
L'affaire du théâtre des treize vents souffle de plus en plus fort
La nomination de Jean-Marie Besset par Frédéric Mitterrand à la tête du Théâtre des treize vents de Montpellier (Centre Dramatique national du Languedoc-Roussillon) suscite de violentes réactions. Politique et professionnelles.
Dans un communiqué Sylvie Robert, secrétaire nationale à la culture du PS parle de « nomination arbitraire » relevant « du fait du prince ». Elle rappelle « les obligations de transparence, de compétence, de professionnalité et de concertation » qui doivent présider au « choix des responsables des grandes institutions du spectacle vivant », elle souligne que la procédure de désignation (réglementée) n'a pas été « respectée ».
Du côté de la profession, le SYNDEAC (syndicat des entreprises artistiques et culturelles) et l'ACID (association au sein de la décentralisation dramatique) « ne reconnaissent pas la procédure » qui a conduit à la nomination de Besset puisqu'elle est le fruit d'un « traitement particulier » lequel « n'a pas respecté la procédure en usage ».
En quoi consiste cette procédure ? Les directions des CDN sont régies par des contrats de trois ans renouvelables. Au Théâtre des treize vents le poste étant bientôt vacant (le mandat de l'actuel directeur Jean-Claude Fall prenant fin au 31 décembre), il a donc été fait appel à candidatures au début de l'année. Premier couac, Georges Frêche, le président de Montpellier agglomération et du conseil national du Languedoc-Roussillon, principal bailleur de fonds de l'établissement avec l'Etat déclare publiquement vouloir de Georges Lavaudant à ce poste. L'état ne veut pas de l'ancien directeur de l'Odéon. Bras de fer, blocage.
En septembre on bat les cartes et on recommence la procédure. Les candidatures affluent. En principe les tutelles doivent procéder à un examen approfondi des candidatures pour aboutir à une liste réduite (4-5). Les candidats retenus rédigent un projet conséquent après enquête sur place au besoin. Vient alors leur audition devant les représentants du ministère de la culture et des collectivités territoriales lesquels finissent par se metter d'accord sur un nom. Une procédure forcément longue.
Sans la respecter le moins du monde, en la méprisant et donc en traitant par le mépris les candidats, le Ministre de la culture a annoncé la nomination de Besset « en accord avec Georges Frêche ». « Frédéric Mitterrand souhaitait ma candidature » a déclaré Besset sur l'Indépendant.com. Puisqu'il le voulait…
Quel secret cache ce surprenant accord en le gouvernement et Frêche ? Une promesse financière sur un autre dossier ? Une bienveillance électorale ? Toujours est-il que la démocratie est bafouée par ce geste d'autorité bien dans le style de l'actuel gouvernement .
Plus profondément, cette décision montre combien ces nominations en principe artistiques sont de plus en plus au cœur d'enjeux et de calculs politiques où le copinage et divers réseaux jouent leur rôle. Pour preuve cette déclaration de Besset (toujours l'Indépendant.com) : « Je pense que le soutien des députés-maires de Limoux et de Carcassonne a joué en ma faveur » (Besset est originaire de Limoux).
Grâce à cette affaire, le SYNDEAC et l'ACID osent enfin –il est temps ! - demander une « refonte » du système de nominations « prévoyant notamment la consultation pour avis de représentants de la profession ». On en est là.
Dernière minute : dans une lettre ouverte au Ministre de la culture onze candidats à la direction du Théâtre des Treize vents demandent à Frédéric Mitterrand d » »annuler
cette nomination, de proroger le mandat de M. Jean-Claude FALL jusqu'à
la fin de cette saison, et de relancer un processus de nomination
légal, équitable et conforme aux usages. »
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De eric06
09H04 | 17/11/2009 |
Népotisme toujours ?
Un mot viloement remis à l'ordre du jour par la galaxie sarko. Et ca n'a pas l'ai d'être fini.
Il est vrai que la mitterrandie preferait "copinage" c'est un choix.
Le problème ne serait il pas plutot dans notre façon de faire fonctionner notre démocratie ?
Allez tous au frais dans les pays nordiques...
De Denys Laboutière
Dramaturge | 11H14 | 17/11/2009 |
C'est bien vrai ce que vous consignez dans votre article, M. Thibaudat. Mais que faire, dès lors, pour éviter le copinage dès lors qu'il se pratique de manière de plus en plus probante, d'un Théâtre l'autre? Espérons que si vous êtes entendu, la consultation de représentants de la profession prendra en compte des gens tel que vous, qui êtes fort avisé, des critiques, des essayistes, des représentants du public, des praticiens comme les scénographes, des costumiers, des régisseurs scéniques, des éditeurs aussi de temps en temps (pas toujours parce qu'ils sont souvent abusivement juges et parties dans certaines programmations des théâtres nationaux, voire font partie carrément des comités d'administration de ces théâtres, ce qui est édifiant et surtout depuis que les éditeurs de littérature généraliste ont renoncé à publier du théâtre). Et pas seulement ni les politiques ni les gens de la profession. Or, et on ne peut que le regretter, le microcosme du Théâtre regroupe de moins en moins un grand nombre de gens. Tout le monde se connaît plus ou moins, tout le monde a plus ou moins d'affinités avec les uns ou les autres. Personne ne veut se fâcher ouvertement avec personne. Car plus le gâteau est moindre, plus les aspirants au gâteau s'avèrent gourmands et sont prêts à se ruer sur la moindre part. N'est-ce pas notre système typiquement français qui induit cela? puisque hors le théâtre subventionné, labellisé, par les DRAC elles mêmes constituées de comités d'experts triés sur le volet qui déterminent la légitimité du travail de tel ou tel, rien n'est vraiment viable? Qui serait capable de départager ces affinités en faisant en sorte que ça soit tenable? Sans que le copinage éhonté ne sévisse de parts et d'autres, aussi bien du côté des politiques que des artistes qui s'échangent à tout va leurs productions, pour remplir leurs cahiers des charges? C'est sûr: nous sommes loin des époques où des Brook, Mnouchkine, Régy, Perrier et Wenzel, Planchon, Chéreau pouvaient créer en toute franchise, sans passer un temps délirant dans les antichambres ministérielles. Libres car artistes, vraiment et incontestablement (ou presque) reconnus par des publics et ayant créé, tous, de vraies rencontres avec leurs spectateurs, qu'ils soient acquis ou non. Mais toujours dans la vérité d'un échange, et loin d'être des industriels et des dirigeants de structures qui sont devenues de véritables entreprises au même titre que d'autres.
