
Hamlet vu par Matthias Langhoff : un chef-d'œuvre hors normes
Matthias Langhoff revient en force. Alors que son tête-à-tête furieux avec Lautréamont s'installe au Théâtre de la ville, son phénoménal « Hamlet-cabaret », créé en décembre à Dijon, part en tournée toute l'année : un chef-d'œuvre !
Que vous ayez ni vu ni lu « Hamlet », ou que vous connaissiez la pièce de Shakespeare par cœur, jamais vous ne l'aurez entendue comme l'offre Matthias Langhoff. Au « Hamlet-cabaret » tenu par l'acteur François Chattot, tout le monde est à la même enseigne : celle du théâtre, l'un des plus vieux métiers du monde. On est à la fête. 4h30 durant. Ô joie !
Quel plaisir de retrouver Langhoff dans le lit de Shakespeare, un auteur qu'il sent comme le chien sent son maître. Inoubliable et inoublié reste son « Roi Lear » avec Serge Merlin (1986). Son « Hamlet » le sera tout autant. Sinon plus.
Car « Hamlet » est la pièce la plus célèbre du monde comme la Joconde est le tableau le plus universel. On ne percera jamais le mystère du sourire de cette dernière, on ne viendra jamais à bout de l'étrangeté d'Hamlet. Langhoff affronte la pièce pour ce qu'elle est, la pièce des pièces, et pour la part irréductible d'intimité qu'il y insuffle. Le théâtre est aux commandes, le music-hall est son amant et son agent de liaison, le cabaret son lit.
Alors le spectre sort d'une poubelle
Quand le public entre dans la salle, un type est assis derrière une des tables dépareillées qui, au devant de la scène, dessinent un chemin chaotique. Il y a là des chaises accolées aux tables, d'autres tables, rondes celles-là, et d'autres chaises, vers la scène du théâtre (comme dans les cabarets).
Le public s'y assoit ou va prendre place sur les gradins de l'établissement. Il restait une chaise libre au bord d'une des tables, je me suis assis là et je ne l'ai pas regretté mais ceux des gradins semblaient aussi ravis de leur vue, plus globale.
Le type, on s'en doute, c'est un acteur, et pour l'avoir vu souvent jouer, je n'ai pas de mal à reconnaître François Chattot. Hamlet, donc. Il écrit. Concentré. Dans ses pensées. Il est vêtu comme vous et moi, d'une chemise blanche et d'un jean noir.
La tragédie, ce vieux fond de sauce du théâtre, va bientôt fondre sur lui quand le spectre de son père sorti d'une poubelle comme un personnage de Beckett va lui apparaître. Paré de son armure de l'ancien temps. Alors le corps d'Hamlet vacille, le voici qui s'étale à mes pieds. Je remarque ses bottines, de belles bottines en cuir à la mode d'aujourd'hui.
Le génie de Langhoff est souvent dans les détails
Un peu plus tard il repassera devant moi. Cela sera un homme qui n'a plus toute sa tête. Il y a de quoi, sa mère Gertrud a épousé son beau frère Claudius deux mois après la mort de son mari lequel, revenu d'entre les morts, vient d'apprendre à son fils qu'il a été empoisonné par son frangin, qu'il n'est donc pas mort d'une morsure de serpent comme le dit la version officielle, et que l'heure de la vengeance a sonné.
Hamlet n'a pas toute sa tête, la preuve par ses pieds : il porte maintenant un chausson de feutre orange à un pied et une botte de sept lieux à l'autre pied. On dirait un clown. Le génie de Langhoff est souvent dans les détails. Un changement d'humeur ou d'époque s'y condense. Son « Hamlet », c'est aussi le passage du féodal casque de viking avec cornes (que porte le vieux spectre) au casque poli des guerres modernes (les jeunes soldats de Fortinbras).
