
Scène : la tristesse du Forro
La scène se passe en octobre à Récife, au Brésil, la grande ville du nordeste. Celle que tout le monde appelle Christ (Christina) est une actrice venue de Sao Paulo participer à une rencontre réunissant quarante groupes de théâtre venus de tous les coins, parfois très éloignés, du Nordest brésilien. Les discussions sont animées et, bien sûr, interminables. Le chroniqueur, venu de Paris, est là pour expliquer ce qu'est en France « le théâtre de groupe » et rencontrer les groupes brésiliens.
Un soir, on va dans un de ces lieux magiques où l'on joue, chante et danse le Forro, une merveille du nordeste brésilien. Un vieil homme danse magnifiquement, serrant contre lui une jeune partenaire. « C'est mon professeur » dit la jeune femme en riant, à Christ. Le professeur s'approche, invite Christ à danser. Il la tient serrée, l'entraîne, lui parle.
-Qu'est ce que vous faites dans la vie ?
-Je suis actrice.
-Actrice.. cela doit être étrange d'avoir comme amie une actrice…
-Pourquoi dites vous cela ?
-Parce que quand elle est triste on doit se demander si elle est vraiment triste…
Et le professeur d'entraîner une Christ dans les volutes du forro, tandis que sur la scène l'accordéoniste accompagne le chanteur fredonnant comme souvent une histoire nostalgique. Plus tard, Christ racontera cette histoire toute simple qui semble l'avoir bouleversée. Dans l'avion du retour le chroniqueur se remémora cette scène. Il se dit qu'il serait bien de raconter de telles scènes dans son blog.
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