
Guy Cassiers assis sous le volcan de Malcolm Lowry

Porter à la scène « Au dessous du volcan », de Malcolm Lowry, l'un ses plus beaux romans du XXe siècle ? Une gageure. Oui. Que Guy Cassiers rend étrangement possible.
Après Proust, Lowry
On n'a pas oublié sa passionnante trilogie autour du pouvoir (à partir d'un roman de Klaus Mann, de films de Sokourov et de tragédies grecques) jouée par sa troupe du Toneelhuis d'Anvers, présentée au festival d'Avignon et au Théâtre de la ville.
Mais là, c'est autre chose : un roman célébrissime, culte pour bon nombre de ses lecteurs. Ce n'est pas la première fois que Cassiers s'affronte à ce genre de monstre -il a « fait » « Hiroshima mon amour » de Duras, « Au bois lacté » de Dylan Thomas et même, encore plus périlleux, « A la recherche du temps perdu » en plusieurs soirées- mais nous n'avons pas vu en France ces productions.
Voici donc la dernière aventure romanesque en date, « Sous le Volcan ». L'adaptation (quel autre mot ? ) est signée Josse De Pauw, qui tient également le rôle du consul, le personnage pivot du roman, celui qui meurt à la fin. Il n'aurait jamais eu l'idée d'adapter (donc de couper dans le vif de) ce qu'il nomme « (son) livre préféré », si son ami Cassiers ne lui avait pas demandé.
Scène nue sur fond de voyage vidéo
Son adaptation ne bouscule pas l'ordre du roman, elle le suit. Tout commence donc en 1939.
A gauche de la scène, un homme de profil assis sur une chaise parle. C'est Jacques Laruelle, le Français, celui qui se souvient. Celui qui a retrouvé les lettres de Geoffrey, le consul britannique, à Yvonne son ex-épouse qui fut un temps la maîtresse du Français.
Assis sur sa chaise il nous entraîne dans les rue du Quauhnahuac, au Mexique, là où tout se passe. Se glisse dans sa voix celle du consul, via le texte d'une de ses lettres, on devine son visage sur un écran vidéo puis le consul entrera sur la scène nue.
Aucun décor, aucun accessoire, aucune profération (micros HF). Un espace de corps et de paroles aux lumières et sons comme intérieurs. Adossé à cela, une façade où sont projetés des vues fixes ou mouvantes prises au Mexique sur les lieux du roman, des visions furtives, jamais très nettes, des personnages.
La façade est découpée, chavirée, poreuse. Derrière apparaissent d'autres images encore sur d'autres écrans parmi des lumières de studio ou de cantina, un flux visuel parfois déformant. Bref une atmosphère incertaine dans laquelle il faut se glisser en se laissant aller, comme une métaphore de la lecture solitaire d'un roman aimé.
Quand Yvonne apparaît, il nous a été dit (plus brutalement que dans le roman) que nous sommes revenus un an auparavant, le jour des morts et tout va se dérouler ce jour-là. Sur fond de guerre d'Espagne, de prémisses de la seconde guerre mondiale. Sur fond de tequila et de mescal tout autant.
On boit bien des verres au fil du roman. Sur scène, rien. Les personnages (le consul d'abord) parlent de boire et les verres apparaissent dans un coin de la façade vidéo. Ce dispositif permet au spectateur de léviter dans le roman via la scène sans qu'on ne lui en impose une vision. Par ses torsions, ses échappées, il et est en accord avec le mouvement de ce roman halluciné.
Le livre de toutes les ivresses
Mais il n'est pas facile d'entrer de plain pied dans cette vision, pour qui « Au dessous du volcan » sous la couverture orange dans l'édition de Buchet/Chastel est un livre culte, lu et relu. Car le spectacle réduit forcément la densité de l'écriture.
Par une voie naturelle au théâtre, il privilégie les paroles sur les descriptions (même si l'un des acteurs, celui qui interprète Laruelle, tient lieu de narrateur). Or, l'une des forces de Lowry, c'est de tout enchevêtrer de façon directe, sans béquille narrative.
Ainsi quand Yvonne revient au Mexique et retrouve le consul dans un bar, assis sur un tabouret, à demi penché au dessus d'un comptoir et « se parlant apparemment à lui-même », Malcolm Lowry nous entraîne loin dans sa description.
En quelques lignes, dans le mouvement de balancier de l'ivresse propre à ce roman, il embrasse toute la ville et au-delà pour revenir au bar où le consul parle au barman sans avoir vu Yvonne.