Mais quittons ces pieds et ces casques pour prendre un peu de recul. Que voit le spectateur ? A gauche, une estrade de cabaret ornée d'une énorme coquille Saint-Jacques dans laquelle a pris place un orchestre. Quand l'estrade pivote, elle devient un petit théâtre, c'est là que la maigre troupe des comédiens (deux) arrivant à Elseneur va prendre place et chez Langoff, elle arrive plus tôt que dans la pièce : le théâtre n'attend pas.
Au centre du plateau, derrière les tables, une scène de cabaret-théâtre avec ses toiles peintes, ses rideaux, et sa scène tournante. Il y a encore une troisième scène entre les deux, dissimulée derrière un panneau qui peut s'ouvrir comme des persiennes et certains panneaux publicitaires, au commencement du spectacle le panneau affiche une publicité pour le fromage danois.
Un cheval (interprété par le pur-sang Biolet) passe et repasse entre ces trois espaces, il sert de monture, de décor (ah son cul au coeur de la coquille Saint-Jacques) et de métaphore : le spectacle est constamment à cheval entre le cabaret enfiévrée et la pétrification de la tragédie, l'Histoire et son célèbre théâtre de la politique veille en coulisse.
To be or note to be, the tube
Bref, le bazar Langhoff est avancé. Un bazar agencé, modifié, amélioré au fil des répétitions car chez ce metteur en scène tout caracole de front : le jeu, les lumières, le décor, les accessoires, la musique et les chansons qu'Olivier Dejours a composé au fur et à mesure. Et que joue le Tobetobe-Orchestra (« To be » tube, on va y venir). Chaque moment clef de la pièce est rythmé par une chanson.
Plusieurs de ces fredaines sont joliment chantées par Gertrud (Emmanuelle Wion) ou par Hamlet, mais toute la troupe y va de bon cœur. Le pic étant atteint avec le moment attendu par tous, la célèbre tirade « To be ou not to be », « être ou ne pas être ».Comment faut-il la prendre ? Par tous les bouts, répond Langhoff.
C'est un tube, the tube, alors allons-y. Et la troupe regroupée de chanter ça sur l'air de « Hello Dolly » ou « Summertime » tandis que Polonius qui vient d'être occis par Hamlet en profite pour lancer des baisers au public et que d'autres (Ophélie, etc.) distribuent des tracts publicitaires et des bonbons aux spectateurs. Shakespeare est un bon produit d'appel.
Action directe or not Action directe
Et puis, renversement, une loupiote s'allume dans les gradins, Hamlet est dessous, Chattot chuchote la tirade au public, intime, proche, une belle tranche de théâtre de proximité. Et ça repart au cabaret et ça revient, cette fois Hamlet-Chattot est au milieu des tables, debout comme un prince ou un chanteur de music-hall mais sans micro, il dit les mots face au public dans une sorte d'énonciation calme et déterminée qui fait que ces mots nous traversent comme si on les entendait pour la première fois.
Hamlet pourrait tuer le roi scélérat, l'amant de sa mère alors que l'usurpateur est de dos et qu'il prie, il ne le fait pas. Son arme c'est le théâtre. C'est aussi son passe temps, son hochet, sa valeur refuge. Langhoff est proche de cet Hamlet-là. Le balancement entre le « To be » et le « Not to be » imprime son tempo non seulement à la scène de la célèbre tirade mais à tout le spectacle.
Le crâne de Yorick et sa main en prime
Alors, tout se tient. Les libertés que s'autorise Langhoff sont souvent dans la logique de sa vision comme l'arrivée avancée des comédiens dont on a déjà parlé ou ce double d'Hamlet en pointillé qu'est le personnage du clown ajouté par Langhoff sur lequel on reviendra.
Tout se tient, car le cabaret a tous les droits, de la blague potache qui voit le fossoyeur tendre le crâne de Yorick au prince du Danemark mais aussi sa main (« et voilà sa main », réplique inventée probablement au cours des répétitions et conservée) à la chanson paillarde que chante Ophélie au fond de son tombeau, en passant par la reine se confessant sur un divan avec dans son dos un Polonius prenant des notes, psychanalyste impromptu de madame (et soudain le visage de Jean-Claude Jay se met à ressembler à celui de Freud).
