
Le vent tourne vite,mais en attendant
c'est TRISTE …oui !
Jusqu'ou allons descendre ,dans la médiocrité ?
De ras-la-patience
15H08 | 24/06/2008 |
le problème des rapports entre art et pouvoir ne sont franchement pas nouveaux.
à propos de théatre, il existe une trentaine de CDN (centre dramatique national) en france ; (environ un par région) aucun n'a une troupe régulière ! le budget d'un CDN est en grande partie grignoté par les frais de maintenance et de personnel technique et administratif, autant de moins pour la création !
mais un CDN sans troupe d'acteur, c'est comme un orchestre sans musiciens ! de plus, la plupart des subventions arrivent en retard, d'où découvert à la banque (il faut faire tourner la boutique et respecter le cahier des charges)
robert Hossein en son temps payait à la banque jusqu'à 500000 frs d'agios pour cause de retard de paiement du ministère ! le prix à l'époque d'une création…
le boulot que faisait Jean Vilar et sa troupe du TNP ne serait plus possible aujourd'hui, hélas !
heureusement, nous avons « plus belle la vie » sur nos lucarnes, de la bonne, de la vraie daube en boite pour cerveaux disponibles.
mais ni Albanel pipeau ni mickey ni personne ne pourront JAMAIS tuer le spectacle vivant, il leur survivra.
De MALICE
17H19 | 24/06/2008 |
Tout à fait d'accord - comme d'habitude, d'ailleurs - avec cet article, digne d'un journaliste vraiment cultivé…mais, si je puis me permettre, il n'y a pas que « Roland Dubillard, Armand Gatti, Claude Régy, Jean-Marie Patte, des acteurs hors normes et isolés comme Serge Merlin »…, que la France devrait considérer comme « trésors nationaux vivants » !
Hormis cette petite remarque amicale, l'affront quotidien fait aux artistes par les fonctionnaires du ministère de la culture (ou ce qu'il en reste) est à dénoncer publiquement.
ce n'est pas parce que ces mêmes fonctionaires prennent leur retraite qu'ils doivent l'imposer aux artistes dont la vie est autre, et la retraite minable, soit dit en passant. Picasso peignait encore à quel âge, au fait ? ? ? ?
De Pierrrrre
18H18 | 24/06/2008 |
Décryptage…
………….
Premier coup d'oeil :
le titre :
»….Le spectacle vivant, un « trésor national » méprisé…. »
On comprend de suite qu'on n'aura pas affaire à un article journalistique, mais à un pamphlet engagé.
Ensuite :
»….. Christine Albanel, ministre de la Culture et de l'audimat, était sur le plateau du tournage du feuilleton français « Plus belle la vie »….. »
==> effectivement, « Plus Belle la Vie » est certainement un des feuilletons les plus nuls parmi ceux tournés par notre télévision,
avec des prétendus acteurs dont le jeu ampoulé est une injure à tous ces artistes de talent qui ne trouvent aucun rôle..
Quel était le critère du casting ? le fils du copain ? la fille du colleur d'affiche ? le neveu du député ?
Mais indéniablement, le succés est au rendez-vous, ce qui nous amène à mieux comprendre les limites de la démocratie… l'indigence qui attire les masses indigentes…
------------
»…Quelques jours auparavant, elle n'était pas à l'enterrement de Christine Fersen,… »
==> voyons, elle est plus belle la vie, que la mort…
-------------
».. Albanel a tenu à faire savoir à la presse qu'elle était sur le plateau où l'on tournait le millième épisode de ce feuilleton à succès…. »
==> ben faut que les ministres fassent dans le populisme, un feuilleton à succés qu'elle n'a jamais vu (dommage), un papier récapitulatif d'un collaborateur, et elle peut faire illusion sur la connaissance d'un tournage qu'elle croit de qualité et surtout qu'elle sait populaire…
-------------
» Une fois n'est pas coutume, elle savait sur le bout des doigts de quoi elle parlait : »
== > ça, c'est pour la vacherie du « journaliste ».. c'est facile et ça fait son effet…
-------------
»…Nonobstant, la vie n'est pas belle pour tout le monde, à commencer par les artistes du spectacle vivant…. »
==> petite image opposant une ministre se pavanant « elle n'est pas belle ma vie » par opposition à la galère vécu du spectacke vivant..
encore un effet facile,
champ et contre champ..
