
Touche pas à Eurodisney : Mickey manque d'humour
Eurodisney n'aime pas le bouillonnant artiste Rodrigo Garcia. L'an dernier, cet Espagnol ayant grandi en Argentine et devenu grâce à la France un artiste choyé dans toute l'Europe, avait monté sur la scène du Théâtre national de Bretagne (où il a ses habitudes) sa dernière création : « Et dispersez mes cendres à Eurodisney » (titre original en espagnol : « Esparcid mis cenizas en Eurodisney »).
Un spectacle où, comme il aime à le faire, Rodrigo Garcia brocardait avec exubérance et humour la grande bouffe de société de consommation, l'instrumentalisation du langage et autres toupies.
Les spectacles de Garcia sont réjouissants, ils jubilent d'excès et décrassent notre regard sur le monde. « Le théâtre est-il le lien naturel pour ce qui est exceptionnel, poétique et provocateur ? Oui », répondait Garcia dans « Et dispersez mes cendres à Eurodisney » où, au demeurant, hormis le titre, il n'était pas plus question d'Eurodisney que du parc Astérix.
Le staff d'Eurodisney se fout éperdument du théâtre, mais veille à l'usage que l'on fait du nom (déposé) « Eurodisney ». Et comme il manque d'humour, le titre du spectacle de Rodrigo Garcia ne lui a pas plu.
Faire d'Eurodisney un cimetière, un jardin des souvenirs, ah ça non. La première série de représentations était à peine achevée à Rennes que Garcia recevait une lettre où on lui demandait de retirer le mot Eurodisney du titre de son spectacle sous peine de poursuites judiciaires. Garcia a alors songé à déposer le sigle de l'euro accolé au mot Disney mais ses avocats lui ont dit qu'il allait au devant de gros problèmes. Non, décidément, les oreilles de Disney manquent cruellement d'humour.
C'est pourquoi la pièce paraît aujourd'hui (1) sous un titre tarte : « Et balancez mes cendres sur Mickey ». Un titre qui ne plaît pas beaucoup à l'artiste, mais qui est, écrit-il, « le résultat de l'intimidation menée par cette entreprise nord-américaine ».
La censure est une forme de violence. « Abolir la violence impliquerait rien qu'en Espagne 40 millions de lobotomies », explique Garcia dans sa pièce. Comme il n'y a pas de « budget » pour cela, il propose que la violence soit une matière étudiée à l'école « avec un programme bien précis, par exemple : histoire de la violence. Exercices de violence (travaux pratiques). Les vraies cibles. La durée du moment violent. Quand dois-je être violent. Etc. »
Ce n'est pas exactement le genre d'attraction que l'on voit ou que l'on verra un jour à Eurodisney.
(1) Suivie de « Approche de l'idée de méfiance » en édition bilingue, Editions Les Solitaires intempestifs, 96p, 12 euros. Le même éditeur publie un essai de Bruno Tackels sur Rodrigo Garcia, quatrième volume de sa collection « Ecrivains de plateau », 112p, 11 euros.
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De
07H35 | 29/06/2007 |
Le plus marrant dans l'histoire, c'est qu« Eurodisney » n'est plus le nom officiel du parc Disney de Marne-la-Vallée, jugé trop technocratique. On lui a préféré le encore plus américain « Disneyland Resort Paris », que Rodriguo Garcia n'aurait certainement pas osé utiliser pour intituler sa pièce. Comme quoi, Disney protège un nom qu'il a pourtant bel et bien abandonné ! Il faudrait choisir à la fin !
Romain Dautais (Gap)
De
14H15 | 29/06/2007 |
EuroDisney SCA est la société qui est propriétaire de Disneyland resort paris, donc est toujours bien utilisé.
Si on parle de culture populaire, essayez de faire la même chose avec Tintin (qui est bien européen) et vous aurez les avocats de la veuves d'Hergé sur le dos !
Wolfi
De Ehim
ehim.over-blog.com | 08H07 | 29/06/2007 |
On sait que les incultes détestent la culture et que les imbéciles détestent l'humour.
On serait fort déçu que les gens de chez Disney, si représentatifs de la culture et de la joie de vivre américaines se classent dans ces deux catégories.
http://ehim.over-blog.com
De
15H28 | 30/06/2007 |
Un spectacle combattant comme Rodigo Garcia aime à en faire. Quand le théâtre se mêle de politique.
En passant, « Esparcid mis cenizas… » sera visible au festival « les translatines » à Bayonne les 19 et 20 octobre prochain . L'occasion de juger sur pièce…
Jean-Marie Broucaret