Dans ce domaine du théâtre à tout va, le plus beau détournement consiste à mettre dans la bouche du roi et non d'Hamlet (comme dans la pièce) les conseils d'élocution et de jeu donnés aux comédiens qui vont jouer devant la cour d'Elseneur. « Parlez avec aisance, s'il vous plait, d'une langue déliée… » Ce roi assassin -un bon comédien donc, puisqu'il joue l'innocent- qui tient ces propos de vieux pro de la scène est interprété par Anatole Koama, un acteur burkinabé, qui force sur l'articulation des mots pour mettre en valeur leur rhétorique et, ce faisant, renvoie à la langue de bois des politiques.
La chaîne des amitiés
Tant de choses encore à dire. Tenez : l'amitié. C'est l'un des maîtres mots de l'aventure de ce spectacle. Et pour commencer l'amitié entre Matthias Langhoff et Heiner Müller. Il y a trente ans, ils ont traduit ensemble la pièce de Shakespeare en allemand.
Jörn Cambreleng en a établi la version française, base du spectacle. Le titre du spectacle n'est pas « Hamlet » (produit culturel estampillé) mais du pur Müller :
« En manteau rouge, le matin traverse la rosée qui sur son passage paraît du sang. »
La suite et fin du titre est du pur Langhoff :
« Ou Ham. and ex by William Shakespeare. »
C'est la première scène de la pièce. Horatio vient de voir le spectre mais, au chant du coq, il disparaît. Horatio a ces mots :
« Mais voyez, l'aube en vêtement de bure/Foule à l'Orient, là-bas, la rosée des hautes collines » ( dans la traduction d'Yves Bonnefoy).
Conférence de Heiner Müller en 1988 (époque où le bloc de l'Est bascule) sur Shakespeare. Il décrit « Hamlet » comme « une fin de partie à l'aube d'un jour inconnu ». Et en vient à sa traduction :
« Mais voyez le jour en manteau rouge qui va/par la rosée de la colline à l'Orient là-bas. »
Près de quatre cents ans plus tard, cette autre version :
« En manteau rouge le matin traverse/La rosée qui sur son passage paraît du sang » (traduction Jean-Pierre Morel).
Entre les deux il y a, pour ma génération, la Longue Marche à travers l'enfer des Lumières, à travers le marais de sang des idéologies.
Le jour où Chattot a dit banco
Trente ans après, Langhoff reste fidèle à Müller. Le service communication en charge de la promotion du spectacle aurait bien voulu que le titre choisi par Langhoff ne soit qu'un sous-titre et qu'on écrive en grand « Hamlet ». Langhoff, homme fait d'obstination, n'a pas cédé. L'amitié cela n'a pas de prix.
Amitié encore celle qui relie François Chattot à Matthias Langhoff. Les deux hommes ont souvent travaillé ensemble, la première fois c'était avec « Le Roi Lear ». Alors quand François Chattot a pris la direction du théâtre Dijon Bourgogne, il a proposé à Matthias de réaliser son vieux rêve dont personne ne voulait : un « cabaret Shakespeare ».
Matthias Langhoff est un de nos plus grands hommes de théâtre même si le ministère de la Culture ne le sait pas. Mais il fait peur : ses spectacles et ses propos sont imprévisibles. Chattot, chapeau, a dit banco.
Le spectacle a été créé au théâtre du Parvis Saint-Jean en décembre et entame ces jours-ci une tournée qui le conduira à l'Odéon en automne.
Stehlé le clown à tout faire
Amitié tout autant celle qui unit le Suisse Jean-Marc Stehlé et Langhoff. Ils se sont connus dans les années 80 lorsque Matthias dirigeait le Théâtre de Vidy à Lausanne. Le premier est avant tout décorateur de théâtre, mais Langhoff aime aussi lui faire faire l'acteur.