Au cinéma, on aurait traduit cela par le sourire ravi de la ministre,
suivi par le regard inquiet de l'intermitent ne sachant comment nourrir son enfant.
Couleur vive et musique flonflon pour la ministre ,
noir sur blanc et silence lourd pour l'intermitent.
Facile, mais ça plait.
-------------
« …Pas un jour sans que l'on apprenne que telle compagnie d'art dramatique a ses crédits si lourdement amputés “
==> exact, encore qu'une étude plus poussée serait utile pour établir le lien qui unit pourvoyeurs de fonds publics et compagnie en bénéficiant..
Peut-etre qu'un marquage politique unilatéral trop orienté est-il à l'origine d'un resserrement de boulons ?
Le spectacle vivant ne tuait-il pas déja des artistes de talents qui avaient pour défaut de ne point faire partie de la mouvance bien pensante ?
---------------------
”…Et pourtant, à en croire Madame Albanel et son éternel sourire crispé…. »
==> nouvelle petite vacherie gratuite et qui se dit journalisme…
--------------------
»…. le bonimenteur agrégé Xavier Darcos….. »
==> un peu de poivre pour chacun.. on s'attend à une prochaine salve pour Fillon ou Sarko…
--------------------
»….Irrespect et mépris, honte et colère…. »
==>lutte des classes,
à droite les méprisants et irrespectueux,
à gauche ceux qui ressentent au plus profond de leur haute conscience citoyenne, honte et colère…
On vous laisse choisir votre catégorie,
selon que vous vouliez passer pour un salaud ou pour un type bien.
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»….à l'heure où le chef de l'Etat cherche un retour en cour en s« abritant sous le parapluie du nouvel album de sa chanteuse d'épouse….. »
==> je le savais, on a zappé Fillon, mais fallait en garder un peu pour Sarko…
Les vrais talentueux du spectacle, les saltimbanques méprisés,
par les gesticulations de Sarko et sa compagne.
--------------------
« ….conseillé de prendre sa retraite….. »
==> la retraite d'un cheminot à 50 ans , par contre, c'est obligatoire..
----------------------
« Bref, la logique de l'entreprise et de l'économie de marché a rattrapé le monde du travail théâtral : »
==> et nous y voila.. c'est de la faute de l'économie de marché, du capitalisme, alors que le théatre subventionné des pays socialistes, ça avait de la gueule …
----------------------
« …. Il faut que des génies –pour ne considérer que le seul domaine du théâtre- comme Roland Dubillard, Armand Gatti, Claude Régy, Jean-Marie Patte, des acteurs hors normes et isolés comme Serge Merlin, soient considérés comme des “trésors nationaux vivants” …. »
==> Mais qui décide qui est un génie ?
qui décide qui a le droit aux subventions et qui n'en n'est pas digne ?
-------------------
»….Il semble que cette idée de « trésor national vivant » fasse son chemin. David Olivennes (ex-PDG dela FNAC aujourd'hui à la tête du Nouvel Observateur)
==> ouf..le nouvel obs… on reste dans le politiquement correct…
à Pierrrrre
De felixrobin
19H01 | 24/06/2008 |
Ce qui est bien avec votre attitude de vieil aigri (vous vous êtes fait jeter combien de fois avec un dossier de demande de subventions ? ), c'est qu'après avoir fait sourire, elle suscite la pitié et rapidement le mépris.