Alors celle-ci vient s'asseoir sur un tabouret de bar et dit : « Surprise-partie. Me revoici. » Sur scène, cette scène bouleversante apparaît bien pauvre. Et forcément : elle est théâtralement intraduisible même avec le doigté d'un Cassiers.
Il n'en reste pas moins que ce que fait Cassiers est, dans l'ensemble, diaboliquement juste. Et pour qui n'a pas lu ce roman, pour qui en a un vague souvenir, c'est magnifique. Comme dit le consul : « Absolutamente necesario ».
► Théâtre de la ville dans le cadre du festival d'automne, mar au sam 20h30, dim 15h, jusqu'au 9 oct. 12 à 23€. 01 42 74 22 77
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De hershellgordon
22H09 | 04/10/2009 |
pour moi c'est loin et c'est cher ! tant pis, vous m'avez donné l'envie de relire le roman de lowry et de fouiller ma dvdthèque afin d'y retrouver l'excellent film éponyme de john huston…
à hershellgordon
De Colette Al Qubasi
consulting - Maroc | 22H33 | 04/10/2009 |
Bof, le film ne vaut pas le livre, loin s'en faut, faudrait peut-être voir à ranger un peu mieux votre dvdthèque.
à Colette Al Qubasi
De déluge
menuisier | 22H59 | 04/10/2009 |
« Bof, le film ne vaut pas le livre, loin s'en faut »
Pénible ce genre de commentaire..
Qui parle de « valoir » ici ?
Les variations sur un même thème c'est sacrilège ?
Bon dieu, restez dans votre chapelle à annoner votre catéchisme pécunier !
à déluge
De tous_les_plaisirs
et pas que du chocolat | 23H23 | 04/10/2009 |
c'est une manie chez vous l'auto-vote ++++
à déluge
De Colette Al Qubasi
consulting - Maroc | 08H41 | 05/10/2009 |
Je vois que la nuit ne s'est pas abattue que sur Cuernavaca. ..
« sacrilège », « Bon dieu », « chapelle », « annoner » , « catéchisme » …
L'intronisation de l'impétrant s'est mal passée ?
Au fait, c'est quoi un « catéchisme pécunier » ?
à Colette Al Qubasi
De déluge
menuisier | 09H08 | 05/10/2009 |
Je n'avais pas vu que vous aviez le nombril mouillé…
Vous ne comprenez pas le français ?
Catéchisme : Doctrine mise en forme pour l'éducation.
Catéchisme pecunier (pécuniaire serait plus juste), Doctrine et grille de lecture du monde privilégiant la valeur pécuniaire des choses.
Truc « ne vaut pas » machin, la valeur, la comparaison de valeurs asser pertinente pour deux choses semblables est carrément stupide et inadaptée pour deux choses fondamentalement dissemblables (un livre et un film).
Dire une crétinerie du genre « le film de Huston ne vaut le livre de Lowry » montre le peu de voisinage que vous entretenez avec les livres et les films.
Vous pouriez dire aussi « le Nozze di Figaro » de Mozart ne vaut pas le livre de Beaumarchais, ce serait également pertinent.
à déluge
De Colette Al Qubasi
consulting - Maroc | 21H19 | 05/10/2009 |
Si vous saviez comme je me fous de la valeur pécuniaire des choses, cela dit, il ne faut pas vous fâcher comme ça, moinillon défroqué, le Huston est un bon petit film, qui en doute ? Mais face à un chef-d'oeuvre foisonnant comme le livre de Lowry, la plus belle pellicule du monde ne peut donner que ce qu'on a déjà.
Car personne, pas même Huston, ne peut prétendre être capable de s'établir dans le lieu où se tînt Lowry. Une région de l'esprit fort peu balisée qu'aucun cinéaste, aussi doué soit-il, mais toujours tellement esclave de ses petites images, n'est en mesure de circonscrire.
On ne peut suivre Lowry qu'avec les yeux de l'imagination et jusqu'à un point donné de son avancée.
Au-delà, c'est la plongée dans une nuit du corps et de l'âme où les chemins se perdent…
Lowry est constamment dans un dépassement de la signification éprise de soi. Pas Huston. Un texte comme le sien, encombré d'incises et soumis à dure syntaxe, s'impose par sa force d'évidence ; c'est une construction, un déploiement rythmique, car il y a une structure interne à l'oeuvre, et la force qui au final en émane au réside dans ces « rapports“-là.