Dans le spectacle, Stehlé est à la fois le spectre du père d'Hamlet, l'un des comédiens, le fossoyeur… tout en étant toujours le clown (ajouté par Langhoff) qui est comme le spectre du spectacle.
Langhoff monte toujours Shakespeare comme ce dernier le faisait lui-même au Théâtre du Globe avec une équipe de onze à treize acteurs (le compte est bon).
Mais l'idée de confier tous ces rôles à Stehlé dont celui du clown qui ne figure pas dans la pièce mais qui les unit tous, dépasse cette contrainte volontaire que s'impose Langhoff avec la bénédiction de la production (« économies, économies »).
Stehlé-Ham est l'ombre portée d'Hamlet (le vieux roi devenu spectre s'appelle Hamlet et son fils porte son nom comme Fortinbras porte le nom de son père). Ham, un nom de clown aussi. Un nom de personnage beckettien tout autant. Un diminutif populaire pour finir. Langhoff ouvre les vannes du sens, des filiations. Le clown Stehlé, à travers ces différents rôles, est comme un oiseau posé sur l'épaule d'Hamlet. Il veille sur lui, l'épaule, lui donne la réplique.
Horatio devient Horatia
Enfin, il est une autre amitié propre à la pièce, Hamlet retrouve Horatio, un ami d'enfance qu'il n'a pas vu depuis un certain temps, venu à Elseneur assister aux funérailles du père de son ami. Langhoff confie le rôle à Agnès Dewitte, c'est la sixième fois qu'ils travaillent ensemble.
L'idée du changement de sexe a-t-elle précédé l'envie de retravailler avec cette actrice ? Qu'importe, les voies de l'alchimie théâtrale langhoffienne sont, elles aussi, impénétrables. Horatio devient Horatia. Et l'amitié, devenue féminine, n'en est que plus forte, plus bouleversante. L'actrice grandit le personnage.
Et il en va de même pour le choix de l'actrice qui joue Ophélie, Patricia Pottier. L'image du personnage s'est fossilisée au fil ses siècles et de ses représentations en une jeune fille effilée et pâle de préférence aux longs cheveux. Tout le contraire de Patricia Pottier, plus proche de la Rosetta des frères Dardenne que d'une princesse esseulée. Sa folie n'en est que plus poignante.
Langhoff, élevé en Allemagne de l'Est au biberon de Karl Marx, met l'accent sur la différence de classes : Ophélie n'est pas de sang royal. Son père Polonius (Jean-Claude Jay, d'une impeccable élégance d'acteur, comme toujours) un parvenu devenu Premier ministre en avalant bien des couleuvres, le lui dit (« Lord Hamlet est un prince éloigné de ta sphère »).
Demain on remet ça
Il y aurait encore beaucoup à dire, par exemple sur les bonheurs de la traduction où les légères modifications que Langhoff apportent à l'ordonnancement de certaine scène leur donnant ainsi plus de vigueur.
Venons-en à la fin du spectacle. Le roi, la reine, Laerte, Hamlet gisent morts. « Levez les corps ! », dit Fortinbras (« qu'on enlève les corps » traduit Yves Bonnefoy). De fait, on les lève, pour aller les accrocher à des fils là-bas au fond du cabaret-castelet.
Des corps pendus à des fils, au repos. Des marionnettes remisées. On peut fermer le castelet. La représentation est terminée. Demain, on remet ça.
Alors, pour finir, citons ces premières phrases de François Chattot présentant son projet à la tête du Théâtre Dijon-Bourgogne dont ce spectacle est comme le manifeste. On les croirait parfois dictées par son Hamlet :
« Ce projet raconte, tel le funambule, comment avancer sur le fil d'une pensée qui ne veut oublier ni la beauté du monde ni le malheur du monde. La vie naît dans la violence : comment vivre ensemble avec elle ? Nous nous opposons les uns aux autres : c'est une dimension de l'existence.