à felixrobin
De Pierrrrre
07H37 | 25/06/2008 |
Réponse remplie de perversité,
n'apportant rien,
pas l'ombre d'un argument,
simplement le désir de salir,
salir pour éviter de réfléchir,
simplement on mord,
on crache, on insulte, on déchire, on casse ;
nos banlieues sont ternies par ce mal être qui au quotidien nous pourrit la vie.
Même mon écran en est taché.
à Pierrrrre
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 02H52 | 25/06/2008 |
@ decrytage : « Qui décide qui est un génie ?
qui décide qui a le droit aux subventions et qui n'en n'est pas digne ? » TOUT EST LA. Je choisis l'opinion du peuple plutôt que celle des petits copains qui se renvoient l'ascenseur, même si ces derniers sont certainement majoritaires sur ce fil…
http://nouvellesociete.org/112.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Pierrrrre
07H36 | 25/06/2008 |
»…Je choisis l'opinion du peuple plutôt que celle des petits copains …. »
==> et c'est qui le peuple ?
un seul système permet de prendre en compte le choix du peuple :
la loi du marché, où le peuple choisi ce qui lui plait en fonction de son coût.
De le_poulpe
18H20 | 24/06/2008 |
C'est intéressant de citer le Japon, mais d'autres pays fonctionnent différemment, sans aucune subvention, et sont d'une autre vitalité que la France en matière de spectacle vivant.
Lier aussi directement la qualité d'un domaine de culture aux subsides -plutôt la manifestation d'une considération, dirons-nous, car l'argent c'est vulgaire- me paraît assez corporatiste comme comportement, à l'heure où nombre de nos concitoyens n'ont plus de quoi se loger et manger, même en travaillant dur.
De todeti
01H28 | 25/06/2008 |
Bonjour.
J'ai lu cet article et, bien sûr, j'y ai trouvé toute la suffisance habituelle et propre à ce type de discours sur l'art. Quelle morgue : On ose carrément dire que l'état est là pour payer. Peu importe si en réalité ce sont les citoyens qui paient : Pas un mot sur eux, à ce sujet, bien sûr.
Car la masse n'a pas son mot à dire : elle doit payer, se taire, et applaudir. Bien sûr, pour cacher ce mépris, cette position si hautaine, on glisse un petit mot sur l'école et les élèves en grande difficulté, petit clin oeil aux quartiers. Comme d'habitude on sussure la rengaine convenue : un projet théâtral est forcément LA solution pour sauver le jeune qui se tape des notes minables. Tout le monde sait ça. Pour améliorer son niveau en langues, en maths, en bio, en français etc..rien de tel qu'un bon projet artistique. Quel baratin. C'est d'ailleurs évidemment ce que font les parents qui en ont les moyens : Ils envoient leur enfant à l'atelier théâtre du quartier plutôt que de les mettre dans les meilleurs collèges et lycées. C'est bien connu.
Aussi, on se vautre ici dans les lieux communs qui font office de pensée : l'artiste est un être totalement désinteressé, qui n'a pas à se soucier de l'argent. Qui croit encore à ces sornettes pour lycéen ? On méprise également l'économie : cachez donc le monde que je monte sur les planches. Quelle curiosité pour le réel ! En être encore à taper des pieds sur le sol comme un enfant parce que le monde fonctionne par l'économie ! Que cette posture est facile et bien confortable. La vague allusion au « marché » cache mal l'indigence de la connaissance en cette matière. Que dit-on ?
Que le monde de la production de richesses matérielles est un monde qui doit servir celui de l'art, et, surtout, du théâtre. Par quelle stratégie de communication parvient-on à convaincre le français moyen du bien fondé d'une telle affirmation ? En invoquant la gratuité absolue de l'art. Pas seulement sur le plan économique, mais en soi : pur idéalisme qui en fait veut ne pas s'avouer que l'art et sa pratique ont besoin du travail des autres, de la masse tant méprisée pour son inculture toujours présupposée. Car la masse doit être idiote, bête, pour que le théatre puisse croire en sa mission d'éducation des masses stupides. Discours archi convenu.