Huston, en éternel bon faiseur qu'il est, illustrateur de talent certes, ne fait que glisser à la surface de ces ‘rapports’.
Autrement dit, du livre au film, je ne vois pas échange de puissance, encore moins réintensification.
De toute façon, faire de l'image sur un tel flot littéraire, c'est prétendre à de l'impossible et pour tout dire, c'est pure foutaise.
Ce qui donne son caractère d'énigme à ‘Au-dessous du volcan’, le livre, c'est que c'est de l'intériorité d'un artiste qu'il s'agit, avec cette façon qu'a l'auteur de descendre et rester au plus près d'expériences que seule une personne, en sa différence, peut faire. Et qui sont la cause la plus intime de sa grandeur éventuelle autant que sa justification.
Alors que votre Huston, lui, arrivant en second, que peut-il faire, sinon, au mieux, poisson-pilote du premier ?
Le livre de Lory est une énigme qui nous requiert comme telle, avec une force qui semble inépuisable.
Le film d'Huston nous fait à peine lever un sourcil.
D'ailleur aux ‘Gens de Dublin’, je me suis endormie.
Enfin, épargnez-moi votre vocabulaire de calotin ainsi que vos histoires de nombril mouillé, vous vous rendez (im)puissamment ridicule.
Sans doute que cela vous fait du bien car vous vous gonflez d'importance à défaut d'autre chose, mais pensez-vous vraiment que la supposée qualité de vos jets spermatiques intéresse quelqu'un par ici ?
à Colette Al Qubasi
De hershellgordon
22H21 | 05/10/2009 |
ah ah…lowry devient lory dans votre long post prétentieux, tout est dit…une sorte de raffarinade en somme…j'ai d'ailleurs failli m'endormir devant tant de longue lourdeur…que dire si ce n'est que vous vous émoussez de ligne en ligne…bon, ceci dit, les pseudo-métaphores de la fin en disent suffisamment sur vôtre « honnêteté intellectuelle “d'ailleur” (sic)…moi, j'aime bien déluge, il est souvent pertinent, jamais acariâtre…et comme moi, n'a qu'un pseudo ! oh, je précède votre légitime saillie…je suis rarement pertinent…mais n'ai qu'un pseudo…moi ! votre (vos nombreux) sourcil peut se rabaisser tranquillement…et votre cuistrerie itou…
à hershellgordon
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 22H49 | 05/10/2009 |
Oui , c'est en dessous de tout ..
On dirait France Culture sur ondes courtes, avec les crachouillis ..
à hershellgordon
De déluge
menuisier | 22H40 | 05/10/2009 |
Raffarin, au moins, fut une fois au moins, un peu, « rock n » roll » :
Lorsqu'il imitait Johnny dans les folles soirées des jeunesses giscardiennes
Ambiance de folie.
Cravatte dénouée, tout ça.
Peut-on deviner de tels débordements presques orgiaques chez colette ?
Je n'ose creuser…
à Colette Al Qubasi
De déluge
menuisier | 22H35 | 05/10/2009 |
Désolé, pas pu lire jusqu'à la fin.
à déluge
De hershellgordon
22H53 | 05/10/2009 |
la bise des déconnologues est l » injonction à ton égard…et la mienne de part la même…et puis même au sparadrap sur la jambe de bois qui fait office de surgé…
à déluge
De Colette Al Qubasi
consulting - Maroc | 08H43 | 05/10/2009 |
doublon
à Colette Al Qubasi
De hershellgordon
23H12 | 04/10/2009 |
que voulez-vous, j'aime john huston…c'est une tare ?
bof…ceci dit…merci de me gratifier de votre premier commentaire, j'en suis tout ému…
à hershellgordon
De Colette Al Qubasi
consulting - Maroc | 08H42 | 05/10/2009 |
« que voulez-vous, j'aime john huston…c'est une tare ? »
Du tout. Bonne journée.
à Colette Al Qubasi
De hershellgordon
20H34 | 05/10/2009 |
de même bro…même si c'est le soir…
à hershellgordon
De déluge
menuisier | 23H01 | 04/10/2009 |
Lowry, Sam Lowry ?
à déluge
De hershellgordon
23H06 | 04/10/2009 |
sacré toi !
De Zineb Dryef
Rue89 | 23H43 | 04/10/2009 |
Merci, merci, merci. Ca m'avait totalement échappé. J'y cours.