Comment faire communauté ? Athènes a inventé le théâtre en même temps que la démocratie. Si la démocratie était accomplie, il n'y aurait plus besoin de théâtre. Sur cette blessure à vif, le théâtre dépose en chantant de l'acide et non du baume. Il remet entre les mains de l'homme, l'épopée de sa blessure et celle de tout son peuple.
Le théâtre lui redonne la force de son espoir, sans l'aveugler d'aucune illusion. “Les acteurs doivent danser sur le malheur.” Et du fond du malheur, la figure tragique rit de sa propre douleur. Le clown trébuche en entrant sur la piste. Estragon attend Godot et n'arrive pas à remettre sa chaussure : toujours rires et larmes de voir nos vies en radiographie, en chambardement interminable. »
► « Hamlet-cabaret » en tournée : 7-9 janvier à Chambéry, 13-14 janvier à Meyrin, 21-22-23 janvier à Sartrouville, 30-31 janvier à Béziers, 4-6 février à Bordeaux, 10-22 février à Strasbourg. Le spectacle sera repris à Paris au Théâtre de l'Odéon du 5 novembre au 12 décembre.
Photos : V. Arbelet
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De Firenze
| 18H20 | 06/01/2009 |
L'enjeu est de taille, après l'Hamlet qu'Ostermeier a donné en Avignon l'été dernier (et opposé à l'extrême à celui-ci, manifestement). Néanmoins, après l'éloge que vous venez d'en faire, sans oublier l'allusion à Heiner Müller, on ne peut que céder à la tentation d'aller les voir… J'ai, par ailleurs, l'impression que l'idée des spectateurs sur scène (si j'ai bien suivi l'affaire des tables de cabaret), et que l'on retrouvait aussi en Avignon, est très à la mode en ce moment.
à Firenze
De CrocMignon
Fan de Carla et fane de carotte | 21H33 | 06/01/2009 |
« J'ai, par ailleurs, l'impression que l'idée des spectateurs sur scène (si j'ai bien suivi l'affaire des tables de cabaret), et que l'on retrouvait aussi en Avignon, est très à la mode en ce moment. »
Il y a cinquante ans que c'est à la mode ! Et dans le « bazar Langhoff », « Shakespeare est un bon produit d'appel ». Tout est dit.
Mais peut-être ai-je le tort de ne pas m'habiller d'une chemise blanche et d'un jean noir, je serais sans doute mieux comprenant.
Bon, allez, pour être sympa, je vais dire que j'aime beaucoup le jeu de mot « Ham. and ex ». Mais on ne peut tout de même pas réduire le Vieux Bill à une (ou même plusieurs) blague(s) de potaches. Même s'il sait très bien se montrer potacher à l'occasion.
Heureusement, il nous reste le texte et notre imagination.
à CrocMignon
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 08H23 | 07/01/2009 |
A propos de blague de potache, en voici une en forme d'hommage de notre poète à nous :
Le professeur :
Elève Hamlet !
L'élève Hamlet (sursautant) :
… Hein… Quoi… Pardon… Qu'est-ce qui se passe… Qu'est-ce qu'il y a… Qu'est-ce que c'est ? …
Le professeur (mécontent) :
Vous ne pouvez pas répondre « présent » comme tout le monde ? Pas possible, vous êtes encore dans les nuages.
L'élève Hamlet :
Etre ou ne pas être dans les nuages !
Le professeur :
Suffit. Pas tant de manières. Et conjuguez-moi le verbe être, comme tout le monde, c'est tout ce que je vous demande.
L'élève Hamlet :
To be…
Le professeur :
En français, s'il vous plaît, comme tout le monde.
L'élève Hamlet
Bien monsieur. (Il conjugue : )
Je suis ou je ne suis pas
Tu es ou tu n'es pas
Il est ou il n'est pas
Nous sommes ou nous ne sommes pas…
Le professeur (excessivement mécontent) :
Mais c'est vous qui n'y êtes pas, mon pauvre ami !