En réalité, les autres -la masse- sont là pour faire tourner le monde pendant que l'élite joue. Voilà la superbe thèse défendue ici. Tout ceci n'aurait-il pas un petit goût d'aristocratie sur fond d'aide aux démunis qui devraient payer de surcroît pour être et méprisés et éduqués ? Que dire de cette pitrerie qui consiste à juger de haut cette masse parce qu'elle regarde une série télé ? Quel exemple facile employé pour catégoriser l'Autre et le ranger dans une petite boite. En fait, oser résumer des millions d'humains à une série télé, c'est faire preuve d'une profonde bétise, celle du snob qui découvrît autrefois avec une stupéfaction teintée de dépît que jean paul sartre aimait lire aussi des romans policiers.
Ce qui est donc regrettable dans ce type de discours archi-convenu c'est qu'il dessert sa « cause ». Il suinte le mépris pour le bas peuple, il suinte l'arrogance de celui qui estime que certaines existences valent mille fois celle d'un autre. Il faudrait quand même rappeler que la culture n'a rien sauvé durant le XX ème siècle et que seule une cure d'humilité lui permettrait de pouvoir prendre la place dans la société qu'elle croit encore pouvoir occuper, comme si de rien n'était. On n'obtient rien d'un public en le toisant : on joue seul, avec ses petits camarades. On se fabrique une belle tour d'ivoire loin du monde.
Un tel discours s'arroge la position de juge absolu du bien en fonction de la position de l'Art. En substance, ce discours dit : le monde peut bien s'écrouler, rien à fiche, l'art continu et la monnaie doit nous être donné. C'est ce discours qui a imprégné, aussi, l'éducation nationale durant des années. On voit le résultat. Un gâchis savamment entretenu au nom d'un binarisme trop ancien : soit l'art d'un côté, le réel de l'autre. Et entre les deux la médiation de l'Etat : le palais du monde peut bien ployer sous la misère, comme disait un grand monsieur, il continue à être tapissé de merdes de chiens.
Mais le ridicule n'a en général pas de mémoire : Oser parler de la « nation » française comme d'un état qui n'aiderait pas les artistes ? Mais quelle blague ! Quel mensonge ! ! Ce qui est insupportable, c'est la découverte que le serrage de vis financier s'adresse à tous : voilà ce ce qui fait hurler. Demain, si les robinets à fric s'ouvrent à nouveau comme à la belle époque, on n'entendra plus un mot, même sur le fond d'une récession économique noire. La bulle artistique et ses acteurs aiment en effet instrumentaliser leurs pratiques quand l'argent manque. Alors, seulement, viennent les hurlements de colère, la peur, les incantations sur la culture et sa mort. Mais une fois l'argent revenu, le précaire, le worrking-poor, la caissière, l'employé, bref, les quelques millions d'inidivus qui triment sont très vite oubliés. C'est dans ces moments de crise que la batterie rhétorique se met en marche. On invoque alors les bienfaits incalculables de l'art en général et donc de la Culture sur la vie sociale, sur les rapports sociaux, sur la réussite scolaire, pour soigner les âmes humaines, pour redonner du sens, pour venir à bout de la haine, de l'intolérance, pour éradiquer la bêtise, pour faire du lien, pour briser l'invidualisme, j'en passe et des meilleures….Les défenseurs fanatiques de l'art se mettent alors à en faire trop. Beaucoup trop. La tactique est simple : comment le français moyen entendu comme le beauf moyen, cela va de soi, pourrait seulement, dans ces conditions, avoir la prétention saugrenue de s'en prendre à l'art ? De refuser l'idée que l'artiste vit en dehors du reste du monde ? Le beauf -l'anonyme tirelire- se trouve d'avance culpabilisé, car il est d'emblée installé dans la position de l'infâme inculte matérialiste qui ne peut que se vautrer devant sa télé sans jamais ouvrir un livre. Vieille rengaine usée jusqu'à la corde.
