la Revue « Cassandre » refuse de prédire sa disparition annoncée

On a plusieurs fois ici parlé de la revue »Cassandre » revue ouverte aux vents violents de la culture. Elle a ses chroniqueurs grognons comme Jacques Livchine, elle constitue des dossiers costauds sur les façons de faire de l'art et pas du cochon, elle mène des entretiens au long cours avec des esprits féconds comme Jacques Rancière. Bref elle ne se satisfait pas du paysage ambiant et c'est tant mieux .

Mais les temps sont durs pour les revues. Après « Théâtre/public », « Cassandre » est à son tour menacée.

Valérie de Saint-Do et Nicolas Roméas qui la dirigent aux forceps, tirent la sonnette d'alarme :

« Depuis 15 ans, Cassandre a tenté d'offrir une autre information
artistique et culturelle. De réagir à la tendance qui voit nos
confrères, même les plus honorables à l'origine, se transformer en
guides de la consommation du spectacle. D'analyser les interactions
entre l'évolution d'une société et les transformations de son
imaginaire. De mettre en valeur des artistes et des acteurs culturels
qui œuvrent là où l'art “ne va pas de soi” (dans les banlieues, en
prison, dans,les hôpitaux, en milieu rural… D'affirmer que les
inégalités de “capital culturel” ne sont pas une fatalité.

Cette aventure éditoriale, on s'en doute, n'est pas rentable. Ni
“bankable” pour des annonceurs. Ni “sexy” pour les diffuseurs et les
médias. Elle n'a pu vivre qu'avec des soutiens publics, sans jamais
pour autant cesser de se montrer critique envers les tutelles du monde
culturel et ses institutions. Dans un contexte où l'existence service
public de la culture est gravement menacée par un gouvernement qui ne
conçoit la culture qu'au service de sa communication ou de grands
groupes privés des industries culturelles, une grande partie de ces
ressources nous a été retirée au fil de ces dernières années par
l'Etat. Les collectivités territoriales qui nous soutiennent ne peuvent
à elles-seules compenser ce désengagement. »

Bref en attendant un nouvel état de l'Etat, les abonnements ne sont pas de refus. Les mécènes sont bienvenus.

12 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Gwendoline

De Gwendoline

Maman | 01H26 | 15/10/2009 | Permalien

Ils ne faut pas qu'ils s'arrêtent, car ce serait vraiment l'annonce de la fin de beaucoup d'autres activités qu'ils soutiennent et dont ils rendent compte, en résistance contre la marchandisation actuelle.

Soutenons les : http://horschamp.org/spip.php ? article2440

Faisons circuler l'info !

Portrait de nina93

De nina93

étudiante | 03H28 | 15/10/2009 | Permalien

j'ai découvert ce magazine récemment par l'Appel des appels, un groupe où nous nous réunissons avec des gens d'horizons très différents : profs ou étudiants, médecins, psys et travailleurs sociaux, avocats, juges, journalistes, écrivains, artistes…

on parle entre personnes sincères, mutuellement on pense « autrement », c'est-à-dire en relation les uns avec les autres, ça ouvre des horizons pour mieux se comprendre soi-même, et pour imaginer un futur ensemble

depuis je lis régulièrement Cassandre, qui montre avec des philosophes, des sociologues, ds économistes, des penseurs, comme l'art peut être au cœur de tous les changements, en lien avec la ville, le social, le travail, la santé… ça m'apporte une vraie respiration intellectuelle

c'est hyper varié et de haut niveau, mais je m'y retrouve : ça change des guides du bon goût pour les dernières sorties à la mode, j'y découvre plein de spectacles ou de projets dont je n'avais pas entendu parler ailleurs,
et on y apprend comment tout ça se fabrique, ce que les gens ont dans le crâne… pour un peu je serais presque réconciliée avec les artistes, que je trouve si souvent égoïstes ou loin du réel

lire ce journal est pour moi une vraie ouverture et une opportunité de ressourcement, ne m'enlevez pas cet objet de désir !

Portrait de iota

De iota

souscrit ou adscrit | 04H50 | 15/10/2009 | Permalien

cette revue est l'une des rares à se faire l'écho critique du travail d'artistes engagés pour une émancipation des consciences, communauté d'esprit qui se développe en rhizome… sans matrice, à quelle errance sera livrée la multitude d'invisibles qui œuvrent à ancrer la pensée en actes ?
ce week-end, je comptais me divertir au salon de la revue : l'ambiance y sera-t-elle aussi lugubre qu'aux célébrations du cinquantenaire du ministère de la Culture ?

Portrait de thomasdehambourg

De thomasdehambourg

travailleur non-cadré | 11H10 | 16/10/2009 | Permalien

La création artistique (pour éviter de parler de « culture » - ce qui veut tout dire et donc rien) ne peut vivre sans reflet, sans débat, sans médiateurs, sans espaces de réflexion… Ils sont donc autant à protéger que la création elle-même. Les petites critiques crachées en trois lignes comme dans certains hebdomadaires, on peut s'en passer. Mais la vraie interrogation dans des revues qui créent le dialogue, voilà qui est élémentaire. Une politique culturelle qui n'en tient pas compte, n'en est pas une. Aller voir des spectacles ou des oeuvres sans plonger dans les espaces de réflexion, c'est de la consommation. Sauvez les revues !