L'élève Hamlet
C'est exact, monsieur le professeur,
Je suis « où » je ne suis pas
Et, dans le fond, hein, à la réflexion,
Etre « où » ne pas être
C'est peut-être aussi la question.
à Pseudo
De MAGENTA
Pesteux génétique | 09H03 | 07/01/2009 |
Moi rien comprendre !
à MAGENTA
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 09H15 | 07/01/2009 |
Tu comprends ou tu ne comprends pas ?
à Pseudo
De CrocMignon
Fan de Carla et fane de carotte | 13H07 | 07/01/2009 |
Bravo ! ! ! Belle réminiscence ! ! !
à Firenze
De Osric
Preti chapeau | 10H20 | 08/01/2009 |
La tentation est grande, en effet de retrouver du grand Langhoff ! !
Pour les curieux franciliens : au théâtre Nanterre Amandiers de Nanterre, se joue une suite d'Hamlet, Maquette suicide de Maïa Sandoz . Jusqu'au 22 Janvier.
Un spectacle créer en 2007 à La Générale de Belleville. Un cabaret macabre.Un polar assez drôle. 11 acteurs et une belle énergie.
Ce doit être dans l'air du temps…
De sûrderien
paresseux | 19H04 | 06/01/2009 |
quand je vois la tête de Bénicio del Toro
et que je regarde mon poster du Che
j'entends la phrase de Tchernia
« le cinéma est un mensonge “
à sûrderien
De zénon denon 84
Bonne | 19H34 | 07/01/2009 |
Non ,
ça n'est qu'une surface à émouvoir !
De Docteur Panel
Sondologue | 22H17 | 06/01/2009 |
AAAAAAAAAAH, enfin du théâtre sur rue89 ! Merci M. Thibaudat !
De Docteur Panel
Sondologue | 22H22 | 06/01/2009 |
Oups, je m'aperçois en cliquant sur l'accueil du blog que vous avez en fait écrit beaucoup d'articles sur le théâtre. Je ne les avais juste pas repérés comme tels… Une bonne occasion de les découvrir a postériori. Merci, donc.
De zénon denon 84
Bonne | 19H42 | 07/01/2009 |
« La vie nait dans la violence : comment vivre ensemble
avec elle ? nous nous opposons les uns aux autres :
c'est une dimension de l'existence “.
Quand je vous disais que tout a été dit ,et ecrit .
en attendant quel plaisir de lire le propos de notre amis
jean Pierre Thibaudat .
Un amateur,un amoureux !
Merci et belle année à vous
De Mireille Boyer
une femme (45 ans) | 15H49 | 10/01/2009 |
J'ai vu cette pièce hier à Chambéry dans de mauvaises conditions, mais j'ai tellement aimé ! J'étais entre deux mondes, le réel avec un souffle d'air brulant m'arrivant sur le bas du corps tandis que le haut était refroidi par le vent glacial arrivant de la porte entrouverte, avec aussi la luminosité agressive de la sortie de secours, et sans oublier le caquetage discret mais incessant de ces jeunes filles venues là par nécessité semble-t-il (exigence des profs ? ) et l'autre réel transfiguré par le théâtre, dans une mise en scène incroyable, surprenante et juste. Evidemment comme consommatrice de théâtre, je voulais hurler que ce n'était pas des conditions acceptables pour apprécier le magnifique travail de Langhoff et des acteurs, mais en même temps, je devinais que mes petits inconforts n'étaient rien par rapport à toute la souffrance là, devant, sur la scène. Et n'y avait-il pas quelques étrangetés à entendre ce drôle de gloussement des spectateurs du rang de derrière à chaque réplique de Claudius, interprétée dans un français à l'accent africain ? Merveilleux pouvoir du théâtre qui nous oblige à nous interroger sur nos réactions mal maîtrisées, car bien sûr, il ne s'agissait pas d'un effet comique. Et puis j'ai eu aussi un peu de tristesse mélangé de colère d'entendre certains commentaires désappointés de lycéens briefés soigneusement par quelques professeurs de français, qui ont peu apprécié cette interprétation de la pièce. Quel gâchis de jeunes spectateurs ! Bien sûr le spectacle du théâtre demande aujourd'hui une initiation, car il est tellement loin des représentations audiovisuelles de la télé ou du ciné, qu'il y a un gros risque qu'il devienne totalement étranger à la culture des nouvelles générations. Alors quelle aubaine pour celles-ci, quand il existe l'opportunité de voir en province, dans une ville moyenne, une telle pièce !