Un tel mépris de caste -appelons la chose par son nom-est bien symtômatique de la manière dont certains artistes vivent et se pensent en france, surtout dans le domaine du théâtre. Comme des élus. Comme des êtres à part. Des sortes d'intouchables qui auraient le droit insigne de recevoir leur dîme, au nom d'un privilège que rien ne pourrait remettre en cause, pas même, et surtout, l'avis du profane. Voilà donc ce qui se nomme dans notre beau pays la « démocratisation de l'art », soit l'autre nom employé pour qualifier une entreprise qui consiste à vouloir en fait évangéliser les ploucs, mais avec courtoisie. Le plouc, c'est l'Autre ; c'est même aussi « L'agrégé darcos » : quelle belle formule qui condense si bien le ton du discours. Car, que l'on soit de droite ou de gauche, que l'on soit opposer à la politique actuelle ou pas, pourquoi introduire de manière fort puérile et dénigrante le terme « d » agrégé » ? Pour rabaisser. Pour dire qu'un besogneux qui a une agreg » n'est qu'un petit prof et pas un créateur ou un acteur. Qu'il n'est rien. Qu'il ne sait rien. Les politiques sont des nuls, la masse est abrutie de télé. Mais rassurons nous : l'art sera sauvé par un discours si engageant, pas de doute. Et ceux qui en sont loin vont courir vers lui avec confiance, c'est certain.
Etpuisquoi et todéti
De jhoepffner
artiste-enseignant | 10H50 | 25/06/2008 |
Comme d'habitude, une longue lettre, aigrie, parle à coté de ce qui est et a été (et n'est pas signée, sauf d'un pseudo, « todéti »). Il me parait difficile de parler d'élitisme en ce qui concerne JP Thibaudat, qui nous a justement régalé, du temps de libé, d'une chronique du théâtre et de la musique oubliée de l'est de l'Europe, et a souvent fait l'effort d'aller voir toutes sortes de spectacles dans les recoins les plus improbables du territoire.
J'ai essayé de lire cette longue diatribe et ne l'ai lue que par endroit, elle suinte le respect de l'ordre établi, celui de l'audimat et de la réussite financière. Elle parle de working poor alors qu'Armand Gatti fait un travail, discret et sans esclandre, avec les jeunes en difficultés et les prisonniers, depuis d'innombrables années. J'évolue depuis suffisamment longtemps dans la création, pour savoir qu'à part le très peu qui nous assomment de leur arrogance (pour 1 Bartabas, combien de Botton, de Pinault, de Tapie…) quelques-uns qui sont arrivés à une petite sécurité : un poste de directeur de CDN, un poste d'enseignant, les autres slaloment de difficultés financières en affres de la non-reconnaissance. La question d'Armand Gatti ou de Klaus Michael Grüber (pris comme exemples au hasard) c'est qu'ils cherchaient et cherchent encore à nous faire partager une certaine transcendance de la condition humaine, et cela dérange les pouvoirs financiers. Cette propension à tout ramener à un pouvoir économique (Bouygues, Orange etc.) et à son camarade l'audimat et la reconaissance repue du temps de cerveau disponble, est une bonne façon d'étouffer dans l'œuf toute velléité de révolte ou de réflexion.
Alors oui, j'assume la défense de Mme de Lafayette contre Disney, de Pierre Boulez plutôt que C.B.. Que chacun de nous ait aussi besoin de détente me paraît une certitude, mais comparons ce qui est comparable.
Cordialement,
Jacques Hoepffner
De zénon denon 84
Bonne | 16H07 | 27/06/2008 |
Quand je pense qu'on ( ? ? ? ) vient de vous jetter
2 pastilles rouges …
Alors que votre propos -qui regarde vers le haut-
en meriterait 2 douzaines !
Voila ce que c'est d'arriver trés tard…2 jours !
Mon dieu 2 jours .