Portrait de artpsy

De artpsy

responsable culturel | 12H26 | 16/10/2009 | Permalien

La revue Cassandre est extrêmement précieuse pour aider à rendre visible ce que la culture « des paillettes » ignore.
L'action culturelle et artistique menée en psychiatrie a besoin de sens et de souffle, de sortir de son isolement. Cassandre doit rester en vie, au nom de la préservation des espaces publics d'expressions exigeants trop rares. Cassandre fait le choix de préférer la difficulté de l'intelligence critique, à la facilité de communiquer pour consommer. La fin d'une si belle revue, repousserait derrière les murs de l'enfermement ce qu'elle a déjà aidé à sortir de l'ombre. Cassandre c'est aussi un fourmillement de pensées, et de débats. Vous pouvez lire à ce propos le livre qu'elle a co-édité avec Noys en 2007 « L'art en difficultés. Les hors-champ de l'art. Psychiatrie, prisons, quelles actions artistiques ? » Et consulter son site www.horschamp.org !

Portrait de artpsy

De artpsy

responsable culturel | 12H37 | 16/10/2009 | Permalien

Faites comme nous à l'hôpital psychaitrique et ailleurs : Aidez la revue Cassandre / horschamp à continuer. Abonnez - vous… et vos amis !
« Contre la machine à décerveler », le numéro 79, est en vente sur www.horchamp.org.
Il sera présenté au public au salon de la revue samedi 17 et dimanche 18 octobre et au Lavoir Moderne Parisien le mercredi 21 octobre de 19h à 22 h.

Portrait de artpsy

De artpsy

responsable culturel | 12H42 | 16/10/2009 | Permalien

La revue Cassandre est extrêmement précieuse pour aider à rendre visible ce que la culture « des paillettes » ignore.
L'action culturelle et artistique menée en psychiatrie a besoin de sens et de souffle, de sortir de son isolement. Cassandre doit rester en vie, au nom de la préservation des espaces publics d'expressions exigeants trop rares. Cassandre fait le choix de préférer la difficulté de l'intelligence critique, à la facilité de communiquer pour consommer. La fin d'une si belle revue, repousserait derrière les murs de l'enfermement ce qu'elle a déjà aidé à sortir de l'ombre. Cassandre c'est aussi un fourmillement de pensées, et de débats. Vous pouvez lire à ce propos le livre qu'elle a co-édité avec Noys en 2007 « L'art en difficultés. Les hors-champ de l'art. Psychiatrie, prisons, quelles actions artistiques ? » Et consulter son site www.horschamp.org !

Portrait de julielarousse

De julielarousse

internaute curieuse | 18H40 | 16/10/2009 | Permalien

Je ne suis pas toujours d'accord avec ce que dit cette revue, mais c'est ça l'art, la culture, c'est le débat, contradictoire, pas le consensus ! Lorsqu'il n'y aura plus un seul espace de véritable débat sur l'art et la culture dans notre pays, on pourra toujours compter sur la grande presse pour nous informer des équipes de terrain qui agissent au jour le jour dans les milieux ruraux ou dans les banlieues, sans parler des prisons et des hôpitaux…
Alors évidemment qu'il faut les soutenir, même quand on n'est pas toujours en phase avec eux.

Portrait de Sganarelle

De Sganarelle

Argonaute curieux | 19H17 | 16/10/2009 | Permalien

Putain, une trentaine d'euros par ans pour un abo à une revue top niveau, c'est faisable, non ? On va laisser Cassandre couler pour si peu… Qu'est-ce qu'ils foutent avec leur argent de poche, les mômes ? Faudrait peut-être leur expliquer qu'il y a urgence à défendre l'art et la culture dans cette société de merde, sinon on va vraiment commencer à être très très mal barrés…

Portrait de Kalimera

De Kalimera

Hélène et parisienne | 20H11 | 16/10/2009 | Permalien

BRAVO POUR TON BOULOT KASSANDRA ! CONTINUE, ON A BESOIN DE TOI HORS-CHAMP !

Portrait de judithe

De judithe

editrice | 07H35 | 17/10/2009 | Permalien

Je trouve la situation grave, dommageable et regrettable.
Cassandre est la seule revue à ma connaissance à aborder l'art par le biais du social, c'est l'une des rares existantes à être aussi viscéralement engagées. Les discours tenus sont d'une grande intelligence et honnêteté. Quand elle sera disparue, parlera-t-on encore de l'art en banlieue ? en prison ? à l'hôpital ? je ne connais que cette revue pour témoigner d'un ministère de la culture en déliquescence. Les informations délivrées par Cassandre, on les trouve que dans Cassandre, car les journalistes vont sur le terrain pour rencontrer des équipes. Ce ne sont pas des dépêches qu'on peut trouver sur le site de l'afp ! Il faut absolument que cette revue continue d'exister, pour que sa mort ne précède pas celle de notre service public !

Portrait de judithe

De judithe

editrice | 07H41 | 17/10/2009 | Permalien

cassandre sera au salon de la revue ce weekend, je passerai leur dire bonjour et les assurer de mon soutien ! rendez-vous là-bas !

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