à Mireille Boyer
De Tomadecap
étudiant | 19H02 | 10/01/2009 |
Pourquoi parler de « jeunes spectateurs » de « nouvelles générations » ?
J'ai 18 ans et pourtant j'aime le théâtre et je pense être un bon spectateur. Je connais beaucoup de personnes de mon âge qui aiment aussi être spectateur de théâtre. De ce fait, je suis irrité quand je lis que les « jeunes » ne savent pas apprécier le théâtre, car c'est faux. Je connais autant d'adultes qui se foutent royalement du théâtre et n'y mettent jamais les pieds. De plus, je ne pense pas que les jeunes soient désinteressés du théâtre car ils auraient accès à une forme illimitée de distractions. S'ils n'ont pas été captivé par le spectacle c'est que l'équipe professionelle qui a monté le spectacle n'a pas réussi cet échange ; c'est pareil que quand on dit que des élèves sont mauvais et turbulents quand ils n'écoutent pas un cours sans, au préalable, remette en cause l'efficacité du professeur (il y a des profs qui ne réussissent pas a captivé leurs élèves). De plus, quand j'ai vu la mise en scène de Quartett de Mathias langhoff, il y avait à côté de moi un couple de personnes âgées qui, face au jeu osé des acteurs ( il est était question de sexe), s'exclamaient, hurlaient au scandale et sont partis au milieu de la pièce pour demander de se faire rembourser à l'accueil. Des mauvais spectateurs de théâtre restent des mauvais spectateurs à la télé et au ciné, ils ne sont pas spécifiques au théâtre. Enfin comme vous l'indiquez c'est un prof qui leur a dit de venir, donc ils ressentent une certaine forme d'obligation, ils continuent de se croire en cours ; si le prof avait bien fait son boulot il aurait expliqué quelques points de la mise en scène, décrit le contexte de l'écriture, fait une mise en bouche des textes de Shakespeare, parlé un peu de langhoff : toutes les choses nécessaires pour qu« un non initié au théâtre profite pleinement de la représentation. Je pense que ce n'est pas un phénomène actuel ; à partir de la renaissance le théâtre devient de plus en plus élitiste, tout le monde n'allait pas au théâtre,il est devenu de plus en plus bourgeois. Vilar a essayé de faire un théâtre populaire, et pour le faire justement il a usé de nouvelles techniques de marketing , il organise des débats autour des pièces, il vend le livre moins cher et tente de faire de sa pièce quelquechose qui capte entièrement son spectateur. Donc , je pense qu'il faut une mise en condition du spectateur avant la représentation et après ( et puis demander à un groupe d'aller voir peut être pour la première fois un pièce de quatre heures c'est précipiter l'initiation).
Enfin, il y a toujours des gens qui n'aimeront pas , tout le monde n'aime pas écouter Bach ou Haydn, de la même manière tout le monde n'aime pas les pièces de shakespeare.
En effet, on peut néanmoins remettre en cause leur attitudes irrespectueuses pendant la représentation mais cela ne touche pas uniquement les jeunes : combien de fois, au ciné, sommes nous obligés de dire aux mémés de se taire quand le film a commencé ?
Pour finir, on peut se demander si le théâtre n'a pas une volonté de rester élitiste et justement d'écarter les nouvelles générations plus nourris par la Star Ac que les lectures de Sahakespeare.