De bpesti
néant | 11H24 | 17/11/2009 |
"Toujours est-il que la démocratie est bafouée par ce geste d'autorité bien dans le style de l'actuel gouvernement."
Vous avez probablement (volontairement) oublié : "et de Monsieur Georges Frêche".
Pas très élégant à ne mettre en cause que l'un des deux intervenants, puisque les deux ont pris leur décision ensemble.
Ce théâtre est porté au bout de bras par l'État, la Région et l'Agglo de Montpellier. N'est-il pas concevable que ceux qui financent nomment le directeur ?
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 14H03 | 17/11/2009 |
C'est aux politiques que revient la décision finale, mais elle se faisait jusqu'à présent sur examen approfondi des dossiers avec première sélection. Là, c'est dans l'urgence, l'envie de nommer un ami du Prince.. sans aucune référence au projet artistique.
De Gwendoline
Maman | 20H32 | 17/11/2009 |
Et accessoirement, intéressez-vous cinq minutes (pas plus) à l'œuvre de J-M Besset, vous verrez pour quoi il est récompensé : c'est réellement un très mauvais auteur.
Qu'il vienne du privé ou du public, qu'il soit copain avec le ministre ou non, peut importe, au fond. Mais c'est un écrivaillon catastrophique, c'est un fait et il ne pouvait donc accéder à ce poste qu'en étant très fortement pistonné. Ce sont les pires que l'on honore, aujourd'hui, dans ce pays.
à Gwendoline
De Denys Laboutière
Dramaturge | 14H59 | 18/11/2009 |
Voilà un commentaire qui témoigne tout à fait du sérieux de votre esprit critique. Nulle part vous ne savez nous instruire, nous, pauvres naïfs que nous serions, de la validité de votre témoignage qui, en cinq lignes, proclame que l'écriture de M. Besset est digne d'être considérée comme exécrable. Et cela, sans motiver le moins du monde votre assertion péremptoire. Vous me faites penser à ces gens qui commentent abusivement des articles sous couvert d'un anonymat bien pratique mais qui déclarent que leurs voisins sont des "voleurs" , sans en apporter la preuve éclairante et que, parce que vous l'affirmez, tout le monde doit vous croire. Donnez-nous donc des preuves de ce que vous paraissez être si certaine de ce que vous avancez? Qu'avez-vous donc lu et ANALYSE qui vous semble si digne d'être déconsidéré à vos yeux de lectrice avisée? Argumentez donc ! Par ailleurs, si vous vous contentez de lire aussi vite que vous dégainez vos commentaires critiques en pondant sur ce site vos appréciations dramaturgiques soi disant très éclairées, permettez-moi de douter fortement de vos compétences en la matière. Ecrire et lire ne sont pas des activités qui se conçoivent dans la célérité que vous enjoignez d'user, juste pour le plaisir de dénigrer. Ou alors c'est que vous ne savez ni lire ni écrire et c'est bien regrettable. A moins que vous ne puissiez, si toutefois vous vouliez révéler votre véritable identité, (ce dont je doute que vous soyez capable de le faire) nous faire part de votre bibliographie personnelle, qui saurait démontrer que vous avez écrit une dizaine de pièces, à peu près honorables, que vous ayez aussi traduit des auteurs tels que Alan BENNETT ou d'autres? Ensuite, nous pourrons en effet prendre avec plus de considération, toute honte bue, vos critiques que vous considérez si bien justifiées. Ecrivant cela, je mesure que j'ai l'air de défendre à tout crin un auteur qui peut être controversé, encore faudrait-il, pour cela, que vous argumentiez scientifiquement ce que vous avancez. J'ai de l'estime, cependant, et en effet, pour toute personne qui écrit, traduit et manifeste de la passion véritable pour l'art et la littérature dramatiques. C'est mon travail. Et je cherche toujours à l'effectuer de la manière la plus objective qu'on puisse l'envisager. Hors les querelles intestines du milieu. Quitte à déplaire ou sembler défendre ce qui, à vos yeux, paraît indéfendable (mais que vous ne justifiez pas). Que les conditions dans lesquelles cette nomination s'est effectuée soient contestables, c'est évident: je l'ai dit et redit. Il n'y a cependant pas lieu, pour autant, de cracher sur les gens de manière aussi gratuite que vous l'avez fait, et sur ce qu'ils ont produit, inventé, de façon si lâche et injuste que vous le faites. Votre manifestation d'humeur purement réactive pourrait s'apparenter à une volonté de dénigrement gratuite, de quasi ostracisme épidermique que vous semblez envenimer, ici, en éventuelle mais pure mauvaise foi. Puisque à défaut des preuves scientifiques de ce que vous avancez hâtivement.
De marie45
celib | 01H15 | 18/11/2009 |
Besset directeur d'un CDN, ces lieux de service public de la culture héritiers de la décentralisation théâtrale, c'est le début de la fin. À moins qu'on arrête ce mouvement suicidaire juste à temps.